vignette|Flash mob organisé à Cologne en réaction aux agressions.
Durant les célébrations du nouvel an 2016, dans la nuit du au , une vague d'agressions sexuelles collectives, de vols, de braquages et au moins deux cas de viol est rapportée à travers l’Allemagne, principalement à Cologne, mais aussi en Finlande, en Suède, en Suisse et en Autriche. En Allemagne, outre Cologne, onze villes sont touchées : Hambourg, Stuttgart, Bielefeld et Düsseldorf principalement. Sur les 16 Länder, 12 ont été touchés dans un bilan revu à la hausse le .
Le nombre d’agresseurs est d’abord estimé à rien que pour Cologne. Les agressions sont coordonnées et commises par des groupes de 2 à 40 hommes, décrits comme nord-africains ou arabes. Les suspects sont principalement des demandeurs d’asile et des immigrés en situation illégale. Le nombre de plaintes à Cologne ne cesse de croître du 4 au , passant de 30 le lundi à le concernant plus de Plus de 800 plaintes à Cologne, 7sur7.be, .
Le silence de la police et des médias, le laxisme policier, les déclarations de la maire de Cologne incriminant les femmes allemandes et le retard pris par les médias, surtout l’audiovisuel public (ARD, ZDF et autres), pour rapporter les faits sont vivement critiqués dans les jours qui suivent.
Puis, six semaines après les faits, la police allemande fait un point sur l’enquête. À Cologne, sur les plaintes déposées, 470 concernent des agressions sexuelles et 618 des vols, coups ou blessures.
À Cologne thumb|Place publique entre la gare centrale et la cathédrale de Cologne.
Identité des agresseurs Les agresseurs sont décrits comme « fortement alcoolisés » et leur nombre est d’abord estimé à , puis à . Cependant, des rapports subséquents de la Deutsche Presse-Agentur indiquent que ce nombre représente plutôt la quantité d’hommes présents le à la gare centrale de Cologne, et non le nombre d’agresseurs.
Selon les victimes et le chef de la police de Cologne, Wolfgang Albers, forcé de prendre sa retraite le , les hommes responsables des agressions sont d’« apparence arabe ou nord-africaine », âgés entre 15 et 35 ans, et ne parlent pas l’allemand "A 'new dimension' of sexual assault in Cologne"..
La police évoque dans son rapport d’enquête des délinquants nord-africains. : « Depuis 2011, les coupables de délits venus de pays d’Afrique du Nord, en particulier le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, représentent une part considérable des vols à la tire à Cologne. Ce groupe est enclin à la violence et utilise fréquemment des armes, comme des couteaux ou des gaz lacrymogènes »Cologne : la police désigne des délinquants maghrébins.. Au soir du , les 30 suspects identifiés sont tous nord-africains.
À la mi-février, de nombreux médias rapportent les chiffres donnés par le procureur de Cologne concernant l’identité des agresseurs : sur 58 agresseurs identifiés, 55 ne seraient pas des réfugiés, mais principalement des personnes originaires d’Afrique du Nord n’étant pas arrivées en Allemagne récemment et trois Allemands. Le procureur de Cologne apporte dans les heures qui suivent un démenti, affirmant que ses propos ont été déformés : « L’immense majorité des suspects identifiés rentrent dans la catégorie générale de "réfugiés". Les récentes informations rapportant que seuls trois des suspects étaient des réfugiés sont un non-sens total. Ils ont divers statuts légaux, parmi lesquels "immigrés clandestins", "personnes en recherche d’asile" et "demandeurs d’asile". Cela recouvre l’immense majorité des suspects.».
L’enquête avançant, la police fédérale allemande identifie 73 suspects, dont 18 ont le statut de demandeur d’asile, les autres étant en situation illégale. Ce groupe comprend 30 Marocains, 27 Algériens, 3 Tunisiens, 1 Libyen, 1 Iranien, 4 Irakiens, 3 Syriens et 3 Allemands. Seuls 12 de ces suspects sont soupçonnés d’agressions sexuelles.
