Yves-Marie Gabriel Pierre Le Coat, baron de Saint-Haouen., né le samedi à Brest et mort à Calais le mardi à midi., est un contre-amiral français qui fut chef d'état-major des amiraux Latouche-Tréville et Bruix, ainsi que chef militaire du Camp de Boulogne. Il est principalement connu pour avoir mis au point un système de télégraphe terrestre et maritime, concurrent de celui de Chappe, qui a pour particularité d'être le premier utilisable de jour comme de nuit, le Télégraphe Saint-Haouen , ainsi que pour ses travaux précurseurs sur les phares et la signalisation maritime côtière.. Il est décrit comme ayant un « caractère difficile et impérieux » et comme affectant « un air de prétention dans le service ».
Famille et origines Les Le Coat sont originaires de la paroisse de Saint-Renan dans le bas-Léon. On y retrouve en 1500 un Jean Le Coat qui s'occupe du commerce des draps. Par la suite ses descendants sont avocats, et occupent la charge de notaire royal et de procureur du Roy.
Jean Le Coat, notaire royal en 1710, épouse Jeanne le Run de Saint-Haouen, issue des Le Run de Keruzas, dont le premier représentant, Bernard, fut anoblis le par Jean V de Bretagne, au cours d'une cérémonie célébrée par l'évêque de Léon Philippe de Coetquis.
Leur fils Yves, notaire et procureur à Brest en 1726, sera le premier à adjoindre à son nom celui de la terre noble située au nord de Plougonvelin dont il hérite de par sa mère. De son mariage avec Jeanne le Milbeo de Kerloguer, issue des Milbeo de Rubihan, des Bizien des Penarprat et des Bizien de Kervilly, est né Jacques-Yves Le Coat de Saint-Haouen, père de Yves Le Coat de Saint-Haouen. Denis Le Coat de Kervéguen, père de Gabriel Le Coat de Kerveguen descend de l'oncle de Jacques-Yves Le Coat de Saint-Haouen. Yves le coat de Saint-Haouen est le grand-père de Ferdinand Gautier.
Il épouse le Louise-Félicité Chaspoul (1781-1842) à Paris.
Officier dans la royale Service Sur la Belle Poule (1770-1779) Premier voyage aux Antilles Après des études au lycée de Quimper, il s'engage le à l'âge de , comme volontaire dans la marine Française. Il est affecté au navire la Belle Poule (1765), où il est élève officier avant de devenir Aspirant, puis Enseigne de vaisseau. La frégate, sous le commandement de Louis Guillouet d'Orvilliers, part de Brest en , pour une mission de surveillance de la navigation dans les Antilles. La Pérouse, Enseigne de vaisseau depuis 1764, fait partie du voyage. Le navire longe les côtes de la Martinique, puis de la Guadeloupe, avant d’arriver à Cap-Français, au nord de Saint-Domingue. Une réception pour les officiers du vaisseau y fut organisée par les familles de colons établis dans la ville. La Belle Poule est de retour à Brest en . Elle y est doublée de cuivre au début de l’hiver 1771, et devient ainsi le premier navire français du genre.
Le , la Belle Poule repart pour l’Île-de-France, où elle emmène Charles-Henri-Louis d'Arsac de Ternay, qui vient d’être nommé gouverneur des iles de France et Bourbon. La Pérouse fait à nouveau partie des officiers présents à bord, et le jeune Saint-Haouen subit en même temps que lui le rite subit par les marins qui franchissent l’équateur pour la première fois : ils se virent tous les deux précipités dans un grand baquet d’eau de mer, après qu’un marin grimé en Neptune ait posé les questions traditionnelles au commandant.
En , la frégate arrive au Cap où elle se ravitaille, avant de débarquer à Port-Louis, à l'Ile de France, le . Ternay quitte alors le navire, et le commandement passe au chevalier Grenier.
La seconde expédition du Chevalier de Grenier Grenier entame alors les trois voyages de sa seconde expédition dans l’océan Indien. En 1769, il avait découvert une nouvelle route vers Pondichéry, qui épargnait trois mois de navigation. Il avait également été le premier à cartographier les Seychelles. Il reprend donc en 1772 ses activités hydrographiques dans la région.
