La Grande-duchesse de Gérolstein est un opéra bouffe en trois actes et quatre tableaux de Jacques Offenbach, sur un livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy, créé le au théâtre des Variétés à Paris, durant l'Exposition universelle.
Genèse
Écriture
Dans une lettre du , Jacques Offenbach écrit depuis Étretat à Ludovic Halévy, parlant du projet de La Grande-Duchesse de Gérolstein : Jacques Offenbach – Correspondance avec Meilhac et Halévy, Philippe Goninet, Séguier, 1994, page 108. L’ayant reçu, fin , toujours depuis Étretat, il écrit à ses deux librettistes un courrier assez cinglant détaillant les attentes qu'il a et les modifications qu'il souhaite voirJacques Offenbach – Correspondance avec Meilhac et Halévy, Philippe Goninet, Séguier, 1994, page 110.
Le , Jacques Offenbach écrit à Ludovic Halévy : Jacques Offenbach – Correspondance avec Meilhac et Halévy, Philippe Goninet, Séguier, 1994, page 114
Le , Le Figaro annonce la lecture avec les artistes des Variétés de la nouvelle pièce provisoirement nommée La Grande-DuchesseLe Figaro, 24 novembre 1866.. Le , ce même journal annonce que la pièce se répète sous le titre de La Chambre rougeLe Figaro, 25 novembre 1866..
Le , Le Figaro annonce que Jacques Offenbach a livré la musique du acte et qu’il part à Nice écrire le acte pour revenir un mois plus tard pour Le Figaro, 12 décembre 1866..
Négociations
Le , Le Figaro annonce que la partition sera éditée par les éditeurs Brandus et DufourLe Figaro, 1867.Dans son livre Jacques Offenbach – Correspondance avec Meilhac et Halévy, Philippe Goninet place à fin janvier 1867 la lettre n° 72, page 119, adressée à Ludovic Halévy qui contient : . Cette lettre écrite depuis l’Hôtel des Anglais à Nice est, s’il s’agit bien de la partition de La Grande-Duchesse de Gérolstein, plus vraisemblablement écrite entre le 12 décembre 1866 et le janvier 1867..
Le , Le Figaro aiguise la curiosité de ses lecteurs en annonçant un défilé de 18 musiciens militaires engagés pour les premier et troisième actes et le recrutement de 72 figurants au lieu des 24 prévusLe Figaro, 16 mars 1867.. Un peu plus tard, le , le quotidien annonce que Jacques Offenbach a demandé 12 tambours au lieu de 3 pour son défiléLe Figaro, 24 mars 1867., le numéro du annonce qu’il n’en a obtenu que 4Le Figaro, 27 mars 1867..
Enfin, dans ce même numéro du , Le Figaro fait l’éloge du finale du deuxième acte :
Dans cette même rubrique du , Jules Valentin fait connaître les prétentions de José Dupuis, le créateur de Fritz, qui demande 30 000 francs pour (environ 650 000 euros). Le , d’après Le Figaro, la question est toujours en négociation. Le numéro du annonce que José Dupuis a obtenu par an. M. Gerpré, doublure de ce premier ténor, a obtenu 6 000 francs par an, et Mme Gerpré, doublure de La Grande-Duchesse, 20 000 francs par anLe Figaro, 29 mars 1867.. Hortense Schneider étant rémunérée à hauteur de 4 500 francs par mois, soit 54 000 francs par anLe Figaro, 24 juillet 1867. (environ 1 188 000 euros).
Répétitions
Le , Le Figaro annonce la répétition des 4 actes avec orchestre et le souhait du directeur des Variétés de créer l’œuvre le .
Le , Le Figaro annonce le passage, difficile, de la pièce devant la censure. Le , Henri Meilhac et Ludovic Halévy font publier un courrier où ils assurent : Le Figaro, 30 mars 1867.
Le , Le Figaro fait un compte-rendu de la fête organisée dans ses locaux, et raconte comment Jacques Offenbach, fin communicant, à la fin de la soirée
Reports
Le , Le Figaro annonce la création au samedi Le Figaro, 3 avril 1867.. Le théâtre fait relâche dès le Le Figaro, 4 avril 1867.. Le , Le Figaro annonce la première pour le jour-mêmeLe Figaro, 6 avril 1867.. Le , Le Ménestrel note : Le Ménestrel, 7 avril 1867. Dans son édition du même jour, Le Figaro explique : Le Figaro, 7 avril 1867. Le , Le Figaro annonce . Le , la création est repoussée au jeudi en raison d’une . Cette indisposition étant Le Figaro, 12 avril 1867., la première est repoussée au vendredi .