Le , selon un rapport publié par les autorités locales, sur les 153 personnes suspectées d’avoir commis des agressions notamment à caractère sexuel lors du Nouvel An 2016, 103 sont de nationalité marocaine ou algérienne. 68 d’entre eux disposent du statut de demandeur d’asile et 18 sont en situation illégale en AllemagneAgressions de Cologne : les suspects sont en majorité Marocains et Algériens.
Mode opératoire des agresseurs vignette|Parvis de la gare centrale de Cologne, la nuit. Les agressions sont coordonnées, les assaillants arrivant en larges groupes. Un groupe d’environ 500 personnes lance des pétards en direction de la foule réunie sur la place publique et tire profit de la confusion ainsi créée pour commettre des vols, des braquages et des agressions sexuelles.
Des hommes encerclent de près les femmes en groupes de 30 ou 40, selon des témoins, isolant ainsi les victimes de leurs amis. Selon un rapport d’incident de la police de Cologne rédigé le , les suspects utilisent principalement des agressions à caractère sexuel comme moyen de diversion afin de s’emparer de certains biens personnels de leurs victimes, comme des téléphones portables ou des porte-monnaie. Le rapport indique aussi que les groupes d’assaillants étaient formés de 2 à 20 personnes.
Au , 106 femmes, parmi elles une policière, avaient porté plainte à la police au sujet d’événements, incluant deux viols, survenus sur la place publique située entre la gare centrale et la cathédrale de Cologne, dans la gare ou aux abords de celle-ci Mehr als 100 Anzeigen nach Übergriffen an Silvester - FAZ.net, Frankfurter Allgemeine Zeitung, in German Polizei stockt Ermittlungsgruppe deutlich auf - Tagesspiegel.de, Der Tagesspiegel, in German Als meine Freundin hinfiel, haben sich direkt vier Männer auf sie gestürzt - Focus.de, Focus, in German. Des policiers de Cologne indiquent au journal Die Welt que, contrairement aux premières déclarations officielles, la plupart des agresseurs étaient des demandeurs d’asile récemment arrivés, et que leur but n’était pas principalement de voler les passantes mais de les encercler pour leur amusement sexuel..
Le , le nombre de plaintes à Cologne s’élève à 561 pour 653 infractions. Le , le nombre de plaintes s’élève à 809 dont 521 se rapportant directement à des cas d’agressions sexuelles.
Deux immigrés clandestins nord-africains ont été arrêtés en possession de papiers sur lesquels étaient inscrites des formules obscènes et des menaces de mort en arabe et en allemand telles que « Je veux t’embrasser », « Tu as de gros seins », « Je vais te tuer » ou « Je vais te baiser ». Les deux hommes avaient également enregistré des vidéos d’agressions sur leurs téléphones portables. Depuis des mois, Cologne vivait une hausse de la criminalité contre les femmes, celles-ci refusant d’aller dans certains commerces et rues à cause du harcèlement et des persécutions qu’elles y subissaient.
Début , la police de Cologne recensait plaintes, dont 513 pour agression sexuelle (insultes à caractère sexuel, harcèlement, attouchement, tentative de viol et viol). Ceci a conduit à l’ouverture de 820 poursuites judiciaires contre X, dont 372 pour agression sexuelle. À ce jour, la police a identifié 333 suspects, dont 84 pour des motifs sexuels. Mais seulement deux individus, un Irakien de 21 ans et un Algérien de 26 ans, ont été reconnus par leurs victimes, qui les avaient aussi photographiés. Ils ont été tous les deux condamnés le à un an de prison avec sursis pour harcèlement sexuel.
Crimes similaires ailleurs en Allemagne et en Europe le même jour En Allemagne Des événements similaires ont lieu à Hambourg — en particulier sur l’avenue Reeperbahn, St. Pauli — où 133 femmes déclarent avoir été agressées sexuellement et 40 délestées de leurs biens Schon 53 Anzeigen in Hamburg nach Silvester-Übergriffen - Abendblatt.de, Hamburger Abendblatt, in German. D’autres attaques sont signalées à Bielefeld, Düsseldorf, Nuremberg et Stuttgart. À Weil am Rhein, 2 filles de 14 et 15 ans ont été violées collectivement à plusieurs reprises la nuit du Nouvel An. À Nuremberg, 2 filles de 18 et 19 ans ont été encerclées par 20 hommes et agressées sexuellement. À Ansbach 5 femmes entre 16 et 19 ans ont été agressées sexuellement. Au total ce sont 12 villes allemandes qui ont reçu des plaintes pour agression sexuelle le soir du Nouvel An.
