Serge Tisseron, né le à Valence (Drôme), est un psychiatre et docteur en psychologie français.
Il est directeur de recherches HDR au CRPMS (Université Paris-Cité), co-fondateur du DU « Cyberpsychologie clinique et psychopathologie contemporaine » (Université Paris-Cité).
Biographie Après une année passée en hypokhâgne au lycée du Parc comme interne, et la validation de propédeutique lettres, il s’oriente vers la médecine avec l’intention de devenir psychiatre. En 1975, il soutient la thèse Contribution à l'utilisation de la bande dessinée comme instrument pédagogique : une tentative graphique sur l'histoire de la psychiatrieThèse d'exercice en médecine : Contribution à l'utilisation de la bande dessinée comme instrument pédagogique : une tentative graphique sur l'histoire de la psychiatrie présentée sous la forme d'une bande dessinée. Elle est publiée dans une version largement augmentée en 1977 aux Éditions Savelli.
En 1976, Serge Tisseron passe son certificat d’études spécialisées en psychiatrie. Son mémoire porte sur l’utilisation pédagogique de la bande dessinée.
Il est reçu au concours d’internat de Paris. Il s’intéresse aux différents courants de soin, fait une formation en thérapies comportementales dans le laboratoire de Mélinée Agathon, puis part travailler un mois en Italie dans une Unité sanitaire de base organisée sur un mode communautaire.
En 1998, Serge Tisseron obtient une habilitation à diriger des recherches de l'université Paris-Sorbonne. Il est chercheur associé au CRPMS (Centre de recherches Psychanalyse, médecine et société) à l’université Paris-Diderot depuis 2013chercheur associé au CRPMS à l’université Paris 7 Diderot. après avoir été chercheur associé au LASI (Laboratoire des atteintes somatiques et identitaires) à l'université Paris-NanterreLASI.. Il est aujourd'hui chercheur associé au CRPMS à l'université Paris-Diderot..
Il critique la conception initiée en France par Lecomte, Vanistandael et Cyrulnik qui n’envisage cette compétence que dans un cadre individuel, et en limite considérablement la signification en la calant sur les traumatismes qu’ils ont vécus personnellement. Le concept est en effet vanté comme la capacité qu’a chacun de pouvoir se reconstruire une vie meilleure après un traumatisme majeur qu’avant. Quatre dimensions en sont absentes : la prévention, la capacité de résister au traumatisme, la dimension collective et la prise en compte des stress chroniques. Cette approche a largement contribué à l’idéologie libérale qui vise des licenciements massifs en renvoyant les travailleurs à leur « résilience », et conduira à plusieurs vagues de suicide. En 2011, le premier document français émanant d’une institution publique intègre en revanche ces quatre dimensions .
En , le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) lui commande un rapport sur le thème : « Quelles protections pour les mineurs dans l'audiovisuel à l'ère d'Internet ? » Ce rapport rendu public en propose un nouveau cadre législatif et économique à la protection des mineurs dans les domaines de l'audiovisuel. En 2018, il fait don de ses archives à la BnF. Ses écrits entrent au département des Manuscrits et ses photographies et dessins au département des Estampes. Son film Tisseron en quête de Serge est conservé au département Son, vidéo, multimédia. La BNF lui consacre un hommage le .
Durant l’année 2025, il contribue à la proposition de loi présentée par la sénatrice Catherine Morin-Desailly (votée à l’unanimité par le Sénat, le 17 décembre 2025), prévoyant notamment un blocage des réseaux sociaux par défaut sur les smartphones vendus aux mineurs de moins de 15 ans, avec possibilité pour les parents de leur donner accès à certaines fonctionnalités, et de fixer une durée à cet accès selon les valeurs qui sont les siennes. Cette éventualité est également préconisée dans l’avis du conseil d’État du 8 janvier 2026.
Sa tribune publiée le 7 janvier pour alerter sur les risques d’une interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans sans mesure d’accompagnement éducatif, est relayée le 25 janvier 2026.
