Salah Abdeslam, né le à Bruxelles, est un terroriste djihadiste français ayant vécu en Belgique.

Affilié à l'État islamique, il est impliqué dans les attentats du qui ont fait (puis, indirectement 132) et en région parisienne. Il convoie la quasi-totalité du commando qui commettra ces attentats ainsi que ceux de Bruxelles le qui ont eux fait 39 morts et 340 blessés. Le , il est le loueur de la voiture utilisée par les assaillants de la salle du Bataclan, et dépose les trois kamikazes devant le Stade de France où ils se font exploser. Son frère, Brahim Abdeslam, participe aux fusillades des terrasses parisiennes et se fait à son tour exploser dans un bar proche de la place de la Nation.

Salah Abdeslam aurait, pour sa part, renoncé au dernier moment à faire de même, ou son matériel aurait été défectueux. Il abandonne alors son véhicule dans le parisien, puis jette sa ceinture explosive dans une poubelle à Montrouge, en banlieue sud de la capitale française. Il parvient à s'enfuir de la région parisienne avec l'aide de complices venus le chercher la nuit même des attentats, qui le déposent à Laeken avant qu'il soit conduit vers Schaerbeek où il reste caché dans un appartement pendant vingt jours. Puis il se retranche à Forest.

Il est arrêté lors d'une opération policière menée à Molenbeek-Saint-Jean le , après une cavale de . Il est impliqué dans une fusillade ayant eu lieu dans un appartement de Forest trois jours plus tôt, ce qui lui vaut également un procès en Belgique. Son implication dans la préparation des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, qui ont lieu quatre jours après son arrestation, est également en question. Remis aux autorités françaises le , incarcéré à Fleury-Mérogis, il observe durant six ans le plus parfait mutisme.

Le , il quitte la maison d'arrêt pour être jugé puis condamné par la justice belge pour à de prison ferme, au même titre que son complice Sofiane Ayari. Il est à nouveau écroué à Fleury-Mérogis à son transfert en France.

Le procès de ses actes en lien avec les attentats de Paris s'inscrit dans le cadre d'un procès plus général sur les suspects du , qui débute le au Tribunal de Paris.. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible le ..

Origine et vie familiale

Salah Abdeslam est issu d'une famille marocaine originaire du douar Beni Boughafer, dans le Rif, au nord-ouest de Nador. Son père Abderrahmane est franco-marocain né à Oran, en Algérie française, en 1949.. Il a vécu à Aubervilliers, en banlieue parisienne, avant de venir s'installer à Molenbeek-Saint-Jean à la suite de la convention bilatérale Belgique-Maroc de 1964 ayant pour but de pallier le manque de main-d’œuvre dans le pays. En Belgique, Abderrahmane Abdeslam a travaillé à la STIB, la compagnie de transport en commun bruxelloise dont il est retraité. Sa mère est aussi citoyenne marocaine originaire du Rif et naturalisée française. Les deux parents ont la nationalité française, ce qui explique que leurs cinq enfants, quatre fils et une fille, bien que tous nés à Bruxelles, soient aussi français.

Il a trois frères, Yazid, Brahim et Mohamed.. Brahim fait partie du groupe de trois terroristes auteurs des attentats des terrasses des et . Ses frères Yazid et Mohamed, ex-employé communal de Molenbeek-Saint-Jean, ne sont pas impliqués dans ces attaques.. En revanche, Mohamed Abdeslam a été condamné pour en 2018 un vol à main armée de la caisse communale de Molenbeek-Saint-Jean contenant ....

