La bataille de Neumarkt-Sankt Veit se déroula le à Neumarkt-Sankt Veit, en Bavière, dans le cadre de la campagne d'Allemagne et d'Autriche. Elle opposa un corps franco-bavarois commandé par le maréchal Jean-Baptiste Bessières à l'armée autrichienne du feld-maréchal-lieutenant Johann von Hiller. L'affrontement se solda par une victoire autrichienne.
Le , l'invasion du royaume de Bavière par les troupes de l'archiduc Charles d'Autriche avait pris Napoléon au dépourvu. Cependant, Charles ne sut pas exploiter son avantage, ce qui permit à son adversaire de contre-attaquer le avec des forces considérables et de culbuter l'aile gauche autrichienne sous le commandement de Hiller ; défait à Abensberg et Landshut, ce dernier fut contraint de fuir en direction du sud-est.
Débarrassé momentanément de Hiller, Napoléon se retourna avec le gros de ses forces contre l'archiduc Charles. Les Français furent vainqueurs les 22 et à Eckmühl et Ratisbonne, obligeant les Autrichiens à se replier sur la rive nord du Danube. Dans le même temps, Napoléon donna l'ordre au maréchal Bessières de poursuivre l'aile gauche autrichienne en retraite avec un petit contingent. Hiller, ignorant des dernières victoires françaises, fit alors volte-face et infligea une défaite à ses poursuivants près de Neumarkt-Sankt Veit. Demeuré seul sur la rive sud face à Napoléon, le général autrichien reprit toutefois rapidement sa retraite vers Vienne.
Contexte
vignette|gauche|L'archiduc Charles et son état-major, par Felician Myrbach. En position de force au début de la campagne de 1809, l'archiduc fut cependant battu par Napoléon à Eckmühl et contraint de repasser le Danube.
Le , l'archiduc Charles d'Autriche, à la tête de et 500 pièces d'artillerie, envahit le royaume de Bavière. Napoléon envoya immédiatement des instructions qui furent mal interprétées par son chef d'état-major, le maréchal Berthier, si bien que lorsque l'Empereur arriva sur place le , son armée composée d'éléments français et allemands se trouvait dans une situation délicate. Ainsi, au matin du , l'avancée de Charles compromit sérieusement la position du corps du maréchal Davout qui était isolé du reste des forces françaises. Cependant, Davout résista avec habileté aux attaques autrichiennes lors de la bataille de Teugen-Hausen et parvint à rallier l'armée principale.
L'aile gauche autrichienne s'était établie sur un front de le long de la rivière Abens, entre Mainburg au sud et Biburg au nord. Elle comprenait le corps de l'archiduc Louis d'Autriche, le corps du feld-maréchal-lieutenant Johann von Hiller, le corps de réserve du feld-maréchal-lieutenant Michael Kienmayer et un détachement du corps. Le , lors de la bataille d'Abensberg, ces Autrichiens furent attaqués avec vigueur par les forces de Napoléon et contraints de reculer après avoir laissé sur le terrain.
Aux commandes de l'aile gauche depuis son arrivée le même jour dans la matinée, Hiller décida de poursuivre sa retraite en direction de Landshut, le séparant du même coup du gros de l'armée de l'archiduc Charles stationné près de Ratisbonne. Napoléon battit de nouveau Hiller à Landshut le , ce qui lui permit de s'emparer d'un point de passage sur l'Isar et de refouler les Autrichiens vers le sud-est. À ce stade de la campagne, l'Empereur pensait encore avoir affronté la principale armée autrichienne. Ce n'est que dans l'après-midi du 21 qu'il se rendit compte de son erreur et obliqua vers le nord pour affronter l'archiduc Charles. Ce dernier fut battu le lendemain à Eckmühl et, abandonnant Ratisbonne, repassa sur la rive nord du Danube le 23.
Poursuite du corps de Hiller Dans la nuit du , Napoléon donna l'ordre au maréchal Bessières de se lancer à la poursuite de Hiller. Pour cette mission, Bessières disposait, outre la division bavaroise Wrede du corps, de la division française Molitor et de la division de cavalerie Marulaz appartenant toutes les deux au corps. Les instructions de l'Empereur prévoyaient le franchissement de l'Inn et la capture de Braunau.
