Le stibarsen ou autrefois l'allemontite est un corps chimique minéral, alliage ou solution solide à base d'arsenic et d'antimoine, de la catégorie des éléments natifsUn autre synonyme est wretbladite, du nom du métallurgiste P. E. Wretblad qui l'a étudié.. Il est possible de le qualifier d'antimoniure d'arsenic ou d'arséniure d'antimoine selon la prépondérance de l'arsenic ou de l'antimoine. Dans la pratique, une teneur inférieure à 20 % d'un des corps simples éléments natifs est assimilée à une impureté, et le minéral ne peut être du stibarsen, mais soit de l'antimoine natif soit de l'arsenic natif, plus ou moins impur.

Ce minéral, alliage naturel rare à ténacité fragile, se trouve dans les veines hydrothermales et dans certaines pegmatites granitiques. Il est présent dans certains filons métallifères, en masses le plus souvent testacées ou mamelonnées, parfois mais plus rarement en masses lamellaires ou granulaires.

Historique de la description et des appellations successives Le nom anglais est la concaténation des termes abrégés en leur première syllabe, et , le premier désignant en latin l'antimoine. L'allemonite est l'ancien nom du minéral de formule chimique approchée SbAs découvert en France avec le minerai des Challanches, traité en fonderie dans la localité voisine d'Allemont en IsèreStibarsen. Allemontite.L'analyse de l'allemontite des Chalanches a été réalisée par M. Rammelsberg, et publiée dans le PA Tome LXII page 137 en 1834..

Dans les veines de sa montagne, le minéral formait des nodules irréguliers, superficiellement oxydés en kermésite fibreuse et parfois recouvert d'enduit protecteur de valentinite. Le chimiste Sage, bienveillant à l'égard de Romé de l'Isle, avait décrit cette matière minérale distincte en « pyrite arsénicale à facettes hexagonesSage, Éléments de Minéralogie, tome II, 1777 page 71. ». L'abbé Haüy qui avait analysé et soupçonné le continuum de composition entre l'antimoine et l'arsenic, proposait la dénomination « antimoine natif arsenifère ». C'est finalement le minéralogiste autrichien Haidinger qui entérine l'appellation allemontite dans son opus de référence en 1845, intronisant du coup le lieu du premier topotypeHandbuch der Mineralogie, 1845, page 557..

Les minéralogistes italiens l'ont retrouvé facilement en Valteline, ainsi que leurs homologues américains à Comstock Lode dans l'État du Nevada.

Il apparaît aussi dans les pegmatites lithiées à Varuträsk, en SuèdeQuensel, P., Ahlborg, Knut & Westgren, A. Minerals of the Varuträsk Pegmatite. II. Allemontite: With an X-ray Analysis of the Mineral and of other Arsenic-Antimony Alloys. Geologiska Föreningens i Stockholm Förhandlinger. 59 (1937) . En effet, le minéralogiste et métallurgiste P. E. Wretblad l'a identifié en 1941 à partir d'échantillons trouvés en 1935 par le du Boliden Gruvaktiebolag dans les pegmatites LCT à Varuträsk, Skellefteå, dans la région du VästerbottenWretblad, P.E., Minerals of the Varuträsk Pegmatite XX. Die Allemontite und das System As-Sb. Geologiska Föreningens i Stockholm Förhandlinger, 63 (1941), ..

Le stibarsen est considéré comme un mélange ou alliage mal défini d'arsenic et d'antimoineallemontite. et sa description holiste en 1941, paradoxalement basée sur le topotype de Varusträk, propose de garder une appellation unique stibarsen pour AsSb et l'allemontite ainsi que les différents mélanges intimes d'antimoine et d'arsenicMichael Fleischer "New mineral names" American Mineralogist 26 (1941) 456. Depuis 1982, l'International Mineralogical Association ou IMA a prononcé la déchéance du nom français en considérant pour de pragmatiques raisons que seul le minéral stibarsen est apte à décrire et référencer la diversité d'association de ces deux éléments natifsPeter Bayliss Crystal chemistry and crystallography of some minerals in the tetradymite group American Mineralogist, 76 (1991) 257–265.

