Le zuisme ou zouisme (; ; symbole religieux: 𒀭), appelé aussi néopaganisme sumérien-mésopotamien (sumérien : , « connaissance du ciel ») et néopaganisme sémitique-cananéen (ougaritique : , « voie sacrée »), est un ensemble de mouvements néo-païens de tradition sumérienne-mésopotamienne et sémite-cananéenne. Il existe des groupes zuistes aux États-Unis, en Europe de l'Ouest, en Europe de l'Est et au Moyen-Orient.

Ses origines se situent chez les néo-païens hongrois des années 1960 et 1970, notamment dans l'œuvre de l'assyriologue Ferenc Badiny Jós (1909–2007), qui fonde une Église zuiste hongroise et était l'auteur de la Bible magyare. Le néopaganisme mésopotamien est aussi cultivé par l'auteur ésotérique américain Joshua Free, qui rend publiques ses doctrines depuis 2008 sous le nom de « zuisme mardukite »Joshua Free, "Deep Roots of Modern Mesopotamian Neopaganism; Origins of Mardukite Zuism from 2008 Publications", (archivé), "Anunnaki Bible New Standard Zuist Edition sets 'new standard' for future of Mesopotamian Neopaganism", (archivé)..

En Islande, une organisation zuiste locale, la , officiellement reconnue par l'État en 2013, a été utilisée pour contourner la taxe religieuse et protester contre les liens entre la religion et l'État.

Étymologie Le mot « zuisme » vient du verbe sumérien zu 𒍪 (idû en akkadien), qui signifie « savoir », « connaître ». « Zuisme » signifie donc « voie de la connaissance », et le mot a été utilisé pour la première fois par l'ésotériste américain Joshua Free au milieu des années 2000. Le terme est un parallèle sémantique du grec gnosis.

Le mouvement est également connu sous le noms de « kaldanisme », c'est-à-dire « voie de Chaldée » (un nom tardif pour Sumer), de « reconstructionnisme sumérien-mésopotamien/sémitique-cananéen », de anunna-umun 𒀭𒀀𒉣𒈾𒌣, c'est-à-dire « connaissance du ciel » en sumérien, ou de ntb qdš [natib qadish] 𐎐𐎚𐎁𐎟𐎖𐎄𐎌, c'est-à-dire « voie sacrée » en ougaritique, langue de la cité-État antique cananéenne d'Ougarit.

Types de zuisme Zuisme hongrois vignette|La tombe (942/2-1-105) de Ferenc Badiny Jós au cimetière de Farkasrét à Budapest, Hongrie. La pierre tombale porte le symbole de l'Église zuiste hongroise.

Le premier mouvement zuiste organisé a été lancé par l'assyriologue hongrois Ferenc Badiny Jós (1909–2007), mais aussi par l'historienne Ida Bobula (1900–1981) et d'autres auteurs, tels que Tibor Baráth, Victor Padányi et András Zakar, dans les années 1960 et 1970, parmi les néo-païens en Hongrie qui cherchaient à relier les origines des Hongrois aux anciens Sumériens; les langues hongroises et sumériennes partageant certaines caractéristiques communes comme l'agglutination.

Ferenc Badiny Jós, émigré à Buenos Aires, en Argentine, fonda une « Église hongroise » () de tradition sumérienne, dont l'héritage se prolonge encore aujourd'hui parmi les zuistes (néo-païens sumériens) en Hongrie. Un héritage important de Badiny Jós est sa Bible magyare de tradition sumérienne.

Zuisme mardukite vignette|La Bible Anunnaki du zuisme mardukite.

Le zuisme mardukite () est une doctrine du zuisme fondée par l'ésotériste américain Joshua Free en 2008 et incorporée par l'« Église fondatrice du zuisme mardukite » (). Le zuisme mardukite renvoie à la tradition akkadienne assyro-babylonienne ultérieure, plutôt qu'à la tradition sumérienne plus ancienne.

