Henry Hodgkin (1877-1933) était un médecin et un missionnaire quaker anglais qui fut au cours de sa vie l'un des fondateurs de la à Chengdu, l'un des principaux inspirateurs et fondateurs du mouvement pacifiste chrétien le Fellowship of Reconciliation puis de son extension internationale l' ou Mouvement international de la Réconciliation) et le premier directeur du centre de rencontres quaker de Pendle Hill, près de Philadelphie.
Biographie Enfance et formation Henry Theodore Hodgkin est né le dans une famille très fortunée de Darlington au nord de l’AngleterreBritish Medical Journal, avril 1933. Il est le fils de Jonathan Backhouse Hodgkin (1843-1926), banquier et maire de Darlington et de Mary Anna Pease, tous deux de familles quakerSite de généalogie ancestry.co.uk, consulté le 14/12/2015.. Les Hodgkin habitaient l'immense manoir victorien de Elm Ridge à DarlingtonHistorique du manoir de Elm Ridge à Darlington, aujourd'hui devenu propriété de l'Église méthodiste, consulté le 15/12/2015.. Il a fait ses études à King's College à Cambridge puis à St Thomas' Hospital à Londres, d’où il sort en 1905 avec un diplôme de docteur en médecine. Très grand, doté d’un charisme hors du communDave D’Albert, A Lexicon of Spiritual Leaders In the IFOR Peace Movement, Part 1, Version 3, 2010 , il fut élu président de l'Union missionnaire étudiante anglaise () de 1902 à 1905. Cette union avait pour but de recruter des missionnaires parmi les étudiantsRalph R. Covell, article du Biographical Dictionary of Chinese Christianity, citant George Herbert Wood, Henry T. Hodgkin: A Memoir (1937). Biographical Dictionary of Christian Missions, Macmillan Reference USA, copyright (c) 1998; Wm. B. Eerdmans Publishing Co., Grand Rapids, Michigan. All rights reserved. .
Travail missionnaire en Chine Dès la fin de ses études en 1905, Henry Hodgkin partit dans le Sichuan en Chine avec l’organisation missionnaire quaker (devenue par la suite ) ; il y resta jusqu’en 1909. Pendant ce séjour, il participe à la fondation de la à Chengdu, université soutenue par plusieurs églises protestantes jusqu’à sa fermeture en 1926, date à laquelle les enseignants chinois la reprennent et en perpétuent le travail qui se poursuit jusqu’à ce jour au travers des diverses universités de Chengdu.
De 1910 à 1920, Henry Hodgkin retourna en Angleterre pour être le secrétaire général de . Il repartit pour la Chine en 1921 pour donner une série de conférences à l’occasion desquelles il fut sollicité pour devenir l’un des secrétaires du Conseil national chrétien de Chine (), poste qu’il occupa de 1922 à 1929.
Lancement du Mouvement international de la Réconciliation Pendant sa décennie en Angleterre de 1910 à 1920, il devint actif sur la scène pacifiste. Le , il était présent à Constance à la conférence du « Conseil des Églises des empires britannique et allemand pour la promotion des relations amicales entre les deux peuples », organisation dont le pasteur luthérien allemand Friedrich Siegmund-Schultze était le secrétaire. Mais le début de la guerre mit fin aux débats avant même qu’ils ne commencent ! Avec beaucoup de difficultés, et en jouant de ses bonnes relations avec la cour impériale en tant qu’ancien pasteur de la Friedenskirche de Potsdam, le pasteur Siegmund-Schultze réussit à assurer le retour des 130 participants britanniques en obtenant un train spécial pour les Pays-Bas via Cologne. C’est lors des derniers adieux avec les Britanniques sur le quai de la gare centrale de Cologne le qu’eut lieu l'accolade entre Henry Hodgkin et Friedrich Siegmund-Schultze au cours de laquelle ils se promirent mutuellement de rester unis dans le Christ malgré la guerre et de proclamer le message de paix de l’Évangile quelles que soient les circonstances. Cet adieu solennel fut en quelque sorte le moment fondateur du mouvement de la Réconciliation ; sur sa lancée, les deux hommes se mirent à travailler sans relâche pour rétablir la paix entre leurs deux nations et au-delà, envers et contre les politiques de leurs gouvernements respectifsKarl Kupisch, Die deutschen Landeskirchen im 19. und 20. Jahrhundert, Editeur : Vandenhoeck & Ruprecht, 1975, 127 pages, citation de la p. 93..
Dès son retour en Angleterre, Hodgkin tint parole et prit l’initiative de réunir au de Cambridge, où il donnait alors des cours de philosophie, un groupe œcuménique d’une vingtaine de personnes souhaitant réfléchir aux implications de la guerre sur leur vie personnelle et sociale. Ils rédigèrent une déclaration commune affirmant qu’ils ne pouvaient concevoir un Dieu nationaliste et n’étaient pas d’accord pour soumettre les enseignements du Sermon sur la Montagne à un moratoire pour la durée de la guerre. Le mouvement était né, au niveau de l’Angleterre. Une autre réunion réunit 128 personnes à , Cambridge, au cours de laquelle Henry Hodgkin fut élu président du mouvementSite de l’International Fellowship of Reconciliation américain, consulté le 14/12/2015.
