vignette|Thomas Reid

Lécole écossaise du sens commun est une école de philosophie issue des idées des philosophes écossais Thomas Reid, Adam Ferguson et Dugald Stewart au cours des Lumières écossaises du . Reid a souligné la capacité innée de l'homme à percevoir des idées communes et que . Le bon sens est donc le fondement de la réflexion philosophique. Bien que mieux connue pour son opposition à la philosophie omniprésente de David Hume, l'école écossaise du sens commun est influente et évidente dans les œuvres de Thomas Jefferson et de la politique américaine de la fin du .

Histoire vignette|David Hume L'école écossaise du sens commun est une philosophie épistémologique qui a prospéré en Écosse à la fin du e et début du e siècle. Ses racines se trouvent dans les réponses aux écrits de philosophes tels que John Locke, George Berkeley et David Hume et ses membres les plus éminents sont Dugald Stewart, Thomas Reid et William Hamilton. D'un point de vue philosophique, le réalisme écossais a servi comme réfutation du scepticisme tout en restant en accord avec les enseignements influents d'Isaac Newton et Francis Bacon. Bien que largement sous-estimée pendant de nombreuses années, l'influence qu'elle a exercée sur les philosophes ailleurs en Europe, sans parler des États-Unis, est d'une ampleur considérable.

Une préoccupation centrale de l'école était de défendre le « sens commun » contre les paradoxes et le scepticisme philosophique. Elle a fait valoir que les croyances au sens commun régissent la vie et les pensées, même de ceux qui avouent des croyances qui ne relèvent pas du sens commun et que les questions de bon sens sont inhérentes à l'acquisition de connaissances. Les qualités des œuvres issues de l'école ne sont généralement pas consistantes. Edward S. Reed écrit par exemple : Edward S. Reed, The Necessity of Experience, . Yale University Press, 1996..

Enseignements L'école écossaise du sens commun est fondée par Reid en opposition à la théorie des idées de DescartesReid, Thomas (1997). An Inquiry into the Human Mind on the Principles of Common Sense. Edinburgh: Edinburgh University Press LTD. pp. xii-xxiii. .. La conception de Descartes de l'expérience des sens conduit John Locke et David Hume à une philosophie sceptique que les réalistes trouvent absurde et contraire à l'expérience commune. Ainsi Hume et son argument sceptique servent de premier jalon à l'élaboration de la philosophie de Reid. Sous la tutelle de George Turnbull, Reid embrasse les principes du naturalisme providentiel et ses quatre principes interconnectés ; il les utilise comme base pour sa réfutation de la théorie des idées. Reid développe minutieusement son traité An Inquiry into the Human Mind on the Principles of Common Sense pendant 40 ans, cherchant souvent à y intégrer les idées de ses philosophes contemporains au sein des Lumières écossaises dont Hume.

Son principe de base a été énoncée par son fondateur et plus grande personnalité, Thomas Reid :

Le réalisme écossaise du sens commun est enraciné dans la pensée aristotélicienne et prône une philosophie empirique et scientifique dans laquelle la confiance en nos sens est implicite et nécessaireHaldane, John (avril 2007). Scottish Philosophy. Monism 90 (2). Les principes de bon sens sont fondamentaux pour notre accumulation de connaissance des constructions à la fois métaphysiques et physiques. Cependant, l'observation seule ne peut rendre compte de toute connaissance et une certaine vérité peut être recueillie par la réflexion. Selon les propres termes de Reid :

L'école enseigne que chaque personne a eu des expériences ordinaires qui ont fourni intuitivement une certaine assurance de a) l'existence du soi, b) l'existence d'objets réels qui pourraient être vus et ressentis et c) certains « principes premiers » sur lesquels une saine morale et des croyances religieuses pourraient être établies. Ces principes ont jeté les fondations de la théorie de la perception de Thomas Reid.

Dans la pratique, les philosophes de l'école écossaise ont offert des explications scientifiques à des événements historiques et préconisé une approche impartiale et interdisciplinaire à l'éducation, libre de préjugés religieux et patriotiques.

Théories de la perception Thomas Reid et Dugald Stewart ont offert des théories connexes de perception enracinées dans le réalisme écossais du sens commun. Selon Nicholas Wolterstorff de l'université Yale, la philosophie de Reid peut être réduite de façon non-contentieuse à quatre préceptes de base :

Influence Le réalisme du sens commun a non seulement dominé la pensée écossaise au , il a eu une influence majeure aussi bien en France, aux États-Unis et dans d'autres pays. Victor Cousin (1792–1867) en était le promoteur le plus important en France. La pensée de Reid était la « philosophie orthodoxe des collèges et des universités » au début du et a fourni un socle intellectuel au siècle des lumières.

