Bérenger de Roquefeuil-Blanquefort, (1448 - 1530) est un seigneur du Rouergue et du Quercy connu pour être le constructeur du château de Bonaguil. Issu de la famille Roquefeuil Blanquefort, il joue un rôle actif dans les affaires politiques et militaires de son temps, notamment durant la Ligue du Bien Public.
Biographie Origines familiales
Bérenger est le troisième fils de Jean, seigneur de Blanquefort et de Bonaguil, marié en 1448 à Isabeau de Peyre. Dès son jeune âge, son père l'envoie à la cour du roi de France où il sert comme page et reçoit une solide éducation. Il grandit pendant la Guerre de Cent Ans et n'a que treize ans lorsque Louis XI accède au trône. Il est probable qu'il ait accompagné le roi dans ses campagnes d'Artois en 1477.
Bérenger avait neuf frères et sœurs qui vivaient en . Ses grands-parents maternels étaient Astrog de Peyre et Dauphine de Clermont, elle-même petite fille d'Arnaud II de Roquefeuil.
Ligue du Bien Public En 1461, Louis XI est couronné Roi de France. Rapidement, il prend différentes mesures pour réduire les prérogatives de la haute noblesse et met en place une politique autoritaire. En , une coalition de grand vassaux vient s'opposer à des décisions aboutissant à une guerre entre mai et octobre 1465. Jacques d'Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche rejoint la coalition et malgré les différents traités de paix proposés par le roi, il continue à comploter jusqu'en 1475. Arrêté, il est décapité en 1477. Bérenger, manifeste son désaccord en quittant la cour d'AmboiseCollectif,Dominique Auzias,Jean-Paul Labourdette, Les 100 plus beaux châteaux de France 2011, Petit Futé, 2011, pages 17-18...
Proches soutiens de Jacques dans cette entreprise, Jean et Antoine de Roquefeuil (respectivement père et oncle de Bérenger) doivent implorer le pardon du roi dont ils obtiennent une lettre de rémission en après être restés plus de dix années en disgrâce.
Mariage et intervention du roi Louis XI Certains historiens, dont Michel Coste, avancent que ce pardon aurait été conditionné à une donation de Jean envers son fils Bérenger afin de s'assurer de la fidélité d'une famille influente du midi et de faire entrer les Roquefeuil dans le cercle des grandes familles d'artilleurs du royaume.
En effet, le , Bérenger est fait irrévocablement et du vivant de son père, nu-propriétaire des titres ainsi que des biens de sa famille. Il est ainsi substitué à ses deux frères ainés , Guillaume et Antoine, décédés sans héritiers. A cette donation réalisée "suivant le bon plaisir de notre Sire le Roi", et en présence d'Ardit de Bar, sénéchal du Rouergue, s'ajoute une promesse de mariage entre Bérenger et Anne du Tournel. Cette dernière est fille de Louise de Crussol, gouvernante du dauphin et nièce de Louis de Crussol, grand maître de l'artillerie de France. Leur mariage est célébré en 1478 au château d'Amboise, sous le patronage royal. Bérenger y perçoit alors les arriérages d'une pension d'écuyer du Roi et quitte la cour d'Amboise.
En 1480, le couple s'installe à Flaugnac, afin de développer le castrum de Castelnau-Montratier, puis s'établit à Blanquefort que Bérenger fait également réaménager. Cette seigneurie, réputée pour ses mines de fer et ses forges, ainsi que les mariages de ses enfants - Charles épousant la sœur d'un maréchal de France et Madeleine, le fils d'un grand maître de l'artillerie - viennent renforcer cette hypothèse que Bérenger appartenait au cercle influent des artilleurs du .
De ce mariage naissent :
Différents avec les consuls de Castelnau-Montratier Le , Bérenger hérite de son père et fait aveu au roi par l'intermédiaire de l'un de ses vassaux: noble Jean de Terre. Il est qualifié de "magnifique et puissant Seigneur". Bérenger réside au château de Flaugnac, à proximité directe du village de Castelnau.
En 1485, Bérenger reprend la querelle qui avait opposé en 1342 Ratier IV de Castelnau, son grand-père, et les consuls de la ville. La contestation portait notamment sur une dispense partielle du droit de leude (taxe sur les produits vendus par les étrangers au sein de la juridiction) accordée aux habitants de Castelnau-Montratier. La coutume prévoyait que les marchandises ne dépassant pas un quarton échappaient à la taxe. Toutefois, ni le nombre de quartons concernés, ni les unités de mesure n’étaient clairement définis, laissant ainsi aux marchands une grande liberté d’interprétation.
