Les crimes de guerre des États-Unis sont des crimes de guerre et des violations des lois et coutumes de la guerre commises par les forces armées des États-Unis depuis la signature des Conventions de La Haye de 1899 et 1907. Celles-ci incluent l'exécution sommaire de prisonniers ennemis combattants, le mauvais traitement des prisonniers au cours des interrogatoires, la pratique de la torture et l'utilisation de la violence contre les civils non-combattants.
Guerre américano-philippine
vignette|droite|Adultes et enfants philippins fusillés sous les ordres du général Jacob Hurd Smith.. Après la fin de la guerre hispano-américaine, l'Espagne a cédé les Philippines aux États-Unis dans le cadre de l'accord de paix conclu lors du traité de Paris (1898). Cela a déclenché un nouveau conflit entre les forces armées des États-Unis et la Première République des Philippines sous le président Emilio Aguinaldo.
Pendant cette guerre américano-philippine, entachée de massacres et d'exactions contre des populations civiles, sous les ordres du général Jacob Hurd Smith, surnommé Hell-Raising (« Le diabolique »), qui a déjà combattu les amérindiens d’Amérique du Nord, les forces américaines ont tué au moins . Les historiens philippins estiment plus élevé à .. Des villages furent rasés et leurs habitants massacrés. La pratique de la torture par l'eau fût corroborée par des photographies..
Des soldats américains appelèrent la guerre américano-philippine, la guerre indienne et qualifièrent les Philippins de « nègres », de « sauvages vicieux » ou encore de « gugus traîtres » (ou « goo-goos » - terme péjoratif qui refera notamment surface lors de la Guerre du Vietnam sous la forme de « gook »). Un soldat américain déclara que « le pays ne sera pacifié que lorsque ces nègres seront tués comme les Indiens »..
Un officier américain déclara à un journaliste du Public Ledger : « Inutile de mâcher ses mots. On a exterminé les Indiens d'Amérique, et je crois que la plupart d'entre nous en sont fiers, ou du moins, pensent que la fin justifie les moyens ; et nous ne devons avoir aucun scrupule quant à l'extermination de cette autre race qui se met en travers du chemin du progrès des Lumières ».
Le général Jacob Hurd Smith ordonna le massacre des habitants de l’île de Samar, avec son ordre célèbre : (Tuez tous ceux de plus de 10 ans).. Il déclara ainsi : « Je ne veux aucun prisonnier. Je veux vous voir tuer et brûler; plus vous tuerez et brûlerez et plus je serai satisfait. Je veux que soit tuée toute personne en mesure de porter les armes dans les combats actuels contre les États-UnisInstructions du général Jacob H. Smith, lors de la campagne de l’île de Samar : " I want no prisoners. I wish you to kill and burn, the more you kill and burn the better it will please me. I want all persons killed who are capable of bearing arms in actual hostilities against the United States ”. ». La cruauté de Smith durant cette campagne a finalement abouti à un passage en cour martiale où il sera contraint à la retraite forcée.
Durant la , les troupes américaines ont abattu des centaines de Moro musulmans, notamment des femmes et des enfantsMark Twain, Weapons of Satire, , Syracuse University Press, Syracuse, NY 1992. En , plus de 900 villageois (trois fois plus qu'au Massacre de Wounded Knee), dont une majorité de femmes et enfants, furent tués lors du à Bud Dajo.
Seconde Guerre mondiale Théâtre du Pacifique vignette|Victime de la bombe atomique. Des militaires américains pendant la Guerre du Pacifique ont parfois tué délibérément des soldats japonais s'étant rendus, selon Richard Aldrich (professeur d'histoire à l'Université de Nottingham). Aldrich a publié une étude de journaux tenus par les États-Unis et l'Australie, dans laquelle des soldats avouaient qu'ils massacraient parfois des prisonniers de guerre.. Selon le professeur Aldrich, il était de pratique courante pour les troupes américaines de ne pas faire de prisonniers.
L'historien américain James J. Weingartner, attribue le très faible nombre de prisonniers japonais à deux facteurs importants, à savoir un refus des Japonais de se rendre du fait des ordres des généraux japonais qui poussaient les soldats à se battre jusqu’à la mort, quitte à se suicider avec l'ennemi en cas de capture, et le deuxième facteur, une conviction largement répandue que les Japonais étaient des « animaux » ou « sous-hommes » et indignes d'un traitement normal accordé aux prisonniers de guerreJames J. Weingartner, “Trophies of War: U.S. Troops and the Mutilation of Japanese War Dead, 1941–1945” Pacific Historical Review (1992) . La dernière raison est soutenue par l'historien britannique, polémiste et controversé Niall Ferguson, qui déclare que « Les troupes alliées voyaient souvent les Japonais de la même manière que les Allemands considéraient les Russes - comme des « Untermenschen » ("sous-hommes")Niall Ferguson, "Prisoner Taking and Prisoner Killing in the Age of Total War: Towards a Political Economy of Military Defeat", War in History, 2004, 11 (2): .
Les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki sont considérés comme des crimes de guerre notamment par Hannah Arendt ou le procureur lors des procès de Nuremberg, Telford Taylor ; ces prises de position procèdent des termes de l'article 6b des statuts du Tribunal militaire international, adoptés par les Alliés lors des accords de Londres du , le surlendemain de l'explosion de Hiroshima et la veille de celle de Nagasaki.
En 1963, dans l'affaire Ryuichi Shimoda et al. v. The State, un tribunal japonais a jugé que selon la législation internationale en vigueur au moment des faits, les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki étaient des crimes de guerreRyuichi Shimoda et al. v. The State#I. Evaluation of the act of bombing according to international law, paragraphe 8..
