La (en occitan : carrièra del Gal d'India) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue du Coq-d'Inde est une voie publique. Elle se trouve au cœur du quartier des Carmes, dans le secteur 1 - Centre. Longue de 102 mètres, cette rue étroite, dont la largeur ne dépasse pas 4 mètres, naît perpendiculairement à la rue des Paradoux, formant une petite place avec cette rue. Elle se termine au croisement de la rue des Filatiers, au niveau de la place de la Trinité.

La chaussée compte une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue des Filatiers vers la rue des Paradoux. Elle est définie comme une voie piétonne où la circulation automobile y est réglementée et la vitesse limitée à 6 km/h. Il n'existe pas d'aménagement cyclable.

Voies rencontrées La rue du Coq-d'Inde rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :

Rue des Paradoux Rue des Filatiers

Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. Le nom de la rue du Coq-d'Inde est apparu au milieu du . Il vient d'une auberge qui avait pour enseigne un « coq d'Inde », c'est-à-dire un dindon. Cet animal rare, importé d'Amérique par les Jésuites au cours du , était souvent choisi comme enseigne d'auberge (emplacement de l'actuel )Chalande 1915, .Salies 1989, vol. 1, ..

Au Moyen Âge, cette rue porta dès la fin du le nom de rue Sesquières – ou Sesquières-Vieilles pour la distinguer d'autres rues de Toulouse qui portaient le même nom : la rue Sesquières ou Sequières-Neuve, nom que portait l'actuelle rue Maletache au , et la rue Sesquières, seule à avoir gardé ce nom. Comme la rue Sesquières-Neuve, elle tenait son nom des artisans sesquiers, qui faisaient le rempaillage des chaises et employaient le sesque (sesca en occitan), plante aquatique qui pousse dans la régionChalande 1915, .. Pierre Salies cependant, qui ne se satisfait pas de cette explication, pense qu'elle viendrait de ce que des sesques poussaient dans la rue, le long du ruisseau qui s'écoulait de la place Rouaix à la GaronneSalies 1989, vol. 1, .. À partir du , on rencontra également le nom de rue Dadières, ou parfois Didières. Ce nom venait d'une confrérie d'artisans, appelés « dadiers » (dadièrs en occitan), qui fabriquaient des dés à jouer (dedal ou didal en occitan). En 1794, pendant la Révolution française, la rue porta quelque temps le nom de rue SérénitéChalande 1915, .Salies 1989, vol. 1, ..

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, la rue Sesquières (actuelle rue du Coq-d'Inde) appartient au capitoulat de la Dalbade. Ce n'est qu'une rue étroite, qui s'étend de la petite place des Fustiers, au carrefour des rues des Paradoux et Sesquières, et la Grand-rue (actuelle rue des Filatiers)Chalande 1915, .. Elle occupe cependant un emplacement privilégié, au cœur du quartier des drapiers et des artisans de la draperie toulousaine, qui s'étend à l'ouest entre la rue des Paradoux et la rue des Drapiers (actuelle rue Jacques-Cujas), et la rue des Filatiers. On y trouve de nombreux artisans, en particulier des « sesquiers » qui font le rempaillage des chaises et des « dadiers » qui fabriquent des dés à jouer. Le quartier est par ailleurs desservi par un puits, qui fournit l'eau potable, sur la place des FustiersSalies 1989, vol. 2, .. Parmi les habitants de la rue se remarquent certains marchands parvenus à la fortune et au capitoulat, tels Raimond Cabriolle qui a son hôtel (emplacement de l'actuel ).

Le Grand incendie, qui se déclare le dans une boulangerie à l'angle des rues des Chapeliers (actuelle rue du Languedoc) et Maletache, détruit les maisons de la rue Sesquières – ainsi, l'hôtel et la tour de Raimond Cabriolle disparaissent complètement. En 1478, on commence à peine à reconstruire et on le cadastre ne mentionne que des « places à bâtir »Chalande 1915, .. Progressivement, les membres de l'aristocratie font élever de vastes hôtels particuliers, entre le (actuels et 3 ; ) et le , tel l'hôtel des Ségla, famille de conseillers au parlement (actuel ). C'est dans la première moitié de ce siècle qu'une auberge à l'enseigne du Coq d'Inde s'installe dans la rue (emplacement de l'actuel )Chalande 1915, .. À la fin du siècle, elle est habitée par Jean-Raymond-Augustin Dastarac, le « médecin des pauvres », qui soigna les habitants de la paroisse de la Dalbade, et mourut en 1808Salies 1989, vol. 1, ..

