Politis est un hebdomadaire français d'actualités. Fondé en 1988 par Bernard Langlois et d'autres journalistes parmi lesquels Jean-Paul Besset, Michel Naudy, Rémy Galland. Le journal traite de l'actualité politique et sociale et se réclame de la gauche antilibérale et écologiste. Il est membre fondateur de l'association Attac-France.
Historique Sa gestation démarre au début de l'année 1987, quand une équipe de journalistes (Raja Nasrallah, Rémy Galland, Jean-Paul Besset, Michel Naudy) réunis autour de Bernard Langlois fonde Politis, Le Citoyen. Son premier numéro paraît le . Sa une proclame . Dans le courant de l'année 1988, d'autres journalistes rejoignent l'équipe, parmi lesquels Fabrice Nicolino, dès janvier, Paul Moreira, Jean-Michel Aphatie, Ahmed Boubaker.
Dans les années 1990, le journal connaît plusieurs arrêts et dépôts de bilan..
Depuis 2004, il édite deux hors-séries par an. Au cours de l'été 2009, il passe au papier labellisé du programme de reconnaissance des certifications forestièresPatrick Piro, « Notre papier se fait label », Politis, , 23 juillet 2009..
En 2007, le site héberge sous sa bannière les blogs de la rédaction et de ses invités.
À la fin du mois de , Bernard Langlois cesse la parution de son Bloc-notes dans Politis et met un terme à sa collaboration avec l'hebdomadaire dont il fut le fondateurBernard Langlois, « Révérence », Politis, 28 janvier 2010, .Il met en avant sa lassitude et son pessimisme envers les combats que soutient Politis (refondation de la gauche de la gauche, combat social et syndical)..
Un renouvellement de l'équipe de direction intervient à partir de 2021 : Agnès Rousseaux est nommée directrice en 2021, en 2022 François Longérinas devient directeur de publication et Pierre Jacquemain rédacteur en chef.. En juin 2026, Rokhaya Diallo est nommée directrice de Politis et présidente de la Scic Politis.
Ligne éditoriale
Politis est un journal d'opinion à l' selon son directeur de la publication Denis SieffertDenis Sieffert, « Avec une certaine constance... », 16-17, Politis, n°986, 24 janvier 2008.Denis Sieffert, « Politis : nos projets pour 2007 », Politis, 21 décembre 2006., une ligne résumée par Libération comme étant « rose-rouge-verte » . Le journal se dit attaché à la et refuse le ainsi que l'idéologie du choc des civilisationsD’après les thèses de Samuel Huntington, auteur de Le Choc des civilisations. « Qui sommes-nous ? » ; site Web de Politis, le 23 janvier 2007.. Il est considéré comme un hebdomadaire de la gauche antilibéralePerla Msika, Ersilia Soudais : recalée à l'oral, franc-tireur.fr, 28 juin 2023.
Membre fondateur d'Attac, Politis combat pour une Europe sociale. Le journal fait campagne pour le « Non » lors du référendum de mai 2005 relatif au Traité établissant une Constitution pour l'Europe. Dans la lignée, Politis soutient les initiatives pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérale lors de l'élection présidentielle de 2007. Une partie de la rédaction du journal - notamment Bernard LangloisBernard Langlois, « Le brouillard », Politis, 19 avril 2007. - soutiendra la candidature de José Bové à cette élection présidentielle. Pour les élections européennes de 2009, Politis lance un appel à la constitution de listes unitaires « pour une autre Europe »Parmi les premiers signataires : Patrick Braouezec (PCF), Marc Dolez (PG), Christian Picquet (LCR), Michel Onfray, Susan George, ou Robert Guédiguian (« Signez l’Appel pour une autre Europe ! », Politis, 10 décembre 2008).
Le , Politis lance dans ses colonnes un appel pour « l'Alternative à gauche»« L'alternative à gauche : consultez, signez l'appel et débattez ! » ; Politis, le 15 mai 2008.. Denis Sieffert assume le « rôle particulier » - « qui n'est pas dans [la] vocation première, mais n'est nullement contradictoire avec [le] combat » - de Politis pour cet appel dont l'objectif est la création d'un cadre permanent d'action et de réflexion pour l'ensemble des courants politiques de la gauche sociale et écologisteDenis Sieffert, « Cap sur le 11 octobre ! », 10, Politis, n°1012-1014, 24 juillet 2008..
Politis ouvre ses colonnes à plusieurs sensibilités de la gauche de la gauche : gauche du Parti Socialiste (PS), Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Les Verts, Parti communiste français (PCF), Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac), Mouvement républicain et citoyen (MRC), le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS), Les Alternatifs Les pages « Résistances » du journal se font l'écho des combats de la gauche antilibérale et son site Internet propose un « Agenda militant »« L'agenda militant » ; Politis..
Politis crée dès 1989 l'une des premières rubriques "Écologie" de la presse française, et développe des thèmes écologiques - déchets, eau, zones humides, forêts. Jean-Paul Besset et Fabrice Nicolino sont les deux responsables de cette évolution. Le journal se fait ensuite le porte voix de l'écologie politique. Refusant « l'idée d'une écologie abâtardie », le journal soutient en 1994 le virage à gauche des Verts qui se démarque alors de la logique « ni droite, ni gauche » qui était la sienne lors de sa fondation.
En , Emmanuel Macron lance les États généraux de l'information qui .. En réponse, à l'initiative du Fonds pour une presse libre., plus de 100 médias dont Politis se mobilisent et organisent les états généraux de la presse indépendante.