Il quitte Port Louis en avec la belle poule et fait route vers le nord, passe par le deuxième banc de Nazareth, à l’ouest de l’île Gratia puis oblique vers les Seychelles ou elle arrive à Mahé. Elle se dirige ensuite vers Praslin, les sept frères, et atteint Pondichéri avant de revenir à Port-Louis.
En , Grenier repart, et passe cette fois à l’est du deuxième banc de Nazareth, à l’est de Gratia et de Praslin, avant d’atteindre Pondichéry puis Manille. Il est de retour le à l'Ile de France.
En aout de la même année, il se rend à Madagascar chercher du ravitaillement obtenu par Benyowszky.
En , pour son troisième et dernier voyage, Grenier visite l'île de Corgados, passe au sud des quatrième et troisième bancs de Nazareth, au large du deuxième, accoste à l’île de Sable puis à Madagascar. Il remonte ensuite vers le nord, et arrive aux Îles Amirante par l’ouest, y mouille, avant de continuer vers Mahé, Praslin et Pondichéri.
Le , Ternay, Grenier, Lapérouse et Saint-Haouen rentrent en France, d’abord à Lorient, d’où Ternay part pour Versailles, puis à Brest Durant son séjour dans l'océan Indien, Saint-Haouen aura commandé successivement les gabares Victoire, Dauphin, et Boulonnaise.
Le combat de la belle Poule Le vaisseau change une nouvelle fois de commandant, et c’est Charles de Bernard de Marigny qui en devient le capitaine.. Il est chargé de reconduire secrètement aux États-Unis Silas Deane, ambassadeur secret des américains à Versailles, mais est pris en chasse par deux vaisseaux anglais, qui le canonnèrent et voulurent inspecter le navire. Ils durent cependant céder et laisser repartir la frégate sans la visiter devant l’inflexibilité de Marigny. Pendant les qui suivirent, le vaisseau lutta contre des vents contraires, qui l’obligèrent finalement à regagner Brest, sans avoir atteint l’Amérique.
Marigny changeant de vaisseau pour accomplir sa mission, partant avec son équipage de matelots sur le Sensible, c’est Jean-Isaac Chadeau de la Clocheterie qui en prend le commandement. Le , la Belle Poule quitte Brest pour une mission de surveillance. Elle rencontre alors l’escadre de l'amiral Keppel, qui la canonne, et livre son fameux combat contre l’ HMS Arethusa, le mettant en fuite après une très violente confrontation qui dura quatre heures. C’est par ce combat naval remporté par la France que débutent les hostilités entre la France et l’Angleterre de la guerre d’indépendance américaine. La Clocheterrie, endommagé, se réfugiera dans les récifs pour échapper à l’escadre anglaiseMercure de France, 5 juillet 1778, ..
Rentrée au port pour y subir des réparations durant l’été 1778, La Belle Poule prend à nouveau la mer du au avec Le Vengeur, navire de , et les deux vaisseaux capturent ensemble cinq navires anglais. Saint-Haouen, avant le départ, avait changé de bord, et était passé sur le Vengeur. Ce fut un changement opportun pour lui puisqu’en 1780, la Belle Poule fut capturée par les Anglais.
La guerre aux Antilles (1778-1781)
Sous les ordres de La Motte Picquet Le Vengeur. fait partie des cinq vaisseaux de ligne envoyés avec Toussaint-Guillaume Picquet de La Motte rejoindre l’escadre de Charles Henri d'Estaing dans les Antilles. Parti de Brest le , il arrive en à Fort Royal. Il participe le à la bataille de la Grenade, où d’Estaing bat l’amiral anglais Byron, le Vengeur se trouvant à l’arrière garde de la flotte. Il est ensuite envoyé aider les assiégeants de Savannah en aout. Après l’échec du siège, il revient à la Martinique, endommagé.
Le , il prend part au combat de la Martinique (1779). La Motte Picquet voyant un convoi français en difficulté dans la baie de Fort Royal, part seul sur son vaisseau les affronter pendant deux heures, avant d’être rejoint par deux de ses navires, dont le Vengeur, qui ont pu pendant ce temps-là rassembler les équipages qui avaient quartier libre à terre. Le Vengeur bataille à l’avant-garde de l’escadre de Parker, aidé par les canons de la pointe des Nègres, et du fort Saint-Louis. Les habitants de Fort Royal se massèrent en foule sur le rivage pour observer l’évolution des combats. À 19h, le combat était terminé, et la moitié du convoi avait pu être sauvée.
