thumb|Déforestation en Amazonie brésilienne en 2016. thumb|Déforestation en Amazonie bolivienne en 2016. Le pays a des lois très faibles contre la déforestation. right|thumb|L'Amazone dans la forêt tropicale La déforestation du bassin amazonien s'est grandement accélérée entre 1991 et 2004, jusqu'à atteindre un taux annuel de perte de surface forestière de en 2004. Bien que le taux de déforestation ait ralenti depuis 2004 (avec une réaccélération en 2008 et en 2013), la surface couverte par la forêt continue de décroîtreButler, Rhett A. Calculating Deforestation Figures for the Amazon. rainforests.mongabay.com, sourced from INPE and FAO figures..
La forêt amazonienne représente à elle seule la moitié des forêts tropicales restantes sur la Terre, et est la forêt tropicale la plus grande, et celle avec la plus grande biodiversité au monde. 63 % de la forêt est sur le territoire du Brésil, tandis que 10 % se trouve au Pérou, 7 % en Colombie, ainsi que des parties au Venezuela, en Équateur, en Bolivie, à Guyana, au Suriname et en Guyane.
La déforestation en Amazonie a pour effet une perte de capacité forestière, donc une diminution de la biocapacité par personne du Brésil, et donc de son excédent écologique. Cependant, l'essentiel de la diminution de biocapacité par tête du Brésil est dû à la croissance démographique..
Encouragée par le commerce international de viande bovine et de cuirLucy Siegle (August 9, 2015). , l'industrie de l'élevage bovin dans le secteur de l'Amazonie était responsable d'environ 80 % de la déforestation de la région en 2009David Adam, "British supermarkets accused over destruction of Amazon rainforest", 31 mai 2009., ce qui représente 14 % de la déforestation à l'échelle mondiale chaque année, ce qui en fait le moteur de déforestation le plus important au monde"Slaughtering the Amazon". . En 1995, 70 % des terres qui étaient auparavant de la forêt étaient utilisées pour l'élevage bovin, ainsi que 91 % des terres issues de la déforestation depuis 1970.. Le défrichement par les fermiers à des fins d'agriculture vivrièreButler, Rhett (July 9, 2014). ou d'exploitation mécanisée (soja et palme notamment) correspond à la majorité du reste de la déforestation"Growth in Amazon Cropland May Impact Climate and Deforestation Patterns". .
Histoire thumb|La Guyane néerlandaise détruisait déjà l'Amazonie en 1900.
À l'ère précolombienne, certaines parties de l'Amazonie étaient des zones densément peuplées, cultivées et ouvertes. Après l'invasion européenne du , la combinaison de plusieurs facteurs comme la prospection d'or, les maladies apportées par les Européens, l'esclavage et le boom du caoutchouc, l'Amazonie se dépeupla et la forêt granditRomero, Simon (January 14, 2012) Once Hidden by Forest, Carvings in Land Attest to Amazon’s Lost World. .
Avant les années 1970, l'accès à l'intérieur de la forêt était difficile car aucune route n'y avait été tracée, et mis à part des défrichements près des rivières la forêt était relativement intacte. La déforestation s'accéléra énormément après l'ouverture d'autoroutes au cœur de la forêt, comme la Transamazonienne en 1972.
Pendant les années 1970, voulant exploiter au maximum l’Amazonie, l’Etat Brésilien s’est engagé à prendre en charge l'installation des entreprises et a proposé des avantages fiscaux pour celles s’installant en Amazonie. Tout ceci est organisé dans le but de capitaliser l’espace libre fourni par la forêt. De plus, il est associé à un grand programme de colonisation agricole, qui a permis aux grands propriétaires le défrichement rapide d’importantes zones agricoles. Ne s'avérant pas toujours rentables, les terres gardaient tout de même une importante valeur foncière.
Dans certaines parties de l'Amazonie, l'agriculture basée sur les plantations n'était pas profitable à cause de la mauvaise qualité des sols. Le tournant dans la déforestation de la forêt amazonienne arriva dans les années 1960, lorsque les colons commencèrent à créer des fermes à l'intérieur de la forêt. Leur système était basé sur la culture de plantes et l'agriculture sur brûlis. Cependant, les colons ne surent faire prospérer leurs champs et leurs cultures, car cette méthode occasionne une perte de la fertilité du sol et des invasions par des adventices (mauvaises herbes)Watkins and Griffiths, J. (2000). .
Dans les régions indigènes de l'Amazonie péruvienne, comme le bassin de la rivière Chambira des UrarinaDean, Bartholomew 2009 Urarina Society, Cosmology, and History in Peruvian Amazonia, Gainesville: University Press of Florida ., les sols sont productifs pour seulement une courte période, ce qui pousse les cultivateurs indigènes comme les Urarina à se déplacer dans de nouvelles zones et à défricher encore plus de terres. La colonisation de l'Amazonie était dominée par l'élevage bovin car l'élevage en ranch ne requiert que peu de travail, génère des profits suffisants, et donne un statut social important au sein de la communauté ; de plus, l'herbe peut pousser dans le sol amazonien, de qualité relativement faible. Cependant, la démultiplication des élevages mena à une vaste déforestation, causant de grands dégâts environnementaux..
