Les Archives municipales de Nantes sont un service de la Ville de Nantes chargé de la conservation et de la communication des archives.
Localisation Le bâtiment qui les abrite est situé dans le centre-ville, au 1, rue d'Enfer à proximité de l'hôtel de ville.
Histoire Les origines L'intérêt que porte l'administration civile de la ville de Nantes pour la conservation de ses archives est précoce, puisque dès l'an 1436, les comptes du miseur du conseil des bourgeois, constitué par lettres ducales signées de Jean V en 1410, fait état de l'achat de trois clefs pour le coffre renfermant les lettres et comptes de la cité. Ainsi, tout au long des , le conseil, puis la mairie (créée en 1560 par lettres patentes du roi François II), s'efforcent de protéger ces documents permettant avant tout de préserver les droits de la communauté vis-à-vis du pouvoir royal..
Successivement, la ville acquiert un coffre carré garni de fer blanc et des étuis du même métal pour abriter les sceaux en 1466. Puis c'est l'achat de deux armoires et d'une malle de cuir noir. En 1568, le coffre est doté de trois clefs conservées par le maire et deux personnes de confiance. En 1574, on confectionne deux nouvelles armoires volumineuses.
Durant la même période, on réalise des fac-similés des documents les plus importants pour les préserver et les communiquer en cas de nécessité administrative.
Malgré toutes ses précautions prises, ces archives font fréquemment l'objet de dégradations, de dispersions et de pertes. Régulièrement la municipalité est contrainte d'intervenir pour faire réintégrer des documents égarés. Ainsi, en 1517, un monitoire est pris contre les détenteurs de papiers et lettres de la ville. En 1566, la mairie demande à l'ancien procureur des bourgeois ainsi qu'à l'ancien maire de rapporter des lettres subtilisées. De plus différents documents ne sont pas détenus par la ville, mais sont en la possession des particuliers pour des commodités administratives. Sans compter que des documents sont perdus lorsque les archives furent l'objet de déménagements pour vérification ou pour être réinstallées.
Une destruction volontaire de certains documents ordonnée par les notables nantais eux-mêmes n'est pas à exclure : ainsi, les registres des délibérations des années 1584-1586 et 1590-1596, recélant des documents compromettants, furent brûlés par les édiles de la ville, alors ligueuse avant la venue du roi Henri IV, en , pour signature de l'édit de Nantes.
Les archives, conservées jusqu'ici dans l'hôtel de la Prévôté, situé place du Change, sont transférées à l'hôtel de Derval acquis en 1578 et devenu depuis le cœur historique de l'actuel hôtel de ville. À partir de cette période, des efforts d'organisation se succèdent, notamment le , où le bureau de la municipalité décide d'exécuter l'inventaire des titres de la ville. Son principal rédacteur, Guillaume Guillocheau, déjà contrôleur, est nommé « garde des archives », le . Ainsi, la mairie charge spécifiquement pour la première fois un préposé de la conservation et des prêts des documents. Celui-ci détient l'une des trois clefs des archives avec le maire et le procureur syndic. Cependant, la charge de « garde des chartes » est supprimée par le bureau de la municipalité en 1691. Cette mission, mal rémunérée avec par an (soit trois fois moins que le concierge de la ville), semblait démotiver beaucoup de ces titulaires. L'état déplorable du dépôt et le renouvellement des intentions de classement, en sera la conséquence comme le mentionnent plusieurs témoignages d'époque.
Toutefois, Jacques Fremon, maire de 1679 à 1682, consacre les deux dernières années de sa fonction à l'élaboration d'un inventaire pour lequel les archives sont rangées dans vingt sacs. Ce manuscrit se présente sous la forme d'un grand volume in-folio de 149 feuillets.
Dès 1691, le secrétaire-greffier endosse également une partie des fonctions du contrôleur dont celle de garde des chartes. Ainsi Mathurin Lecourbe, ancien notaire royal, exerça cette fonction jusqu'en 1709.
René Préau, garde des archives de la Chambre des comptes de Bretagne, lui succède. Cependant, il n'en demeure pas moins que la conservation des documents reste aléatoire : ainsi, à plusieurs reprises, le bureau doit se rendre chez les héritiers d'anciens maires ou greffiers pour récupérer des actes appartenant à la ville. Il faudra attendre l'installation, le , de Gérard Mellier à la tête de la mairie pour qu'une organisation suivie des archives soit décidée.
Mellier entend, en premier lieu, faire confirmer par le roi les privilèges de la communauté. Pour cela une connaissance parfaite des titres est nécessaire et donc un classement rigoureux doit être adopté. Parallèlement l'exécution d'un inventaire « exact et raisonné » est confié à Triberge, garde des archives de la Chambre des comptes de Bretagne. Dix-huit mois de travail seront nécessaires à ce dernier pour établir une organisation rigoureuse : les pièces qui lui sont délivrées sont précédemment mentionnées sur un récépissé, contrôlé et signé par le greffier qui doit travailler uniquement dans la salle des archives.
Toutefois, quelques-unes de pièces sont inventoriées et empilées dans 53 sacs, sans qu'il soit possible « d'observer l'ordre chronologique ni mettre les matières de même nature ensemble ». Mellier maintiendra ensuite une politique continue de contrôle et d'amélioration de la conservation des archives. Des arrêtés furent pris pour y déposer les documents importants, qui sont conservés dans des armoires fermées par trois clefs détenues par le maire, le procureur syndic et le greffier. Tout prêt de documents est enregistré par le greffier, qui conserve la responsabilité des archives, et l'inventaire est remis à jour régulièrement.
