L'église Saint-Lucien est une église catholique paroissiale située à Courcelles-sur-Viosne, dans le Val-d'Oise, en France. À l'extérieur, le clocher roman du second quart du constitue son élément le plus intéressant. Il subsiste de la première église, qui devait être achevée en 1161, date de fondation de la paroisse, et se limiter à un seul vaisseau. La base du clocher possède l'une des voûtes d'ogives les plus anciennes du département, et une dizaine de chapiteaux romans. Le chœur gothique du début est très austère à l'extérieur, mais présente une architecture élégante et soignée à l'intérieur. C'est l'un des très rares chœurs à double vaisseau de la région, à l'instar de Genainville. Le vaisseau du sud est situé dans l'axe de la nef romane et du clocher. L'autre vaisseau, qui compte une travée supplémentaire au nord du clocher, est complété par une deuxième nef bientôt après sa construction. Cette nef, ainsi que l'autre, est simplement plafonnée, et dénuée d'intérêt. L'église Saint-Lucien en tient toutefois la particularité d'être une église à double nef. Elle a été classée monument historique par arrêté du ., et est aujourd'hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines, et des messes dominicales y sont célébrées irrégulièrement, cinq fois par an.
Localisation thumb|left|Vue depuis le nord-ouest.
L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, dans la vallée de la Viosne, sur la commune de Courcelles-sur-Viosne, rue de la Libération. Elle est bordée par le cimetière au nord et au sud. Le terrain est en pente, et surplombe légèrement la rue grâce à un mur de soutènement. Depuis le trottoir, il faut gravir un escalier de quatorze marches pour atteindre le cimetière et l'église. C'est l'élévation septentrionale qui donne sur la rue, mais l'édifice prend du recul par rapport à celle-ci. Il ne possède pas de façade occidentale à proprement parler, car le mur occidental donne presque immédiatement sur un terrain privé, et n'est pas exposée à la vue. Il est précédé d'un porche, qui donne également accès à la partie arrière du cimetière. On peut également y accéder en passant devant le chevet, qui lui aussi donne presque immédiatement sur une propriété privée.
Historique thumb|left|Vue depuis le sud-est.
La paroisse aurait été érigée en 1161 selon l'abbé Vital Jean Gautier. L'église est dédiée à saint Lucien, apôtre du Beauvaisis et premier évêque de Beauvais, martyrisé à la fin du . Sous l'Ancien Régime, Courcelles-lès-Pontoise relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'archevêque de Rouen.. — L'élément le plus ancien de l'église actuelle est la base du clocher.. Ses chapiteaux et sa modénature indiquent clairement une construction romane, tandis que sa configuration ne laisse pas de doute que le voûtement d'ogives était prévu dès l'origine, ce qui indique les années 1120 / 1130 : avant, le voûtement d'ogives n'apparaît que dans quelques édifices précurseurs, tandis que les chapiteaux préfigurent déjà la première période gothique à partir des années 1140. Le mur méridional de la nef semble dater de la même époque, comme le suggère le contrefort plat en son milieu.
Le chœur roman est démoli vers le début du , et remplacé par un vaste chœur gothique à double vaisseau. La nef est dédoublée, et les deux vaisseaux sont munis d'une toiture commune à deux rampants. L'église Saint-Lucien devient ainsi une église à double nef, comme l'église Saint-Pierre de Genainville semble l'avoir été dès le départ. La région connaît d'autres exemples d'églises partiellement romanes, où l'actuel vaisseau central a été bâti à côté de l'ancien, qui a été maintenu : Allonne, Bailleval, Cauvigny, Fontenay-en-Parisis, Limay (dans un premier temps, démoli au ), Monchy-Saint-Éloi, Villers-Saint-Frambourg, etc. Mais sauf à Allonne et Cauvigny, l'ancien vaisseau central prend le caractère d'un bas-côté. L'église est classée monument historique par arrêté du , à l'exclusion de la nef. — Après le rattachement au nouveau diocèse de Versailles créé sous la Révolution française pour regrouper les paroisses du département de Seine-et-Oise, Courcelles-sur-Viosne change une seconde fois de diocèse en 1966, quand la refonte des départements d'Île-de-France motive l'érection du diocèse de Pontoise, qui correspond au territoire du nouveau département du Val-d'Oise. Le village est à présent affilié à la paroisse Avernes et Marines, qui est très étendue, et réunit pas moins de trente-cinq clochers. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Lucien environ cinq fois par an, le samedi soir ou le dimanche à 9 h 30..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée irrégulièrement vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique à double vaisseau. La double nef compte trois travées non voûtées, et simplement plafonnées. La base du clocher est établie dans le prolongement du vaisseau méridional, qui correspond à la nef primitive. Le chœur, très homogène, compte trois travée dans le prolongement du vaisseau septentrional, et deux travées à la suite de la base du clocher. Aussi bien la base du clocher que le chœur sont voûtés d'ogives. Le chœur de gauche, au nord, correspond au chœur liturgique. Une chapelle peu profonde s'ouvre depuis sa seconde travée. Elle est voûtée en berceau. Une tourelle d'escalier flanque l'angle sud-ouest du clocher. L'unique portail, dans le mur occidental du vaisseau septentrional, est précédé d'un porche. La sacristie est accolée au chevet du chœur de droite. Les deux vaisseaux sont recouverts ensemble d'une toiture à deux rampants, avec des pignons à l'ouest et à l'est.
