Goldman Sachs (inscrite à la Bourse de New York), également connue sous les noms GS, Goldman et (« La Firme ») est une banque d'investissement créée en 1869 dont le siège social mondial est situé au 200 West Street dans le Financial District de Manhattan, à New York. Goldman Sachs dispose de bureaux dans les plus importantes places financières dont New York, Londres, Tokyo, Paris.

Goldman Sachs propose des activités de conseil en fusion-acquisition, de financement d'entreprise et des investissements de capitaux et le commerce de biens. L'établissement financier s'est fait connaître du public pour sa fabrication de produits dérivés financiers pendant la crise des subprimes et la crise de la dette grecque, qui ont contribué à la crise financière de 2007 à 2011.

Histoire 1869–1930 thumb|Marcus Goldman

Goldman Sachs est fondée en 1869 par Marcus Goldman sous le nom de Marcus Goldman & Co. .. La société est initialement spécialisée en gestion d'effets de commerce et gère jusqu'à cinq millions de dollars américain par an en papier commercial.

En 1882, Goldman invite son gendre Samuel Sachs à rejoindre l'entreprise et rebaptise cette dernière M. Goldman and Sachs. La société croît rapidement dans les années 1880 au fur et à mesure qu'elle gère un capital croissant. En 1885, Goldman recrute son fils Henry et son beau-fils Ludwig Dreyfuss dans l'affaire et rebaptise l'entreprise Goldman Sachs & Co Business & Finance: Cash & Comeback Lis Endlich, Goldman Sachs - The Culture of Success, Touchstone, 1999, . La société se forge un nom, devenant une pionnière dans l'utilisation des papiers commerciaux pour les entrepreneurs.

En 1894, Samuel Sachs remplace son beau-père Marcus Goldman à la tête de la société. Elle s'inscrit à la bourse de New York en 1896.

Au début du vingtième siècle, Goldman participe à la création des règles d'introduction en bourse (, IPO). En 1906, elle réalise une de ses premières transactions publiques en gérant l'une des plus importantes introductions en bourse , pour le compte de la Sears, Roebuck and Company, après avoir réalisé avec succès sa première opération de ce type pour United Cigar Manufacturers.

Le , la société crée le , une avec des propriétés similaires à celles d'une chaîne de Ponzi. Le cours de bourse de la société explose avant de s'effondrer avec le krach de 1929The Great Crash of 1929, John Kenneth Galbraith. En 1932, une commission d'enquête du Sénat américain interrogea Samuel SachsStock Exchange Practicies, Hearings, April-June 1932, pages 566-567 :

1930-1980 En 1930, Sidney Weinberg devient associé principal et déplace les activités de Goldman Sachs du négoce vers la banque d'investissement. En 1969 Gus Levy prend la tête de la société. En 1970, Goldman Sachs compte environ employés.

Une autre crise financière de la société Goldman Sachs s'est produite en 1970, quand la Penn Central Transportation Company a fait faillite avec plus de 80 millions de dollars d'actions en circulation, la plupart émises par Goldman Sachs. La faillite était de grande ampleur, et les poursuites en découlant ont menacé le capital du partenariat et la vie de l'entreprise. C'est cette faillite qui a entraîné la création de notations de crédit pour chaque émetteur d'actions.

John Weinberg, le fils de Sidney Weinberg dirige la société entre 1976 et 1990.

1980-1999 thumb|upright=0.5|Robert Rubin En 1990, Robert Rubin et Stephen Friedman prennent la tête de Goldman Sachs. Robert Rubin quitte la banque pour devenir le Secrétaire au Trésor des États-Unis de 1995 à 1999 pendant le gouvernement de Bill Clinton.

Jon Corzine prend la tête de la firme en 1994. Il la quitte pour devenir sénateur puis gouverneur du New Jersey dans les années 2000. Il devient ensuite PDG de MF Global, qui fait faillite sous sa direction en .

Goldman Sachs est critiquée lors de la crise financière russe de 1998, conseillant la Russie tout en spéculant contre sa capacité à payer sa dette ..

