La primaire ouverte de la droite et du centre est une élection primaire organisée les et par Les Républicains (LR), le Parti chrétien-démocrate (PCD) et le Centre national des indépendants et paysans (CNIP) afin de désigner un candidat commun représentant la droite et le centre à l'élection présidentielle française de 2017.
Le , à l’issue du second tour auquel participent plus de d’électeurs, François Fillon est reconnu vainqueur et devient le candidat de la droite et du centre pour l'élection présidentielle française de 2017.
Il s’agit de la première primaire ouverte nationale organisée par les partis politiques de droite en France.
Alors que les sondages donnent durant longtemps une large avance pour le duo Juppé-Sarkozy, une remontée dans les intentions de vote pour François Fillon se manifeste à partir de début novembre et il l'emporte finalement très confortablement.
Modalités du scrutin La direction de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), devenue par la suite Les Républicains, annonce en les règles de cette primaire..
Conditions de candidature Chaque candidat des Républicains doit être parrainé par au moins , parmi lesquels au moins vingt parlementaires, répartis sur au moins trente départements (sans que plus d’un dixième des signataires de la présentation puissent être issus d’un même département) et par au moins à jour de cotisation, répartis sur au moins quinze départements.
Pour les candidats issus des autres partis, les organes délibérants desdits partis doivent déterminer les conditions de présentation des candidatures..
Pour l’ensemble des candidats : « Les déclarations de candidature sont adressées à la Haute Autorité par lettre recommandée avec accusé de réception au plus tard le vendredi . ».
Déroulement vignette|Logo de la primaire ouverte de la droite et du centre.
Le premier tour se déroule le , les bureaux de vote étant ouverts de à . Un second tour est prévu le , aux mêmes horaires, car aucun candidat n'a obtenu plus de 50 % des voix. Seuls les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix peuvent se présenter au second tour..
L'ensemble des électeurs inscrits sur les listes électorales, ainsi que les mineurs qui auront d'ici le peuvent participer au scrutin. de vote sont installés, chaque électeur est rattaché à un bureau en fonction de son adresse d'inscription sur les listes électorales au .
Pour voter, chaque électeur doit donner deux euros par tour de scrutin et signer une charte de l'alternance dans laquelle il indique « partager les valeurs républicaines de la droite et du centre et s’engager pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France ». Pourtant, certains témoignages montrent une participation d'un électorat se réclamant de gauche..
Cas du vote à l'étranger Le mode de participation aux primaires des Français établis hors de France crée la polémique quand Nicolas Sarkozy prend la décision en . de soumettre ces derniers à un vote papier et non électronique. Les partisans du vote électronique estiment que la nécessité de se déplacer vers des bureaux de vote centralisés dans quelques grandes villes pourrait inciter à l'abstention, au bénéfice de Nicolas Sarkozy., qui selon les sondages recevrait peu d'intentions de vote des Français de l'étranger.
En , la Haute Autorité de la primaire décide d'annuler cette décision du président des Républicains en autorisant le vote électronique..
Organisation vignette|Thierry Solère est le président de la Commission d'organisation de la primaire de la droite. Un site web est consacré à l'organisation de cette primaire.
Trois structures hiérarchisées interviennent dans l'organisation de celle-ci : La Haute Autorité de la primaire (HAP), dont les missions sont de superviser, définir l'organisation, contrôler, examiner les réclamations, proclamer les résultats, ainsi que d'établir un guide électoral (calendrier, formulaires, droits et obligations, modalités). Elle est composée de cinq membres : Anne Levade (présidente), agrégée de droit public et professeur des universités. Anne Debet, agrégée de droit privé et professeur des universités, ex-membre de la CNIL. Jean-Claude Magendie, magistrat (ancien président des TGI de Créteil et de Paris, puis de la cour d'appel de Paris). Bertrand Mathieu, agrégé de droit public et professeur des universités, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature, vice-président de l’Association internationale de droit constitutionnel. Pierre Steinmetz, préfet de région, directeur général de la Gendarmerie, ancien membre du Conseil constitutionnel. La Commission nationale d'organisation, dont le rôle est d'établir la liste des bureaux et le matériel de vote. Elle est composée de quinze membres : Thierry Solère (président) Bernard Accoyer ; Luc Chatel ; Roger Karoutchi ; Daniel Fasquelle ; Philippe Gosselin ; Brice Hortefeux ; Christian Jacob ; Éric Woerth ; Gérard Larcher ; Damien Meslot ; Édouard Philippe ; Bruno Retailleau ; Antoine Rufenacht ; Laurent Wauquiez. Les commissions départementales et locales d’organisation : organisation locale des opérations de vote.
Partis concernés Partis organisateurs Trois partis sont officiellement partie prenante du processus : Les Républicains (LR), principal parti organisateur ; le Parti chrétien-démocrate (PCD), qui présente son président, le député Jean-Frédéric Poisson ; le Centre national des indépendants et paysans (CNIP) a d'abord vu son inscription rejetée avant d'être acceptée sous réserve de ne pas présenter de candidat« Les Républicains autorisent le CNIP à participer à la primaire », Le Lab d', , consulté le ..