Intérieur Double nef thumb|upright|Nef de gauche, vue vers l'est.
Il n'est pas évident lequel des deux vaisseaux est à qualifier de nef, et lequel de collatéral. Les deux sont à un seul niveau d'élévation. La nef de l'église romane du second quart du est celle de droite ou du sud. Elle est d'environ un quart moins large que la nef de gauche ou du nord. L'éclairage vient de seulement deux lancettes simples en arc brisé régulièrement réparties, ce qui suggère deux travées, et le mur gouttereau sud est effectivement épaulé par un unique contrefort plat roman en son milieu. Les trois grandes arcades en tiers-point, d'une rare austérité par rapport aux autres églises du Vexin, sont à double rouleau vers la nef de droite, mais à simple rouleau vers la nef de gauche, ce qui donne à penser que ce dernier a été rajouté en tant que collatéral. Bernard Duhamel pense que ce fut au moment de la construction du chœur actuel, ou peu de temps après. Au plus tard depuis la suppression du portail occidental primitif, à une époque indéterminée, c'est toutefois la nef primitive qui tient lieu de collatéral. La visibilité du chœur y est moins bonne, car le vaisseau se rétrécit au niveau de la base du clocher. L'on a donc aménagé le maître-autel dans le chœur de gauche, qui est mieux visible. Par conséquent, c'est la nef de gauche accueille de préférence les fidèles. Elle a également l'avantage d'être mieux éclairée, car conformément au nombre de trois arcades, le jour entre par trois lancettes simples depuis le nord. Elles sont plus aigües que leurs homologues du sud, et ont un soubassement moins élevé. Un double ressaut chanfreiné les entoure. Ni la nef de gauche, ni la nef de droite ne possèdent le moindre décor sculpté. On peut seulement signaler une corniche moulurée en haut des murs de la nef de gauche. Les plafonds plats, à poutres apparentes, sont sans caractère. Le sol est pavé de tomettes en terre cuite. Du fait du dénuement qui règne dans les deux vaisseaux, le regard est automatiquement attiré par les parties orientales, dont l'architecture est recherchée. Les arcades occidentales de la base du clocher et du chœur appartiennent aux campagnes de construction respectives de ces deux parties de l'église.
Base du clocher thumb|upright|Vue depuis la nef. thumb|upright|Vue vue vers l'est.
La base du clocher est de plan carré. Elle ne constitue pas une ancienne croisée du transept, car des fenêtres latérales existent au nord et au sud. Assez curieusement, elles sont en arc légèrement brisé, contrairement aux deux arcades et aux baies des deux étages. Elles sont poussées haut sous les lunettes de la voûte, et leur large ébrasement paraît tronquée près de l'arc d'inscription de la voûte, auquel il ne touche toutefois pas directement. La fenêtre septentrionale donne sur l'intérieur du chœur du début du . En dessous, une arcade en plein cintre a été ouverte dans le mur dans le contexte de la construction de ce chœur. Elle est à angles vifs, et dépourvue de supports. Ce que la base du clocher offre d'intéressant, sont sa voûte d'ogives romane et ses chapiteaux. Ils sont au nombre de dix. Depuis la nef de droite, la travée s'ouvre par un arc triomphal en plein cintre, qui est à double rouleau vers la nef, mais à simple rouleau vers l'intérieur de la travée. Le rang de claveaux supérieur est mouluré d'un gros tore, et le rang de claveaux inférieur est mouluré d'un méplat entre deux tores dégagés. Le premier retombe sur des colonnettes à chapiteaux logées dans les angles rentrants des piédroits, et le second, sur des colonnes à chapiteaux pour moitié engagées dans les piédroits. Comme à Cergy, les ogives, également en plein cintre, affichent une fine arête entre deux gros tores, du même diamètre que ceux de l'arc triomphal. Elles sont reçues sur des colonnettes à chapiteaux implantées à 45°, face aux ogives. La clé de voûte n'est pas décorée, et les formerets font défaut. Le voûtain occidental a été percé d'un grand trou pour la remontée des cloches. L'arcade orientale, qui assurait la communication avec le sanctuaire roman, est à simple rouleau des deux côtés, et affiche un profil différent : elle est moulurée d'un gros boudin, comme à Acy-en-Multien, Bémont, Brignancourt, Marolles, Néry et Pondron, et, associé à des voûtes d'arêtes, à Seraincourt et Saint-Gervais. Comme côté nef, la retombée s'effectue sur les chapiteaux de colonnes engagées.