Après le décès de Mellier en 1729, des mesures ponctuelles sont prises, mais demeurent insuffisantes. Si bien que la situation des archives s'aggrave de nouveau au fil des ans et aboutit au constat du procureur syndic auprès du bureau municipal, le :
La nomination, le 7 prairial an XI (), du nouveau maire, Augustin de Loynes, va encore aggraver cette situation par le fait que celui-ci accepte un logement à l'hôtel de ville. Les locaux destinés au maire devant être libérés nécessitent le déménagement en catastrophe des archives qui sont alors jetées pêle-mêle sous les combles et dans les greniers.
Dans un questionnaire adressé en 1812 par le Préfet au maire Jean-Baptiste Bertrand-Geslin sur la question des archives, ce dernier lui indique que les recherches faites dans le dépôt des archives de la commune par les différentes autorités dans les premières années de la Révolution ont causé un tel désordre que l'on ne peut préciser ni même donner par aperçu le nombre des liasses, cartons et portefeuilles des archives antérieures à 1789. Seuls, les registres de délibérations, de l'ancienne et de la nouvelle administration, sont eux conservés dans des armoires, tandis que les autres archives sont réparties dans les divers bureaux.
L'arrêté du , portant sur la nomination d'un archiviste, chargé du contentieux, Germain Faye met fin à la situation. Les documents épars sont alors réunis dans une petite pièce située à l'extrémité Ouest de la galerie du premier étage de l'hôtel de ville. Des travées et rayons y sont installés. Faye se borne à classer les titres déjà inventoriés et annotés à différentes époques qui remplissent environ 150 cartons mais la plus grande partie des archives de la ville reste néanmoins sur les étagères des bureaux, au fond de vieilles armoires ou dans les greniers. En 1820, 312 cartons remplis de pièces de l'administration de Gérard Mellier comme subdélégué de l'intendant et comme maire sont mis à jour à l'occasion de la démolition d'anciennes constructions donnant sur la rue Saint-Léonard, voie longeant l'ouest de l'hôtel de ville.
Faye démissionne en 1823, et les archives restent à l'abandon pendant une quinzaine d'années. L'historien Camille Mellinet, alors conseiller municipal, alerte ses collègues sur l'état déplorable des archives, le . Il obtient du conseil municipal qu'un budget de soit alloué pour la rémunération d'un archiviste. Armand Le François est alors nommé conservateur des archives par arrêté du , puis Gatien O'Sullivan et Chevas lui succède de à . Mais c'est surtout la nomination, le , d'Hippolyte-Jean Étiennez (1813-1871), père adoptif du futur maire Hippolyte-Étienne Étiennez, qui va apporter de grands changements dans l'organisation des archives municipales nantaises.
Fils de l'ancien secrétaire en chef de la mairie, Étiennez centralise les archives dans un appartement situé au second étage de l'aile Ouest de l'hôtel de ville. Jusqu'à son décès, le , âgé de 59 ans, il opère le tri et le classement par ordre alphabétique de matières des documents contenus dans les 930 cartons qu'il mentionne dans son rapport en 1865, année durant laquelle il est nommé historiographe de la ville, . Un an plus tard, le nouveau maire, Évariste Colombel, sur proposition d'Étiennez, y fait ajouter les documents antérieurs à 1848 conservés dans les bureaux.
Une semaine après la mort d'Étiennez, son successeur Stéphane de La Nicollière-Teijeiro, prend ses fonctions le . Le service dont il a la charge consiste en un bureau et trois salles d'archives situés sous les combles du bâtiment central de la mairie. Il s'attèle aussitôt à faire appliquer la circulaire ministérielle du qui impose le classement par séries méthodiques, et reprend le classement effectué par son prédécesseur. Il débute ainsi en 1872, l'inventaire des archives antérieures à 1789 et les complète par des séries anciennes, en faisant entrer, en 1878, la collection des registres paroissiaux conservés depuis la Révolution au service de l'état civil, en effectuant des copies ou en tentant d'acquérir les pièces intéressantes pour pallier les lacunes. Le premier tome de l'« Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1789 », qui en comprend quatre, parait en 1888, le deuxième en 1899. Les deux autres tomes (dont le tome 3 qui avait été à peine commencé), ainsi que la table générale alphabétique, seront l'œuvre de son successeur, René Blanchard, et paraîtront en 1919 et 1948.
À l'initiative de La Nicollière le maire René de Cornulier prescrit, par arrêté du , le versement aux archives des dossiers et cartons des services de la période 1849-1860. En 1878, l'encombrement des bureaux conduit à étendre les versements aux documents des années 1870. La saturation des locaux d'archives est atteinte en 1881 au point que son engorgement compromet la solidité des planchers. La Nicollière, soutenu par les inspecteurs des Archives de France, sollicite avec insistance l'attribution d'un local plus vaste dans ses rapports annuels. Paul Eudel décrit dans Figures nantaises : Même si la décision de construire un bâtiment spécial est prise par la municipalité Normand, l'édifice qui ne voit vraiment le jour qu'en 1900, est le quatrième projet soumis au conseil. Approuvé par la municipalité le . L'emplacement retenu est celui de l'ancienne église Saint-Léonard, située à l'angle des rues Garde-Dieu et Saint-Léonard. Le bâtiment est composé, au sous-sol, du logement du concierge avec entrée de service sur la rue Garde-Dieu. Au rez-de-chaussée, on trouve un vestibule avec entrée principale sur le jardin de l'hôtel de ville, le cabinet de l'archiviste et de trois salles de dépôt. Aux deux étages, on trouve également d'autres salles de dépôt. L'ensemble représente une surface totale de , auxquels s'ajoutent de combles. Son coût est évalué à Francs.
Première moitié de