Partis ne participant pas directement UDI Le , le président de l'UDI, . Jean-Christophe Lagarde appelle les adhérents du parti à refuser de participer à la primaire. Cette décision est ratifiée par vote des adhérents à 66,56 % le .. Le , l'Alliance centriste (composante de l’UDI) a annoncé par les voix de Jean Arthuis et Philippe Folliot l'intention de présenter son propre candidat. Le , le parti annonce qu'il renonce à cette candidature« afin de ne pas diviser l'UDI » et d'« opter pour un camp en risque de dérive droitière » dit .« L'Alliance centriste ne participera pas à la primaire de la droite », Le Figaro, 3 septembre 2016.. Le , l'UDI se rallie à Alain Juppé via une tribune dans Monde« L'UDI annonce son ralliement à Alain Juppé », L'Obs, 12 octobre 2016.« Primaire : L'UDI appelle à voter Alain Juppé », Le Figaro, 12 octobre 2016.« Primaire à droite : l'UDI recentre le débat politique », RadioVl, 12 octobre 2016.. Le Parti radical (composante de l'UDI) se rallie à Alain Juppé le « Juppé engrange le soutien du parti radical… », Le Figaro, 12 octobre 2016..
MoDem Le MoDem de François Bayrou a décidé de ne pas présenter de candidat à la primaire, mais son président François Bayrou soutient la candidature d'Alain Juppé jugé « plus modéré »Le président du MoDem, François Bayrou, soutient toujours l'ancien Premier ministre Alain Juppé en vue de 2017 mais prévient que « les primaires risquent d'être un piège » dont il pourra se délier, dans un entretien au Journal du dimanche. Non seulement François Bayrou a pour le maire Les Républicains de Bordeaux « de l'amitié et de l'estime », mais il considère aussi « qu'il est le mieux placé dans le grand courant modéré dont la France a besoin ». « S'il est candidat, je travaillerai avec lui pour que la France aille mieux et un jour aille bien », affirme le maire de Pau. en n'excluant pas de se présenter si la primaire de la droite et du centre donne un résultat qu'il jugerait « décevant »..
Aspects économiques L’organisation de la primaire engendre des coûts pour l'installation de de vote, l'activité de bénévoles, la communication autour du scrutin, et l'impression de soixante-dix millions de bulletins, ainsi que des recettes de l'ordre de deux euros par entrée.
D'après la haute autorité de la primaire, les recettes ne sont prévues que pour couvrir les coûts prévus à huit millions d'euros pour l'ensemble des deux tours.
Par ailleurs, une convention de financement de cinq millions d’euros existe entre le parti Les Républicains et la haute autorité. Un microparti reçoit les fonds liés à l’organisation. Ces fonds doivent servir à rembourser au parti les Républicains l'argent avancé. D’après les organisateurs, deux millions d'entrées à deux euros par tour sont nécessaires pour atteindre l'équilibre économique et couvrir les huit millions d'euros de dépense.
Au premier tour, d'entrées ont été vendues, ce qui a généré une recette de d’euros, qui à elle seule suffit à couvrir les coûts de l’organisation des deux tours de la primaire.
Une telle manne est cependant à comparer aux emprunts et dettes du parti Les Républicains qui sont de l'ordre de d’euros en 2014, dont d’euros doivent être remboursés entre 2016 et en 2017.
Thierry Solère considère que les bénéfices de la primaire pourront être apportés au compte de campagne du vainqueur de la primaire en vue de l’élection présidentielle.
Pour la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques, les dépenses engagées dans le cadre d’une primaire n’ont pas à apparaître dans les comptes de campagne du vainqueur excepté les dépenses engagées pour obtenir le vote des électeurs lors de l’élection présidentielle8° Les dépenses de « précandidature » ou de primaire
S'agissant des candidats à l'investiture de leur parti (« précandidats »), la commission estime que les dépenses engagées, dans le cadre de manifestations internes au parti aux fins de désigner son candidat, visent uniquement à obtenir les suffrages des militants, des adhérents et des personnes intéressées par le processus de vote. Elles ne présentent donc pas, en principe, le caractère de dépenses engagées en vue de recueillir le suffrage des électeurs et n'ont donc pas à figurer au compte de campagne du candidat investi par le parti. IV.8..
La primaire a dégagé un excédent de neuf millions d'euros que François Fillon souhaite utiliser pour sa campagne électorale..
François Fillon a dépensé pour l’intégralité de sa campagne, contre pour Alain Juppé. Nicolas Sarkozy, candidat éliminé au premier tour, a dépensé .. Le plafond des dépenses était fixé à .
Candidats
À la date limite des dépôts de candidature, la Haute Autorité à la primaire a reçu onze candidatures. Le , après examen de la charte, la Haute Autorité déclare recevables sept candidatures de membres des Républicains et la candidature du président du Parti chrétien démocrateHAP-2015-2 conditions de candidatures.…est considéré comme « candidat issu d'un autre parti ou groupement politique concourant à la primaire », celui ou ceux qui, dans les conditions fixées par accord entre les organes délibérants des partis ou groupements politiques concourant à la primaire, a ou ont décidé de prendre part à la primaire. […] à condition qu'un accord ait été préalablement conclu entre l'organe délibérant du parti ou groupement politique dont il est issu et les organes délibérants des autres partis ou groupements politiques concourant à la primaire.[HAP 2016-11 D]. ; les trois autres candidatures sont jugées irrecevablesHAP Décision - 14 septembre 2016 : – Les candidatures de , déposée au titre du parti « Société Civile 2017 », de , déposée au titre du parti « Nouveaux Horizons » et de , déposée au titre du parti « Mouvement pour l'équité et le développement » sont irrecevables.. Le suivant, la Haute Autorité écarte la candidature d'Hervé Mariton en raison d'un nombre de parrainages d'adhérents insuffisant.. Sept personnes concourent donc à la primaire.