Ermengarde ou Hermengarde, née dans la seconde moitié du et probablement morte après le , est une aristocrate, comtesse et marquise de Provence par mariage, puis épouse du dernier roi de Bourgogne (Bourgogne Transjurane), .

Biographie Origine L'origine exacte d'Ermengarde ou Hermengarde (Ermengarda, Irmengarde., Irainsanda, Eimildis. est incertaine. Plusieurs historiens avancent l'hypothèse d'une proximité avec le comte Humbert, à l'origine de la dynastie des Humbertiens puis de la maison de Savoie, notamment en raison de nombreuses donations faites à ce dernier.

Ainsi, au , M. Cibrario publie un ouvrage, sur ordre du roi de Sardaigne, dans lequel il avance que Hermengarde aurait épousé en premières noces un comte Manassès, qui aurait été comte de Savoie et que cette union aurait donné naissance au comte Humbert... Ses travaux trouvent un certain écho auprès d'autres historiens de cette période, Promis, Denis de Salvaing, Nicolas Chorier. Quelques années plus tard, Cibrario abandonne cette origine Bourguignonne pour trouver une origine italienne aux Savoie.

Dans le Regeste dauphinois (1913) et le Régeste genevois, d'après un acte de « La diplomatique du royaume de Bourgogne » de Pierre Joseph de Rivaz, une union est citée d'un comte Manassès vers 1002 avec son épouse Hermengarde venus prier Humbert, évêque de Grenoble, de leur concéder des terres dans le pagus de Genève, le prélat les leur accorde en échange de leur alleu dans le pagus de Grenoble et le comté de Savoie.Acte non daté vers 1002, REG 0/0/1/145..

Ce comte Manassès, avec son neveu Robert, est également nommé dans un autre acte du Régeste genevois, en 1002, en présence du roi et de nombreux dignitaires dans le Comté équestre à Eysins, dont Adalbert, comte du palais, Hugues, évêque de Genève, Henri de Bourgogne , évêque de Lausanne, Hugues, évêque de Sion, Anselme, évêque d'AosteActe de 1002, REG 0/0/1/144..

Plus récemment, les travaux des médiévistes français François Demotz ou encore Laurent Ripart indiquent une forte proximité entre cette Ermengarde et les Humbertiens. Elle serait ainsi une proche parente, peut être une sœur du comte Humbert et de ses frères Odon et Brocard. François Demotz défend l'idée d'une parenté proche, parlant d'alliance plutôt que de famille, puisqu'aucun document ne mentionne un lien familial entre les deux personnagesFrancois Demotz, « Aux origines des Humbertiens : les Rodolphiens et le royaume de Bourgogne » in Aux origines des Humbertiens : les Rodolphiens et le royaume de Bourgogne, 2003, Ripaille, France , 2005.Francois Demotz, L’An 888. Le Royaume de Bourgogne. Une puissance européenne au bord du Léman, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes (« Le savoir suisse », 83), 2012, 142 pages.. Il reprend ainsi la thèse que la reine Ermengarde appartient à la famille des Sigiboldides, que l'on trouve dans l'entourage du roi .. Laurent Ripart, maître de conférence à l'université de Savoie, avance l'idée dans sa thèse qu'elle peut être la sœur du comte..

Comtesse de Provence Ermengarde épouse le comte de Provence, ., avant 1002, date d'une donation aux moines de Montmajour et à l'abbé Archinric dans lequel ils sont co-signataires.Chroniques de Haute-Provence, 1997, Numéros 330 à 331, .Eliana Magnani (2015), « Monastères et aristocratie en Provence - milieu - début », Lit Verlag, 10, 1999, Vita Regularis. Ordnungen und Deutungen religiosen Leben im Mittelalter, Gert Melville, 3-8258-3663-0, , , (Lire en ligne).. Ils sont mentionnés dans La Carta liberalis de 1005. Le médiéviste Laurent Ripart, suivant l'analyse de Georges de Manteyer, soutient l'existence de ce mariage., alors que l'allemand Theodor Schieffer ne semble pas la retenirTheodor Schieffer, Hans E Mayer, Die Urkunden der burgundischen Rudolfinger (), München, 1977, n° 136, ..

En 1005, elle est présente lors de l'élection du nouvel abbé de Saint-Victor de Marseille, aux côtés de la comtesse Adélaïde d'Anjou et ses deux fils, Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, et , comte de Provence..

meurt avant 1011. De ce mariage sont issus, († 1037), futur comte de Provence, et une fille Emma († 1063), comtesse de Provence, mariée à , comte de Toulouse.

Selon Laurent Ripart, l'évêque de Lausanne, Hugues de Bourgogne, est considéré comme son fils, toutefois la notice du Dictionnaire historique de la Suisse indique qu'il est un fils naturel du roi ..