Depuis 1999 thumb|upright=0.5|Henry Paulson, 2006 Au début des années 2000, peu de temps après une introduction en bourse plus tardive que ses rivales, Goldman Sachs a subi un revers important en termes d'image, étant l'une des dix grandes banques d'investissement à avoir signé un compromis à 1,4 milliard de dollars sur la question de l'indépendance de l'analyse financière, via l'accord amiable d'avril 2003, avec la SEC etL'accord du 28 avril 2003 entre la Justice, dix grandes banques, la SEC et la Nasd, l'association des courtiers américains.

Henry Paulson prend la tête de la banque à la suite de la crise financière russe. Il quitte Goldman Sachs pour devenir secrétaire au Trésor des États-Unis.

La rentabilité moyenne annuelle des fonds propres de Goldman Sachs est de 29 % de 2000 à 2008 : ce chiffre est à comparer au 19 % du secteur financier américain et au 1 % de la grande distributionGoldman Sachs : une créature hors de contrôle, Challenges, , du 6 mai 2010, page 20..

thumb|upright=1.3|De gauche à droite: Richard M. Smith, rédacteur en chef de Newsweek, Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères de la France ; Lloyd C. Blankfein, président de Goldman Sachs ; Aleksey Kudrin, premier ministre de la Russie ; Shimon Peres, président d'Israël ; Henry A. Kissinger, directeur de Kissinger Associates ; George Yeo Yong-Boon, Ministre des affaires étrangères de Singapour. Photographie prise lors de la séance aux rencontres 2008 du Forum économique mondial de Davos en Suisse.

Crise des subprimes

Dans la deuxième partie de l'année 2007, Goldman Sachs est l'une des seules entreprises du secteur financier à ne pas avoir perdu d'argent en anticipant la crise des subprimes.. En 2008, Goldman Sachs compte environ employés. La même année, le groupe bancaire annonce un bénéfice en baisse de 70 %.

Le , en raison des pertes considérables subies par leurs implications dans la crise des subprimes, le groupe demande et reçoit l’approbation de la Réserve Fédérale (Fed) pour un changement de statut : de banque d’investissement (investment bank) elle devient la quatrième du pays .. Le groupe peut alors bénéficier des nouvelles liquidités de la Réserve Fédérale débloquées par le plan PaulsonGoldmansachs.com. Le secrétaire au Trésor Henry Paulson étant un ancien président et directeur de la banque Goldman Sachs, des critiques soulèvent qu'il y a un possible conflit d’intérêtsJérôme Fritel et Marc Roche, « Goldman Sachs - La banque qui dirige le monde », documentaire diffusé sur Arte, France, 2012 - Présentation sur le site d'Arte. Il ne sera cependant jamais inquiété par la justice. Ce sauvetage semble ne pas être sans contreparties : le capital de Goldman Sachs change de mains. Ainsi, Warren Buffett entre officiellement dans le capital de la banque en injectant 5 milliards de dollars.

Goldman Sachs a reçu, à l'automne 2008, près de 13 milliards de dollars que lui devait American International Group, qui lui-même a été renfloué par la FedA.I.G. Lists Firms It Paid With Taxpayer Money, New York Times, publié le 15 mars 2009..

En , le magazine américain Rolling Stone publie un article de l'écrivain politique Matt Taibbi où ce dernier accuse Goldman Sachs d'avoir provoqué la plupart des « manipulations de marché » ou bulles, lors de ces 80 dernières années..

En , la poursuit Goldman Sachs et Fabrice Tourre, un de ses vice-présidents, pour fraude dans les événements entourant la crise des , .. Le , la société a décidé de verser 550 millions USD pour mettre fin à la poursuite.

En , le département de la Justice des États-Unis .

Le , le gouvernement des États-Unis entame des poursuites judiciaires contre Goldman Sachs pour son rôle dans la crise des subprimes..

En , La Tribune publie un article dans lequel elle soupçonne Goldman Sachs ainsi que d'autres gros acteurs du marché des matières premières de créer artificiellement, avec la complicité du , une pénurie de zinc et d'aluminium et ainsi spéculer à la hausse sur les cours..

