vignette|Un avion envoyé par la CIA au Laos en 1996. Les activités de la CIA au Laos consistent à organiser les tribus Hmong pour se battre contre les communistes du Pathet Lao, eux-mêmes soutenus par les Nord-Vietnamiens. La CIA utilise Air America pour larguer près de de vivres au Laos, transporter des dizaines de milliers de soldats, mener un programme de reconnaissance aérienne très efficace et conduire de nombreuses missions clandestines à l'aide de lunettes de vision nocturne et de technologies de pointe..
Contexte historique
Gouvernements du Laos et la CIA Un article de 1962 sur le Laos tiré du Time Magazine soulève certains points concernant le Laos, qui aident à comprendre le contexte des actions officielles et secrètes de tous les acteurs au Laos avant la guerre du Viêt Nam.. Un des premiers points qu'il avance est qu'une identité nationale laotienne était quelque chose de presque inexistant, en particulier dans les années cinquante et soixante. Les groupes communistes et les acteurs extérieurs dont l'administration coloniale française et la Agence centrale de renseignement américaine ont beaucoup exploité les vides au niveau du pouvoir politique.
L'influence française ne mit pas longtemps à disparaître après la défaite à Diên Biên Phu en 1954. Lorsque la France déclara le Laos indépendant, il n'avait pas de gouvernement stable : deux provinces laotiennes étaient dirigées par le parti communiste Pathet Lao à travers le Prince Souphanouvong. Son demi-frère, le Prince Souvanna Phouma, a été nomméé Premier ministre en 1956, et Souphanouvong et ses provinces se rallièrent au gouvernement central naissant. Une élection nationale renforça le pouvoir détenu par les communistes à l'Assemblée nationale en leur accordant 9 des , ce qui provoqua le courroux du gouvernement des États-Unis qui commença à se méfier de Souvanna Phouma, « en tant que neutraliste et collaborateur des Rouges. » L'arrivée au pouvoir de la droite à travers le général Phoumi Nosovan ne se fit pas par un coup d'État, mais à cause de l'arrêt des aides économiques américaines, qui étaient de la responsabilité de l'Agence des États-Unis pour le développement international, sous la direction de la Maison-Blanche. Le nouveau dictateur invita des conseillers des forces armées américaines, qui vinrent avec des membres de la CIA ainsi que du département américain de la Défense.
Opérations de la CIA au Laos, compagnies aériennes privées et trafics de drogue D'après l'historien William M. Leary de l'université de Géorgie, qui a étudié les opérations au Laos pour le Center for the Study of Intelligence de la CIA, les actions secrètes menées par la CIA au Laos sont la plus grande opération paramilitaire de son histoire. Il y a eu de nombreuses controverses quant à l'implication de la CIA dans le trafic de drogue dans le Sud-Ouest de l'Asie, Leary garde des propos nuancés.
En 1950, la CIA, qui a soutenu sans les diriger les opérations secrètes (jusqu'en 1952), a décidé qu'elle offrirait un meilleur soutien avec une compagnie aérienne privée sous son contrôle clandestin. "En , la CIA a acquis en secret les actions de Civil Air Transport (CAT), une compagnie aérienne créée en Chine après la Seconde Guerre mondiale par le général Claire Lee Chennault et Whiting Willauer. La CAT continuait d'effectuer des vols commerciaux à travers l'Asie, agissant en tout point comme une société de vols commerciaux privée. En même temps, sous couvert de la CAT SARL, elle fournissait des avions et des hommes d'équipage pour des opérations des services secrets. Pendant la guerre de Corée par exemple, elle a effectué plus de 100 survols dangereux de la Chine continentale, larguant agents et provisions.
Contradiction du point de vue officiel des États-Unis En 1972, un ouvrage majeur intitulé La Politique de l'héroïne en Asie du Sud-Est a été publié. Ce fut le premier livre publié qui fournissait des preuves de l'implication de la CIA dans le trafic de drogues.. L'auteur a voyagé au Laos et a interrogé des cultivateurs d'opium, des fonctionnaires du gouvernement laotien, des membres des forces armées américaines et d'autres personnes impliquées dans ce trafic de drogue.
