Le botaniste françois est un ouvrage de botanique de Jacques Barbeu du Bourg. Le Botaniste français parait à Paris en 1767, en deux volumes, précédés d'une dédicace à Madame du Bourg. Barbeu y suit la méthode naturelle et décrit les plantes des environs de Paris. Destiné aux étudiants et surtout aux herboristes, Barbeu du Bourg y décrit l’usage médicinal des différentes espèces. Il est le premier à abandonner le latin pour nommer et à décrire les plantes en français, innovation qui sera bientôt reprise par de nombreux auteurs. Analyse Jean-Jacques Rousseau reprochera à Barbeu d'être imaginatif<ref>Hauréau, Histoire littéraire du Maine, article Barbeu.</ref>. Pour Louis-Marie Aubert du Petit-Thouars, On n'y trouve, aucune découverte, mais celles qui ont été faites précédemment y sont mises en œuvre d'une manière exacte et très habile.. Pour l'abbé Angot, l'ouvrage n'est pourtant qu'une œuvre de vulgarisation, sans idées personnelles, sauf un essai de classification qui tient le milieu entre les systèmes artificiels et la méthode naturelle.
Méthode naturelle Barbeu apparaît comme un des premiers propagateurs de la méthode naturelle, en ne suivant pas la classification de Carl von LinnéEn 1749,Thomas-François Dalibard, dans son Florœ Parisiemis prodromus, avait, le premier en France, appliqué le système botanique linnéen. En 1776, Pierre Bulliard, dans sa Flora Pariaiensis, en 1816, Le Turquier-Delongchamps, dans sa Flore des environs de Rouen, suivent encore la méthode linnéenne. . La méthode naturelle est énoncée et développée par Michel Adanson dans ses Familles des plantes, en 1763. Barbeu ne nomme pas Adanson, qui avait été nommé censeur de l'ouvrage. Ce dernier s'en froissa, et Barbeu demanda et obtint un autre censeur.
Description
Les premiers chapitres de ce travail contiennent un exposé succinct des éléments de la botanique : la fleur, la feuille, la tige, la racine, sont successivement passées en revue, et leur étude est éclairée par des comparaisons dans un style imagé et fleuri: On peut regarder la fleur, comme le lit nuptial de la plante; les pétales en sont les rideaux, le calicule la housse, l'étamine et le pistil sont l'époux et l'épouse, et le réceptacle est la couchetteLe Botaniste françois, t. I, . . » A propos des plantes parasites, il s'écrie : « Nous ne voyons parmi les hommes rien qui ressemble au guy ni à l'orobanche; mais que d'agarics et de cuscutesLe Botaniste françois, t. I, . !.
Viennent ensuite trois Lettres à M*** sur l'application de la botanique à la médecine, elles sont émaillées de réflexions sur la nécessité de surveiller l'instruction et le commerce des herboristesCes réflexions suscitèrent dans ce sens des réformes de la part de la Faculté de Médecine., puis quelques Avis sur la récolte y la dessiccation et la conservation des simples, le Catalogue d'un jardin de plantes usuelles par classes et familles, et un Index alphabeticus plantarum agro Parisiensi sponte innascentium.
Le deuxième volume, intitulé le Botaniste françois ou Manuel d'herborisation, contient la liste des plantes de la flore parisienne, rangées par classes, familles, genres, espèces et variétés, le tout décrit en français.
La classification effectuée par Barbeu, comprend en somme six classes, subdivisées en trente-sept sections ou familles. Leur agencement rappelle assez bien les grandes lignes du système de Joseph Pitton de Tournefort. Les familles sont naturelles pour la plupart, sauf les sections dites à reconfronter où Barbeu se débarrasse de toutes les plantes qu'il n'a pu ranger dans les précédentes.
Les genres sont également des genres naturels. La nomenclature des espèces et des variétés n'est pas très rigoureuseA cette époque, la nomenclature binominale linnéenne n'était pas toujours strictement appliquée, et les espèces sont désignées par des chiffres, ou de brèves descriptions, ou des adjectifs qui n'ont pas encore toute la précision que l'usage accorde aux adjectifs spécifiques actuels. : Lorsque Barbeu donne des noms latinsComme dans l'Index., il prend les noms génériques classiques ; mais dans le Manuel d'herborisation y fait pour les commençants, il francise et les noms génériques et les noms spécifiques, ou les remplace par le sobriquet populaire, ou les crée de toutes piècesIl baptise certaines plantes du nom de leur localité ou de celui qui les a récoltées : c'est ainsi que le Touin est dédié à M. Touin, que le Gudin faillit rendre immortel Louis Gudin, que le Sinclou fut consacré à sa patrie, le bois de Saint-Cloud, la Senarde, à la forêt de Sénart, enfin la Bouffète, le Gélatin portent des dénominations de pure fantaisie..
Ouvrage Le Botaniste françois, comprenant toutes les plantes communes et usuelles..., 2 vol. in-12, Paris : Lacombe , 1767 Sources
Paul Delaunay, Vieux médecins mayennais Adrien Davy de Virville (dir.), Histoire de la botanique en France, Paris, SEDES, 1955, 394 p. Amédée Dechambre, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales'' (huitième tome), Paris, G. Masson, 187?
Notes et références
Catégorie:Livre paru en 1767 Catégorie:Ouvrage de botanique