L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Néry, en France. Elle se compose de trois parties distinctes. La nef et ses bas-côtés sont d'un discret style néo-gothique, et ont été inaugurés en 1901. Le clocher roman tardif des années 1140 se situe entre la nef et le chœur. Il se caractérise par son arc triomphal sculpté de bâtons brisés, sa voûte en berceau brisé, la sculpture soignée des chapiteaux tant à l'intérieur qu'autour des baies de l'étage de beffroi, et les colonnettes en délit qui cantonnent ces fenêtres. L'élégante flèche de pierre, qui cumule à de hauteur au-dessus du niveau du sol, a remplacé son prédécesseur roman au , comme l'indiquent les quatre clochetons flamboyants aux angles. Enfin, le chœur, composé d'une courte travée droite et d'une abside à cinq pans, date de la période comprise entre 1260 et le début , et les trois fenêtres du chevet présentent un remplage de style rayonnant tardif. Cependant, les voûtes et les vitraux ont été remplacés au . Réduits à l'état de fragments, ces vitraux sont toujours en place. Le clocher et le chœur ont été inscrits aux monuments historiques par arrêté du .. Néry est aujourd'hui affilié à la paroisse de la vallée de l'Automne à Verbery, et des messes dominicales anticipées sont célébrées en l'église Saint-Martin cinq fois par an.

Localisation thumb|upright|left|Vue depuis le sud-est.

L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Valois, près de la vallée de l'Automne, sur la commune de Néry, place de l'Église. La façade occidentale donne sur cette vaste place aménagée en 1898, qui correspond à l'ancien cimetière. Elle se continue au sud de l'église, où elle devient toutefois plus étroite. Le chevet donne sur un terrain municipal à l'est de l'église. Ainsi, l'église est dégagée d'autres constructions, et bien visible, sauf depuis le nord, où elle touche de près à une propriété privée. L'on peut signaler l'implantation de deux autres monuments historiques à proximité. Au nord de la place, soit à gauche en regardant la façade de l'église, l'on trouve un portail de ferme du , avec un grand portail en anse de panier et une porte piétonne en plein cintre. Il a été inscrit par arrêté du .. Au sud de la place, et la long de la rue des Marmousseaux, l'on trouve une grande ferme encore intacte, constituée de deux grandes cours successives séparées par des bâtiments. Le portail, à droite en regardant l'église, est assez semblable à celui qui lui fait face, mais est surmonté de machicoulis. Un colombier cylindrique s'élève dans la première cour. Depuis la rue, l'on voit le pignon occidental du logis de la ferme, dit manoir de Lésigny.. L'un des angles est flanqué d'une échauguette en encorbellement. L'enclos de ferme, avec le portail, le colombier et le logis, ont été inscrits par arrêté du ..

Histoire thumb|upright|left|Vue depuis le sud.

Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Néry relève du diocèse de Senlis, doyenné de Crépy-en-Valois.. Le collateur de la cure est le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Senlis. La grosse dîme appartient à l'abbaye de Royallieu, près de Compiègne, dans le diocèse de Beauvais. L'église est dédiée à saint Martin de Tours. Son second patron est saint Amand de Maastricht, célébré le .. Sa partie la plus ancienne est le clocher roman, qui est bâti au cours des années 1140 par le même atelier que le chœur de Béthisy-Saint-Pierre. Un nouveau chœur est édifié à la fin du ou au début , dans le style rayonnant tardif. Le chœur est revoûté à la période flamboyante, peut-être en 1533., date d'une nouvelle consécration de l'église par Guillaume Parvy, évêque de Senlis. L'on peut penser que le revoûtement du chœur est en lien avec la destruction de la flèche du clocher par la foudre ou une tempête, car la flèche de pierre actuelle ne daterait que du selon Dominique Vermand (Eugène Lefèvre-Pontalis y voit une construction du .). D'autres travaux ont lieu à l'approche du milieu du . La façade occidentale est remaniée, et le bas-côté est ajouté ou reconstruit. L'un de ses piliers portait la date de 1547. La nef est encore remaniée et équipée d'un nouveau plafond en 1757. Les baies des bas-côtés sont repercées, en ne laissant subsister qu'une seule fenêtre du . Par la suite, la partie supérieure de la flèche est emportée par un ouragan, et refaite en 1769.

