Jean-Baptiste Houillon né à Dommartin-lès-Remiremont (Vosges) le est un prêtre missionnaire qui fut exécuté à Paris par les Fédérés pendant la Semaine sanglante, le . Jeunesse Jean-Baptiste Houillon voit le jour au hameau de Pont sur la commune de Dommartin-lès-Remiremont. Fils de Marie Thérèse Dieudonné et de Nicolas Houillon, cultivateur, il est le troisième enfant d'une fratrie de six. Il n'a que dix ans à la mort de son père. Il intègre le petit séminaire de Châtel-sur-Moselle puis poursuit ses études au grand séminaire de Saint-Dié. Il est ordonné prêtre le par Monseigneur Louis-Marie Caverot, évêque de Saint-Dié.
Jean-Baptiste Houillon est nommé vicaire à Rupt-sur-Moselle puis à Vagney<ref>L'Eucharistie, , 1911</ref>(où il demeure 5 ans et demi) et à Hadol . Après une formation au Séminaire des Missions étrangères de Paris de 1860 à 1862, il embarque pour la Chine.
En Chine L'abbé Houillon embarque le 13 avril 1862 à bord d'un trois-mâts le Lord of the IslesAnnales de la Société des missions étrangères,Une traversée perilleuse, janvier 1935, . Le voyage est long, il faut passer le Cap de Bonne Espérance, car le canal de Suez n'est pas encore terminé. Le 24 juillet, le bateau est en mer de Chine lorsqu'un violent incendie se déclareSouvenir de Chine par un missionnaire, chap. 1, pages 5 à 19, ed. Imp. Polyglotte, 1873 . Le navire contenant de la poudre risque d'exploser, les passagers embarquent sur des chaloupes. Aidés par des pêcheurs chinois, ils touchent terre à Hoi-Hao. Le voyage reprend jusqu'à Macao, puis Hong-kong et le père Houillon rejoint enfin sa mission dans la province de Sichuan sur le district de Fou-lin de la Mission du Se-tchoan méridionalNotice de l'I.R.F.A .
Il apprend la langue du pays et travaille à des ouvrages d'histoire traitant du peuple chinoisC. Ordioni, Notice R. P. Houillon, Biographie de Monseigneur Georges Darboy; , ed. Leclere, 1871. En 1869, souffrant d'asthme, il doit rejoindre la France pour s'y faire soigner. vignette|gauche|Le Lord of the Isles
Retour à Paris vignette|gauche|Missions étrangères de Paris, rue du Bac Revenu en France, le père Houillon réside au séminaire des Missions étrangères. La vie n'est pas facile à Paris : après la levée du siège éclate la Commune. Les séminaristes de la Communauté des missions étrangères ne se sentent pas en sécurité. Alors qu'en compagnie du révérend père Paul Perny, il se rend à la bibliothèque Sainte-Geneviève en habit ecclésiastique, il est arrêté avec luiHistoire génerale de la Société des missions-étrangères, Adrien Launay, vol. 3, , ed. Téqui, 1894. dans le quartier du Panthéon. Les deux prêtres sont conduits au dépôt de la Préfecture de police puis envoyés à la prison Mazas et enfin transférés à la prison de la Grande Roquette. Le transfert se fait dans une cage grillagéeÉtudes historiques et morales sur les prisons du département de la Seine et de la ville de Londres, A. Regnault, , éd. Guillaumin, 1877. contenant dix-huit prisonniers dont l'Archevêque de Paris, Monseigneur Darbois, le Président Bonjean et le père Gaspard Deguerry. À la Roquette Houillon est retenu dans la quatrième section, celle réservée aux ecclésiastiques, où il occupe la cellule 14Picpus pendant le Commune, , éd.Imprimerie de l'Eure, 1898 .
Le 27 mai, la Roquette est bombardée par les Versaillais, les portes de la prison sont ouvertes et les prisonniers s'en échappent. Ne trouvant pas d'abri sûr, Houillon est de nouveau capturé près du Boulevard Richard-Lenoir. Vers 19h, il est roué de coups et tué par de nombreuses balles. Trois autres personnesLe Correspondant: religion, philosophie, politique, abbé Lamazou, , vol.84, éd.Douniol, 1871, Monseigneur Surat, l'abbé BécourtFleurs sacerdotales déposées sur la tombe de M. l'abbé Bécourt, E. Rolland, , éd. Soussens (Paris), 1879 et un jeune officier de la Préfecture de police, Chaulieu, sont exécutés avec lui sur l'angle d'un mur de la petite Roquette. Son corps est tellement abîmé qu'il est impossible de l'identifier avec certitude. Il est alors enseveli au cimetière de Montmartre, le cercueil portant la mention « prêtre inconnu ». Il est cependant exhumé le 30 décembre et identifié grâce aux bas noirs qui portaient le chiffre de la communauté des Missionnaires. Après une cérémonie religieuse, le cercueil du père Houillon est déposé au cimetière Montparnasse dans la sépulture des Missions étrangères. thumb|Plaque funéraire de Jean-Baptiste Houillon au cimetière Montparnasse.Sur la plaque on peut lire : « Ici reposent les dépouilles mortelles de Jean-Baptiste Houillon missionnaire en Chine. Il fut massacré par les rebelles de Paris le 27 mai 1871 à l'âge de . »''
Bibliographie
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Références
Voir aussi Articles connexes Église catholique au Sichuan
Liens externes
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