Fayez el-Sarraj (en ), né le à Tripoli., est un architecte, homme d'affaires et homme d'État libyen. En vertu des accords de Skhirat, il est désigné, en , président du Conseil présidentiel et Premier ministre. Il prend ses fonctions le en exil à Tunis. Le 30 du même mois, son gouvernement s'installe à Tripoli.
Bien que reconnu internationalement, il ne réussit pas obtenir la reconnaissance de l'Est du pays, qui demeure dirigé de facto par Khalifa Haftar. Courant 2021, il est finalement remplacé par un nouveau Conseil présidentiel et un nouveau gouvernement, cette fois-ci reconnu par le Parlement de Tobrouk.
Biographie Né le à Tripoli, issu de la minorité Kouloughlis, il est le fils de Moustafa el-Sarraj, plusieurs fois ministre sous le royaume de Libye.
Carrière politique Carrière de député Architecte et homme d'affaires, Fayez el-Sarraj est élu en au Congrès général national où il siège pendant deux ans , avant d'être élu le à la Chambre des représentants qui entre en fonction le suivant.
Chef de l'État et du gouvernement Désignation et entrée en fonction Le , un accord est conclu sous l'égide de l'ONU entre les deux autorités rivales libyennes, siégeant respectivement à Tobrouk et à Tripoli, dans le but de mettre fin à la guerre civile. Sarraj est alors désigné pour prendre la tête du gouvernement d'union nationale dont la composition doit être validée par un vote des deux parlements antagonistes.
Le , il est victime d'une tentative d'assassinat sur la route entre Zliten et Misrata.
Le , il forme son gouvernement, auquel la Chambre des représentants refuse d'accorder sa confiance le , entraînant par conséquent la démission de Sarraj et de l'ensemble de ses ministres. Le lendemain , il annonce cependant la formation d'un nouveau gouvernement dans les dix jours.
Le , il rencontre le général Khalifa Haftar. Le , il demande une semaine de plus pour former le gouvernement dont il annonce la composition cinq jours plus tard. Cependant, reportée d'une semaine, faute de quorum suffisant, la séance censée approuver la composition du nouveau gouvernement n'a finalement pas lieu.
Malgré cet échec, il prend ses fonctions à Tunis le suivant à la tête d'un gouvernement installé sans vote de confiance, mais qui est soutenu par la France, les États-Unis, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni.
Le nouvel exécutif, qui justifie sa légitimité par une pétition signée par la majorité des membres de la Chambre des représentants, s'installe à Tripoli le . Le lendemain, dix villes de l'Ouest du pays, dont Sabratha, Zaouïa et Zouara annoncent leur soutien au gouvernement d'union nationale« Libye: 10 villes soutiennent le gouvernement d'union nationale », Le Figaro, avril 2016. Enfin, le , le gouvernement de Tripoli lui cède également le pouvoir« Libye : les autorités de Tripoli cèdent le pouvoir au gouvernement soutenu par l’ONU », Le Monde, 5 avril 2016. Le , son gouvernement prend possession de deux ministères. Après sa prise de fonction, il devient le seul dirigeant libyen reconnu par la communauté internationale et c'est ainsi que le pétrole commercialisé par ses rivaux de Tobrouk est restitué à son administration.
Politique intérieure Le suivant, le gouvernement d'union crée une cellule d'opérations militaires contre la branche État islamique en Libye. Le 10 du même mois, son gouvernement annonce la création d'une garde présidentielle.
Le , son gouvernement s'installe dans des locaux officiels situés dans le centre de la capitaleLibye : le gouvernement d’union nationale s’installe dans des locaux officiels, dans le centre de Tripoli, Jeune Afrique avec AFP, 12 juillet 2016..
Le , Khalifa al-Ghowel annonce finalement que son gouvernement reprend le pouvoir après s'être emparé du siège du Haut Conseil d'État« Libye : un rival du gouvernement d’union affirme avoir repris le pouvoir », Jeune Afrique, 16 octobre 2016. Le , al-Ghowel est de nouveau chassé du pouvoir après la reprise par les forces du GNA de l'hôtel Rixos, combats au cours desquels il est blessé.
Le , des forces liées à son gouvernement massacrent - civils ou militaires favorables au maréchal Haftar - dans une attaque dans le centre de la Libye. La Mission d’assistance des Nations unies pour la Libye se déclare « indignée » par les « crimes contre l’humanité » que constitueraient les égorgements et exécutions sommaires perpétrés durant le massacre.
Le , face à la pandémie de coronavirus, il décrète un confinement..
Politique étrangère
vignette|droite|Fayez el-Sarraj avec le secrétaire d'État américain John Kerry. En , il participe au sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) à Istanbul<.
Durant son mandat, il est soutenu notamment par l'Italie et la Turquie..
Succession Le , le maréchal Haftar rencontre Fayez el-Sarraj à Abou Dhabi pour la première fois depuis sa nomination à la tête du Conseil présidentiel. Les deux protagonistes annoncent la publication prochaine d'un communiqué sur un accord. Le , une réunion interlibyenne sous l'égide du gouvernement français se tient au château de La Celle, en présence du président de la République, Emmanuel Macron, et du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. La réunion se conclut par la signature d'un accord entre Fayez el-Sarraj et le maréchal Haftar qui s'engagent à un cessez-le-feu en LibyeLibération.
Le , deux ans après la signature des accords de Skhirat, le maréchal Haftar affirme que le mandat du Conseil présidentiel, reconnu par la communauté internationale, mais qu'il n'a jamais reconnu, a pris fin.
Le , les différentes factions, réunies à Paris, annoncent la tenue d'élections présidentielle et législatives pour le . Lors du sommet organisé par les Nations unies, le à Abou Dhabi, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar concluent un nouvel accord de principe sur l'organisation des élections.
Le , après la proclamation d'un nouveau cessez-le-feu, Sarraj annonce des élections pour .. Du 23 au , des centaines de personnes manifestent à Tripoli contre la corruption.. Le , Fayez el-Sarraj annonce son intention de démissionner à la fin du mois d' mais il se rétracte le . Le , le Forum du dialogue politique libyen réuni à Genève élit Mohamed Menfi comme successeur de Fayez el-Sarraj au poste de président du conseil présidentiel et Abdulhamid Dbeibeh pour la fonction de Premier ministre.
Vie privée Marié à une architecte, Sarraj est le père de trois filles.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Accords de Skhirat Haut Conseil d'État (Libye) Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale (2015) Deuxième guerre civile libyenne Gouvernement Fayez el-Sarraj
Liens externes
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