La Querelle médicale de 1756 en France sur la saignée est une querelle entre les partisans et les opposants de la saignée des patients. Ces derniers contestaient l'efficacité de cette pratique et critiquait l'aspect financier de ses adeptes.
La saignée . Cette pratique est considérée en France au comme la meilleure méthode évacuative. Néanmoins, il n’existe pas de consensus sur l’emploi de la saignée dans la thérapeutique. La question est discutée depuis l’Antiquité.
Histoire
Louis René Marteau En 1745, Louis René Marteau vante l’emploi des éméto-cathartiques (vomitifs et purgatifs) au détriment de la saignée, dans les cas d’épilepsie, de pleurésie et de fluxion de poitrine. En , Marteau fait connaitre le succès de sa méthode en la publiant dans le Journal économique, dont la partie médicale est sous la responsabilité du docteur Antoine Lecamus.
En 1756 parut dans le Journal économique une lettre de M. X... à M. Lecamus, docteur-régent de la Faculté de Médecine de Paris : elle osait prôner l'émétique et déprécier les mérites de la saignée répétée dans le traitement des maladies aiguës, telles que les fluxions de poitrine. Marteau dénonce un acte apprécié des médecins car rémunérateur mais à l’efficacité thérapeutique limitée.
Réponse de la Faculté Pour les principes, la Faculté veillait : elle était réunie le pour délibérer sur l'admission des bacheliers qui venaient de passer l'examen de matière médicale, quand le Journal économique lui fut communiqué.
Le doyen Chomel s'émeut, s'indigne, demande à l'assemblée de répudier sur le champ une doctrine aussi pernicieuse, et les docteurs fulminent une excommunication immédiate contre cette hérésie. La thèse incriminée est jugée un système funeste, contraire aux axiomes admis depuis Hippocrate, un système faux, erroné, né de l'ignorance et de l'inexpérience ; la saignée longue et copieuse est chaudement recommandée dans les maladies inflammatoires ; on décide de rechercher immédiatement le fauteur anonyme de l'hérésie et de publier sur l'heure, pour que nul n'en ignore, le décret de la très salutaire Faculté de médecine de Paris.
La lettre de Barbeu du Bourg Les détracteurs de la saignée poursuivent le débat. Le , une lettre anonyme est publiée. Elle est intitulée Lettre à M. Ch***, doyen de la Faculté de médecine de Paris au sujet d'un décret du sur la nécessité des saignées réitérées, par M***, docteur régent de la même Faculté. Son auteur estime que la saignée est une solution de facilité lorsque la maladie n’est pas connue ou complexe. Alphonse Pauly attribuera plus tard cette lettre à Jacques Barbeu du Bourg.
Cette lettre commence ainsi :
Ce libelle de douze pages eut quelque succès ; on en fit une deuxième édition de dix-neuf pages : médecins et philiatres se l'arrachaient, et Chomel, sur les épaules duquel Barbeu venait de lancer la robe de Purgon, fut couvert de ridicule et ne fut pas réélu aux élections décanales d'octobre.
Barbeu resta sur ses positions et proclama sa conviction à tous présents et à venir en faisant placarder une affiche ainsi conçue :
Notes et références
Bibliographie
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