Le bataillon de cyclistes-frontière du Limbourg () était une unité d'infanterie de la force terrestre des forces armées belges.

Historique Régiment de cyclistes-frontières Les premières compagnies indépendantes de cyclistes-frontières sont formées le à Bourg-Léopold à la suite d'une proposition du ministre de la défense nationale Albert Devèze. Le , une partie de ces compagnies sont absorbées par des unités d'infanterie et 3 bataillons de la province de Liège sont regroupés pour former le Régiment de cyclistes-frontière. Les compagnies limbourgeoises de Lanaken, Kaulille et Maaseik sont regroupées au sein d'un bataillon de cyclistes-frontière du Limbourg. Il est composé de volontaires et de miliciens.

Création Le bataillon est mobilisé dès le . Il s'occupe de la surveillance de la frontière nord-est avec les Pays-Bas et notamment des charges de démolition placées préventivement comme celles des ponts de Maaseik, Vroenhoven et Veldwezelt. Ils sont également chargés de rapporter au Centre de renseignement avancé (CRA) situé à Hasselt toutes informations utiles. Le , 2 cyclistes-frontière capturent 2 officiers allemands à Vucht, victimes d'un atterrissage forcé et ayant en leur possession des copies du plan d'invasion de la Belgique. Le , le bataillon est doublé par l'adjonction de 3 compagnies supplémentaires et reçoit quelques chars T13.

Seconde Guerre Mondiale 10 mai 1940 Durant la nuit du 9 au , une partie du bataillon est en exercice de nuit dans les environs de Kaulille et Meeuwen. Rapidement après minuit, l'alerte est donnée et les compagnies alors en exercice reçoivent l'ordre de retourner au camp de Beverlo. Vers , elles prennent la route du camp mais sont arrêtées par un officier d'état-major du corps de cavalerie qui leur fait savoir qu'elles vont être placées comme unités de réserve sur la ligne avancée. Les troupes encore présentes au camp sont réveillées vers et partent vers pour la ligne avancée. Quelques hommes des et restent au camp pour surveiller le matériel qui ne peut être emporté immédiatement. Les 6 compagnies sont déployées comme suit :

Les , qui dispose de 3 chars T13, et sont envoyées vers Gruitrode et mises à disposition du de guides. La part pour Hechtel et est placée sous les ordres du de carabiniers-cyclistes. La part pour As renforcer le de chasseurs à cheval. La est placée le long du canal de liaison Briegden - Neerharen à Lanaken. La prolonge le dispositif en se plaçant le long du canal Sud-Guillaume de Rekem à Vucht. Le poste de commandement est installé à Gruitrode à proximité de celui du de grenadiers.

L'état-major du bataillon reste toute la matinée au poste à Gruitrode. 4 compagnies sont au matin sous les ordres de différentes unités appartenant au Groupement Ninitte, les 2 autres compagnies sont quant à elles sous les ordres du d'armée. À la fin de la matinée, le lieutenant-colonel Geniesse est informé que l'ensemble de son bataillon est placé sous les ordres du d'armée pour renforcer les et d'infanterie aux abois. L'état-major du bataillon est envoyé à Tongres où se trouve le quartier-général du d'armée et le reste de l'unité doit se regrouper dans la région de Tongres près de Pirange.

compagnie La est envoyée après de Gruitrode vers Opitter. À peine 2 heures plus tard, les hommes sont rappelés à Gruitrode pour y assurer la défense du village. Vers , un peloton et un char T13 sont détachés au pont de Voorshoven sur le canal Meuse-Escaut pour protéger la seconde tentative de destruction du pont. À la fin de la matinée, la compagnie reçoit l'ordre de bouger sur Tongres et de se placer avec la sous les ordres du d'armée. Aux environs de , ces 2 compagnies sont envoyées par le quartier-général de la d'infanterie à Genoelselderen dans le cadre de la préparation d'une contre-attaque visant à reprendre les ponts de Veldwezelt et Vroenhoven.

