Eugen Lovinescu était un homme de lettres roumain (né le à Fălticeni et mort le à Bucarest), père de Monica Lovinescu et oncle d'Anton HolbanGrand Larousse universel, volume 9, , Paris, Larousse, 1989Anton Holban, Le Collectionneur de sons, préface, passim, 2015.
Biographie
Eugen Lovinescu (né le , à Fălticeni – décédé le , à Bucarest ) était un critique littéraire, théoricien de la littérature roumaine et sociologue de la culture. On lui doit la théorie du synchronisme et de la mutation des valeurs esthétiques.
Les études
Il suivit les cours du collège de Fălticeni, puis du lycée Costache Negruzzi de Iași entre 1896 et 1899. Il obtint sa licence en lettres classiques à l'Université de Bucarest, en 1903. De 1904 à 1906 il enseigna le latin à Ploiești, puis aux lycées Matei Basarab et Mihai Viteazul de Bucarest.
Activité journalistique
C'est en 1903 qu'il débuta, dans le supplément littéraire du journal Adevărul [La Vérité] avec un article en marge de ses travaux en lettres classiques.
En 1904, il commença à collaborer au journal Epoca [L'Époque] avec des prises de positions sur Mihail Sadoveanu. Il poursuivit avec des critiques sur des auteurs comme Octavian Goga, Șt.O.Iosif, Alexandru Brătescu-Voinești, Ion Gorun, Ion Agârbiceanu, Emil Gârleanu, qu'il a réunies dès 1906 dans deux volumes intitulés Pași pe nisip... [Pas sur le sable]. Il s'agit des prémices de ses futures confrontations d'idées avec Nicolae Iorga ou Garabet Ibrăileanu.
La recherche
De 1906 à 1909, il vécut à Paris, où il soutint sa thèse de doctorat, Jean-Jacques Weiss et son œuvre littéraire., sous la direction d'Émile Faguet et complétée par la publication de Les voyageurs français en Grèce au ..
Il publia plusieurs biographies sur : Grigore Alexandrescu (1910), Constantin Negruzzi (1913), ou Gheorghe Asachi (1921).
Il tenta, à la même époque de briguer un poste universitaire à Iași où on lui préféra Garabet Ibrăileanu, puis à Bucarest ou il dispensa un cours sur le romantisme.
Il anima, jusqu'à la fin de sa vie, le cénacle littéraire Sburătorul [Le Sylphe] et dirigea la revue du même nomGrand Larousse Universel, volume 13, , Paris, Larousse, 1989..
Ouvrages de référence À partir de 1922 Eugen Lovinescu travailla à des ouvrages de référence, dont Istoria civilizației române moderne [L'Histoire de la civilisation roumaine moderne] en trois volumes. Le critique applique au phénomène culturel roumain l'idée de l'imitation empruntée au sociologue Gabriel Tarde (Les lois de l’imitation) et fixe le début de la civilisation roumaine moderne à partir des premières influences de l'esprit occidental Grand Larousse Universel, volume 9, , Paris, Larousse, 1989.
Istoria literaturii române contemporane [« L'Histoire de la littérature roumaine contemporaine »]. tire les conséquences de cette loi sur la littérature d'après 1900.
Le romancier et dramaturge
Au drame ibsenien De peste prag [Depuis le seuil] (1906) succèdent des volumes de nouvelles, esquisses, poésies et romans repris successivement sous divers titres : Aripa morții [L'Aile de la mort], Comedia dragostei [La Comédie de l'amour], Lulu, Viața dublă [La Double Vie].
Deux cycles sont à retenir : Bizu (Bizu, Patru, Diana et Acord final) et le cycle Mihai Eminescu : Mite et Bălăuca. Le solitaire et inadapté Bizu serait un personnage d'inspiration autobiographiqueGeorge Călinescu, Istoria literaturii române de la origini până în prezent, , Bucarest, Minerva, 1982..
Les études sur la société Junimea
À la fin de sa vie, il se consacra à des études sur la société Junimea, dont l'anthologie qui lui est consacrée a été comparée à celle de Charles-Augustin Sainte-Beuve sur Port-Royal des Champs.
Postérité et positions idéologiques
Lucian Boia souligne que, bien qu'Eugen Lovinescu ait eu recours, comme toute sa génération en Europe, à des définitions basées sur l'idée de "race", il n'était pas raciste, car le racisme consiste à croire que certaines "races" sont supérieures ou inférieures à d'autresDans son ouvrage Le Racisme : un exposé pour comprendre, un essai pour réfléchir, Flammarion, coll. « Dominos », 1997, , Pierre-André Taguieff définit l'idée de "race" sans notion de supériorité ou d'infériorité, comme du racialisme. : il a d'ailleurs accueilli, voire lancé, nombre d'écrivains juifs au sein de son cercle littéraire et ne nourrissait pas d'antisémitismeLucian Boia Les pièges de l'Histoire, , Paris, Les Belles Lettres, 2013, ..
En 1936, il fut battu lors de l'élection à l'Académie roumaine par A.C. Cuza, probablement parce que les idées nationalistes de ce dernier étaient davantage dans l'air du tempsLucian Boia Les pièges de l'Histoire, , Paris, Les Belles Lettres, 2013, ..
De manière générale, Eugen Lovinescu est considéré comme celui qui a introduit le modernisme dans la littérature roumaine, sans faire pour autant partie de l'avant-garde littéraireAndreia Roman, Literatura Româna Littérature roumaine Tome III L'Entre-deux-guerres, , Paris, Non Lieu, 2010, ..
Liste des œuvres
De peste prag [Depuis le seuil], 1906 Nuvele florentine [Nouvelles florentines], 1906 Aripa morții [L'Aile de la mort], roman, 1913 Lulu, coécrit avec Hortensia Papadat-Bengescu, 1924 Istoria civilizației române moderne [L'Histoire de la civilisation roumaine moderne], 1924-1925 Istoria literaturii române contemporane [L'Histoire de la littérature roumaine contemporaine], (I-VI), 1926-1929 Critice [Critiques]., 1925-1929 Bizu, 1932 Memorii, (I-III) [Mémoires], 1932 Patru [Quatre], 1932 Viața dublă [La Double Vie], roman, 1932 Mite, 1934 Bălăuca, 1935 Titu Maiorescu, (I-II), 1940 Titu Maiorescu și contemporanii lui (Titu Maiorescu et ses contemporains)., (I-II), 1943-1944 Titu Maiorescu și posteritatea lui critică (Titu Maiorescu et sa postérité, 1943 Diana, 1956 Revizuiri [Révisions], posthume, sous la coordination de Ion Simuț, 2003 Agende literare [Des agendas littéraires], posthume Memorii, Aqua forte [Mémoires, Eau-forte], 1998 .
Notes et références
Liens externes
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