Au matin du , les soldats du corps de Hiller arrivèrent près des villages de Mühldorf et Neuötting, sur les bords de l'Inn. La division Jelačić, forte de , occupait Munich. La brigade Dedovich du corps, positionnée à Passau, fut placée sous le commandement de Hiller et se dirigeait maintenant sur Braunau. Les 22 et , Hiller constata un relâchement de la poursuite française et jugea le moment propice à une contre-attaque. Les instructions de l'empereur François d'Autriche lui demandant de soutenir Charles par le sud allaient également dans ce sens mais ni Hiller ni l'empereur n'étaient au courant que l'archiduc s'était replié sur la rive nord du Danube.
Le maréchal Lefebvre, commandant le corps, était chargé de reprendre Munich à la tête de la division du prince Louis de Bavière, avec le soutien possible de la division bavaroise Deroy. Quant à Bessières, il arriva à Neumarkt-Sankt Veit le , accompagné de la division Wrede et de la cavalerie de Marulaz qui fut envoyée en reconnaissance aux abords de l'Inn.
Déroulement de la bataille
vignette|upright=2|Plan de la bataille de Neumarkt-Sankt Veit, le 24 avril 1809.
Dans la soirée du , Hiller repassa l'Inn à hauteur de Mühldorf. Il ordonna également à Jelačić de quitter Munich et de se mettre en marche vers Landshut. Au même moment, l'avant-garde française commandée par Marulaz s'avançait vers la rivière par le sud-est. Le de chasseurs à cheval se heurta aux éléments de tête du corps de Hiller dans le village d'Erharting, au nord de Mühldorf. Les cavaliers français furent rapidement ramenés sur leurs unités de soutien qui se composaient d'un bataillon d'infanterie et du de chasseurs à cheval. Marulaz ordonna rapidement le repli sur Neumarkt-Sankt Veit.
Le matin du , Hiller s'avança en trois colonnes. Celle de droite, forte de douze bataillons d'infanterie et de neuf escadrons de cavalerie, engagea les hostilités à contre von Wrede, qui s'était établi sur une colline au sud-est de Neumarkt avec dix bataillons et huit escadrons. À l'extrême-droite du dispositif autrichien, une avant-garde sous le commandement de Joseph Radetzky se dirigeait par le nord vers Landau.
Hiller attaqua au centre et parvint à refouler la division Marulaz qui était soutenue par une brigade de cavalerie légère du corps sous les ordres de Jacquinot. En dépit des assauts autrichiens, les hommes de von Wrede se maintinrent sur leur position jusqu'en début d'après-midi. À , face à la progression marquée des colonnes autrichiennes à droite et à gauche, Bessières ordonna la retraite de crainte de voir ses Bavarois encerclés. Le général Molitor, accouru depuis Vilsbiburg, déploya deux régiments d'infanterie qui couvrirent le repli de leurs camarades. Les Autrichiens continuèrent à poursuivre vigoureusement les Bavarois et occupèrent Neumarkt aux alentours de . La division von Wrede subit encore de lourdes pertes lors du franchissement de la Rott. Une fois les Bavarois sur l'autre rive, Hiller mit un terme à la poursuite tandis que Bessières se retira en ordre sur Vilsbiburg.
Conséquences
Selon l'historien britannique Francis Loraine Pertes, les pertes autrichiennes s'établirent à 898 hommes (776 tués ou blessés et 122 prisonniers) et celles de la division von Wrede à 586 hommes. Son homologue Digby Smith estime cependant que les pertes bavaroises furent beaucoup plus élevées, à savoir tués ou blessés et 910 prisonniers ou disparus, et que les Autrichiens ne déplorèrent que 800 tués, blessés ou prisonniers. Pour ce qui était de la cavalerie française, ses pertes furent évaluées à 200 hommes par Bessières dans son rapport. Dans la nuit du , Hiller fut informé de la défaite de l'archiduc Charles à Eckmühl et se replia immédiatement sur Neuötting.
De son côté, Jelačić n'était pas parvenu à atteindre Landshut et dut même abandonner Munich dans la soirée du après l'annonce de la défaite de Charles. Il tenta ensuite de réoccuper la capitale bavaroise, conformément à ses instructions, mais un contrordre de Hiller lui enjoignit de se retirer sur Salzbourg. Le , la division Jelačić fut finalement interceptée et taillée en pièces à Sankt Michael par les troupes franco-italiennes du général Grenier.
