L'église Notre-Dame-de-la-Nativité est une église catholique paroissiale située à Us, dans le Val-d'Oise, en France. Elle répond à un plan cruciforme simple, avec une nef sans bas-côtés, et en même temps dissymétrique, car le croisillon nord comporte des arcatures romanes et une absidiole en cul-de-four du second quart du , tandis qu'une grande chapelle de style gothique rayonnant occupe l'emplacement de l'ancien croisillon sud. Ses voûtes et chapiteaux tiennent leur inspiration de la Sainte-Chapelle, mais les réseaux des fenêtres déploient des dessins qui renvoient à une période plus tardive. Les parties les plus intéressantes du vaisseau central, soit la croisée du transept, en même temps base du clocher, et le chœur composé d'une travée droite et d'une abside polygonale à sept pans, ont apparemment été édifiées en deux temps, avec une longue interruption du chantier : deux arcs-doubleaux non moulurés de la croisée du transept, le clocher et les élévations extérieures évoquent les premières années du gothique au troisième quart du , alors que les voûtes du chœur et ses colonnettes à chapiteaux ne paraissent pas beaucoup antérieurs au milieu du . La sculpture évoque les parties basses de la nef de la basilique de Saint-Denis. La voûte de la base du clocher ne date du reste que de la seconde moitié du , et l'étage de beffroi du clocher manque. La vieille nef, dont l'on sait seulement qu'elle était de plan basilical grâce à la découverte des bases de l'arcade à la fin du bas-côté nord, dans le sol du croisillon nord, a été démolie vers le milieu du , et remplacée par une construction néo-gothique, qui intègre toutefois des chapiteaux anciens, en partie romans, et des éléments du portail contemporain des voûtes du chœur. L'église Notre-Dame-de-la-Nativité a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du , à l'exclusion de la nef., et n'a bénéficié que de restaurations très ponctuelles depuis. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines, et des messes dominicales y sont célébrées irrégulièrement, et chaque samedi soir en juillet et août.
Localisation thumb|left|Vue depuis le nord-est, en montant la rue Jean-Jaurès.
L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, dans la vallée de la Viosne, sur la commune d'Us, au centre-ville, rue Henri-Clément / rue Jean-Jaurès. Entièrement dégagée de bâtiments mitoyens, elle est orientée irrégulièrement vers le sud-est du côté du chevet, et n'est pas alignée sur l'une des rues. La rue Jean-Jaurès passe au sud, et contourne le chevet. Elle est en pente continue vers l'est, et descend vers le fond de la vallée. La déclivité du terrain a obligé d'édifier la majeure partie de l'église sur une terrasse, consolidée par un mur de soutènement. Celui-ci domine la place entre le versant nord de la nef et la rue Henri-Clément, à l'est de l'église. Cette rue se débranche de la rue Jean-Jaurès près de l'angle nord-est du croisillon nord, et se dirige vers le nord. Depuis la place, il faut gravir un escalier d'une quinzaine de marches pour accéder au parvis devant la façade occidentale (tournée en réalité vers le nord-ouest). Cependant, on peut aussi y accéder depuis la rue Jean-Jaurès, en contournant la chapelle sud. Le presbytère termine la place du côté nord.
Historique thumb|left|Vue depuis l'est. thumb|left|Vue depuis le sud.
La date de fondation de la paroisse n'est pas connue. L'abbé Jean Vital Gautier indique le , mais cette date est très largement postérieure à la construction de l'église, et peu crédible (voir ci-dessous). L'église est dédiée à la Vierge Marie, sous le vocable particulier de la Nativité de Marie. Sous l'Ancien Régime, Ws (orthographe en vigueur jusqu'en 1885.) relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'évêque de Rouen.. L'église actuelle remplace un édifice roman, , selon l'avis de Bernard Duhamel. L'auteur ne justifie pas sa datation, mais évoque les fouilles effectuées (soit vers le milieu des années 1980) dans le sol du croisillon nord. Depuis, le sol du croisillon n'a pas été refait, et les éléments romans mis au jour sont toujours visibles sur place. L'on a également dégagé les arcatures plaquées qui animent les soubassements, ainsi que l'archivolte à l'entrée de l'absidiole. Cette archivolte est en arc brisé. Elle est moulurée d'un mince tore et d'une gorge, et retombe sur de fines colonnettes engagées. Ces deux caractéristiques n'apparaissent pas avant le deuxième quart du Pour l'arc brisé, cf. ; p. 139.Pour l'archivolte et les colonnettes, cf. ; p. 18 : .. Sauf à l'ouest, où le croisillon a été élargi, les éléments romans sont toujours conservés en élévation, mais ont été dissimulés sous un enduit au . Ce que l'on voit à l'ouest, sont les bases et socles d'une arcature plaquée et d'un arc-doubleau, face à l'absidiole, qui ne peut correspondre qu'à un ancien bas-côté. L'on peut donc conclure à un plan basilical, comme à Arronville et Cormeilles-en-Vexin quelques décennies plus tôt. thumb|upright|Croisillon nord, bases et socles d'une arcature plaquée et du doubleau ouvrant sur l'ancien bas-côté nord. thumb|upright|Plaque des curés.
