Louvrage de Valdeblore, appelé aussi de la Reynardière, est une fortification faisant partie de la ligne Maginot, situé sur la commune de Valdeblore dans le département des Alpes-Maritimes.
Il s'agit d'un petit ouvrage d'infanterie interdisant le passage sur une des routes d'accès à Nice, construit en complément du gros ouvrage de Rimplas se trouvant au-dessus.
Description Position sur la ligne L'ouvrage avait pour mission d'interdire la route est-ouest reliant la vallée de la Vésubie à celle de la Tinée. Cette route est une portion de la N 565 (l'actuelle D 2565), menant de Saint-Martin-Vésubie à Rimplas en traversant le val de Blore.
Souterrains
Comme tous les autres ouvrages de la ligne Maginot, celui de Valdeblore est conçu pour résister à un bombardement d'obus de gros calibre. Les organes de soutien sont donc aménagés en souterrain, creusés sous plusieurs mètres de roche, tandis que les organes de combat, dispersés en surface sous forme de blocs, sont protégés par d'épais cuirassements en acier et des couches de béton armé. Les installations souterraines abritent un casernement pour l'équipage (14 places couchées), des systèmes de ventilation (avec filtres à air), une cuisine (avec cuisinière au charbon), un poste de secours, des latrines, des lavabos, des stocks de munitions, de vivres, d'eau et de gazole, ainsi qu'une petite usine électrique, le tout relié par une galerie voûtée.
L'électricité était utilisée pour l'éclairage, la ventilation, la pompe de l'entrée (utilisée lors du ravitaillement en eau par camion) et le projecteur blindé extérieur. Cette électricité était produite par deux groupes électrogènes, composés chacun d'un moteur Diesel 2 SR 14 (deux cylindres, fournissant à 750 tr/min)La SMIM, Société des moteurs pour l'industrie et la marine, est basée à Paris, construisant des moteurs sous licence Körting. Les SMIM 2 SR 14 ont deux cylindres à quatre temps, chacun avec de cylindrée (alésage de 140 mm, pour 180 mm de course). couplé à un alternateur, complétés par un petit groupe auxiliaire (un moteur 1 PJ 65, de à )Le nom du petit moteur Diesel CLM 1 PJ 65 correspond au fabricant (la Compagnie lilloise de moteurs, installée à Fives-Lille), au nombre de cylindre (un seul fonctionnant en deux temps, mais avec deux pistons en opposition), au modèle (PJ pour « type Peugeot fabriqué sous licence Junkers ») et à son alésage ( de diamètre, soit de cylindrée). servant à l'éclairage d'urgence de l'usine et au démarrage pneumatique des gros diesels. Le refroidissement des moteurs se fait par circulation d'eau.
Blocs
Le bloc 1 sert d'entrée à l'ouvrage. Sa protection est d' d'épaisseur de béton armé pour la dalle et les murs. Sa défense rapprochée est assurée par un créneau pour fusil mitrailleur (FM) en caponnière, un autre monté dans la porte, ainsi qu'un fossé diamant et une goulotte lance-grenades.
Le bloc 2 est sur le dessus de l'ouvrage et servait d'observatoire. Sa protection était de deux mètres de béton pour sa dalle et d' pour les murs (il est plus vulnérable aux bombardements). Il comporte une cloche GFM à cinq créneaux (elle était équipée d'un périscope et armée d'un FM et d'un mortier de ), ainsi qu'une petite prise d'air blindée (en forme de champignon).
Le bloc 3 est une casemate d'infanterie tirant vers l'est dans l'axe de la route, protégée par les éboulis rocheux et par de béton pour la dalle et pour les murs. La façade comporte un créneau pour jumelage de mitrailleuses (interchangeable avec un canon antichar de monté sur rail) et un créneau pour un projecteur (bouché au béton car le projecteur ne fut jamais livré), le tout complété par un créneau pour FM en caponnière, un fossé diamant et une goulotte à grenades...
Armement La pièce antichar est un canon de 47 mm AC modèle 1934, une arme puissante pour l'époque, surtout vis-à-vis des chars italiens assez faiblement blindés.
Les mitrailleuses et les fusils mitrailleurs de l'ouvrage étaient chacun protégé par une trémie blindée et étanche (pour la protection contre les gaz de combat). Ils tirent la même cartouche de à balle lourde (modèle 1933 D de au lieu de pour la modèle 1929 C)..
Les mitrailleuses étaient des MAC modèle 1931 F, montées en jumelage (JM) pour pouvoir tirer alternativement, permettant le refroidissement des tubes. La portée maximale avec cette balle (Vo = 694 m/s) est théoriquement de (sous un angle de 45°, mais la trémie limite le pointage en élévation à 15°), la hausse est graduée jusqu'à et la portée utile est plutôt de . Les chargeurs circulaires pour cette mitrailleuse sont de chacun, avec un stock de pour chaque jumelage.. La cadence de tir théorique est de par minute., mais elle est limitée à 450 (tir de barrage, avec trois chargeurs en une minute), 150 (tir de neutralisation et d'interdiction, un chargeur par minute) ou par minute (tir de harcèlement, le tiers d'un chargeur). Le refroidissement des tubes est accéléré par un pulvérisateur à eau ou par immersion dans un bac.
Les fusils mitrailleurs (FM) étaient des MAC modèle 1924/1929 D, dont la portée maximale est de , avec une portée pratique de l'ordre de .. L'alimentation du FM se fait par chargeurs droits de , avec un stock de par FM de casemate et pour un FM de porte. La cadence de tir maximale est de par minute, mais elle est normalement de par minute..
Histoire
La construction de l'ouvrage a coûté un total de 1,6 million de francs. (valeur de ).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
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Articles connexes Ligne Maginot Secteur fortifié des Alpes-Maritimes
Liens externes
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