compagnie La reçoit juste avant la mission de marcher de Hechtel vers le pont II à Lommel qui n'a pas encore été détruit et y barrer l'accès. Un motocycliste est envoyé vers le pont vers pour y rappeler la compagnie vers Tongres. Elle arrive ainsi à Russon près de Tongres aux alentours de et passe en réserve. L'unité connu de grosses difficultés pour traverser le canal Albert.

compagnie La est brièvement déployée à Gruitrode et Neerglabbeek. Juste avant , le corps de cavalerie ordonne à la compagnie de se déplacer vers Saint-Trond. Le détachement est utilisé toute la journée pour mettre en place la défense de la ville et atteint Tongres dans le courant de la soirée. La compagnie passe également en réserve à Russon.

compagnie La enfin est envoyée par le de chasseurs à cheval garder le pont de Lanklaar. Ce pont est utilisé comme point de rassemblement par les chasseurs à cheval qui occupaient les postes d'alerte le long de la frontière et devait donc être gardé ouvert le plus longtemps possible. À 8h30, le pont est détruit et la compagnie peut rapidement retourner à As. Le détachement est, au milieu de la journée, envoyé à Tongres pour se mettre sous les ordres du d'armée. La compagnie est, ensemble avec la , envoyée après à Genoelselderen où se trouve le quartier-général de la d'infanterie.

compagnie Les et sont déployées sur le terrain durant la nuit du 9 au . Juste après minuit, l'alerte est lancée est les hommes de la rejoignent leurs postes de combat à proximité des endroits de franchissement du canal de liaison Briegden - Neerharen. Ce canal relie le canal Albert au canal Guillaume-sud. Le est gardé en réserve dans la caserne de Lanaken, le garde le pont de Tournebride et l'écluse de Neerharen juste au nord. Le protège quant à lui les ponts routier et de chemin de fer de Lanaken.

Les cyclistes-frontière livrent également des détachements pour garder les ponts de Briegden, Veldwezelt et Vroenhoven. Ils sont responsables des dispositifs de destruction mis en place sous ces derniers par le du génie. La défense des environs est assurée par les hommes du de ligne et ceux du carabiniers.

Le poste de commandement du capitaine-commandant Giddelo, officier expérimenté et vétéran de la première guerre mondiale, se trouve à la caserne de Lanaken, proche du pont de Briegden. Les ordres de destruction des ponts de Vroenhoven, Veldwezelt et Briegden doivent provenir de ce poste. À , les ponts sont attaqués simultanément et la caserne de Lanaken bombardée y faisant 5 victimes dont le commandant Giddelo. Les ordres de destruction ne peuvent être transmis car les liaisons radio-téléphoniques ont été mises hors service par le bombardement. Le lieutenant Manteleers, commandant un peloton de la est envoyé avec son peloton vers par son commandant de compagnie vers Lanaken. Comme plus ancien officier d'active, il reprend le commandement de la à la place de feu le commandant Giddelo. Il essaie de regrouper les hommes de la caserne et conserve ses détachements sur les ponts et écluses autour de Lanaken. Durant la fin de l'après-midi, la perd le contact avec le détachement posté sur la rive du canal à Lanaken et se replie via le pont de Briegden vers Tongres. 2 pelotons atteignent Rutten et 2 autres restent dans la banlieue nord-est de la ville. Lors du bombardement de la caserne, l'autobus d'un peloton du fut touché alors qu'il se rendait vers un barrage sur le canal Briegden-Neerhaeren qu'il devait détruire, faisant 6 victimes.

compagnie Les lignes de la s'étendent sur le long du canal Guillaume-sud au nord à partir du bunker situé juste au sud du pont de Rekem jusqu'au pont de Vucht. Ces positions comprennent les ponts de Boorsem et Maasmechelen. La compagnie est attachée au groupe cycliste de la d'infanterie dont le renforce les positions. La compagnie a également à sa disposition 2 chars T13. Le lieutenant Leeuwerck reçoit vers l'avis que le pont de Gellik sur le canal Albert a été détruit qu'il doit immédiatement procéder de même avec les ponts de son secteur. À , le pont de Rekem est le dernier à sauter. Durant ce temps, les premiers éclaireurs allemands entrent en contact avec les cyclistes-frontière à Vucht. Une heure plus tard, ils sont à Boorsem et Rekem. Seul Maasmechelen reste au calme : la rive est du canal n'offrant aucune couverture à l'ennemi qui s'approcherait. Les Allemands amènent avec eux des mortiers et un canon antichar de . Les chars belges T13 ripostent mais doivent se retirer sous la pression de ces mortiers ennemis. À Vucht, l'ennemi ne parvient pas à percer. La plupart des victimes belges appartiennent au qui protège les ponts de Boorsem et Rekem.