En , Goldman Sachs est contraint d'acquérir 3,15 milliards de dollars américains de produits financiers dans le cadre de ses poursuites dans le conflit qu'il a avec (FHFA), le régulateur des organismes para-étatique Freddie Mac et Fannie MaeSubprimes : Goldman Sachs rachète pour 3,15 milliards de dollars de produits risqués, Le Monde1 23 avril 2014.

Crise des dettes publiques en Europe

En , le New York Times affirme que Goldman Sachs porte une responsabilité directe dans l'aggravation de la crise de la dette publique grecque. Elle aurait aidé le gouvernement grec à camoufler sa dette grâce à des outils financiers qui lui auraient permis de dissimuler ses transactions tout en renflouant ses comptes avec l'aide d'autres banques américaines. Goldman Sachs en aurait tiré 300 millions de dollars de bénéfices..

Le , Alan Brazil, stratégiste haut placé de Goldman Sachs, remet un rapport de 54 pages aux centaines de clients institutionnels de la firme. Il recommande aux Hedge Funds de tirer profit de la situation en spéculant sur une aggravation de la crise de la dette en Europe. L'affaire est révélée par le Wall Street JournalGoldman Takes a Dark View, Susan Pulliam et Liz Rappaport, The Wall Street journal, New York, septembre 2011Entre conseil et spéculation, la duplicité de Goldman Sachs, Marc Roche, Le Monde, 06 septembre 2011.

En , la crise de la dette grecque en Europe nécessite plusieurs remaniements dans les gouvernements. En Grèce, le premier ministre Geórgios Papandréou est remplacé par Loukás Papadímos, ayant travaillé à Goldman Sachs.. En Italie, Silvio Berlusconi est remplacé par Mario Monti, ayant aussi travaillé à Goldman Sachs. Mario Draghi, vice-président de la branche européenne de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs de 2002 à 2005, succède à Jean-Claude Trichet le à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE).

thumb|Jim O'NeillLe , l'économiste britannique Jim O'Neill estime que la zone euro sera démantelée en cas d'intégration budgétaire plus poussée. Dans un entretien publié par le Sunday Telegraph, le président de Goldman Sachs Asset Management pense que certains pays vont quitter la zone euro plutôt que de dépendre de règles budgétaires plus centralisées. La division que dirige Jim O'Neill gère plus de 800 milliards de dollars (581 milliards d'euros) d'actifsLa zone euro pourrait être démantelée-dirigeant Goldman Sachs, Reuters, 6 novembre 2011. Marc Roche estime que Jim O'Neill « tient le haut du pavé dans la défénestration de l'euro »Goldman Sachs, le trait d'union entre Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos, Marc Roche, Le Monde, 14 novembre 2011.

Du fait de son implication dans les déboires de la zone euro et le trucage des comptes publics grecs, la banque a perdu de son influence en Europe, l'opinion publique comme les gouvernants de grands pays de la zone (en particulier Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Silvio Berlusconi) affichant leur hostilité envers la firme. De par ses liens avec plusieurs des plus hautes figures exécutives européennes, Goldman Sachs détenait en effet jusqu'alors une influence inégalée en Europe.

Histoire récente

Le , Rajat Gupta, ex-administrateur de la banque Goldman Sachs et ancien directeur général du cabinet McKinsey & Company, est arrêté et incarcéré par le Federal Bureau of Investigation pour délit d'initié dans l'affaire du fonds d'investissement GalleonUn ancien de Goldman Sachs inculpé Agence France-Presse, 26 octobre 2011, et reconnu coupable en .

Le , le Financial Times révèle que Henry King, analyste de Goldman Sachs pour le secteur technologique, fait l'objet d'une enquête du bureau du procureur de New York pour délit d'initiésGoldman Sachs: enquête sur un analyste, Agence France-Presse, 15 février 2012.

Le M. Greg Smith quitte Goldman Sachs et signe un article « Why am I leaving Goldman Sachs » (Pourquoi je quitte Goldman Sachs) où il dénonce le mépris dans lequel seraient tenus les clients en interne.