Labbaye de Lichtenthal (en allemand Kloster Lichtenthal, en latin Abbatia B.M.V. Lucidæ Vallis) est une abbaye moniale cistercienne à Baden-Baden. L'abbaye est créée au à l'initiative de la margrave d'alors, Ermengarde de Bade.. Elle est la seule abbaye cistercienne féminine à exister sans discontinuer en Allemagne, avec celles de Marienthal et de .
Architecture et description vignette|upright=1.3|La chapelle des princes. vignette|upright=1.3|Intérieur de la chapelle des princes. Aquarelle de Johann Stanislaus Schaffroth (1821). vignette|upright=1.3|Puits et bassin dans la cour.
Le monastère est situé à la fin de la , une promenade connue à Baden-Baden.
L'entrée est par un portail datant de 1781. Les constructions, organisées en un vaste triangle, comprennent les bâtiments conventuels et administratifs et une école, ainsi que l'église abbatiale, une chapelle appelée la chapelle des princes, une chapelle d'ermite et un puits appelé le puits de Marie .
L'église abbatiale est gothique. Le chœur date du et la nef du . Elle contient notamment un crucifix, une chaire sculptée en pierre, une Vierge à l’enfant, un tableau avec une crucifixion, des vitraux dans le chœur et des stalles en bois sculpté. C'est vers la fin du , à l'initiative de l'abbesse , que les œuvres d'art gothique tardif ont été installées dans l'église.
La chapelle des princes a été construite en 1288 et a été utilisée jusqu'en 1372 comme lieu de sépulture du Margraviat de Bade. Elle abrite aussi la sépulture de la fondatrice, la margrave Ermengarde. En plus des monuments funéraires, du maître-autel et de plusieurs autels latéraux, la chapelle abrite la Madone à la clé (en allemand « Schlüsselmadonna »). Il s'agit d'une statue représentant une Vierge à l’enfant. Elle est nommée ainsi parce qu'on lui confie les clés du monastère en période de danger. Jusqu'alors, le monastère a survécu à toute attaque sans dégât.. Les trois statues visibles au-dessus du portail de la chapelle des princes provienne de l'abbaye d'Allerheiligen; elles représentent au centre sainte Hélène, à gauche Gerungus, le premier abbé d'Allerheiligen, et à droite Uta de Schauenbourg, la fondatrice de l’abbaye d'Allerheiligen et aussi une parente de la margrave Ermengarde.
La chapelle d'ermite construite en 1678 sert aux nonnes comme chapelle de cimetière.
Un important ensemble de manuscrits, en provenance de l'abbaye, se trouvent en partie au monastère, et en partie dans la Badische Landesbibliothek. Il s'agit de livres liturgiques, de chants et de prières, du , en provenance de Neuburg, Maulbronn et Herrenalb, et du scriptorium de sœur des codex alémaniques du pour le renouveau de la spiritualité et des livres de prières de mains diverses « mains ». Au , l'ouvrage de Gertrude de Helfta Le héraut de l'amour divin est traduit du latin en alémanique par l’abbesse Veus.
Historique Ermengarde décide de faire ériger le monastère à la mort de son mari. Elle-même se retire avec ses deux fils au château de Hohenbaden dont elle fait sa résidence de veuve. Après avoir remis le pouvoir à ses fils, elle se retire dans le monastère qu’elle a créé.
La margrave apporte à l'ordre cistercien une communauté de femmes existante depuis 1243 et invite des moniales cisterciennes de l'abbaye Wald à les rejoindre pour la compléter. La nonne cistercienne Trudinde de Wald, élue abbesse en 1247, sollicite l'incorporation de Lichtenthal auprès du chapitre général de Cîteaux, soutenue en cela par la margrave et ses deux fils Hermann et Rodolphe. Après une inspection, l'ordre transmet la paternité en 1248 à l'abbaye de Neuburg en Alsace. L'abbé assiste l'évêque de Strasbourg Heinrich von Stahleck le lors de la consécration de l'église à l’assomption de Marie..
L'abbaye bénéficie dès le départ des donations faites par Hermann et Rodolphe à leur mère et qu'elle transfère à l'abbaye. La noblesse et la bourgeoisie aisée qui envoie ses filles dans le monastère le dote de divers dons ce qui lui permet d'accumuler des possessions considérables. Le domaine était conçu alors pour environ 40 personnes, la vie était strictement réglementée.
Comme de nombreux monastères, l'abbaye traverse une crise durant le , peut-être accentuée par le fait que la population s'était accrue à 80 personnes. L'ordre réalise alors une réforme générale, appliquée à Lichtensthal depuis 1426. Toute propriété privée est supprimée, le monastère devait à nouveau vivre de ses propres revenus. Les règles d'isolement et de prières devaient à nouveau être respectées. Des nonnes de l'abbaye déjà réformée de Königsbrück en Alsace étaient envoyées à Lichtenthal pour faire appliquer ces règles. Parmi ces nonnes sont choisies les premières abbesses bourgeoises.