Au mois de , le Vengeur croise dans les Antilles et fait des prises. En mars, il escorte un convoi de marchands. Le 20 de ce mois, vers Cap Français il affronte avec trois autres navires trois navires anglais sous les ordres de Cornwallis.
Les trois combats de M. de Guichen Rentré à Fort Royal, il passe sous les ordres de Luc Urbain du Bouëxic de Guichen. Le , il est à la bataille de la Martinique, à l’avant-garde de la flotte. Durant les combats, il attaqua le , navire de l’amiral anglais Rodney. Il est également présent à la canonnade du suivant contre la flotte anglaise, ainsi qu’au combat du , durant lequel meurt le fils de Guichen. Le vengeur part ensuite pour La Havane rejoindre une escadre espagnole, mais une épidémie se déclare dans la flotte, tuant le fils de Louis Guillouet d'Orvilliers. Le , le Vengeur est de retour à Brest..
Avec Suffren dans les mers de l’Inde. (1781-1784) Saint-Haouen, enseigne de vaisseau, est affecté à la petite escadre de cinq navires dont le Bailli de Suffren prend le commandement. Le Vengeur est alors commandé par le capitaine de Forbin. Le , il quitte Brest avec l’escadre du comte de Grasse, et s’en sépare le 29 pour faire route vers le sud. Le , Suffren trouve une escadre anglaise au mouillage à Porto Praya, au Cap-Vert. Profitant de la surprise des Anglais, il attaqua seul, mollement soutenu par le reste de l’escadre. Le Vengeur, qui avait mis du temps à se décider à agir, traversa l’escadre anglaise, tirant de loin, et dériva ensuite loin de combats.
Le , l’escadre arriva au Cap, ou elle put se ravitailler. Elle y arriva juste à temps pour protéger la ville d’une escadre britannique décidée à s’en emparer, mais qui voyant la flotte française, décida de passer au large. Fait élève ingénieur constructeur en 1780, Saint-Haouen y prend part aux réparations de L'Annibal, gravement endommagé.
Le , l’escadre française repart, et arrive le à Port Louis. Ils en repartent le , se dirigeant vers Pondichéri, et passant par la route découverte en 1769 par le chevalier Grenier. À la Bataille de Sadras, le , Suffren cherche à envelopper l’arrière-garde anglaise. Mais Forbin, capitaine du Vengeur, refuse de le suivre, et laisse ainsi aux anglais la possibilité de s’échapper.
Arrivés à Pondichéri, puis à Porto Novo, l’escadre en repart le pour aller attaquer Trinquemalay. Mais les Anglais réagissent, et les deux flottes s’affrontent à nouveau à Provédien. Le , Suffren relâche à Batticaloa. Le , le Vengeur part chercher des biscuits à Pondichéri. Le , le Vengeur et le reste de l’escadre combattent les Anglais à Négapatam, mais l’adversaire s’échappe encore. La flotte hiverne à Aceh, de novembre à .
Après la prise de la ville, la flotte anglaise se confronte à nouveau à l’escadre française, à Trinquemalay. C’est à cette période que Saint-Haouen quitte le Vengeur et s’embarque sur La Consolante. Ces deux vaisseaux sont employés durant la bataille à doubler l’arrière garde anglaise, mais la manœuvre échoue, et le vengeur perd son mat.
Le , la Consolante est à la Bataille de Gondelour, et le , la paix est annoncée. Le Suffren appareille pour la France, emmenant l’équipage d’origine provençale avec lui à Toulon, et laissant les bretons, dont Saint-Haouen rentrer à Brest, ou il arrive en .
Séjour à paris et reconversion (1784-1790) La paix revenue, Saint-Haouen, devenu élève ingénieur constructeur, passe deux ans au port de Brest, comme l’exige sa formation. Il est ensuite sélectionné parmi les autres élèves pour être formé à Paris. Il intègre donc en 1786 la Grande école de Construction de Paris. Il échoue cependant deux fois à son examen de sortie, et doit revenir à Brest en 1788, où il travaille à la capitainerie du port, et où son grade d’enseigne de vaisseau est converti en celui de sous-lieutenant de port.
Les guerres de la Révolution et de l'Empire