Rapporté par des médias, la police allemande a revu à la hausse l’étendue des agressions révélant que ces crimes ont été commis dans douze des seize Länder que compte l’Allemagne. Ainsi si le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Cologne, Düsseldorf et Bielefeld) a été le plus touché avec plaintes déposées (dont 384 pour délits sexuels), des agressions similaires ont été enregistrées en Hesse (centre, 31), en Bavière (sud-ouest, 27), dans le Bade-Wurtemberg (25), à Brême (nord, 11) et Berlin (est, six). Un cas d’agression a été recensé en Basse-Saxe (nord-ouest), dans le Brandebourg, en Saxe (est), en Rhénanie-Palatinat et en Sarre (ouest).
En , un rapport de police relayé par le Süddeutsche Zeitung avance des chiffres actualisés : ce sont désormais 1 200 femmes qui ont été agressées par 2 000 hommes.
En , les trois derniers suspects de la nuit de la Saint-Sylvestre à Hambourg ont été acquittés. La juge Anne Meier-Göring a porté de graves accusations contre l’enquête menée par la police et le ministère public pour avoir maintenu les trois hommes en détention pendant près de six mois durant le temps de l’enquête [www.zeit.de/2016/47/sexuelle-uebergriffe-silvester-richterin-urteil-kritik/seite-2]. À Hambourg, un seul accusé fut reconnu coupable de délit de nature sexuelle et condamné.
Dans d’autres pays d’Europe Des attaques similaires, survenues elles aussi le soir de la Saint-Sylvestre, ont été rapportées ailleurs en Europe, notamment en Autriche, en Finlande, en Suède et en Suisse.
En Finlande En Finlande, le Bureau national des enquêtes nie initialement que des agressions similaires à celles de Cologne se soient produites à Helsinki. Plus tard, les services de police de la capitale reconnaissent avoir reçu des informations concernant trois cas de harcèlement sexuel, soulignant au passage que de telles agressions constituent un « phénomène complètement nouveau » pour le pays. Le bilan, au fil des jours, ne cesse d’être revu à la hausse, faisant état, pour la seule ville d’Helsinki, d’un cas de viol, de deux tentatives de viol et d’une douzaine d’agressions sexuelles. Le , la police finlandaise annonce ouvrir une enquête sur des viols de masse commis sur de jeunes femmes par des groupes de migrants.
En Suède En Suède, la police révèle avoir dissimulé 36 plaintes pour agression sexuelle, toutes ayant eu pour cadre les éditions 2014 et 2015 du festival de musique « We Are Sthlm », un événement gratuit organisé par la ville de Stockholm au sein de ses espaces publics et s'adressant en premier lieu à un public adolescent. À l’époque, une centaine de personnes, pour la plupart étrangères, avaient été interpelléeshttps://www.lexpress.fr/monde/europe/suede-la-police-a-cache-une-quinzaine-d-agressions-sexuelles-lors-d-un-festival_1752490.html et deux cents autres bannies du périmètre, sans que la police ni même les médias en fassent mention — jusqu'à ce que les événements de Cologne ne les incite à sortir du silence. Peter Ågren, chef de la police du quartier de Södermalm, à Stockholm, avouera même avoir refusé toute évocation de l'affaire .
D’autres villes de Suède (Malmö, Helsingborg, Kalmar et Karlstad) rapportent des événements similaires le jour du Nouvel An....
En Suisse À Zurich, plusieurs femmes été victimes d'agression, de vol, voire d'agression sexuelle par des groupes d’hommes d’origine étrangère, selon le même mode opératoire qu’à Cologne.
En Autriche