Les Allemands de la d'infanterie traversent le canal Guillaume-sud durant la matinée entre Eisden et Vucht et pousse les cyclistes-frontière et le groupe cycliste de la d'infanterie à la retraite. La quitte la rive du canal à partir de et jusque pour Tongres pour y retrouver le reste du bataillon. Hors de combat, les 2 chars T13 sont abandonnés. Vers des cyclistes-frontière traversent encore le canal à l'aide d'un radeau. Les 2 pelotons restants de la sont envoyés à Pirange.

Détachement du pont de Veldwezelt Le détachement, dirigé par le caporal Cornée, compte 13 hommes qui occupent le bunker N juste à côté du pont au sud de la route. Le bunker C qui se trouve en-dessous de la pile ouest du pont est comme le bunker D situé au nord du pont équipé par des sections du carabiniers. Le bunker B1, qui se trouve au sud du pont est gardé par une section du de ligne.

À minuit 30, l'alerte est donnée. Directement, le détonateur du mécanisme de destruction du pont qui se trouve dans le couloir d'entrée du bunker est amorcé. À 1h35, tout est prêt. La section est disposée à l'extérieur du bunker. Le bourgmestre de Veldwezelt, également averti de l'alerte, fait évacuer les habitations dans les alentours immédiats.

À 04h15, ils sont survolés par des planeurs ne portant pas de signes distinctifs et le signalent au lieutenant Boyen de la caserne de Lanaken. À 4h20, ils entendent les tirs d'alerte effectués par le fort d'Eben-Emael. Sur ce, le major Van Driessche, commandant le du carabiniers et responsable de la garde du pont demande en vain l'autorisation à son chef de régiment de le faire sauter. C'est seulement lorsque les planeurs allemands entament leur atterrissage que le capitaine Jammaer, commandant la du du carabiniers donne l'ordre de tirer sur ces planeurs.

La section du caporal Cornée plonge alors dans le bunker pour enclencher la mise à feu des explosifs qui prend quelques minutes. Le planeur de l'oberjäger Ellersiek (Trupp 2) atterrit à à peine du bunker. Les parachutistes allemands attaquent la face arrière du bunker qui n'est pas protégée, font sauter les portes blindées et jettent des explosifs à l'intérieur de celui-ci tuant 12 des 13 cyclistes-frontière. Le pont tombe intact aux mains des allemands.

Détachement du pont de Vroenhoven Au pont de Vroenhoven se joua un scénario similaire. Le bunker M est gardé par une section de cyclistes-frontière sous les ordres du sergent Crauwels. Vers , 7 planeurs atterrissent dans la zone de la du du de ligne et 3 sur l'autre rive du canal. Le brigadier Ignoul de la brigade de gendarmerie territoriale de Tongres se dirige le premier vers les 12 planeurs mais est mortellement blessé par une balle. À ce moment, le sergent Crauwels décide de faire sauter le pont pour éviter qu'il ne soit pris par l'ennemi. Le caporal Neys, fusil-mitrailleur, est abattu alors qu'il tente de protéger l'arrière du bunker. La porte d'entrée du bunker est détruite avec une charge creuse. Le sergent Crauwels, le caporal De Spiegelaere et un soldat du de ligne qui avaient trouvé refuge dans le bunker sont tués dans l'explosion. Le reste de la section était, comme prévu, descendue à l'étage inférieur du bunker pour se mettre en sécurité lors de la destruction du pont. Tous furent gravement brûlés par les bombes incendiaires lancées dans le bunker. Finalement, le pont fut pris intact par l'ennemi.

vignette|Bunker près de l'ancien pont de Vroenhoven

Détachement du pont de Briegden