Jeunesse et délits

L'ex-petite amie de Salah Abdeslam, du même quartier que lui à Molenbeek-Saint-Jean, le rencontre alors qu'ils ont respectivement 16 et et qu'elle est en deuil de son frère. Il est employé de 2009 à 2011 comme technicien à la Société des transports intercommunaux de Bruxelles (STIB) au dépôt de tramways d'Ixelles, mais voit son contrat résilié pour cause d'absences. à la suite d'une incarcération. Selon son ex-petite amie,

Salah Abdeslam est identifié par la police comme participant à des activités criminelles de petite envergure... En 2011, il est condamné pour des affaires de vol. Il est décrit comme un gros consommateur de cannabis et d'alcool et un habitué des bars gays. bruxellois. En 2014, la section antiterroriste de la police judiciaire fédérale (DR3) de Belgique reçoit des informations d'une source à propos de projets d’attentats fomentés par les frères Abdeslam.. Il est identifié ensuite dans au moins huit pays européens..

vignette|redresse|La mosquée al Khalil de Molenbeek-Saint-Jean, qu'Abdeslam fréquente, et devant laquelle il vit avec son frère Brahim Abdeslamhttps://www.standaard.be/cnt/dmf20240806_95209294.

C'est un ami d'enfance d'Abdelhamid Abaaoud, lui aussi originaire de Molenbeek-Saint-Jean.. Il connaissait aussi Bilal Hadfi, autre terroriste du . En 2011, il est condamné aux côtés d'Abaaoud dans une affaire de vol par effraction, il fait un mois de détention préventive et perd son emploi à la STIB. À partir de , il est le gérant du bar Les Béguines à Molenbeek-Saint-Jean. Le bar est fermé cinq mois sur décision administrative après la découverte de substances hallucinogènes. Salah Abdeslam y passait une grande partie de son temps à jouer sur PlayStation..

Selon son frère Mohammed, six mois avant les attentats, Salah et Brahim commencent à observer la prière., ce qui ne le conduit pas à soupçonner les intentions de ses frères..

Salah tente à plusieurs reprises de convaincre, sans succès, son ex-petite amie de l'accompagner en Syrie : , mais ce n'est que début 2015 qu'elle comprend son implication dans les réseaux djihadistes. Il trompe la police sur ses relations avec Abaaoud :

Elle voit Salah pour la dernière fois le , à Laeken : Il la rappelle le lendemain pour la prévenir qu'il n'avait plus son téléphone portable. Le , elle se présente spontanément à la police de Molenbeek-Saint-Jean, puis est interrogée par la police fédérale. Elle conclut, à propos de leur relation :

Attentats de novembre 2015 en France

Radicalisation et préparation

En , Brahim Abdeslam tente de se rendre en Syrie mais est intercepté par les autorités turques. Renvoyé en Belgique, il y est interrogé, de même que Salah. Ils sont relâchés bien qu'identifiés comme radicalisés. Son nom figure dans une liste de suspects d'activités terroristes remise au bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean le par les services secrets belges..

Entre et , Salah Abdeslam, son frère Brahim et leur ami Ahmed Dahmani (ce dernier est soupçonné d'avoir mis en contact des passeurs turcs et les jihadistes envoyés par Daesh) créent des comptes Facebook sous les identifiants respectifs de , et à partir d'une même adresse IP localisée dans le café Time Out de Molenbeek-Saint-Jean, à proximité du domicile des Abdeslam. Si le contenu des messages est inconnu de la Justice, les dates des conversations sont des indices laissant supposer l'échange d'informations servant à la préparation des attentats. Ainsi, les frères Abdeslam communiquent entre le et le alors que Brahim quitte la Belgique le , pour être formé à l'utilisation des armes et des explosifs en Syrie. Ces comptes seront désactivés après les attentats de ..