Au Laos, la compagnie aérienne de la CIA, Air America, commença à transporter l'opium cultivé pas les tribus Hmong au-delà des collines, vers Long Tien et Vientiane. Cet opium était ensuite raffiné pour faire de l'héroïne de grande qualité, qui était celle prise par les soldats américains..
Pendant la guerre civile laotienne, Long Tien servit de ville et base aérienne dirigée par la CIA..
La compagnie aérienne de la CIA, Air America continua de transporter l'opium des cultivateurs des tribus Hmongs jusqu'en 1971. « La région du triangle d'or de l'Asie du Sud-Est est devenue un immense producteur d'héroïne de haute qualité pour le marché américain. » L'héroïne raffinée au Laos était envoyée au Vietnam et cette poudre blanche, l'héroïne est celle qui était prise par les soldats américains sur place.
Le Laos en 1953
En , les forces coloniales françaises en Indochine ont demandé que les transports aériens américains « transportent des chars et de l'équipement lourd à leurs forces oppressées au Laos ». « La possession d'un tel équipement », insistaient les Français, « pourrait faire toute la différence entre garder le Laos et le perdre. »
À ce moment, le rôle du CAT passa de clandestin à secret. L'administration Eisenhower, ne désirant pas apporter un soutien officiel, décida d'utiliser la CAT pour accéder à la requête des français à travers l'opération SQUAW. L'US Air Force, l'armée de l'air américaine, a fourni à la CAT des avions de transport C-119 « stériles » (i.e., dont l'identification militaire américaine a été effacée), capables de transporter les lourdes charges demandées par les Français. Les équipages de la CAT n'étaient pas habitués à voler sur des C-119, et l'armée de l'air américaine leur fit des entrainements courts mais intenses sur la base de Clark dans les Philippines. Le , six de ces avions repeints avec les identifications françaises, s'envolèrent, vers la base de Giam Lam, à l'extérieur de Hanoï, et parachutèrent des équipements et des provisions aux forces françaises présentes au Laos jusqu'au .
L'opération SQUAW commença le jour suivant. Elle continua jusqu'au , les pilotes de la CAT réalisant de nombreux parachutages pour les troupes françaises au Laos.
Le Laos (et le Vietnam) en 1954
Les Français demandèrent de l'aide à nouveau, pour apporter un soutien à leur base de Ðiện Biên Phủ. La CAT se mit d'accord avec les français en pour leur fournir 24 pilotes qui pourraient piloter 12 avions C-119, qui pourraient être entretenus à la base aérienne de Cat Bi à Hanoï par du personnel de l'armée de l'air américaine; pour soutenir Dien Bien Phu. Les vols commencèrent en mars, alors que le Viet Minh commença à lancer des assauts, et continua jusqu'à ce que Dien Bien Phu tombe le . Deux pilotes de la CAT furent tués et un a été blessé.
Les opérations menées par la CAT continuèrent après la chute de Dien Bien Phu. Les C-119 apportèrent un soutien aux postes avancés français, et la CAT mis à disposition 12 Curtiss C-46 pour évacuer les civils du nord du Vietnam vers le sud.
La CAT a également transporté des membres de la CIA de la mission militaire de Saigon. au nord du , dans une tentative futile de réactiver les réseaux restés en arrière.
Le Laos en 1955
En , les États-Unis créèrent le United States Operations Mission (USOM) (Mission pour les opérations des États-Unis) à Vientiane au Laos, afin de fournir une aide étrangère. Avant la fin de l'année, le (PEO) (Bureau d'évaluation des programmes), composé de militaires à la retraite et d'officiers secrètement appuyés par la CIA. Le PEO était un équivalent secret d'un Military Assistance Advisory Group (MAAG) (groupe consultatif d'aide militaire), organisé au sein de l'USOM pour prendre en charge les aides militaires, ce qui ne faisait pas partie du champ de compétences de l'USOM. La CIA prenait parti dans le PEO jusqu'à ce que l'implication militaire des États-Unis fût reconnue et qu'un MAAG soit mis en place.