Toutefois, John R. Bolton, sous-secrétaire d'État au contrôle des armements et aux affaires de sécurité internationale (2001–2005) et ambassadeur des États-Unis aux Nations unies (2005–2006), a expliqué en 2001 pourquoi les États-Unis ne devraient pas adhérer au Statut de Rome :
De façon plus générale, les nombreux bombardements stratégiques de zones urbaines, comme les bombardements de Tokyo en 1945, sous prétexte que la production de matériels et d'armements était délocalisée dans les shitamachi (下町), banlieues ouvrières japonaises, à la suite de la destruction des usines, peuvent également être considérés comme des crimes de guerre, la disparition totale de ces quartiers relevant plus d'une campagne systématique de terreur que stratégique, le palais impérial étant constamment épargné. Le général Curtis LeMay, chargé de l'opération, déclarait alors que les Japonais devaient être « brûlés, bouillis et cuits à mort ».. Selon son adjoint Robert McNamara, qui fut ensuite Secrétaire à la Défense sous les présidents Kennedy et Johnson :
Éclipsés par les bombardements atomiques, les Bombardements stratégiques sur le Japon ont pourtant fait payer un lourd tribut aux populations ouvrières des grandes villes industrielles japonaises à l'exception de Kyōto qui fut préservée à la suite de pressions sur la Maison Blanche.
Enfin, les forces armées américaines ont commis de nombreuses exactions vis-à-vis des populations civiles, en particulier des dizaines de viols qui se sont prolongés pendant toute la période d'occupation du Japon ou volontairement provoqué la mort de civils et de 33 infirmières de l'escadron Himeyuri cachés dans des grottes pendant la bataille d'Okinawa, notamment en scellant celles-ci à l'aide d'explosifs ou les asphyxiant à l'aide de lance-flammes.
Théâtre européen
Viols
Selon l'historien américain Robert Lilly, il y aurait eu viols commis par des soldats américains en France entre et la fin de la guerre.. Des atrocités sont également commis avec une trentaine de meurtres pour le seul département de la Manche.
Robert Lilly estime à , le nombre de viols commis par les GIs en Allemagne. L'historienne allemande Miriam Gebhardt, elle, recense viols commis par les soldats américains en Allemagne..
Sur le théâtre pacifique, selon Toshiyuki Tanaka, 76 cas de viol ou de viol suivis d'assassinat ont été signalés pendant les cinq premières années de l'occupation américaine d'Okinawa. Il affirme cependant que cela n'est probablement pas le chiffre exact car la plupart des cas n'ont pas été signalés. D'autres atrocités sont commis dans d'autres endroits du JaponYuki Tanaka et Toshiyuki Tanaka, Japan's Comfort Women: Sexual Slavery and Prostitution During World War II, Routledge, ? 2003, 110–1 p.
L'historien Oshiro Masayasu (ancien directeur des Archives historiques de préfecture d'Okinawa) écrit, sur la base de plusieurs années de recherches : .
Guerre de Corée vignette|Infirmières nord-coréennes capturées par des soldats sud-coréens et américains. Des femmes nord-coréennes capturées ont parfois été violées..
Le No Gun Ri se réfère à un incident de meurtre de masse où un « nombre non confirmé » de réfugiés sud-coréens furent massacrés à Nogun-Ri, en .La BBC rappelle le massacre des Coréens par les G.I américains pendant la guerre de Corée - Lettre de l'association France-Corée, 13 février 2002.. En 2005, le gouvernement sud-coréen a certifié les noms des ou disparus (en majorité des femmes, des enfants et des vieillards) et de . Il est rapporté que beaucoup de noms d'autres victimes n'ont pas été signalésCommittee for the Review and Restoration of Honor for the No Gun Ri Victims (2009). No Gun Ri Incident Victim Review Report. Seoul: Government of the Republic of Korea. , 328, 278. .. Au cours des années, des survivants ont estimé le nombre de morts entre 300 et 500. Ce massacre lors de la guerre de Corée a longtemps été nié, , date à laquelle un reportage Choe Sang-hun, Charles J. Hanley et Martha Mendoza, « Un pont à No Gun Ri », Associated Press, 20 septembre 1999. réalisé par des journalistes de l'Associated Press a contraint le Pentagone à ouvrir une enquête. En 2000, ils ont reçu le prix Pulitzer du reportage d'investigation pour cet article.
Les Nord-Coréens accusèrent les forces des Nations unies – et plus particulièrement les Américains – de massacres de civils, ou de torture. Le « musée des atrocités de guerre américaines » de Sinch'ŏn dans la province de Hwanghae du Sud en Corée du Nord dresse les crimes de guerre présumés des troupes américaines sur des civils nord-coréens notamment, dans le village de Wonam, où et ont été enfermés dans deux poudrières, puis arrosés d'essence et incendiés. Les Nord-Coréens ont affirmé que ces atrocités commises par les troupes américaines et sud-coréennes ont causé la mort d'au moins en d'occupation, soit un quart de la population du comté..
Les préjugés racistes envers les « Gooks » de la part des Américains en proie à la mauvaise surprise d'affronter à leur arrivée des armées asiatiques combatives et efficaces dans un pays pauvre aurait, selon Yvan Cadeau, sa part dans les crimes..
Guerre du Viêt Nam droite|vignette|Groupe d'enfants handicapés, principalement à cause de l'agent orange. De nombreuses atrocités commises par les forces américaines pendant la guerre du Viêt Nam ont été signalées.