On estime que 30 % de la déforestation est due aux actions des propriétaires de petites parcelles. Même si ces propriétaires possèdent finalement une partie de l'Amazone plus faible que les propriétaires de parcelles de taille moyenne et grande (89 % du territoire de l'Amazonie), l'intensité de la déforestation dans les zones qu'ils possèdent est plus importante que dans les grandes parcelles. Ceci montre l'importance d'utiliser des terres qui ont déjà été défrichées, au lieu de distribuer des zones qui sont encore boisées, un geste qui apparaît comme plus facile politiquement.. Dans l'Amazonie brésilienne, la proportion de propriétaires de petites parcelles comparée à celle des propriétaires de grandes parcelles change fréquemment en fonction des pressions démographiques et économiques.
En 2009, le président péruvien Alan García installa par décret exécutif la loi 840Polk, James (April 14, 2009). (aussi connue sous le nom de la « Ley de la Selva », « la loi de la jungle » ou simplement la « loi forestière »), qui autorisait la vente par l'État de terres amazoniennes non cultivées à des entreprises privées, sans aucune date limite où les droits de propriété expirentVittor, Luis (30 janvier 2008). . Bien que la loi fût promue comme étant une mesure de « reforestation », elle fut critiquée car la privatisation causerait au contraire plus de déforestation"Peru: Government intent on privatizing the Amazon for implementing tree plantations". , tout en renonçant aux droits que l'État exerce sur les ressources naturelles pour les donner aux investisseurs, et en laissant le destin des peuples indigènes du Pérou, qui n'ont bien souvent pas de titres formels de propriété concernant les portions de forêts qu'ils occupent et qu'ils utilisent pour leur subsistance, dans l'incertitudeSalazar, Milagros (February 5, 2008). . La loi 840 rencontra une forte résistance, et finit par être annulée par la législature du Pérou car considérée comme anticonstitutionnelle.
En , ont été rasés. C'est un nouveau record de destruction qui correspond à une multiplication par deux de la surface rasée en alors que ce mois, durant la saison humide, est habituellement moins porté à d'importantes opérations de déforestation..
Causes de la déforestation thumb|Déforestation en Colombie. thumb|Une conséquence de la déforestation de la forêt amazonienne : des nuages épais de fumée au-dessus de la forêt thumb|Extraction illégale d'or en Amazonie à Madre de Dios, Pérou.
La déforestation de la forêt amazonienne peut être attribuée à de nombreux facteurs au niveau local, national et international. La forêt amazonienne est vue comme une ressource à exploiter, fournissant des pâturages pour les élevages bovins, des bois de valeur, des remèdes médicinaux et de l'espace pour construire des habitations ou établir des fermes (pour le soja principalement ) et pour construire des routes (autoroutes et petites routes).
Élevage bovin Un rapport de Greenpeace de 2009 évalue la déforestation causée par l'élevage bovin en Amazonie, soutenu par le commerce international de viande bovine et de cuir, comme correspondant à 80 % de la déforestation totale dans la région, soit environ 14 % de la déforestation annuelle mondiale, ce qui en fait le plus grand moteur de déforestation au monde. Selon un rapport de 2006 par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, 70 % des terres qui étaient boisées dans le passé, et 91 % des terres déboisées depuis 1970, sont utilisées pour les ranches des élevages bovins..
Agriculture vivrière D'autres défrichements en Amazonie sont causés par des fermiers, qui déboisent des terres pour y faire de l'agriculture vivrière ou pour les exploiter avec des machines. Des scientifiques ont utilisé des données satellites de la NASA pour montrer en 2006 que les déboisements causés par l'agriculture mécanisée sont devenus un moteur important de déforestation en Amazonie. Il est possible que ce changement perturbe le climat de la région. Des chercheurs ont également montré qu'en 2003, une année de déforestation record, plus de 20 % des forêts de l'État du Mato Grosso furent converties en des terres arables. En 2005, les prix du soja chutèrent de plus de 25 %, et l'on peut constater dans certaines zones du Mato Grosso un recul du nombre de grands évènements de déforestation, ce qui suggère que l'augmentation ou la chute des prix d'autres denrées, du bœuf ou du bois pourraient aussi avoir un impact important sur l'utilisation des sols dans la région.
Culture du soja Jusqu'en 2006, un moteur important de déforestation en Amazonie était la culture de soja, principalement pour la production et l'exportation et de tourteaux de soja pour l'alimentation animalePlus d'indépendance en soja d'importation pour l'alimentation animale, le cas de la France. et de biodiesel ; l'augmentation des prix du soja a poussé les cultivateurs de soja à continuer à déboiser des forêts au nord de la forêt amazonienneKelly April Tyrrell (January 22, 2015). . Cependant, un accord au sein de la filière, le Moratoire du Soja, a aidé à réduire considérablement la déforestation liée au soja dans la région. En 2006, plusieurs entreprises dans le commerce de marchandises comme Cargill se sont mises d'accord pour refuser d'acheter du soja produit dans des zones récemment déboisées en Amazonie brésilienne. Avant ce moratoire, 30 % de l'expansion de la culture du soja se faisait grâce à la déforestation, ce qui contribua à des taux de déforestation record. Une étude de 2015 montra que huit ans après l'instauration de ce moratoire, la culture de soja s'était étendue sur 1,3 million d'hectares, mais seulement 1 % de cette expansion s'était faite au détriment de la forêt ; les cultivateurs de soja, en réaction au moratoire, plantaient sur des terrains déjà déboisés.
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