L'Agence française de développement (AFD) est une institution financière publique française qui œuvre au service des intérêts de la France, conformément au mandat fixé par la loi du , et complète l’action diplomatique de la France dans le monde. Présente en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique Latine, dans l'Indo-Pacifique, la Caraïbe et l'Outre-mer, l'établissement finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète. L'AFD finance et accompagne environ , dans et en outre-mer.. Ses équipes composées de 2 600 collaborateurs sont basées à Paris, à Marseille et dans un réseau de 85 agences à travers le monde..
Histoire vignette|redresse|Au centre, André Diethelm, premier directeur de la CCFL (Marseille, 1944).
Fondation Le , Charles de Gaulle crée la Caisse centrale de la France Libre (CCFL) par ordonnance à Londres.. Il en confie la direction à Pierre Denis.. La Caisse centrale assure l’émission monétaire, le Trésor public et le contrôle des changes du gouvernement en exil. Elle permet de faire face aux besoins de gestion financière et monétaire de la France libre et des territoires ralliés. La caisse était chargée, par l’ordonnance du , , ainsi que d'assurer le contrôle des changes (ordonnance du ).
La Caisse centrale est installée à Dakar dès l’année suivante, en 1942., puis à Alger fin 1943.
Un an avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, Pierre Mendès France, commissaire aux Finances, décide de transformer la caisse en la chargeant du financement du développement économique et social de l'Outre-mer. Elle devient la Caisse centrale de la France d'Outre-mer (CCFOM) le , puis s'établit à Paris après la Libération. Sa compétence se limite désormais aux territoires ultra-marins. Elle conserve toutefois son rôle d'émission monétaire.
André Postel-Vinay succède à Pierre Denis en 1944, et reste à la tête de l’établissement jusqu’en 1973.
La Caisse centrale porte la loi du du , qui instaure le Fonds d’investissement pour le développement économique et social des territoires d’Outre-mer (FIDES). Cette loi définit les bases du futur système français de coopération, qui permet d’intervenir avec des subventions de l’État et des prêts de la Caisse.
La Caisse centrale apporte des prises de participation et des prêts, en complément des subventions publiques. Elle a pour missions de gérer ce fonds, de fonder des sociétés d’État (pour créer des infrastructures et moderniser les territoires), et d’assurer les fonctions de banque de développement. La CCFOM accorde des prêts directement aux collectivités et aux établissements publics.
La première agence de la CCFOM ouvre à Brazzaville en 1947. Son rôle est de soutenir les acteurs économiques et le développement social sur le terrain.
Années 1950-1960 : coopération économique Le processus de décolonisation en Afrique conduit en 1958 la CCFOM à changer de nom qui devient Caisse centrale de coopération économique (CCCE), un établissement public et une institution financière spécialisée. Sa mission se transforme : financement, prêts, émissions d’emprunts, conseil. La priorité est donnée à la qualité et à la faisabilité des projets.
Entre 1955 et 1959, la Caisse centrale perd progressivement ses missions monétaires au profit de deux établissements publics, l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM) créé en 1959 et l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM) créé en 1967. De son côté, le Fonds d'aide et de coopération (FAC) remplace le FIDES.
En 1961, la Caisse crée le Centre d’études financières, économiques et bancaires (CEFEB) pour contribuer à la formation des cadres susceptibles de gérer les projets financés par la Caisse..
En 1963 est remis au gouvernement le rapport « La politique de coopération avec les pays en voie de développement » qui formule des propositions pour la politique française de coopération.
La Caisse centrale fusionne avec la Caisse d'équipement pour le développement de l'Algérie. (CEDA) en 1968.
Années 1970-1980 : extension du domaine géographique À partir de 1975, l’État élargit le périmètre géographique de la Caisse : elle peut désormais intervenir dans des pays anglophones et lusophones du continent africain et à Haïti. Ses activités évoluent : l’État l’autorise à consentir des financements aux conditions du marché. Au fur et à mesure, la Caisse centrale se déploie dans de nombreux pays.
En 1977, la Société de promotion et de participation pour la coopération économique (Proparco) est créée. avec comme mission de soutenir les entrepreneurs locaux, nationaux ou français, souhaitant développer des projets dans des pays en développement, notamment en Afrique.
Yves Roland-Billecart devient directeur général de 1979 à 1989.
En 1981, dans un contexte de crise de la dette, la Caisse centrale est autorisée à consentir des aides budgétaires aux pays en difficulté.. Il s’agit de soutenir le redressement financier des États en difficulté, d’adopter des réformes économiques et financières ou encore d'assurer diverses réformes sectorielles, comme la restructuration de filières agricoles touchées par la baisse des recettes d’exportation.
Années 1990 : Sommet de Rio et développement durable En 1990, pour éviter l’aggravation de la crise de la dette, le président de la République François Mitterrand décide, au Sommet de La Baule, que la Caisse fera désormais des subventions aux pays africains les plus pauvres.. La zone d’intervention de la Caisse s’élargit à toute l’Afrique, à certains pays de la Caraïbe ainsi qu’à l’Indochine et au Proche-Orient.
En 1992, le Sommet de la Terre à Rio fait du développement durable un objectif commun pour toute la planète.. Le concept devient un enjeu de premier plan pour la CCCE.