Il est membre de l'Académie des technologies depuis 2015, du Conseil national du numérique depuis 2021 et du conseil scientifique du centre de recherche psychanalyse médecine et société (CRPMS) de l'université Paris-Diderot.
Il est directeur de recherches HDR au CRPMS (Université Paris-Cité), co-fondateur du DU « Cyberpsychologie clinique et psychopathologie contemporaine » (Université Paris-Cité).
Recherches Tintinologie et recherches sur les secrets de famille En 1982, Serge Tisseron propose de voir, à partir de la seule étude des albums de Tintin, un secret dans la famille de Hergé : celui de la souffrance d'un garçon non reconnu par son père, un homme illustre et important (« Haddock et le fantôme du Chevalier, la question du père dans les Aventures de Tintin » Cahiers Confrontation numéro 8, automne 1982, suivi de « Tintin chez le psychanalyste » 1985). Or c'est exactement le secret révélé en 1988 par la découverte d'archives et de documents jusque-là inconnus sur la biographie de Hergé (T. Smolderen et P. Sterckx, Hergé, Portrait biographique, Casterman, 1988). Il a ensuite publié le premier ouvrage théorique consacré aux secrets familiaux (Tintin et les Secrets de famille), le premier ouvrage entièrement consacré à la honte (La Honte, psychanalyse d’un lien social), puis Secrets de famille, mode d’emploi. La photographie En 1990, il est conseiller scientifique de l’exposition des photographies marocaines de l’aliéniste Gaétan Gatian de Clérambault qu’il a contribué à faire restaurer (centre Beaubourg, BPI). Puis il publie avec Mounira Khemir l’ouvrage Gaétan Gatian de Clérambault. Psychiatre et photographe.
Il organise l’exposition « Flous et modernités » présentée aux rencontres d’Arles sur l’explosion du flou dans les années 1990-2000 qui suscite des interrogations de Michel Guerrin. Elle est partiellement reprise avec une interview de Serge Tisseron lors de l’exposition organisée au Musée de l’Élysée à Lausanne en 2023 dans le cadre de l'exposition « Flou. Une histoire photographique ».
L’extimité En , dans son ouvrage L’intimité surexposée consacrée à l’émission de téléréalité Loft Story.
Mémoires des catastrophes Après la parution en 2007 de son ouvrage La Résilience, dans lequel il condamne la réduction du concept centré sur l’individu, et plaide en faveur d’une résilience collective, il est contacté par Jacques Faye, chef du bureau de l'information préventive à la direction de la prévention des pollutions et des risques, pour envisager une action commune favorisant la prévention des catastrophes naturelles. Il crée alors l’« Institut pour l’histoire et la mémoire des catastrophes », puis le site www.memoiresdescatastrophes.org, qui est financé depuis sa création par le MEDDE.
Il créé en 2008 l’Institut pour l’Histoire et la Mémoire des Catastrophes (IHMEC), puis le site « memoiresdescatastrophes.org, la mémoire de chacun au service de la résilience de tous », et en 2013 l’Institut pour l'Étude des Relations Homme-Robots (IERHR).
Pocket film empathie Dans le cadre d’un financement par la préfecture de police, Serge Tisseron crée avec Benoit Labourdette un programme destiné à permettre aux éducateurs d’entrer en contact avec les jeunes déscolarisés en utilisant leur portable comme moyen de s’approprier leur propre vie. Le projet est mis en pratique d’abord avec les éducateurs de l’association Charonne (75010. Paris), puis ceux de l’association Canal (St Denis).