Cristallographie et cristallochimie thumb|gauche|Structure cristalline commune à As, Sb et AsSb La justification de ce choix apparaît clairement dans le fait que le stibarsen a bien la même structure cristalline que l'arsenic natif et l'antimoine natif, tout en dévoilant des valeurs intermédiaires de paramètres du réseau cristallin. La structure de groupe d'espace Rm No. 166 est dans la littérature tantôt décrite comme hexagonale, trigonale ou rhomboédrique à cause du chevauchement entre ces descriptions selon le réseau de Bravais et le système cristallin (système cristallin trigonal). La diffraction X mesure des intensités caractérisant des empilements ordonnés ou partiellement ordonnés d'atomes de Sb et As en sous-réseau SbAs. Les atomes s'arrangent en couches voilées de structure graphite qui se déploient selon l'axe c. Il existe des liaisons faibles entre ses couches, ce qui explique la faible dureté de l'arsenic natif As, de l'antimoine Sb et du stibarsen AsSb. Minéral a()c() ρ() ref.As 0,376 1,055 5,78 AsSb 0,4025 1,084 6,37 Sb 0,43056 1,125 6,72

Propriétés physiques et chimiques, toxicologie Pour un chimiste, l'arsenic et l'antimoine forment des solutions solides continuesW. B. Pearson (dir.), A Handbook of Lattice Spacings and Structures of Metals and Alloys, page alliage As-Sb, ..

La couleur du stibarsen est un gris métallique moins blanc que l'antimoine natif. L'altération est souvent similaire à celle de l'antimoine.

Chauffé au chalumeau, il fond avec des fumées à la fois arsenicales et antimonieuses. Le résidu forme un globule métallique qui prend feu et brûle en laissant un enduit blanc d'acide antimonieux.

L'allemontite, de même que le stibarsen, est décomposée par l'acide nitrique, le résidu blanc est à base d'acide antimonique.

Gîtes et gisements Les sections polies de la plupart des pièces minérales d'allemontite montrent des excroissances d'allemontite, soit avec de l'arsenic natif formé dans une veine ou avec de l'antimoine quasi-pure dans des pegmatites granitiques. Des variétés homogènes d'allemontite, à composition variable, nommées stibarsen ont été mises en évidence à Varuträsk en Suède.

Association minérale : antimoine natif, arsenic natif, quartz, sidérite Gisements relativement abondants ou caractéristiques Allemagne Australie Autriche Bolivie Canada Dépôt aurifère de Hemlo près du Lac Supérieur, Ontario Mine de l'Ingénieur, Atlin, Colombie Britannique Chine États-Unis Finlande France Anciennes mines d'argent des Chalanches, Allemont, Isère, région Rhône-Alpes, France Grèce Italie Japon Mexique Rio Moctezuma, Sonora Pologne Russie Slovaquie Suède Varutrask, Skelleftea, Vasterbotten Tadjikistan Tchéquie Přibram, Bohême

Usages

Notes et références

Bibliographie P.E. Wretblad, Bulletin de la société minéralogique, tome 74, 1951, page 189. G. Gagarin et R. Cuomo, Bulletin de la société de minéralogie et de cristallographie, tome 75, 1952, page 324. American Mineralogist 76, 1991, . W. B. Pearson (dir.), A Handbook of Lattice Spacings and Structures of Metals and Alloys: International Series of Monographs on Metal Physics and Physical Metallurgy, Volume 4, Elsevier, 2013, 1054 pages. . Entrée 'allemontite' .

Voir aussi

Liens externes Allemontite Stibarsen Stibarsen Handbook of mineralogy Bel échantillon testacé ou mamelonné, Smithsonian Museum of Natural History Spectres caractéristiques sur le projet RRUFF

Articles connexes Antimoine Élément natif Stibine

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