est un genre fossile de synapsides Caseidae herbivore ayant vécu à la fin du Permien inférieur (Kungurien) et au début du Permien moyen (Roadien) dans ce qui est aujourd’hui le Texas et l’Oklahoma aux États-Unis. Comme les autres caséidés herbivores il avait une petite tête, un grand corps en forme de tonneau, une longue queue, et des membres massifs. Angelosaurus diffère des autres caséidés par l’extrême massivité de ses os, en particulier ceux des membres, lesquels montrent un fort développement des crêtes, des processus, et des rugosités pour la fixation des muscles et des tendons. Par rapport à la taille de son corps, les membres d’Angelosaurus étaient plus courts et plus larges que ceux des autres caséidés. Les phalanges unguéales ressemblaient davantage à des sabots plutôt qu’à des griffes. Les quelques éléments crâniens connus montrent que le crâne était court et plus robuste que celui des autres représentants du groupe. Angelosaurus se distingue également par ses dents bulbeuses aux couronnes plus courtes et plus larges que celles des autres caséidés. Leur morphologie et le fort taux d’usure qu’elles présentent suggère un régime alimentaire différent de celui des autres grands caséidés herbivores, et devait être à base de plantes particulièrement coriaces. Une étude publiée en 2022 suggère que le genre pourrait être paraphylétique, deux des trois espèces pouvant appartenir à un ou des genres distincts.
Étymologie Le nom de genre Angelosaurus réfère à la formation de San Angelo au Texas, où cet animal fut découvert pour la première fois. Il se complète du suffixe saurus signifiant lézard.
Espèces Angelosaurus n’est connu que par des squelettes incomplets et des ossements isolés. Le genre est représenté par trois espèces, la plus grande, Angelosaurus greeni, atteignant une taille comparable à celle de Cotylorhynchus romeri. A. romeri était l’espèce la plus petite et A. dolani était de taille intermédiaire. Cependant, la différence de taille n’est pas un critère taxonomique pertinent car le nombre de spécimens connus est trop limité pour connaître la taille maximale atteinte par chaque espèce. Ces trois espèces diffèrent essentiellement par des caractéristiques de l’humérus, du fémur, et du bassin, qui sont les seuls éléments disponibles permettant des comparaisons. Chez l’espèce type Angelosaurus dolani, l’humérus est très massif, aussi long que large avec une diaphyse quasi inexistante. Chez A. romeri, l’humérus est moins massif avec une diaphyse très courte mais bien distincte. Chez A. romeri et A. dolani, le trochanter interne du fémur est situé plus ou moins à mi-chemin entre les extrémités proximale et distale de la fosse intertrochantérienne alors que chez A. greeni il est situé près de l’extrémité distale de la fosse. A. romeri se distingue par la proéminence du quatrième trochanter. Chez A. romeri et A. greeni, le condyle externe du fémur est le plus grand des deux et est bien séparé du condyle interne. Chez A. dolani c’est le condyle interne qui est le plus développé mais la séparation avec le condyle externe est moins nette, probablement en raison de la présence d’une couverture cartilagineuse étendue. Le bassin d’A. dolani est caractérisé à la fois par la massivité des connexions vertébrales et la forte fusion des côtes sacrales formant une seule plaque distalement, mais aussi par la faible ossification de la lame dorsale de l’ilion et de la symphyse pubienne. Chez A. romeri il n’y a pratiquement pas de fusion des côtes sacrales. Le sacrum d’A. dolani compte trois vertèbres dont seules les deux premières sont fusionnées. Chez A. romeri, la symphyse pubienne est fortement ossifiée et le sacrum compte quatre vertèbres dont trois au moins sont fusionnées chez l’holotype. Une analyse cladistique réalisée par Werneburg et des collègues indique cependant que les espèces A. greeni et A. romeri pourraient ne pas appartenir au genre Angelosaurus, tous ces taxons nécessitant une redescription détaillée.
Angelosaurus dolani L’espèce type Angelosaurus dolani fut érigée en 1953 par Everett C. Olson et James R. Beerbower à partir d’un squelette partiel (l’holotype FMNH UR 149) trouvé dans les mudstones rouges constituant la partie centrale de la formation de San Angelo (Groupe de Pease River), dans le Comté de Knox au Texas. Cette espèce fut nommée en l’honneur de Wayne Dolan, dont la coopération a permis de poursuivre les travaux sur le gisement de Little Crotton Creek, d’où provient l’holotype, situé sur le terrain du ranch MacFayden, près de la ville de Benjamin. Le squelette d’A. dolani était en grande partie articulé. Les trois premières vertèbres présacrées, le sacrum, et 24 vertèbres caudales étant en connexion anatomique, de même que le bassin, les fémurs, le tibia et la fibula gauche, et la majeure partie du pied gauche. Quatre autres vertèbres, l’humérus droit, des éléments de la main droite, des débris de côtes, deux fragments de dentaire et de maxillaire mal conservés et aux dents cassées, étaient dispersés antérieurement au bassin. Quelques vertèbres d’un second spécimen furent également signalées du même gisement, à moins d’une centaine de mètres du premier site.
