Blaireau est un nom vernaculaire désignant plusieurs espèces de mammifères carnivores appartenant à la super-famille des Mustéloïdes. Ces espèces ne constituent pas un groupe polyphylétique strict entre elles, mais sont liées par une définition plus ou moins subjective. L’espèce nominale est le blaireau d’Europe (Meles meles).

Définitions et étymologies Définition Le terme « blaireau » désigne, de manière générale, un mammifère de l’ordre des carnivores (Carnivora) dont le régime alimentaire est omnivore, faisant partie de la famille des mustélidés, caractérisé par un corps massif et trapu, des pattes courtes, un mode de locomotion plantigrade, un pelage rude souvent marqué de rayures faciales et l’habitude de creuser de profonds terriers. Les définitions insistent selon les sources tantôt sur son régime alimentaire varié et sa capacité à creuser des terriers, tantôt sur son apparence trapue et son poil dru, ou encore sur son pelage noir, gris et blanchâtre et la profondeur de ses terriers.

Certaines définitions plus anciennes rattachent le blaireau au groupe autrefois nommé « bêtes puantes », en raison de ses glandes anales développées, à l’image d’autres mustélidés. Les ouvrages de zoologie le décrivent plus synthétiquement comme un plantigrade appartenant à la famille des mustélidés.

L’usage du terme varie selon les régions francophones. En français de France, « blaireau » renvoie principalement au blaireau européen (Meles meles). Au Québec, l’Office québécois de la langue française propose une acception plus large, décrivant un genre de mammifères de taille moyenne présent en Afrique, en Eurasie et en Amérique du Nord.

Étymologie Le mot « blaireau » est attesté en ancien français sous les formes blairel et blarel. Selon le Dictionnaire de l’Académie française, il dériverait d’une forme dialectale issue du francique blaros, parfois rapproché d’une racine signifiant « brillant » en référence possible aux bandes faciales. Le Littré signale de son côté l’ancien français blairet, avec le même sens zoologique.

Synonymes et terminologies associées

Synonymes et langues latines Le terme proto-germanique était *þahsuz, probablement issu de la racine proto-indo-européenne *tek'- « construire », de sorte que le blaireau aurait été nommé d’après son activité de creuser des terriers ; le terme germanique *þahsuz devint alors taxus ou taxō, -ōnis dans les terminologies latines, remplaçant mēlēs (« martre » ou « blaireau ») et de ces mots ont évolué les noms vernaculaires de différentes langues romaines : l’italien tasso, le catalan toixó, l’espagnol tejón, portugais texugo. En français, cette terminologie deviendra « Taisson », qui peut possède les variations orthographiques « Tesson » ou phonologique « Tasson ».

En français, le terme « blaireau » est masculin et prend un x lorsqu’il est conjugué au pluriel, la femelle blaireau est appelée « blairelle », les petits et jeunes blaireaux sont appelés « blaireautins ». Le terrier ramifié du blaireau est appelé « taissonnière » ou « blaireautière ».

En anglais et dans les langues germaniques En anglais le blaireau est désigné sous le nom de « badger », il provient du vieil anglais bageard (). , faisant vraisemblablement référence à la marque blanche portée comme un insigne sur son front. De même, il possède un synonyme aujourd’hui archaïque, bauson (1375), variante de bausond « rayé, pie », issu de l’ancien français bausant, baucentThe American Heritage Dictionary , 4 éd., s.v. « badger » (Houghton Mifflin, 2001)..

Le nom moins courant brock, du vieil anglais : brocc ; écossais : brock, est un emprunt celtique, du gaélique broc et gallois broch, du proto-celtique brokkos) signifiant « gris ».

En anglais, un blaireau européen mâle est appelé boar, une femelle sow, et un jeune cub. Toutefois, en Amérique du Nord, les jeunes sont généralement appelés kits, tandis que les termes male et female sont utilisés pour les adultes. Un nom collectif proposé pour un groupe de blaireaux est cete., mais les colonies de blaireaux sont plus souvent appelées clans. Le lieu de vie d’un blaireau se nomme un sett.

Le terme proto-germanique *þahsuz donnera les terminologies pour désigner le blaireau en langues germaniques, l’allemand Dachs, le néerlandais das, ou le norvégien svintoks ; et donnera également le mot en anglais moderne précoce dasse.