Sous la Révolution française, le diocèse de Senlis est supprimé, et Néry est rattaché au diocèse de Beauvais à l'instar de l'ensemble des paroisses du département de l'Oise. La vieille nef, décrite comme plus basse que le chœur et très sombre par Louis Graves, ainsi que ses bas-côtés et le porche sont démolis à la fin du . Une nouvelle nef néo-gothique de plan basilical est inaugurée en 1901. Dès 1930, Néry perd son dernier curé. Pendant soixante ans, l'église Saint-Martin est desservie par le curé de Saintines. Le clocher et le chœur de l'église sont inscrits aux monuments historiques par arrêté du . En 1990, le dernier curé de Saintines, l'abbé Philippe Pamart, est muté pour Vieux-Moulin, et les églises du regroupement paroissial de Saintes rejoignent celui de Béthisy-Saint-Pierre. Son curé est l'abbé Jacques Monfort ; .. Puis en 1996 le manque de prêtres motive la définition de seulement quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du département, et la paroisse de Béthisy est réunie à celle de Verberie.. Cette très grande paroisse au titre de « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » s'étend sur quatorze communes dont deux disposent de deux, voire trois églises (Néry et Fresnoy-la-Rivière). Le calendrier paroissial prévoyant des messes hebdomadaires dans deux églises (Verberie et Béthisy) et des messes bi-hebdomadaires dans deux autres (Saint-Sauveur et Morienval), il n'y a guère plus qu'une messe par trimestre à Néy. Il s'agit de messes dominicales anticipées, le samedi soir à 17 h 15 ou 18 h 30.. — Il est à noter que l'église Saint-Martin n'est pas la seule église paroissiale de la commune : il y a également l'église Saint-Rieul de Vérines, ancienne commune rattachée à celles de Néry par décret du ... Quant à l'église Saint-Madeleine de Vaucelle, autre hameau de la commune, elle a été démolie au ..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan symétrique assez simple. Elle se compose d'une nef de trois travées accompagnée de bas-côtés ; d'une base du clocher flanquée d'une sacristie au sud ; et d'un chœur formée par une très courte travée droite et d'une abside à cinq pans. La base du clocher est voûtée en berceau. Les autres travées sont voûtées d'ogives ; cependant, les voûtes de la nef et du bas-côtés ne sont pas de vraies voûtes de pierre, mais réalisées en matériaux légers. La flèche du clocher cumule à une hauteur de au-dessus du niveau du sol. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par la porte de la sacristie. Le vaisseau central est recouvert d'une toiture à deux rampants, tandis que les bas-côtés et la sacristie sont munis de toits en appentis.

Intérieur Nef et bas-côtés thumb|upright|Nef, vue vers l'est.

Par ses proportions, avec une hauteur équivalente à une fois et demi la largeur, et la retombée des voûtes aux deux tiers de la hauteur des murs gouttereaux, la nef est d'un aspect élancé, et paraît conforme aux conventions à la période gothique. La largeur est assez généreuse, et deux fois plus importante que l'ouverture de l'arcade de la base du clocher entre les colonnettes. Cependant, comme le souligne Dominique Vermand, la nef romane devait être encore plus large, car le mur oriental est encore d'origine, et présente à gauche et à droite une arcature simulée en plein cintre, qui est pour moitié bouchée par les grandes arcades. Les bas-côtés, très étroits, sont ainsi pris sur la largeur de la nef primitive. Comme particularité, chacune des arcatures aurait contenu une petite baie en plein cintre à linteau monolithique, ce qui est une disposition originale. La hauteur de la nef néo-gothique est plus considérable que celle de son prédécesseur, et équivalente à presque deux fois celle de la base du clocher. La nef est à deux niveaux d'élévation, avec l'étage des grandes arcades et l'étage des fenêtres hautes. Les grandes arcades sont à peine plus petites que l'arcade de la base du clocher. Elles sont en tiers-point, et dépourvues de supports : l'on s'est contenté de tailler les angles en biseau. D'autres exemples d'arcades gothiques aussi austères existent à Baillval, Béthancourt-en-Valois, Béthisy-Saint-Martin, Duvy, Monchy-Saint-Éloi, Ormoy-Villers, Rocquemont, Saintines, Saint-Maximin, Saint-Vaast-de-Longmont et Viarmes. Sauf peut-être dans ce dernier cas, elles ont été percés dans les murs d'anciennes nefs uniques. Souvent, la retombée s'effectue sur des impostes moulurés.

L'étage des fenêtres hautes représente la moitié des élévations latérales. Malgré ceci, les fenêtres hautes ne sont que de petits oculi poussés haut sous les formerets. Des oculi sont parfois utilisés comme fenêtres hautes à la première période gothique, comme à Frouville, Grisy-les-Plâtres (deux premières travées), Marly-la-Ville, Saint-Ouen-l'Aumône, Vallangoujard et dans le chœur de Jouy-le-Moutier. Contrairement à l'usage à la période gothique, les oculi ne sont pas ébrasées. En revanche, les fenêtres des bas-côtés le sont. Elles prennent la forme de lancettes simples en arc brisé. Chaque bas-côté à une fenêtre occidentale et trois fenêtres latérales. Les murs du chevet sont aveugles, puisque les dernières travées accueillent des autels avec des retables. Le chevet du bas-côté sud est de toute façon mitoyen de la sacristie. Reste à évoquer la rosace occidentale de la nef, qui est munie d'un remplage formé par un quatre-feuilles enfermant un petit oculus central. Le type de remplage, à écoinçons ajourés, n'est pas cohérent avec la première période gothique suggérée par les grandes arcades et par les autres fenêtres. En plus, le nombre de lobes est normalement supérieur. Quant aux voûtes, elles sont en arc brisé, et munies de formerets, ce qui suggère une exécution soignée. Cependant, la retombée s'effectue sur des culs-de-lampe, comme souvent dans les nefs voûtées après coup. Ce parti est cohérent avec la nature des grandes arcades, qui permettent d'imaginer que la nef actuelle soit issue de la transformation d'une ancienne nef unique. Moins crédible est l'application du même profil monotorique assez fin sur les ogives et doubleaux à la fois, ainsi que la sculpture des culs-de-lampe, dont le tailloir à denticules et les volutes corinthiennes témoigne d'une hésitation entre le gothique et la Renaissance.

Base du clocher vignette|upright|Vue depuis la nef. vignette|upright|Vue vers l'est. vignette|upright|Vue vers le nord.