Époque contemporaine Au début du , la municipalité toulousaine met en œuvre un vaste plan d'élargissement des rues de la ville, afin de favoriser la circulation et l'hygiène. On aménage d'ailleurs un égout qui descend de la place de la Trinité à la Garonnette, en passant par la rue de la MadeleineSalies 1989, vol. 1, .. Au cours du siècle, plusieurs immeubles sont reconstruits à l'alignement dans le goût néo-classique, particulièrement du côté nord de la rue (actuels à 19). Le quartier bénéficie encore de l'animation marchande des rues voisines. En 1865, la maison Huc, magasin de mode, « le magasin de nouveautés le plus important et le plus vaste du Midi », fondée rue des Marchands (actuel ), s'agrandit en ouvrant son magasin d'ameublement dans la rue du Coq-d'Inde (actuels )Salies 1989, vol. 1, ..

Dans la première moitié du , on y trouve encore de nombreux commerces – la Bonneterie de l'Est (actuel )Salies 1989, vol. 1, ., Au Patron Élégant (actuel )Salies 1989, vol. 2, ..

Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtels particuliers 2 : hôtel particulier. Un hôtel particulier est construit au , peut-être pour Jean-Étienne de Palarin, avocat au parlement et capitoul en 1662-1663Chalande 1915, .. Il se compose de plusieurs corps de bâtiments, qui s'organisent autour de deux cours. La façade sur la rue du Coq-d'Inde, large de douze travées, est de style classique. Elle s'élève sur trois niveaux décroissants, séparés par des cordons. Le rez-de-chaussée est percé d'une grande porte cochère, voûtée en plein cintre, et ouvert du côté est par deux arcades de boutiques, également en plein cintre, séparées par une ouverture rectangulaire. Le côté ouest, remanié au , est percé de trois hautes arcades de boutique en plein cintre. Aux étages, les fenêtres ont des appuis en pierre et des garde-corps en ferronnerie..

8 : hôtel Ségla. Un premier hôtel particulier avec une tour capitulaire sont élevés pour le capitoul Raimond Cabriolle, mais il est entièrement détruit par l'incendie de 1463. Au début du , plusieurs parcelles sont rassemblées et un nouvel hôtel particulier est construit pour Pierre Sudre : il comprend d'ailleurs la parcelle de l'actuel rue du Coq-d'Inde et une partie du rue des Filatiers. L'immeuble passe, entre 1550 et 1571, à Arnaud de Ségla, capitoul en 1565-1566. Il est remanié à la fin du siècle par son fils, le conseiller au parlement Guillaume de Ségla. Ses descendants en restent propriétaires jusqu'à la Révolution française. L'édifice se compose d'un bâtiment principal à plusieurs corps s'organisant autour d'une grande cour rectangulaire et d'une plus petite cour latérale carrée..

Immeubles 1 : immeuble. L'immeuble, de style classique, est élevé au , peut-être pour François Girardin, apothicaire et capitoul en 1654-1655. Les fenêtres du ont des garde-corps en fer forgé à motifs géométriques..

6 : immeuble. L'immeuble, de style classique, est construit au . Il s'élève sur trois étages, séparés par des cordons. Les fenêtres du sont surmontées de corniches moulurées et ont des garde-corps en fer forgé..

9 : immeuble. L'immeuble est construit dans la première moitié du , dans un style néo-classique toulousain. Il est occupé, à la fin du siècle par la Maison Huc, magasin de mode et de lingerie. Au , les fenêtres sont surmontées de corniches et le balcon continu en pierre a un garde-corps en fer forgé. Au , les fenêtres ont aussi des garde-corpsSalies 1989, vol. 1, ...

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, , tome III, Toulouse, 1915, .

Maurice Bastide, « Un exemple de reconstruction urbaine : Toulouse après l'incendie de 1463 », Annales du Midi, t. 80, , 1968, .

Articles connexes Liste des voies de Toulouse Hôtels particuliers de Toulouse

Liens externes « Notice », Au nom de la voie, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, (consulté le ). Fiches d'information détaillée Patrimoine Architectural - Inventaire préliminaire, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse (consulté le ). Inventaire général du patrimoine culturel d'Occitanie, sur le site Ressources patrimoines - La médiathèque culturelle de la Région Occitanie (consulté le ).

Coq d'Inde Coq Inde Catégorie:Voie piétonnière à Toulouse Catégorie:Quartier des Carmes