Dans les autres langues Langue NomNoteAnglais BadgerAllemand DachsItalien TassoPluriel : tassi.Espagnol TejónPluriel : tejones.ChinoisPinyin : huān, Hanyu Pinyin : huān, Gwoyeu Romatzyh (GR) : hwan, Wade–Giles : huan¹, Yale : hwān

Composé de 犭 (« animal ») + 雚 (« héron »).Japonais Composé de et : « ours des terriers ». L’espèce nominale est Meles anakuma et « anakuma » est utilisé en français.CoréenVietnamienLửngThaïแบดเจอร์ (bæ̀t-djəə)Emprunt de l’anglais.Birmanကောင်ကလေး (kaung kalay)IndonésienTeledu, Unjul, BubutLe terme Teledu donnera la terme français « Télagon ». Le mot Bubut est un emprunt de l’anglais « badger ».MalaisBejarIndonésien/Malais (terme régional)Bajing tanahLitt. « écureuil terrestre » (usage variable).Amhariqueመጣጤ (mäṭṭaṭṭe)AragonaisTaixudoArabeغرير (ghurayr)Diminutif → « petit grogneur ».BulgareЯзовец (yazovets)CherokeeᎤᎫᎾ (uguna)Kurde soraniچالگ (çalig)CorseTassuTchèqueJezevecGrecΑσβός (asvós)Persanگورکن (gūrkan)Litt. « fouisseur ».Frison occidentalDassenIrlandaisBrocParfois transcrit en anglais sous le nom de brock.MannoisBrockUtilisé en anglais.Hébreuגיריות (giryot)Singulier : גירית girit.KirghizКашкулак (kaşkulak)Litt. « oreille sèche ».LettonĀpšiMacédonienЈазовец (jazovets)Malayalamബാഡ്ജർ (bāj̣ar)Emprunt de l’anglais.NéerlandaisDassenOccitanTaisPendjabi occidentalبجو (bajo)PortugaisTexugoRoumainBursucSerbo-croateJazavciSingulier : jazavac.SlovaqueJazvecSlovèneJazbecTagalogBadyerEmprunt de l’anglais.Ourdouبجو (bajo)

En zoologie Phylogénie Les sept genres désignés sous le nom de « blaireau » étaient autrefois regroupés dans la famille des mustélidés et la sous-famille des Melinae, mais avec les nouveaux moyens de distinction des espèces, ce groupe a fini par s’éroder au fil du temps. Dans la taxonomie actuelle des mustélidés, basée sur des études génétique de 2004 puis de 2008, les espèces que l’on appelait « blaireaux » comme un tout se sont dispersés en plusieurs groupes : dans la famille des mustélidés, ils se sont séparés en quatre sous-familles : huit espèces de Melinae (genres Meles et Arctonyx), dont le blaireau européen, cinq espèces de Helictidinae (genre Melogale) ou « blaireaux-furets », et le Mellivorinae (genre Mellivora) le ratel, parfois appelé « blaireau à miel », et Taxideinae (genre Taxidea) le blaireau américain. Les blaireaux incluent les mustélidés les plus basaux ; le blaireau américain est le plus basal de tous, suivi successivement par le ratel et les Melinae ; les dates estimées de divergence sont respectivement d’environ 17,8, 15,5 et 14,8 millions d’années. Les deux espèces de télagons, appelées « blaireaux-puants » du genre Mydaus ont été déplacés dans la famille des Mephitidés.

Phylogénie des genres de « blaireaux » Phylogénie des genres de « blaireaux », d’après Koepfli et al. (2008) :

Liste des espèces appelées « blaireaux » Dans le tableau ci-dessous figurent les différentes espèces de mammifères qui ont été désignées sous l’appellation de « blaireau » dans leurs noms vulgaires et vernaculaires, soit seize espèces actuelles de la famille des Mustélidés et deux dans la famille des Méphitidés. En général, ces espèces ont toutes plus ou moins été identifiées scientifiquement à des blaireaux ou à des espèces proches au cours de leur histoire, ce qui tend à expliquer pourquoi les Télagons se sont pas couramment identifiés à des moufettes. {| class="wikitable" |+ !Sous-famille !Genre !Espèce !Noms vernaculaires français !Synonymes scientifiques |- | rowspan="9" |Sous-familleMelinae | rowspan="6" |Meles |Meles melesLinnaeus, 1758250px|sans_cadre|centré |BlaireauNom en français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen .Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales. . Montpellier, France, Cirad. [12/05/2015]. Blaireau commun Blaireau européenNom en français d'après l'Inventaire National du Patrimoine Naturel, sur le site Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN). Blaireau d’Europe Blaireau d’Eurasie Blaireau eurasiatique Blaireau ordinaire Blaireau vulgaire Taisson Tesson Tasson