Selon une étude du Centre d’analyse du terrorisme dirigé par Jean-Charles Brisard et publiée en par la revue américaine spécialisée Sentinel, Salah Abdeslam a un rôle logistique important, convoyant la plupart des membres des cellules terroristes des attentats de 2015 et 2016 en France et en Belgique avec des véhicules de location. Entre le et le , il effectue quatre allers-retours entre la Belgique et la Hongrie et un vers l'Allemagne pour ramener dix terroristes à Bruxelles.. Dans les neuf mois précédant les attentats, Salah Abdeslam est identifié dans six pays différentsJ. Lichfield - article published 19 décembre 2015 by The Independent [Retrieved 2015-12-20]. Le , Salah Abdeslam récupère Bilal Hadfi, un des kamikazes des attentats au Stade de France et Chakib Akrouh, un des terroristes des terrasses, dans une BMW de location à Kiskőrös. Le , il récupère en Mercedes Mohamed Belkaïd et Najim Laachraoui à la gare de Budapest-Keleti où ils l'attendaient depuis une semaine. Contrôlés sur une autoroute autrichienne à Aistersheim, ils voyagent sous les fausses identités de Soufiane Kayal et Samir Bouzid. Le premier sera tué lors de l'opération policière du à Forest et le second se fait exploser à l'aéroport de Bruxelles le . Le , il récupère dans une Audi A6 les trois membres du commando du Bataclan Ismaël Omar Mostefaï, Samy Amimour et Foued Mohamed-Aggad. Le , il récupère à Ulm (Allemagne) dans une BMW, Ahmed Alkhald, Osama Krayem et Sofiane Ayari, le premier rejoignant probablement la Turquie quelques jours après le et les deux derniers étant interpellés en Belgique après les attentats du .

En , Salah Abdeslam se trouve avec Ahmed Dahmani, tous deux se rendent de l'Italie vers la Grèce en ferry. Dahmani est interpellé le en Turquie à Antalya, comme complice du réseau terroriste de l’État islamique.. Un artificier de Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise, Île-de-France) indique, après les attentats, qu'Abdeslam a fait un passage dans son entreprise en . Il a laissé la copie de son permis de conduire pour justifier l'achat d'une dizaine de détonateurs électriques.

D'après le magazine Le Point, il réserve sur internet deux chambres à l'hôtel Apart'City d'Alfortville (Val-de-Marne) deux jours avant les attaques.. Selon une autre source, la réservation aurait couru du 11 au .. Grâce à des relevés bancaires corroborés par des archives de vidéosurveillance, les enquêteurs ont pu déterminer que Salah Abdeslam se trouvait en compagnie de Mohamed Abrini, un djihadiste belge passé par la Syrie, deux jours avant les attaques, dans une station service de l'Oise (Hauts-de-France), sur l'autoroute A1, en direction de Paris.. Ils sont à bord de la Renault Clio noire conduite par Abdeslam lors des attentats... On retrouve la trace de cette Clio, trois heures avant les attentats à le à l'aéroport de Roissy. Elle est détectée grâce à un système de reconnaissance de plaques.

Dès le , Salah et Brahim Abdeslam sont identifiés comme ayant été dans une Seat et une Volkswagen toutes les deux louées par Salah.. Selon le témoignage d'un voisin et ami des frères Abdeslam qui les a vus la veille des attentats du à Paris, une grosse dispute aurait éclaté dans la fratrie et l’un d’eux aurait affirmé ne pas bouger s’il n’avait pas .

Actions Le rôle exact de Salah Abdeslam dans les attaques du reste encore entouré de nombreuses zones d'ombres. Des signalements incohérents font état de sa présence à la même heure en des lieux différents. Ceci s'explique, selon les enquêteurs, par le fait qu'Abdeslam possède un physique passe-partout..

Les enquêteurs affirment que Salah Abdeslam a convoyé jusqu'aux abords du Stade de France les trois terroristes qui s'y sont fait exploser, à bord d'une Renault Clio noire. Un témoignage qui reste indique qu'il a tenté d'entrer dans le stade. Grâce au bornage de son téléphone, il a été possible de déterminer qu'il est ensuite passé par la porte de Clignancourt.

vignette|La place Albert-Kahn dans le (ici en ), où Abdeslam abandonne sa voiture.

Il a abandonné sa voiture place Albert-Kahn dans le de Paris à . Il a acheté une puce téléphonique dans ce secteur à . Il aurait ensuite renoncé à se faire sauter dans le ...