Faute d'obtenir des échevins le consentement sincère à ce droit seigneurial, Bérenger ordonne à son juge, le bailli Gayssia de Manas, de rendre justice en son nom sans reconnaître le rôle des consuls. Consigne est de faire primer la loi avant les coutumes mais Bertrand de Mothe, consul de la ville s'oppose à Gayssia de Manas avec violence. Les deux hommes sont séparés mais quelques jours plus tard une autre querelle éclate. Gayssia de Manas se bat en duel avec Jean de Mothe, frère du consul et est blessé. Il meurt des suites de ces blessures.
Bérenger porte l'affaire auprès du sénéchal du Qurecy puis auprès du juge-mage de Cahors. Il obtient gain de cause et fait arrêter puis emprisonner Bertrand et Jean de Mothe. Les autres consuls parviennent à les faire évader.
Outré, Bérenger dépêche un détachement de 25 arbalétriers pour détruire les poids et mesures de la ville. Une fois leur mission accomplie, les arbalétriers s’en prennent violemment aux habitants de la ville. En réaction, ceux-ci se soulèvent et réussissent à mettre la troupe en déroute. Pour réprimer la révolte, Bérenger redéploie alors une troupe qu’il avait initialement levée pour une campagne en Normandie. Jean de Mothe prend la tête de la rébellion et de violents affrontements éclatent. Un grand nombre de belligérants meurent dont des gentilshommes et la ville se réfugie derrière les remparts.
En 1488, le parlement de Toulouse se saisit de l'affaire et donne raison à Bérenger sur le fond mais le condamne pour avoir tenté de se faire justice lui-même. Il est tenu responsable du comportement de ses soldats et doit reconnaître publiquement ses torts en place publique de la ville. Mécontent, il se présente en armure et entouré d'un puissant groupe armé devant les portes de la ville sans y pénétrer. Soulevant son heaume devant les échevins et la foule massée sur les remparts, il cria «vous m'avez vu!» puis tournant bride il regagna son château de Flaugnac.
Différent avec les évêques de Cahors et l'archiprêtre de Flaugnac En 1493, l'évêque de Cahors Antoine d'Alamand exprime des prétentions sur la baronnie de Castelnau. Bérenger conteste et le conflit est porté devant le parlement. Le , la Cour déboute le clerc en opposant aux archives de l'évêché les hommages que ses ancêtres avaient rendus directement aux rois de France et aux comtes de Toulouse.
Non satisfait de cette décision l'évêque cherche à opposer Bérenger au clergé de sa baronnie. Aidé d'Etienne Saccalay, archiprêtre de Flaugnac, il cite Bérenger à comparaître devant le Parlement de Toulouse ou à lui régler des dimes. De nouveau, un arrêt du déboute cette prétention qui cessera en 1495 avec le retour de la peste.
Fortification du château de Bonaguil
thumb|Château de Bonaguil, fortifié par Bérenger|284x284pxPeu de temps après, Bérenger quitte Flaugnac pour s'installer dans son château de Blanquefort-sur-Briolance à quelques kilomètres du château de Bonaguil et du lieu-dit Bonne Aiguille. Il entreprend l'agrandissement et la fortification du château et entame des travaux considérables qui dureront plus de quarante ans. Bérenger résume son projet de la façon suivante:
Bérenger fait de Bonaguil une forteresse puissante mais également un lieu de vie pour sa famille. Il y intègre les ultimes avancées de l'art de la construction des châteaux forts bravant l'interdiction par de la construction de fortifications privées. Un chroniqueur du XVIe siècle écrit:
Décès et testament Le décès de son épouse en 1497 marque un tournant dans sa vie. Bérenger se déclare malade pendant deux ans, ce qui l’empêche de rendre hommage au roi Louis XII. Ce n’est qu’en 1503 que le dénombrement de ses fiefs est établi, depuis son château de Blanquefort.
Bérenger teste quelques jours avant sa mort le à l'âge de 82 ans dans son château de Bonaguil et demande à être inhumé dans la chapelle Saint-Michel de Bonaguil qu'il avait fait construire et dans laquelle une litre funéraire avec ses armes est toujours visible.
Pour son enterrement, il demande que 120 prêtres prient pour lui, que les personnes qui viendraient soient reçus pour un repas sans musique et qu'aucun signe de sa puissance ne soit visible. Il demande aussi que cent pauvres soient habillés et reçoivent dix deniers tournois.
Ascendance
Possessions Bérenger était à la tête d'une fortune considérable et rendit hommage au roi le en qualité de noble et puissant seigneur baron de Roquefeuil, de Blanquefort et comtor de Nant pour ses terres.. D'autres actes font suite à l'acte d'hommage de 1483 et viennent compléter la liste de ses biens probablement hérités de son père qui vivait encore en 1448.. Léopold Limayrac écrit à ce sujet:
Sénéchaussées :
Références
Voir aussi Articles connexes Famille de Roquefeuil Blanquefort
Bibliographie
Michel Coste, Bonaguil, genèse et histoire de la construction, édition Librairie du château de Bonaguil, 2015
Liens externes Site de l'Association Roquefeuil-Blanquefort
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