Informé de la défaite de Neumarkt, Napoléon ordonna au maréchal Lannes de soutenir Bessières avec un corps de hommes. L'armée autrichienne se retirait alors vers l'est. Le corps de Masséna fut dirigé sur Passau tandis que Bessières et Lannes empruntèrent une route plus au sud. Ces dispositions débouchèrent sur la bataille d'Ebersberg le .
Forces en présence
Ordre de bataille franco-bavarois
Les effectifs donnés sont ceux du 16 avril 1809.
vignette|redresse|Le maréchal Jean-Baptiste Bessières, commandant en chef.
Corps provisoire : maréchal Jean-Baptiste Bessières, commandant en chef Division de cavalerie du corps : général de brigade Jacob François Marulaz — hommes : commandant inconnu — hommes de chasseurs à cheval — 3 escadrons de chasseurs à cheval — 3 escadrons : général de brigade Bertrand Pierre Castex — 829 hommes de chasseurs à cheval — 3 escadrons de chasseurs à cheval — 3 escadrons : commandant inconnu — 740 hommes Régiment de dragons légers badois — 4 escadrons Régiment de chevau-légers de Hesse-Darmstadt — 3 escadrons Brigade de cavalerie du corps : général de brigade Charles Claude Jacquinot — hommes de chasseurs à cheval — 3 escadrons de chasseurs à cheval — 3 escadrons de chasseurs à cheval — 3 escadrons
vignette|redresse|Le lieutenant-général Carl Philipp von Wrede, commandant la bavaroise du .
bavaroise du corps : lieutenant-général Carl Philipp von Wrede — hommes : général-major Minuzzi — hommes d'infanterie légère Laroche — 1 bataillon — 2 bataillons — 2 bataillons : général-major Beckers — hommes — 2 bataillons — 2 bataillons Brigade de cavalerie : général-major Preysing — hommes — 4 escadrons — 4 escadrons Artillerie — 563 hommes, 18 canons Artillerie à pied de 6 livres — 2 batteries Artillerie à cheval de 6 livres — 1 batterie
vignette|redresse|Le général de division Gabriel Jean Joseph Molitor, commandant la du .
du corps : général de division Gabriel Jean Joseph Molitor — hommes : général de brigade François-Joseph Leguay — hommes d'infanterie de ligne — 2 bataillons d'infanterie de ligne — 3 bataillons : général de brigade Raymond Viviès de La Prade — hommes d'infanterie de ligne — 3 bataillons d'infanterie de ligne — 2 bataillons Artillerie — 308 hommes, 6 canons Artillerie à pied de 6 livres — 1 batterie
Ordre de bataille autrichien
Les effectifs donnés sont ceux répertoriés au 20 mars 1809, non compris les divers détachements.
Aile gauche autrichienne : feld-maréchal-lieutenant Johann von Hiller, commandant en chef
Armeekorps
vignette|upright|Le feld-maréchal-lieutenant Johann von Hiller, commandant en chef l'aile gauche autrichienne.
Feld-maréchal-lieutenant Johann von Hiller, commandant en chef. Détachée à Munich, la division Jelačić ne prit aucune part à la bataille. Réserve d'artillerie : feld-maréchal-lieutenant Karl von Rouvroy — 24 canons Batteries de position de 12 livres — 3 batteries, 18 canons Batterie de position de 6 livres — 1 batterie, 6 canons : feld-maréchal-lieutenant Friedrich Kottulinsky — 12 bataillons, 16 canons : général-major Otto Hohenfeld — 6 bataillons, 8 canons — 3 bataillons Jordis — 3 bataillons Batterie de brigade de 6 livres — 1 batterie, 8 canons : général-major Nikolaus Weissenwolf — 6 bataillons, 8 canons Deutschmeister — 3 bataillons Kerpen — 3 bataillons Batterie de brigade de 6 livres — 1 batterie, 8 canons : feld-maréchal-lieutenant Franjo Jelačić (détachée à Munich) — 8 bataillons, 8 escadrons, 28 canons : général-major Konstantin Ettingshausen — 6 bataillons, 8 canons Esterhazy — 3 bataillons De Vaux — 3 bataillons Batterie de brigade de 6 livres — 1 batterie, 8 canons : général-major Karl Dollmayer von Provenchères — 2 bataillons, 8 escadrons, 14 canons