François Natter, né le à Paris et mort le à Bourges., est un universitaire et un intellectuel français, nationaliste, royaliste, fondateur et doyen de facultés libres. Il est aussi connu par son nom de plume, Étienne Malnoux.

Biographie François Natter a suivi ses études secondaires au lycée Charlemagne de Paris, puis a été étudiant en khâgne au lycée Henri-IVLes Cahiers du CEPEC, .. Il milite aux étudiants d'Action française à la fin de la Seconde Guerre mondiale : il prend part à leur congrès national d' à Lyon, donnant un exposé sur « révolution ou restauration, une constante éternelle d'un ordre nouveau ».. Il a publié aussi un article sur Barrès dans le numéro de janvier 1944 de l'Étudiant français.

Après avoir été assistant dans une école britannique catholique, Natter devient professeur au lycée Alain Fournier de Bourges dans les années 1950, durant une dizaine d'années. Il préside dans cette ville la section locale de l'association Guillaume-Budé... Et milite au cercle Fustel de CoulangesIl participe au banquet de 1955, signe avec le président du centre Henri Boegner un texte sur « l'unité de formation des maîtres, principe d'une vraie réforme de l'enseignement » dans le numéro de juillet 1954 des Cahiers du Cercle, et publie un autre texte en décembre 1957 sur le bilinguisme : .. Il enseigne ensuite dans l'enseignement supérieur, à l’université de Paris (la Sorbonne) puis Paris-Sorbonne (Paris-IV), comme maître-assistant d'anglais puis maître de conférences.

Membre de la Restauration nationale, il collabore dans les années 1960, sous le pseudonyme d'Étienne Malnoux, au périodique L'Esprit public, antigaulliste et partisan de l'Algérie française. Il signe notamment les articles (, décembre 1961) , (, juillet-août 1961), , (, août-septembre 1962), ( – janvier 1963).. Il cosigne le manifeste des intellectuels français pour la résistance à l'abandon d' et adhère dès l'origine, en , au SPES (Secours populaire aux familles des personnes épurées ou sanctionnées, devenu le Secours populaire par l’entraide et la solidarité en , de Jean La Hargue (Premières listes de personnalités ayant donné leur adhésion au Spes). Sur le SPES, cf. . Jean La Hargue, professeur au lycée Carnot, suspendu, a d'abord fondé en avril 1961 le Comité universitaire de secours aux familles de fonctionnaires sanctionnés. Il a assisté en 1964 au banquet annuel de la Restauration nationale: Aspects de la France, 3 décembre 1964.

Il collabore ensuite à la revue catholique traditionaliste et anticommuniste Itinéraires, dans laquelle il est vent debout contre les réformes universitaires et contre « la révolution culturelle marxiste » à l'UniversitéItinéraires, , juin 1966, , juillet-août 1966, , juillet-août 1968, , décembre 1968, décembre 1972, , janvier 1973, Itinéraires, , mars 1973, E. Malnoux, "L’enseignement “rénové” du français dans les Universités", . Avec ses amis Claude Polin et Claude Rousseau, comme lui maîtres assistants à la Sorbonne, il fonde et préside au lendemain de mai et un Cercle Augustin Cochin, qui se propose « une étude critique des buts et des méthodes de la révolution culturelle ». Fin 1968, ce cercle s'associe à d'autres clubs pour fonder la Confédération des clubs et mouvements libres. Lors de la réunion constitutive, Natter traite du problème de l'éducation : selon lui, le ministre de l'éducation Edgar Faure a complété de son prédécesseur Christian Fouchet et Le Monde, 14 décembre 1968... Les 8 autres clubs de la Confédération sont le Club des montagnards de Guy Vinatrel, l'Association pour une démocratie moderne du député Raymond Dronne, Réalités nouvelles de Me Jean-Marc Varaut, le Centre européen de coordination de C. H. Lecomte, la Démocratie nouvelle de France de Jean-Yves Chevallier, le Club des Prouvaires du sénateur Jean Legaret, Avenir-action de Gérard Heuchon, et le Rassemblement pour l'avenir français de Robert Bichet.. Natter et cette confédération constituent un comité de soutien à Alain Poher en mai.. Il participe aussi aux colloques des « intellectuels pour la liberté » de l'Institut d'études occidentales, aux côtés d'intellectuels tout autant opposés au marxisme comme Thierry Maulnier, Paul Sérant ou Louis Rougier..