Relations aux objets numériques Dès 2011, il alerte sur les risques que peuvent faire peser les robots domestiques sur la construction de l’intersubjectivité. En 2015, il publie le premier ouvrage entièrement consacré à la robotique et dénonce le mensonge de « l’empathie artificielle ». En 2021, il participe à la demande de Olivier Feix à la mise au point d’une salle d’expérimentation dans le cadre du Campus Cyber pour mieux comprendre les failles humaines face aux cybers attaques, et participe à l’enseignement d’un cursus EMBA en cyber sécurité, dans le cadre de Galileo global éducation. Le , il participe en tant que membre du conseil scientifique au lancement de l’association Predictive cyberlab, dont l’objectif est de sensibiliser les entreprises et les collectivités locales à la cybersécurité.
3-6-9-12+ Pour aider les parents à savoir à quel moment et de quelle façon introduire les écrans dans la vie de l’enfant, il propose en 2008 « la règle 3-6-9-12 ». Elle est relayée en 2011 par l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA), puis par l’avis de l’Académie des sciences. Il en précise les contenus dans Grandir avec les écrans, la règle 3-6-9-12 et reçoit en 2013 un Award du Fosi (Family Online Safety Institute) pour l’ensemble de ses travaux sur les jeunes, la famille et Internet. Parallèlement, la coordination de l’aide aux victimes de maltraitance de Wallonie reprend ces repères d’âge et lance sa propre campagne, mais en proposant un accès libre à Internet dès .
Le Jeu des trois figures
En 2010, il présente un programme de lutte contre la violence en milieu scolaire basé sur le développement des compétences empathiques (le « Jeu des trois figures ») qu’il a expérimenté en 2007 avec le soutien de la Fondation de France. Philippe Meirieu lui consacre un documentaire en 2011 , et Télé matin un reportage en 2015. Elle est indiquée en 2013 dans l’avis de l’Académie des sciences comme une activité permettant aux enfants de mieux gérer l’impact de la violence que les images exercent sur eux. Elle est recommandée par la Ligue de l’enseignement. En 2023, la méthode est généralisée à l’ensemble de l’académie de Paris dans le cadre du programme pHARe (prévention du harcèlement à l'école. Depuis 2022, l’association « Développer l’empathie par le jeu des trois figures » est soutenue par la fondation citoyenne Make.org.
Polémique En 2014, Serge Tisseron est interviewé par Camille Beglin pour Le Figaro, au sujet du piratage de photographies de stars dans le cloud. Il attire l’attention sur la nécessité pour les personnages publics de se protéger en utilisant d’autres moyens que le passage par le cloud (comme un serveur de stockage en réseau ou NAS), et rappelle l'importance d'une éducation aux bonnes pratiques sur Internet. L'interview titré Tant pis pour elles ! est critiqué par quelques médias qui y voient du Photos volées : les victimes ne sont pas coupables sur lemonde.fr du 5 septembre 2014Photos de célébrités nues : un nouvel exemple navrant de slut-shaming sur lesinrocks.com du 2 septembre 2014«Tant pis pour elles !» : nos réponses à l'analyse de Serge Tisseron sur le «celebgate» sur slate.fr du 2 septembre 2014. Serge Tisseron fait aujourd’hui partie du Conseil scientifique du Predictive Cyber Lab voué à la lutte contre les cybermenaces.
Publications Ouvrages
Collaborations
Essais sur la bande dessinée
Ouvrages illustrés pour enfants La Télé en famille, oui !, 2004, Bayard Le Petit Livre pour bien vivre les secrets en famille, 2006, Bayard jeunesse Le Mystère des graines à bébé., 2008, Albin Michel jeunesse (dessins de Aurélie Guillerey)
Récompenses et distinctions vignette|redresse|Serge Tisseron, recevant le prix FOSI en 2013. 1975 : lauréat de la faculté de médecine de Lyon 2002 : Prix du livre de télévision pour L'intimité surexposée (Ramsay, 2001) 2004 : Prix Stassart de l'Académie des sciences morales et politiques 2004 : Les Bienfaits des images : prix Stassart de l’Académie des sciences morale et politique 2013 : Reconnaissance de Serge Tisseron par le Family Online Safety Institute (FOSI) pour l'ensemble de ses travaux 2017 : .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Extimité Tintinologie
Liens externes
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