Situation financière Politis, Le Citoyen est né d'un appel public à l'épargne portant sur 6 millions de francs à souscrire par actions nominatives de . Les premières difficultés du journal sont dues à sa sous-capitalisation. Dès 1988, c'est la générosité de Pierre Bergé qui lui permet de continuer d'existerBernard Langlois, « Raconte, grand-père… », 30-31, Politis, , 24 janvier 2008..
Au début de l'année 1990, un montage financier associant la MACIF, le promoteur Pellerin et l’entreprise Spie Batignolles ne verra finalement pas le jour par suite de la publication en juin dans Politis d'un article de Fabrice Nicolino intitulé « Brioude, une bombe au cœur de la ville ? ». Cette enquête dénonçant la manipulation de produits chimiques dans la ville d'Auvergne par un laboratoire de solvants industriels, la Speichim, appartenant à Spie Batignolles, les investisseurs abandonnèrent ce projet« Comment faire pour couler un journal » ; billet publié sur le blog Planète sans Visa, 15 février 2008. Selon Fabrice Nicolino, ce montage financier est dû à l'amitié entre Bernard Langlois et Michel Rocard, alors premier ministre..
L'hebdomadaire continue à être confronté à une situation financière délicate. Le capital du journal s'ouvre à Thierry Wilhelm (1998) puis au Monde diplomatique (2000)Denis Sieffert, « Politis, l'histoire d'une crise », Politis, 23 novembre 2006.. Ce dernier possède 34 % du capital, lui apportant également une aide technique et administrative. Politis est alors édité par SAS Politis, une société par actions simplifiée au capital de . Ses principaux actionnaires sont l'Association pour la défense de la pluralité de la presse, Doxa SAS et Le Monde diplomatique.
Le , le journal est placé en redressement judiciaire. Thierry Wilhelm, l’actionnaire pressenti pour la mise en place du plan de reprise se désiste le , le personnel de Politis lance un appel pour récolter un million d'euros afin de sauver l'hebdomadaire« Sauvons Politis ! » ; Site Web d'Acrimed, 13 octobre 2006. Denis Sieffert affirme que cette crise est due aux « négligences répétées » en matière de gestion et l' « absentéisme chronique » du directeur général de l'époque, Jean-Pierre Beauvais. En filigrane, cette crise révèle aussi les tensions entre une rédaction soucieuse de son indépendance éditoriale et une équipe dirigeante autour de Beauvais qui prend fait et cause pour le président d'Attac, Jacques NikonoffSébastien Homer, « Politis en dépôt de bilan », l'Humanité, 31 août 2006..
L'association « Pour Politis » est créée afin de sauver le journal« Un mois, un million d’euros » ; Politis le 5 octobre 2006. L'association compte lecteurs adhérentsPatrick Piro, « Association de bienfaiteurs », 28, Politis, n°986, 24 janvier 2008.. Elle a permis de recueillir auprès de lecteurs et ainsi de sauver le journal« C'EST FAIT ! » ; billet publié sur le site de l'association « Pour Politis » le 15 novembre 2006.. Le tribunal de commerce de Paris juge le que le plan de reprise d'activité déposé par le personnel de l'hebdomadaire était viableDenis Sieffert, « Politis sauvé », 3, Politis, 23 novembre 2006..
Le journal est désormais édité par la SAS Politis, une société par actions simplifiée au capital de , de en (selon l’ours du n.1539 du au ). Parmi ses actionnaires, on retrouve l'association « Pour Politis » (65 % du capital), ainsi que Christophe Kantcheff, Denis Sieffert, Pascal Boniface, Laurent Chemla, Valentin Lacambre et Jean-Louis Gueydon de Dives.
En 2014, l'hebdomadaire et l'association Pour Politis lancent une campagne d'abonnements afin de pérenniser le journal. Avec un déficit de pour l'année 2013 « presque entièrement imputable à la vente au numéro, alors que les abonnements se maintiennent et que les abonnements web, encore marginaux, progressent doucement »Denis Sieffert, « Objectif : 800 nouveaux abonnés ! », pages 14-15, Politis, n°1291, 20 février 2014, Politis affirme avoir besoin de 800 nouveaux abonnés pour ne pas connaître une nouvelle crise. L'hebdomadaire lance une campagne d'appel à dons à partir de la fin afin de garantir la survie et l'indépendance de Politis .
En 2021, Politis connaît une crise économique particulièrement grave. Pour éviter de disparaître, une campagne de sauvetage est lancée à l'automne 2021 avec pour objectif de récolter de dons.. À la suite d'une forte mobilisation des lecteurs et des abonnés, sont récoltés.
Transformation en coopérative Le , Politis devient une Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). Son capital social est diminué à https://www.annonces-legales.fr/consultation/ile-de-france/paris-75/politis-1209488. Les parts sociales, d'une valeur de , peuvent être souscrites après validation par l'association "Pour Politis". La coopérative comprend quatre collèges : collège des salariés (30% des votes) ; collège des bénéficiaires (lecteurs et lectrices, 30% des votes) ; collège des partenaires (autres médias, ONG, associations, etc., 20% des votes) ; collège des financeurs (banques, 20% des votes). Le siège social de l'hebdomadaire est transféré au 78 rue Compans, dans le 19e arrondissement de Parishttps://www.politis.fr/articles/2024/09/pourquoi-politis-devient-une-cooperative/.
Audience et diffusion Avant les années 2000, le journal profil des lecteurs est principalement composé de militants et de sympathisants écologistes ou de la gauche du Parti socialiste, chevènementistes, communistes… Le nombre abonnements est en dessous de en 1999, les ventes en kiosques restant marginales.
Fin 2017, Politis revendique une diffusion d'environ par numéro. et compte et 400 abonnés web..
Directions En , Pouria Amirshahi est nommé président et directeur de publication.
Notes et références
Liens externes
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