Membre du bureau national du syndicat autonome des facultés des lettres, il fonde en réaction aux événements de mai 68 une faculté libre, la Faculté libre internationale pluridisciplinaire (FACLIP), ouverte en et dont il est le doyen. Comme sa devancière la Faculté libre de droit, d’économie et de gestion (FACO Paris) (FACO) d'Achille Dauphin-Meunier, elle est appuyée par l’Association des parents pour la promotion de l’enseignement supérieur libre (APPESL), fondée en 1967 et présidée par Aimé Aubert. Elle s'installe au 44, rue de Rennes, dans le , à Paris, dans des locaux laissés libres par le déménagement de la FACO rue Broca..

Natter a été suivi par quelques-uns de ses collègues universitaires de la Sorbonne (Paris-IVDans les colonnes de l'hebdomadaire Carrefour (5 juin 1970), Natter (alias Étienne Malnoux) estime capital l'existence d'une facultés des lettres (Paris-IV) qui ne soit pas marxiste. ) ou de Nanterre, comme Frédéric Deloffre, cofondateur de la FACLIP, ou Jacques Rougeot, animateurs de l'Union nationale inter-universitaire, Senninger (français, de Nanterre), Pierre Grimal (latin, de la Sorbonne), Roland Mousnier (histoire, de la Sorbonne), Pillorget (histoire) ou Malliavin (mathématiques, de la Sorbonne), désireux de faire face des universités publiques et .

La FACLIP entend donner un et délivré de , des universitaires marxiste, afin d'éviter l' que l'on trouve dans leur enseignement. En première année, un enseignement de culture et d'enseignement général est prévu, pour pallier la baisse du niveau des titulaires du baccalauréat... Cette faculté, qui pratique la sélection à l'entrée, et dont les frais d'inscription s'élèvent à par an à l'origine, attendait plus de 500 étudiants. Une cinquantaine seulement s'est inscrit lors de la première année, du fait de l'incertitude des équivalences des diplômes.. La FACLIP entend former des cadres de qualité grâce à son enseignement en lettres et en sciences et des futurs professeurs dès lors qu'elle prépare au CAPES et à l'agrégation. Elle se veut strictement apolitique. Elle a été formée sous le statut de société coopérative à capital variable. Elle est présidée par André Récipon, banquier, catholique contre-révolutionnaireRécipon a été P-DG de la Banque de Financement pour l'Industrie et le Commerce, président de la Banque Brière à Noyon. Raoul Follereau l'a désigné en 1968 pour lui succéder à la tête de son association devenue la Fondation Raoul-Follereau. Il a été délégué général des Associations Familiales Catholiques, secrétaire Général de la Fédération Nationale des organismes de Gestion de l’Enseignement Catholique (, ). Il participe aux congrès de l'Office international des œuvres de formations civiques et d'action doctrinale selon le droit naturel et chrétien (avatar de la Cité catholique de Jean Ousset), en 1964 (rapport sur les familles françaises pour : ) et 1969 (thème du congrès: « Culture et révolution », : , Culture et révolution: sixième congrès de l'Office international des œuvres de formation civique et d'action culturelle selon le droit naturel et chrétien, 5, 6, 7 avril 1969 ). Il est décédé en 2015 : , . Sur les convictions politiques de Follereau et Récipon: cf. notamment : ., secondé par Aurélien de Sèze, directeur général. Elle fait face à ses débuts à un problème de financement dès lors qu'elle ne reçoit pas d'aide publique: elle dépend des frais de scolarité ( par an en 1971) et du . Depuis une loi du , les étudiants de la FACLIP sont interrogés par un jury d'une université publique, en l'occurrence Paris-IV, , ..