En 1915, Hodgkin prit la tête d’une délégation de 66 personnes pour rencontrer des sympathisants américains, notamment dans le cadre de Union Theological Seminary à New-York, et fonder, le , la branche américaine de la . Il y avait parmi eux Edward Evans, Norman Thomas, l'éducatrice socialiste Jessie Wallace Hughan (qui fondera en 1923 la , première organisation pacifiste laïque), l’évêque épiscopalien Paul Jones (qui sera écarté de son diocèse de l’Utah en 1918 en raison de son opposition à la Première Guerre mondiale), Grace Hutchins et John Haynes Holmes, pasteur de l'Église unitarienne, mais aussi le théologien Reinhold Niebuhr, qui deviendra critique du pacifisme chrétien et rompra avec l'IFOR dans les années 1930Site des « levellers », consulté le 14/12/2015.
Œuvre aux États-Unis En 1929 Henry Hodgkin fut appelé à Philadelphie pour lancer le centre de rencontres quaker de Pendle Hill (du nom de la colline du Lancashire où George Fox, le fondateur du quakerisme, eut sa vision fondatrice). L'historien Douglas Gwyn montre le rôle prépondérant Henry Hodgkin, premier directeur du centre, qui y contribua de sa profondeur spirituelle et de sa vision des besoins de la société à l'élaboration d'une vision pour le centre de rencontresDouglas Gwyn, Personality and Place: The Life and Times of Pendle Hill, Plain Press, 2014. 512 pages. Review by Valerie Brown dans le Friends’ Journal novembre 2015, consultée le 14/12/2105. La vision retenue fut de faire de Pendle Hill . Après une réunion convoquée en 1929 par Henry Hodgkin avec un groupe d'une douzaine de responsables, les quatre axes stratégiques suivants furent retenus: Une maison calme, lieu de paix et de silence ; Une école de prophètes, un lieu pour se poser sur quelques questions bien choisies plutôt que d'enseigner sur de trop nombreux sujets ; Un laboratoire d'idées, un lieu pour mettre les idées à l'épreuve de la pratique ; et Une fraternité autour du Christ englobant les étudiants et les employés du centre.
Henry Hodgkin dut quitter ce poste en 1932 pour raison de santé.
Œuvres Henry Hodgkin a écrit plusieurs livres, notamment : Le message et la mission du quakerisme (), avec l'historien William Charles Braithwaite (1862-1922) (1912) Des amis au-delà des mers (Friends beyond the Seas) (1916) La révolution chrétienne (The Christian Revolution) (1923) Questions de vie en Chine (Living Issues in China) (1932)
Philosophie La philosophie d'Henry Hodgkin était ancrée dans sa foi quaker, marquée par l'adhésion au pacifisme et par sa forte sensibilitié sociale. Selon l'un de ses biographes, Henry Hodgkin était . Il résumait ainsi son propre parcours : .
Famille Henry Hodgkin avait épousé Elizabeth Joy Montgomery. Ils eurent trois enfants. Il décéda le à Dublin des suites d’une opération. Sa famille comporte de nombreuses personnalités qui ont marqué la région de Darlington :
Son père banquier avait financé le développement industriel de la région. Son beau-père John Pease, fils aîné d'Edward Pease « père du chemin de fer », était un riche industriel quaker qui fit bâtir le manoir de Elm RidgePage historique sur Elm Ridge. Son frère Jonathan Edward Hodgkin (1875-1953), resté à Darlington après ses études d'ingénieur électricien, se distingua d'abord par son engagement civique pendant la Guerre de 1914-1918 en dirigeant la branche locale de l'organisation humanitaire quakers apportant de l'aide humanitaire aux populations civiles touchées par la guerre ( - FWVRCSite historique des Quakers (en anglais)). Puis à partir de 1916 il intervint comme aumônier quaker en soutien aux objecteurs de conscience enfermés dans la prison de Durham et dans le service de transport des blessés. Il fut également trésorier de la “Conscription and Conscience: A History, 1916-1919″, cité par le site historique de la ville de Durham. Sa sœur Mary Hodgkin (1882-1956) fut longtemps secrétaire de la mission de la Ville de Darlington. Elle fit le nécessaire afin de rassembler les fonds nécessaires à la construction d'une chapelle pour servir les besoins des patients de l'hôpital de DarlingtonS pierre tombale se trouve au cimetière quaker de Darlington..
Sources Gijsbert Gerrit Jacob den Boggende, The Fellowship of Reconciliation 1914-1945, A Thesis Submitted to the School of Graduate Studies in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree Doctor of Philosophy, McMaster University, Hamilton, Ontario, 1986 Dave D’Albert, A Lexicon of Spiritual Leaders In the IFOR Peace Movement, Part 1, Version 3, 2010 Douglas Gwyn, Personality and Place: The Life and Times of Pendle Hill, Broché – , Nécrologie parue dans le ,
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