Le Laos en 1957
Un nouveau contrat avec la CAT fut signé en 1957, et Bruce Blevins emmena un C-47 à Vientiane pour le mettre au service de l'ambassade américaine. Lorsqu'il volait vers d'autres destinations dans le pays, les conditions étaient primitives; seule Vientiane possédait une tour de contrôle, des aides de navigations à la radio et une piste d'atterrissage en dur. Secrètement, les États-Unis augmentèrent à nouveau leur soutien.
Le Laos en 1958
Alors que la guerre civile s'intensifiait, les C-47 et C-46 de la CAT passèrent de plus en plus par Vientiane pour réaliser des largages urgents. Blevins était également très occupé, atterrissant partout dans le pays et faisant de nombreux largages dans des postes FAR isolés. Il finit par nouer de bonnes relations avec un agent de la CIA qui était arrivé en et dont le rôle était de soutenir le bataillon de parachutistes du capitaine Kong Le, un officier laotien neutraliste qui était destiné aux plus hautes fonctions.
Le Laos en 1959
Air America (le nom changea le ) procura des transports essentiels pour l'expansion de l'effort américain au Laos.
Comme le gouvernement laotien ne souhaitait pas que le soutien américain qu'il recevait durant la guerre civile contre le Pathet Lao soit connu, la CIA établit une unité des Forces spéciales américaines, qui arriva à bord d'avions d'Air America, habillés en civils et n'ayant aucune connexion apparentes avec les États-Unis. Ces soldats menèrent les tribus Méo et Hmong contre les forces Communistes. Ce programme secret fut appelé Opération Hotfoot. À l'ambassade américaine, BG John Heintges fut nommé directeur du PEO..
En , la CIA ordonna à Air America d'entraîner deux pilotes d'hélicoptères. À l'origine, cela était censé être une nécessité à court terme, mais ce fut en fait le début d'une vaste opération par hélicoptère au Laos.
Le Laos en 1960
Finalement, quatre pilotes furent entraînés sur des hélicoptères H-19A de l'armée de l'air américaine, au Japon et dans les Philippines. Le contingent de la CAT n'arriva pas au Laos avant . À cause des limites de fonctionnement des H-19, les hélicoptères ne pouvaient survoler que les reliefs peu élevés du pays.
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Air America engagea quatre pilotes d'hélicoptères expérimentés du corps des Marines américains qui furent démobilisés d'Okinawa pour piloter des H-19. Plus tard dans l'année, la CIA s'arrangea avec le corps des Marines pour obtenir quatre hélicoptères UH-34 pour remplacer les H-19.
En 1960 se tint également une élection dont les résultats sont discutables. .
En , Kong Le, qui s'était lié d'amitié avec un agent de la CIA en 1958, ramena le neutraliste Souvanna Phouma au pouvoir après un coup d'État militaire. Phoumi Nosavan, qui entretenait des relations plus proches avec la CIA, se réfugia dans sa base de Savannakhet, dans le sud du Laos.
Les États-Unis encouragèrent Phoumi Nosavan à attaquer le bataillon de Kong Le, à Vientiane, en décembre.
Le Laos en 1961
D'après le Time,
La présence américaine se fit plus manifeste en 1961, possiblement afin d'envoyer un message à Phoumi. L'existence du groupe consultatif secret fut révélée, renommée organisation White Star (Étoile blanche) et dirigée par Arthur D. Simons.. Une grande partie du personnel de White Star fut intégrée au sein du Studies and Observations Group (groupe d'observation et d'études), qui opérait depuis le Vietnam du Sud mais menait des opérations transfrontalières vers le Vietnam du Nord, le Cambodge et le Laos.
Le Laos en 1962