Dans une conférence qu'il donne en 1971 au Centre d'études politiques et civiques, Natter fustige et surtout , et le qui s’empare . Il dénonce la , la  aussi, depuis la réforme qui a mis en place la scolarité obligatoire à 16 ans, , et l’endoctrinement de la qui ont pour conséquence , ce qui entraîne des élèves et provoque leurs rancœurs. Natter oppose , au syndicat autonome des facultés des Lettres, qui , et vante l'action de l'Union nationale interuniversitaire (UNI), et celle des étudiants du Comité des étudiants pour les libertés universitaires (CELU), fondée en , . Il conclut ainsi: Les Cahiers du CEPEC, , dîner-débat du 6 mai 1971, dont il est le conférencier sur le thème « pédagogie nouvelle et subversion ». Dans un entretien donné au périodique du CELU (Université librePrésentation du périodique sur le site de l'Institut français de l'éducation) en 1972, Natter affirme encore que . Il vitupère une nouvelle fois la marxisation du corps enseignant et la pédagogie nouvelle, qui aurait pour , et affirme que les de mai 68 ont été dirigées et manœuvrées par .

Natter quitte ensuite la FACLIP pour fonder en 1973 une autre faculté libre, la Faculté libre de Paris et de l'Ile-de-France, qui siège au 233, rue du Faubourg-Saint-Honoré puis 9, place Malesherbes, dans le .. Une faculté qui bénéficie de l'appui de l'APPESL d'Aubert, d'une subvention de l'État jusqu'en 1982 et d'un soutien financier de la mairie de Paris de Jacques Chirac de 1982 à 1994, jusqu'à ce que Natter déclare dans le quotidien de l'extrême droite catholique Présent, mis d'ailleurs à la disposition de ses étudiants, que les , alors que sa faculté libre est dont l'enseignement, , est Le Monde, 29 juillet 1994, "Accueillant 77 étudiants, une faculté libre proche de l'extrême droite est subventionnée par la ville de Paris". Les 4 facultés libres que soutient l'APPELS et leur millier d'étudiants bénéficient à cette date de de la ville de Paris, dont pour la Faculté libre de Paris. Devant le manque de discrétion de Natter, l'APPELS réfléchirait à ne pas le reconduire à son poste de doyen. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) s'en étant ému, et ayant demandé la fin de cette subvention, le Conseil de Paris la supprime en .. Le sénateur du Parti radical de gauche (PRG) et universitaire Gérard Delfau a également protesté, n'admettant pas que l'État subventionne cette faculté dirigée par un doyen se situant ; la subvention de l'État ayant en effet été rétablie en 1993 ()Question écrite de G. Delfau en 1994 et réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, sur le site du Sénat: la subvention de l'État a été suspendue, ..

Dans le même temps, Natter collabore aux Cahiers Charles Maurras, publie des textes de Charles Maurras avec ses amis Claude Rousseau et Claude Polin, professeurs à la FACLIPCharles Maurras, de la politique naturelle au nationalisme intégral, Vrin, 1972 : Le Monde, 5 avril 1973, Préface signée de Natter et donne des conférences sur Maurras et l’enseignement. Sous le nom de plume d’Étienne Malnoux, il dirige de 1974 à son décès une nouvelle mouture de la Revue universelle, La Revue universelle des faits et des idéesJean-Paul Gautier, La Restauration nationale : un mouvement royaliste sous la République, Syllepse, 2002. En 1976, il cosigne la « déclaration des trente universitaires catholiques » affirmant leur avec le clerc traditionaliste fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Marcel Lefebvre, et leur adhésion à . La déclaration est rédigée par Jean de Viguerie et signée aussi par Dauphin-Meunier, Marcel de Corte ou Roland MousnierJean de Viguerie, « L’année 1976 de Lefèbvre », Nouvelles de Chrétienté, , novembre-décembre 2005 (en ligne), Le Monde, 3 décembre 1976.. Natter demeure jusqu'à sa mort un conférencier des milieux d'Action française, participant par exemple au colloque organisé par l'AF de Pierre Pujo en 1982 ou à un autre colloque en 1987, pour le millénaire capétien, sur Le Monde, 27 octobre 1982..

Notes et références

Annexes Bibliographie . . .

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