Le , la CCCE change de nom et de statuts et devient la Caisse française de développement (CFD)Décret du 30 octobre 1992, Journal officiel 255 du novembre 1992.. Sa mission est élargie et consiste à financer le développement économique et financier de plus de – africains, méditerranéens, asiatiques ou insulaires du Pacifique – et des DOM-TOM. La CFD est un établissement public à caractère industriel et commercial, doté d’une autonomie financière. Elle a pour rôle d’assurer le développement urbain, reconstruire les systèmes financiers et assurer la protection de l'environnement.
En 1994, la CFD se voit confier la gestion du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM). Créé par le gouvernement français à la suite du Sommet de Rio, le FFEM soutient des projets de développement durable en faveur des pays en développement, sans restriction géographique..
Le , dans le cadre de la réforme de la politique de coopération de la France, la CFD devient l’Agence française de développement (AFD). Elle est désignée comme opérateur principal de l’aide française au développementDécret du 17 avril 1998, Journal officiel 92 du 19 avril 1998, 6067.. Placée sous la double tutelle des ministères de l’Économie et des Finances, et des Affaires étrangères, elle a pour vocation de promouvoir la croissance et réduire la pauvreté.
Outre la hausse sensible des financements, la décennie 2001-2010 voit la diversification des instruments financiers utilisés par l'AFD : subventions, mais aussi prêts très "concessionnels" ou sans bonifications, fonds d'investissement, fonds de garantie et partenariats. Les bénéficiaires de prêts peuvent trouver auprès de l'AFD des liquidités pour financer à des taux attractifs – dus à la note AAA, la meilleure sur les émissions à long terme, délivrée à l'AFD par les agences de notation internationales – leur politique ou programmes d'investissement quand les marchés ne peuvent répondre à leurs besoins.
Années 2000 : désendettement et aide aux pays émergents En 2001, dans le cadre de la politique d’annulation de la dette des pays pauvres (décidée au G8 en 1999), la France instaure le Contrat de désendettement et de développement (C2D).. Les pays éligibles continuent d'honorer leur dette selon l’échéancier, mais aussitôt le remboursement constaté, l'AFD leur reverse la somme correspondante sous forme de subventions affectées à des programmes de lutte contre la pauvreté.
Le CICID du autorise l’AFD à financer des investissements dans six pays : Chine, Egypte, Jordanie, Syrie, Thaïlande et Turquie., puis, en 2006, au Brésil, en Inde, en Indonésie et au Pakistan. En 2009, l’Amérique latine (Colombie et Mexique) devient également une zone d’action à part entière.
En 2009, le gouvernement attribue à l’AFD la mission de financement des initiatives des organisations de la société civile (OSC) françaises ou internationales, jusqu’alors gérée par le ministère des Affaires étrangères..
Années 2010 : élargissement des domaines et zones d’intervention En 2011, l’AFD dispose d’un réseau d’une soixantaine d'agences et de filiales, en Afrique, en Asie, dans le pourtour méditerranéen, au Moyen-Orient, en Amérique latine, dans les Caraïbes et dans l’Outre-mer français. Le réseau compte plus de 1700 agents. L’AFD réalise d’euros d’engagement..
En 2013, Anne Paugam succède à Dov Zerah à la direction de l’Agence. Elle est la première femme à diriger l’AFD.
En 2014, la loi Développement et solidarité internationale, consacre l’importance du travail effectué par l’AFD au service des engagements internationaux de la France.. L'AFD concentre l'essentiel des ressources en subventions pour participer à l'amélioration de la santé maternelle et infantile, l'éducation, la formation professionnelle..
En 2015, l’AFD consacre d’euros au financement de projets, dont d’euros dans les pays en développement et en faveur de l’Outre-mer..
En , en amont de la COP21, le président François Hollande annonce le rapprochement de l'AFD avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC).. Celui-ci sera en fait moindre qu’envisagé initialement : les deux entités mettent toutefois en commun leurs réseaux à l'international, en métropole et dans les DOM-TOM et signent une alliance stratégique en 2017..
Lors de la conférence d’Addis-Abeba en 2015 qui met en évidence les nouveaux défis du financement du développement, les Nations unies adoptent le programme d’Addis-Abeba qui vise l’atteinte de 17 Objectifs de développement durable, les ODD. Ils proposent à chaque pays une feuille de route pour éradiquer la pauvreté, préserver l’environnement et le climat, soutenir la bonne gouvernance et la prospérité..
En , l’Accord de Paris sur le climat est signé. Sa mise en œuvre est au cœur du mandat de l’AFD.
En , Rémy Rioux, ancien secrétaire général adjoint du Quai d'Orsay, est nommé à la tête de l'Agence française de développement..
En 2016, l’État français lance sa politique de développement. Le président de la République François Hollande annonce le triplement des fonds propres de l’AFD d’ici 2020.
Le comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) du élargit aussi le mandat de l’AFD à de nouveaux secteurs (gouvernance, industries créatives et culturelles, enseignement supérieur, éducation citoyenne au développement) et à de nouvelles zones géographiques (Balkans, Ukraine, Argentine)..
En 2017, le président de la République Emmanuel Macron réaffirme la volonté de faire du développement une priorité de la politique étrangère. Il entreprend une hausse du budget de l’aide française et souhaite que 0,55 % du revenu national brut (RNB) soit consacré à la solidarité internationale d’ici la fin du quinquennat en 2022, contre 0,38 % en 2017. Les projets doivent s’aligner sur l’Agenda 2030 et l’Accord de Paris..