Leurs livres religieux comprennent la Bible Anunnaki et d'autres livres de la collection « nouvelle édition zuiste standard » (), The Power of Zu, le Necronomicon zuiste, et les nombreux autres écrits de théorie et de pratique du même auteur. Joshua Free définit le Zuisme comme une « systémologie » et une « technologie spirituelle » pour la réalisation de soi, c'est-à-dire la réunion de soi avec Dieu, et, en plus de « connaissance », donne à zu le sens de « conscience » et l'interprète comme l'énergie rayonnante qui imprègne tous les êtres vivants.

Zuisme irakien vignette|Autel privé dédié à Gudea et à d'autres figures divines, par un pratiquant zuiste à Nasiriyah, Irak.

L'assyriologue russe V. V. Yemelyanov a documenté la montée d'un néopaganisme zuiste en Irak au début des années 2010, avec la diffusion de prières aux dieux mésopotamiens en langue arabeV. V. Yemelyanov, "Изучая шумеро-аккадские тексты, становишься и сам немного шумером", 12 novembre 2012, Polit.ru (archivé)..

Zuisme cananéen

Le zuisme reconstructionniste cananéen est une petite communauté dans l'Israël contemporain. Il a des antécédents dans le mouvement culturel et littéraire du cananisme chez les Juifs de Palestine britannique dans les années 1940, en particulier dans l'œuvre de Yonatan Ratosh (1908–1981), né sous le nom d'Uriel Helpern à Varsovie, en Pologne.

L'adhérent israélien Elad Aaron a formulé une idéologie culturelle pour la redécouverte politique de la religion pandeiste cananéenne appelée le « nouveau cananisme re-sioniste » (). Le zuisme cananéen est également appelé natib qadish, une expression en ougaritique créée par l'adhérente américaine Tess Dawson au début des années 2000. Les adeptes de cette dernière dénomination sont appelés les qadish, au pluriel qadishuma, et les prêtres, hommes et femmes, sont appelés respectivement kahin et kahinat.

Zuisme islandais L'« Association de foi du zuisme » () a été fondée en Islande en 2010 par Ólafur Helgi Þorgrímsson, à l'origine comme branche d'une église mère située dans l'État du Delaware, aux États-Unis, et enregistrée par l'État islandais en 2013. En Islande, tout citoyen doit payer annuellement une taxe religieuse, la , qu'il soit croyant ou non. Certaines personnes désapprouvant ce système, guidées par Ísak Andri Ólafsson, ont pris le contrôle de l'organisation en 2015 dans un but de résistance fiscale : la part de la taxe religieuse reversée au mouvement par le gouvernement est alors redistribuée à chacun des adeptes, qui trouvent ainsi un moyen de s'affranchir de cet impôt.

La Zuism trúfélag de Ísak Andri Ólafsson entend ainsi lutter contre la levée d'une taxe religieuse en Islande ainsi que la tenue d'un registre national de la religion des Islandais. Cette protestation s'inscrit dans un mouvement plus large demandant la séparation de l'Église et de l'État, à tel point que même certains politiciens bien connus ont rejoint le mouvement, comme Birgitta Jónsdóttir. La Zuism trúfélag ayant été utilisée pour des motifs fiscaux clairement affichés et non pour des motifs religieux, des élus islandais ont demandé son retrait du registre officiel des religions reconnues en Islande. Un porte-parole de la Zuism trúfélag répond néanmoins à cette demande que l'on ne peut définir précisément la nature religieuse d'une organisation et que l'on ne peut mesurer la sincérité de la croyance religieuse..

Au , la religion ne compte que 4 adeptes déclarés, mais leur nombre croît très rapidement durant quelques semaines fin 2015 au point d'atteindre à adeptes, soit 1 % de la population islandaise en 2015–2016. La majorité d'entre eux sont jeunes, connectés à Internet et déjà désaffiliés du christianisme.

Notes et références

Annexes Bibliographie

Tradition zuiste hongroise .

Tradition zuiste mardukite . . . . . . . . . . . . . .

Tradition zuiste du Necronomicon . . .

Tradition zuiste cananéenne .

Recherche académique . . . . . . . . . . .

Articles connexes Néopaganisme Natib Qadish

Liens externes

Zuisme mardukite. Zuism trúfélag. Am Ha Aretz USA. Tel Shemesh USA.

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