Les Pères fondateurs vignette|Déclaration d'indépendance, tableau de John Trumbull représentant la Commission des Cinq présentant leur ébauche de la Déclaration d'indépendance au Congrès le . Le tableau de Trumbull apparaît sur le revers du billet de 2 dollars américainsamericanrevolution.org – Key to Trumbull's picture. Le réalisme du sens commun a enthousiasmé les cercles intellectuels américains au Robinson, Daniel (avril 2007). The Scottish Enlightenment and the American Founding. Monist 90 (2). La philosophie de Reid était omniprésente durant la Révolution Américaine et a servi comme influence philosophique stabilisatrice. Salué par certains comme le « père de la psychiatrie moderne », la tutelle de Benjamin Rush à l'université d'Edimbourg l'a imprégné de fortes tendances réalistes qui ont beaucoup influencé son travail scientifique et politique, y compris son opposition morale à l'esclavage. Les preuves de l'influence du réalisme écossais du sens commun se trouvent facilement dans la philosophie tant de Thomas Jefferson que de John Adams. Adams compare favorablement les contributions de Dugald Stewart aux œuvres d'Aristote et de René Descartes. Écossais et signataire de la Déclaration d'indépendance, John Witherspoon a présidé l'université de Princeton ; parmi les étudiants sous sa tutelle figuraient 12 gouverneurs d'État, 55 délégués à la convention constitutionnelle et le futur président James Madison. Son éducation à l'université d’Édimbourg a fait de lui un fervent partisan des Lumières écossaises et du réalisme de celles-ci. James McCosh (1811–94) a continué l'influence du réalisme écossais à Princeton quand il est devenu président de l'université en 1868 et relancé son influence comme un bastion majeur du mouvement. Noah Porter (1811-1892) a enseigné le réalisme du sens commun à des générations d'étudiants à Yale.

Fondamentalisme Le réalisme écossais a grandement influencé la pensée religieuse conservatrice et a été la plus forte au séminaire théologique de Princeton jusqu'à ce que le séminaire emprunte de nouvelles directions à partir de 1929. Les théologiens de Princeton ont construit leur système élaboré sur la base du réalisme du « sens commun », du biblicisme et du confessionnalismeJames C. Livingston and Francis Schüssler Fiorenza, Modern Christian Thought: The Enlightenment and the nineteenth century (2006) . James McCosh est venu de l'université Queen's de Belfast à la chaire de philosophie morale du collège de Princeton et à sa présidence en raison de la publication de son livre The Method of Divine Government, philosophie chrétienne précurseur de l'ouvrage De l'origine des espèces de Charles Darwin (1865). Les théologiens de Princeton ont suivi McCosh et adopté une position d'évolution théiste. Ils ont essayé de persuader John Gresham Machen (1881–1937), un meneur des Fondamentalistes dans les années 1920, mais ce dernier s'est opposé à McCosh et n'a pas accepté le changement auquel procédait l'école. En conséquence, lui et un certain nombre d'autres membres du corps professoral ont quitté Princeton et ont fondé le séminaire théologique de Westminster à Philadelphie. Ceci n'a cependant pas empêché McCosh d'aller de l'avant. Son but était de développer Princeton comme université chrétienne en Amérique du Nord, ainsi qu'un séminaire d'avant-garde intellectuel de l'Église presbytérienne. La faculté du collège et le séminaire comprenaient à la fois des penseurs évolutionnistes et des penseurs non-évolutionnistes. Une grande partie de la théologie évangélique du est fondée sur la théologie de Princeton et reflète ainsi le réalisme du sens communStanley J. Grenz, Brian McLaren, John R. Franke, Renewing the center: evangelical theology in a post-theological era (2006) .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

- accès gratuit par la bibliothèque Wikipédia Cuneo, Terence, and René van Woudenberg, eds. The Cambridge companion to Thomas Reid (2004)

Haakonssen, Knud. Scottish Common Sense Realism in Richard Wightman Fox and James T. Kloppenberg, eds. A companion to American thought (1995) Wolterstorff, Nicholas. Thomas Reid and the Story of Epistemology. Cambridge University Press, 2006. Influence - Traduction de En Europe

Aux États-unis Ahlstrom, Sydney E. The Scottish Philosophy and American Theology, Church History, vol. 24, (sept. 1955), in JSTOR - accès gratuit par la bibliothèque Wikipédia Noll, Mark. The Scandal of the Evangelical Mind. Eerdmans, 1994. (voir chapitre 5 pour l'influence du SCSR sur le fondamentalisme)

Sources primaires Selections from the Scottish Philosophy of Common Sense, ed. by G.A. Johnston (1915) online, essais de Thomas Reid, Adam Ferguson, James Beattie et Dugald Stewart.

Articles connexes Lumières écossaises Philosophie britannique

Réalisme naïf Réalismes direct et indirect Sens commun Siècle des Lumières

Personnalités Francis Hutcheson (philosophe) (1694-1746) Thomas Reid (1710-1796) Adam Smith (1723-1790) Alexander Gerard (1728-1795) Dugald Stewart (1753-1828) James Mackintosh (1765-1832) Thomas Brown (philosophe) (1778-1820) James Frederick Ferrier (1808-1864)

Liens externes James Feiser, A Bibliography of Scottish Common Sense Philosophy

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