A. dolani est caractérisé par un squelette lourd et massif, aux membres plus courts et plus larges que ceux des autres caséidés. L’humérus est l’un des éléments les plus distinctif du squelette par ses proportions extrêmement massives. Il n’y a pratiquement pas de diaphyse, et la largeur de l’extrémité proximale est presque égale à la longueur totale de l’os. La crête delto-pectorale est très développée et porte un processus proéminent, noueux et rugueux pour l'insertion d'une partie de la musculature pectorale. Le long de la marge antérieure de la partie proximale de l'humérus, il y a une forte crête pour l'insertion du muscle deltoïde. Le condyle radial de l’humérus se trouve loin en avant sur la surface ventrale et distale, et ses proportions suggèrent que la tête du radius était massive. Le fémur est très massif avec une extrémité proximale profonde et lourde. Le trochanter interne est exceptionnellement solide et a une surface rugueuse. De façon caractéristique, il s’étend très près de l’extrémité proximale de la fosse intertrochantérienne (une large surface concave située sur la face ventrale de l’extrémité proximale du fémur et où s’insérait le muscle puboischiofemoralis externus). Le quatrième trochanter, en revanche, est faible. Les condyles distaux du fémur sont volumineux mais pas fortement différenciés, probablement en raison de la présence d'une calotte cartilagineuse. Une forte crête passe proximalement de la fosse intercondylienne le long de la marge dorsale du fémur et continue sur la zone où la partie fémoro-tibiale du triceps a vraisemblablement pris son origine. Tout comme le fémur, le tibia et la fibula sont caractérisés par leurs extrémités formées d’os non fini, suggérant la présence d’une couverture cartilagineuse importante. Cette particularité, qui d’ordinaire est un signe d’immaturité squelettique, est étonnante car l’holotype d’A. dolani appartient à un animal adulte comme l’indique l’ossification complète de diverses autres parties du squelette. Du pied gauche, relativement grand par rapport à la taille du corps, les tarses furent retrouvés articulés mais les métatarses et les phalanges étaient quelque peu déplacés. De sorte qu'Olson et Beerbower eurent quelques difficultés à déterminer la formule phalangienne. Après réexamen du matériel découvert, Olson évalua plus tard que la formule phalangienne du pied était 2-2-2-3-3. Les phalanges unguéales se distinguent de celles des autres caséidés en étant courtes, larges, et lisses, et ressemblent à des sabots plutôt qu’à des griffes. Quelques éléments de la main droite montrent que les phalanges étaient larges et courtes. Le bassin est caractérisé par un pubis et un ischion formant une large plaque aplatie, avec une symphyse faible sur la plus grande partie de sa longueur. L’ilium, qui est court et large, montre quelques indications de l’élévation dorsale caractéristique des caséidés, mais le sommet semble incomplet, peut-être cartilagineux. L’acetabulum est proportionnellement très large et profond. Le sacrum est composé de trois vertèbres, la première et la seconde étant soudées. Les extrémités distales des trois côtes sacrées sont fusionnées pour former une large plaque, qui s'insère sur l'ilium. Les vertèbres thoraciques possèdent des apophyses transverses relativement longues et il semble y avoir eu une petite facette ventrale, indiquant que les côtes étaient à double tête. Les épines neurales, bien que mal conservées, semblent avoir été plutôt courtes. Deux fragments de mâchoires supérieure et inférieure indiquent que le crâne était plutôt petit par rapport à la taille du corps, comme c’est le cas chez les autres caséidés dérivés. Les deux morceaux de dentaire et de maxillaire portent quelques dents qui, bien que cassées, avaient une section ovoïde et étaient assez espacées, indiquant que leur nombre total devait être réduit.
Angelosaurus greeni Angelosaurus greeni fut nommée en 1962 par Everett C. Olson à partir d’un squelette très fragmentaire et divers éléments isolés trouvés dans les mudstones rouges du sommet de la formation de San AngeloCes mudstones furent initialement attribués par Olson (1962) à la partie inférieure de la formation de Flowerpot. En 1974, Gary E. Smith a redéfini ces mudstones comme formant le sommet de la formation de San Angelo., dans le Comté de Knox au Texas. L’espèce honore J. Green du ranch Alexander, dont la coopération et l’aide ont permis pendant plusieurs années d'explorer et de collecter en profondeur les affleurements fossilifères des terres du ranch Alexander. Il s’agit de l’espèce la plus grande du genre avec des dimensions comparable à celle du caséidé Cotylorhynchus romeri. Elle est aussi l’espèce la moins bien connue. Les vestiges retrouvés étaient fragmentaires, en grande partie à cause d'une importante décomposition chimique après l'enfouissement. Chez l’holotype, cette décomposition a altéré et détruit de nombreux éléments d’un squelette originellement plus complet comme l’indiquait la présence de nombreux fragments difficilement identifiable, mais aussi la présence sur le sol du contour indistinct de certains os entièrement dissous. L’holotype (FMNH UR 257) est composé d’un fémur, de quelques vertèbres, et des fragments de côtes. Les paratypes incluent un morceau d’extrémité distale d’un humérus, des fragments de bassin, des éléments distaux des membres, et des fragments indéterminés, et un humérus aplati et à l’extrémité distale mal conservée, tous provenant du même horizon général et de la même localité que le type.
Cette espèce est principalement caractérisée par la morphologie de son fémur. L’emplacement du trochanter interne est très caractéristique en étant situé près de l'extrémité distale de la fosse intertrochantérienne. Alors qu’il est situé près de la partie médiane ou proximale de cette fosse chez les deux autres espèces. Ce trochanter interne est apparemment fusionné avec le quatrième trochanter. Il n’y a pas de crête de l’adducteur. Le condyle distal antérieur (interne) est petit et est nettement séparé du postérieur par une rainure profonde. Enfin, la diaphyse du fémur est très courte.
Angelosaurus romeri