Création
Créateurs
D'après le piano-chant publiée par Brandus et paru en 1867.
RôleCréateur(Théâtre des Variétés, )La Grande-DuchesseHortense SchneiderWanda, fiancée de FritzÉmilie GaraitFritz, soldatJosé DupuisLe baron Puck, précepteur de la Grande-DuchesseJean-Laurent KoppLe prince PaulPierre-Eugène GrenierLe général BoumHenri CouderLe baron Grog, diplomateM. BaronNépomuc, aide de campM. GardelIza, première demoiselle d'honneur LegrandOlga, deuxième demoiselle d'honneur MorosiniAmélie, troisième demoiselle d'honneur Véron Charlotte, quatrième demoiselle d'honneur Maucourt
Costumes
Les costumes sont dessinés par DranerLe Figaro, 7 mai 1867..
Accueil
Dans ses carnets, Ludovic Halévy résume bien la réception du public lors de la création : Carnets I 1862-1869, Ludovic Halévy, Calmann-Lévy éditeurs, 1935, page 153.
À la première représentation, les couplets du général Boum au premier acte, et l’air à boire du deuxième tableau du troisième acte est bisséLe Figaro, 14 avril 1867..
Eugène Tarbé note : , il mais il remarque qu’à Il termine sa critique en conseillant :
Critiques
Remaniements
Ludovic Halévy explique dans ses carnets les remaniements : Carnets I 1862-1869, Ludovic Halévy, Calmann-Lévy éditeurs, 1935, page 154.
Succès
À Paris
200 représentations
Le Trio des conspirateurs et le Chœur des rémouleurs sont supprimés à la deuxième représentation, le Carillon à la troisième, permettant ainsi et 4 600 francs de recette pour le Le Figaro, 18 avril 1867.. La représentation génère plus de 5 000 francs de recettes, les 60 premières représentations génèrent plus de 4 600 francs en moyenneLe Figaro, 23 juin 1867.. Cette moyenne passera à plus de 4 700 francs pour les 100 premières représentationsLe Figaro, 9 août 1867..
Dès le , Le Figaro publie le texte du couplet du Sabre, puis le le texte des couplets de La gazette de Hollande. Le , ce même quotidien publie la partition de La déclaration dans ses colonnesLe Figaro, 16 avril 1867..
Le , Le Ménestrel déclare que la pièce et, visionnaire, affirme déjà que les étrangers viendront à Paris non pour voir l’Exposition mais bien pour . Dans cet article, Gustave Bertrand s’enthousiasme : Il poursuit : Le Ménestrel, 21 avril 1867.
Le , les trois auteurs annoncent qu’ils versent 1 000 francs à la Caisse de l’association des artistes dramatiques Le Figaro, 23 avril 1867.
Dès la fin , des doublures sont prévues pour les rôles principauxLe Figaro, 25 août 1867 ; Le Figaro, 25 août 1867.. Le , la représentation est interrompue à la suite de la chute de Pierre-Eugène Grenier qui se brise la rotule du genou. Il est remplacé le lendemain par M. Aurèle puis par M. HittemansLe Figaro, 28 avril 1867..
Le , l’œuvre atteint sa centième représentationLe Figaro, 4 août 1867. et reste tout l’été à l’affiche, les spectateurs continuant à braver la Le Figaro, 29 août 1867.. La dernière et représentation à Paris a lieu le Le Figaro, 1er décembre 1867., quelques jours après la création de Robinson Crusoé, nouvelle œuvre de Jacques Offenbach, créé à l’Opéra-Comique le .
La Grande-duchesse thumb|Hortense Schneider dans La Grande-Duchesse de Gérolstein
note Le Ménestrel du . Visitée par l’ensemble des têtes couronnées, Hortense Schneider sera assimilée a son rôle, Le Figaro écrira, par exemple : Le Figaro, 18 août 1867.
Hôtes prestigieux
Le , l’empereur Napoléon III assiste à la représentationLe Figaro, 2 mai 1867.
Le , c’est le prince de Galles qui assiste à la représentation. Ce même soir, le journal remarque Le Figaro, 15 mai 1867.
Le , c’est l’empereur de Russie et ses deux fils, venus pour l'exposition universelle, qui assistent à la représentation. Ils avaient fait réserver leurs places durant leur voyage, depuis CologneLe Figaro, 3 juin 1867 ! et le se retrouvent au café anglais pour un dîner avec le roi Guillaume Ier de Prusse, le comte de Bismarck, ministre-président de Prusse et qui entra dans l'histoire sous le nom de (Dîner des Trois Empereurs)
Le , c’est le comte de Bismarck qui assiste à la représentation. Albert Wolff écrit : Le Figaro, 13 juin 1867
Le , le vice-roi d’Égypte assiste pour la troisième fois à la représentation de La Grande-Duchesse de GérolsteinLe Figaro, 22 juillet 1867.