La paternité de l’abbaye, initialement confiée à l'abbaye de Neuburg, change en fonction des modifications de frontières et des politiques : l'abbé de Neuburg, visiteur initial, devenu français, est remplacé par ceux de Maulbronn et de Herrenalb, puis par l’abbé de Tennenbach qui, après une période intermédiaire, conserve cette paternité jusqu'à la dissolution de ce monastère en 1803.
Inversement, l'abbaye de Lichtenthal envoie des groupes de nonnes repeupler ou étoffer des monastères comme celui de Friedenweiler ou de Neudingen, ainsi que l'abbaye de Wonnental et l'abbaye d'Olsberg près d'Augst.
L'abbaye a la chance d'échapper à la destruction durant un certain nombre d'époques guerrières, notamment durant la guerre de Trente Ans. Durant la guerre de la Succession palatine (1688-1697) de grandes parties de Baden-Baden et de Heidelberg sont mises à feu le par des troupes de Louis XIV, mais le monastère n’est pas touché. Les nonnes plus jeunes ont dû être évacuées vers des monastères plus éloignés des troupes, en Suisse ou en Souabe.
Des « maraudeurs » français attaquent l’abbaye en durant la guerre de Succession de Pologne, mais sont repoussés. Les troupes françaises occupent la région en 1796, mais ne détruisent pas le monastère.
Lors de la sécularisation en 1803, l’abbaye revient au margrave de Bade, avec l’abbaye d’Allerheiligen. Le margrave tient à conserver en l'état la chapelle, lieu de sépulture des membres de la famille. Il permet à l'abbaye de continuer d'exister, mais confisque ses terres et ses biens, en échange d'une subvention. En 1811, comme toutes les abbayes cisterciennes masculines sont dissoutes, le monastère est séparé de l'ordre et subordonné au droit épiscopal. L'école du monastère est ouverte en 1815, transformé en 1877 en école d'État pour filles et en 1980 en une école coéducative..
Activités
Comme dans tout monastère, les nonnes accomplissent les prières des heures canoniales selon les préceptes de l’ordre. De plus, elles se consacrent à l’éducation, dans l'école primaire du quartier de Lichtental qui se trouve dans le monastère. Enfin, elle pratiquent un artisanat d'art religieux. L'abbesse actuelle (en 2015) est mère Maria Bernadette Hein. Elle est la , et a succédé à Adelgundis Selle en 2001.
Liste des abbesses
1247–1249: Trudlindis von Liebenstein 1249–1252: Mechtildis von Liebenstein 1252–1257: Adelheidis von Crurein (Krautheim ou Zurhein) 1257–1258: Mechtildis von Wildenstein 1258–1263: Meza Gräfin von Lichtenberg 1262–1295: Adelheidis von Baden 1295–1310: Kunigundis comtesse von Zollern 1310–1320: Elisabeth von Lichtenberg 1320–1336: Agnes von Lichtenberg 1336–1338: Adelheidis von Beuchlingen 1338–1361: Agnes Markgräfin von Baden 1361–1367: Adelheid von Tübingen 1367–1373: Adelheid Gräfin von Herrenberg 1373–1386: Hildegard von Finstingen 1386–1413: Adelheid comtesse von Lichtenberg 1413: Johanna comtesse von Leiningen 1413–1423: Interim 1423– vers 1443: Adelheid von Helfenstein vers 1444–1458: Elisabeth Wiest 1458–1476: Anna Strauler 1477–1496: Margarethe comtesse von Baden 1496–1519: Maria Markgräfin von Baden 1519–1544: Rosula Röder von Hohenrodeck 1544–1551: Anna von Mörsperg 1551–1597: Barbara Vehus 1597–1625: Margareta Stülzer 1625–1640: Margaretha Göll 1640–1642: Rosina Herzog 1642–1658: Maria Eva Springauf 1658–1686: Margaretha Loys 1686–1687: Thekla Schütz 1687–1720: Euphrosina Lorenz 1720–1726: Agnes Polentarin 1727–1738: Maria Euphrosina Wunsch 1738–1775: Benedikta Grasmaier 1775–1808: Maria Thekla Trück 1808–1834: Cäcilia Lauf 1834–1857: Maria Amalia (Rosina) Trenkle 1858–1875: Sophia Schell 1876–1880: Maria Aloysia Schreiber 1880–1909: Maria Magdalena Kollefrath 1909–1928: Gertrudis Molz 1928–1943: Bernarda Geiler 1943–?: Adelgundis Lohrmann 1974–1988: Maria Lucia Reiss 1989–2001: Adelgundis Selle depuis 2001: Maria Bernardette Hein
Notes et références
Bibliographie . . . .
Liens externes
« Cistercienserinnen-Abtei Lichtenthal », site de l'abbaye.
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Voir aussi Articles connexes Congrégation de Mehrerau. Liste d'abbayes cisterciennes. .
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