|Meles leucurusHodgson, 1847 |Blaireau à queue blanche Blaireau d’Asie Blaireau asiatique Blaireau des sables

|Meles anakumaTemminck, 1844250px|sans_cadre|centré |Blaireau anakuma Anakuma Blaireau du JaponBlaireau dans l'encyclopédie Larousse en ligne. Blaireau japonais | Meles anakuma Temminck, 1843 (Protonyme) Meles ankuma J. E. Gray, 1865 Meles anakuma aoshimensis Matsumoto, 1930 Meles anakuma miyagiensis Matsumoto, 1930 Meles anakuma ponticus Matsumoto, 1930 Meles leucurus kuzuüensis T. Shikama, 1949 |- |Meles canescensBlanford, 1875250px|sans_cadre|centré |Blaireau de Perse Blaireau d’Asie du Sud-Ouest | Meles meles minor Satunin, 1905 (Protonyme) Meles arcalus G. S. Miller, 1907 Meles urartuorum Satunin, 1908 Meles meles rhodius Festa, 1914 Meles meles ponticus Blackler, 1916 Meles meles severzovi Heptner, 1940 Meles meles canescens natio bokharensis V. V. Petrov, 1953 Meles meles arcalus Wozencraft, 2005 Meles meles canescens Wozencraft, 2005 |- |Meles amurensisvon Schreber, 1859 |Blaireau asiatique | Meles taxus var. amurensis von Schrenck, 1859 (Protonyme) Meles schrenckii Nehring, 1891 Meles amurensis Ognev, 1912 Meles melanogenys J. A. Allen & R. C. Andrews, 1913 Meles meles amurensis Stroganov, 1962 Meles leucurus amurensis Wozencraft, 2005 schrenkii Wozencraft, 2005 |- |Meles thorali Dépêret, 1897 |Blaireau de Thoral

| rowspan="3" |Arctonyx |Arctonyx collarisCuvier, 1825250px|sans_cadre|centré |Blaireau à collier Blaireau à gorge blanche Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada Blaireau cochon

|Arctonyx albogularis(Blyth, 1853)225px|sans_cadre|centré |Blaireau à gorge blanche | Meles albogularis (E. Blyth, 1853) (Protonyme) Arctonyx taxoides E. Blyth, 1853 Mydaus taxoides (A. Murray, 1866) Meles leucolaemus (A. Milne-Edwards, 1867) Meles (Arctonyx) obscurus (A. Milne-Edwards, 1871) |- |Arctonyx hoevenii(Gray, 1842) |Blaireau à gorge blanche

|Sous-familleTaxidiinae |Taxidea |Taxidea taxus(Schreber, 1777)250px|sans_cadre|centré |Blaireau d’Amérique Blaireau américain Blaireau nord-américain Blaireau du Labradorpage 197 dans Monique Catherine Cormier & al. Les dictionnaires Le Robert : genèse et évolution, éditions PUM, 2003. , 9782760619425. Taxidée Taxidée américain

|Sous-familleMellivorinae |Mellivora |Mellivora capensis(Schreber, 1776)250px|sans_cadre|centré |Blaireau à mielNom en français d'après l'UICN sur le site de la liste rouge de l'UICN. Blaireau mellivore Blaireau puant | Meles indicus (Boddaert, 1785) Meles mellivorus (Link, 1795) Meles inauritus (Goldfuss, 1809) Meles mellivora (Thunberg, 1811) Meles capensis (G. Fischer, 1814) Taxus mellivorus (Muirhead, 1819) Meles indica (H. R. Schinz, 1821) |- |Sous-familleGuloninae |Gulo |Gulo gulo(Linneaus, 1758)250px|sans_cadre|centré |Blaireau du labrador Blaireau américain | Meles Gulo (Boddaert, 1785) Meles Luscus (Boddaert, 1785) Meles lusca (G. Fischer, 1814) Taxus gulo (É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803) |- | rowspan="6" |Sous-familleHelictidinae | rowspan="6" |Melogale |Melogale moschata(Gray, 1831)250px|sans_cadre|centré |Blaireau-furet Blaireau-furet chinois Mélogale de Chine'| Helictis taxilla (O. Thomas, 1925) Helictis taxilla sorella (G. M. Allen, 1929) Melogale moschata Corbet & J. Edwards Hill, 1980 Melogale moschata hainanensis Zheng Yonglie & Xu Longhui, 1983 Melogale moschata ferreogrisea Wozencraft, 2005 Melogale moschata millsi Wozencraft, 2005 Melogale moschata moschata Wozencraft, 2005