Le , c’est le roi du Portugal, Louis Ier qui assiste à la représentationLe Figaro, 3 août 1867.
Le , c’est le roi de Suède, Charles XV et le grand-duc Constantin qui assistent à la représentationLe Figaro, 8 août 1867.
L'empereur François-Joseph d'Autriche fera figure d'exception en n'allant pas voir La Grande-Duchesse de Gérolstein durant ses passages à Paris. Jules Prével note dans Le Figaro : Le Figaro, mercredi 4 décembre 1867.
À l’étranger
Le , Le Figaro rapporte les propos de L’Europe qui annonce que la censure s’oppose à la représentation à Vienne de La Grande-Duchesse de Gérolstein parce qu’il s’agit d’une Le Figaro, 11 mai 1867., vaincue l'année précédente par l'armée prussienne. Le , Le Figaro fait paraître la dépêche d’Hippolyte de Villemessant depuis Vienne : Le Figaro, 16 mai 1867. Dès le , Le Figaro propose un compte-rendu plus complet : Le Figaro, 1er juin 1867.
Le , Le Figaro annonce que c’est le à BruxellesLe Figaro, 14 mai 1867.. Le Figaro du cite les comptes-rendus : Le Figaro, 6 juin 1867. En , Jacques Offenbach assiste à la 54e représentation où il est . Le théâtre ferme le à la représentationLe Figaro, 15 août 1867..
Durant l’automne, elle est créée à New-YorkRevue et gazette musicale de Paris, 27 octobre 1867., mais aussi à Baden-Baden, CopenhagueRevue et gazette musicale de Paris, 17 novembre 1867., LiègeRevue et gazette musicale de Paris, 24 novembre 1867. et LondresLe Figaro, 24 novembre 1867..
En province
Durant l'automne 1867, des productions de La Grande-Duchesse de Gérolstein sont montées à BordeauxLe Figaro, 23 juillet 1867., Marseille, ToulouseRevue et gazette musicale de Paris, 22 septembre 1867., LilleLe Figaro, 18 septembre 1867., Lyon, Toulon, Rouen, Boulogne-sur-Mer, Nantes, VienneIl s'agit peut-être de Vienne en Autriche même si l'article commence par , car il se termine par Bruxelles !, StrasbourgRevue et gazette musicale de Paris, 29 septembre 1867., Nancy, Montpellier, Grenoble, Metz, Versailles, Châlons-en-Champagne, Épernay et Vitry.
Résumé
Acte I Vers 1720, au Grand-duché de Gérolstein (un pays imaginaire, bien qu'une ville allemande porte ce nom), gouverné par une Grande-duchesse d'âge mûr, soldats et cantinières s'affairent dans le camp, lorsqu'arrive Fritz, un jeune et beau soldat, triste de devoir partir à la guerre et de quitter sa bien-aimée Wanda.
Arrive alors le général Boum qui entend faire régner la discipline dans son camp en commençant par consigner Fritz. Une fois les soldats et le général partis, Fritz reste seul lorsqu'arrive Wanda, à qui il ne peut répondre en raison de la consigne. Heureusement pour lui, « la consigne ne défend pas d'embrasser » et c'est ce qu'il fait. Il est toutefois surpris par le général Boum.
Arrivent alors les soldats prêts pour la revue de la Grande-duchesse qui « aime les militaires » et est charmée par ce jeune soldat qu'elle nomme en très peu de temps et comme par caprice caporal, puis sergent, puis lieutenant, puis capitaine. Elle chante avec lui la chanson du régiment. Une fois les soldats partis, arrive le prince Paul, seigneur d'un pays étranger qui doit épouser la Grande-duchesse, laquelle ne semble pas pressée de l'avoir pour époux.
Paul lui exhibe une gazette de Hollande dont il est la risée en raison des incessants refus de la grande-duchesse qui se défile de nouveau, prétextant un manque de temps. Arrivent alors les soldats et les femmes qui leur disent au revoir. Fritz, devenu Général-en-chef sur un caprice de la souveraine, se voit remettre le sabre du père de celle-ci. Le prince Paul, le général Boum et le baron Puck, évincés par ces faveurs, jurent de se venger. Enfin l'armée s'en va, menée par Fritz.
Acte II