Reine de Bourgogne Veuve, Ermengarde, épouse en 1011, le dernier roi de Bourgogne, , pour qui c'est le second mariageLaurent Ripart, « Le diocèse de Belley comme foyer de la principauté savoyarde » dans Le Bugey, 102 (2015), p. 51-64 (Lire en ligne sur www.academia.edu).. Ils n'auront pas d'enfants. L'absence d'héritier affaiblit l'autorité du roi qui meurt en 1032..

Douaire royal et autres donations Le , fait à Aix, en Savoie, un acte (donation) en faveur de son épouse (Douaire) des villes, des terres et un château royaux, dont les Archives départementales de l'Isère ont conservé le diplôme original sur parcheminActe du , REG 0/0/1/151..

La même année, la reine reçoit les comtés de Vienne et de Sermorens ou SalmorencActe du , FOR 267, « »... La reine partagera avec le comte Humbert la gestion de son douaire pour la (Savoie), qui s'étend du bourg de Conflans à celui d'Aix, correspondant à la combe de Savoie ainsi que la cluse de Chambéry ou val du Bourget.

Ermengarde intervient dans l'acte d' par lequel le roi Rodolphe accorde à l'évêque de Lausanne, Henri les droits sur le comté de VaudActe du 25 août 1011, REG 0/0/1/153...

En 1016, le roi lui donne les droits sur les localités de (Doussard), de (Marceau), de (Vesonne) et de (Marlens)Acte entre 1016 et 1018, REG 0/0/1/155... Les droits donnés portent aussi sur l'église. Il donne en 1018, là encore sous l'impulsion de sa femme Ermengarde, le domaine de Talloires (église dédiée à cette époque à sainte Marie, saint Pierre et saint Maurice, dépendances) aux moines de Savigny.. Elle complète la donation en 1030 ce qui permet d'ériger une abbaye, à qui elle lègue l'année suivante des terres en amont du lac d'Annecy. Sont présents lors de la signature de l'acte l'archevêque de Vienne, Léger ; l'archevêque de Tarentaise, Aimon (?) ; les évêques de Genève, Frédéric, et de Valence, Ponce, ainsi que le comte HumbertActe du janvier 1031, REG 0/0/1/182.Auguste Bernard, Cartulaire de l'Abbaye de Savigny suivi du Petit cartulaire de l'Abbaye d'Ainay, 1853, n°639, pp. 318-319 (Lire en ligne)..

Le roi fait différents dons à la demande de sa femme au monastère de Saint-Maurice d'Agaune, en Acte du 15 février 1017, REG 0/0/1/156., à celui de Cluny en 1019Acte du 15 janvier 1019, REG 0/0/1/158..

Succession de Bourgogne À la suite de la mort du roi , c'est son héritier testamentaire, l'Empereur qui prend la tête du royaume. Toutefois, le neveu de l'ancien roi, , conteste cette succession et se lance dans un conflit qui engage l'ensemble des aristocrates de la région. Dans cette lutte pour la succession de Bourgogne, la reine prend le parti pour l'Empereur, soutenue par le comte HumbertActe du janvier 1033, REG 0/0/1/185.Article de Laurent Ripart, « Du royaume aux principautés : Savoie-Dauphiné, - siècles », dans Christian Guilleré, Jean-Marie Poisson, Laurent Ripart, Cyrille Ducourthial (dir.), Le royaume de Bourgogne autour de l’an mil, Chambéry, 2008, ., chez qui elle se réfugie. Il devient ainsi son Die Urkunden der Burgundischen Rudolfinger (), , ., ou son conseiller.. En 1034, le parti de l'Empereur obtient gain de cause à la suite d'une dernière action militaire dont le comte Humbert eut un rôle majeur. En remerciement de ce soutien, l'empereur aurait fait une donation importante à Ermengarde et Humbert.

Dans un acte non clairement daté, elle fait une donation « pour le repos de l'âme de son mari défunt, » à l'abbaye de Cluny de possessions dans le comté de GenèveActe situé après 1029 et 1049, REG 0/0/1/191..

Le , Ermengarde fait différentes donations au chapitre de la cathédrale de Grenoble des « églises (dont celle d'Aix-les-Bains) avec leurs dîmes, des maisons (dont une à Chambéry) et des terres, pour une somme de ». L'historien savoyard, Léon Menabrea observe que dans cet acte, le comte Humbert n'intervient pas.. Dans une charte du , que l'on trouve dans le cartulaire de Saint-Pierre de Vienne, elle restitue à l'abbé Guitger de Saint-Pierre, en présence de l'archevêque de Vienne, Léger, et d'autres grands de la région, des vignes qui avaient appartenu au monastère.

Notes et références Notes

Régeste genevois (1866)

Autres références

Voir aussi Bibliographie . .

Articles connexes Royaume de Bourgogne Carolingiens

Liens externes

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