La reconstruction du chœur roman est lancée au au plus tard. Bernard Duhamel ne se donne pas la peine de préciser davantage la date. On peut seulement retenir que si les contreforts à ressauts, la corniche de corbeaux et les fenêtres à lancettes simples de l'abside polygonale évoquent la première période gothique et les églises d'Avernes, Gouzangrez et Longuesse, la sculpture des chapiteaux visibles à l'intérieur est proche des parties basses de la nef de Saint-Denis, qui datent des années 1230-1240, et du bas-côté sud de Gonesse, daté des années 1245-1255 environ par Daniel Bontemps.. Sont édifiées une abside à sept pans, une travée droite du chœur, et probablement une nouvelle voûte de la base du clocher, en même temps croisée du transept, dont de nombreuses colonnettes à chapiteaux et deux formerets sont toujours en place. Peu de temps après, et pas seulement au comme l'affirme Bernard Duhamel, le croisillon sud roman est jeté bas, et une vaste chapelle est bâtie au sud de la travée droite du chœur et de la croisée du transept. Elle est de style gothique rayonnant « classique » du troisième quart du , et non de style rayonnant tardif, ce qui aurait donné des feuillages plus maigres sur les chapiteaux, et une modénature plus sèche. Il est cependant probable que ce chantier se fait sous la responsabilité d'un maître d'œuvre différent. Les chapiteaux se situent stylistiquement entre ceux de la dernière campagne de travaux de l'église de Montgeroult, qui débute vers 1230 ou peu de temps après selon Claire Perusset ; p. 28-29 et 44-45. ; et ceux du chœur de Genainville, que Maryse Bideault et Claudine Lautier datent des années 1250 / 1260.. L'inspiration par la Sainte-Chapelle de Paris paraît évidente. La datation peut prendre en compte les fenêtres et leurs délicats réseaux, que Bernard Duhamel considère comme les résultats d'une restauration du en raison de leur dessin (deux trilobes placés de biais au sud). Pourtant, il n'y a pas de traces d'une telle restauration : une photo extérieure prise par Félix Martin-Sabon avant la fin du montre déjà la chapelle en mauvais état, et fait apparaître des ragréages au ciment sur le remplage de la fenêtre méridionale, tandis que les écoinçons supérieurs des baies septentrionales sont bouchés.. À l'intérieur, les restes de la polychromie architecturale ancienne sont visibles un peu partout sous la couche de peinture moderne qui a commencé à tomber, y compris sur les réseaux des fenêtres, et leurs fines colonnettes à chapiteaux. Les réseaux correspondent bien à l'architecture rayonnante à son apogée, mais paraissent plus tardifs que les supports des voûtes.
Après la guerre de Cent Ans, l'église nécessite des réparations. C'est le clocher qui pose problème : la voûte de sa base, la colonnette à chapiteau de l'angle nord-ouest sont refaits, et l'arc triomphal vers la nef est retaillé. La modénature méplate et le chapiteau à glyphes indiquent la Renaissance et le milieu ou la seconde moitié du . L'étage de beffroi est démoli, et l'étage intermédiaire reçoit deux nouvelles baies abat-son à l'ouest. Côté nef, les contreforts sont supprimés. Le résultat est un clocher sans aucun caractère. À une période indéterminée du , la vieille nef basilicale de l'époque romane est démolie à son tour (dans le Vexin, les nefs romanes de Cergy, Osny et Puiseux-Pontoise connaissent alors le même sort, ainsi qu'une poignée d'églises en totalité). Elle est remplacée par une nef unique munie de fausses voûtes d'ogives néo-gothiques en matériaux légers. Des chapiteaux romans, qui sont susceptibles de provenir des grandes arcades, sont réemployés, mais aussi deux chapiteaux gothiques, dont la sculpture, mais pas les tailloirs, évoquent l'arcade méridionale de la croisée du transept. Assez curieusement, dans sa monographie de la commune d'Us de 1899, l'instituteur J. Arpaud ne se rend pas compte de la date récente de la nef. Il mentionne en revanche la restauration récente du croisillon nord roman, grâce à la générosité de la famille de Kersaint, propriétaires du château de Dampont, sur la communeJ. Arpaud, Commune de (Ws) Us, monographie de l'instituteur, Us, 5 octobre 1899, 27 p., p. 7-8.. Le croisillon nord est entièrement enduit et muni d'une fausse voûte d'ogives à l'intérieur, et remanié dans le style de l'abside gothique à l'extérieur. Il reste à déterminer si l'élargissement vers l'ouest s'inscrit dans le contexte de cette restauration. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du , à l'exclusion de la nef. Seulement l'abside a bénéficié d'une restauration depuis. Le reste de l'église est en mauvais état, notamment la nef néo-gothique, que la municipalité a choisi de sauvegarder par la pose d'étais en charpente. — Après le rattachement au nouveau diocèse de Versailles créé sous la Révolution française pour regrouper les paroisses du département de Seine-et-Oise, Us change une seconde fois de diocèse en 1966, quand la refonte des départements d'Île-de-France motive l'érection du diocèse de Pontoise, qui correspond au territoire du nouveau département du Val-d'Oise. Le village est à présent affilié à la paroisse Avernes et Marines, qui est très étendue, et réunit pas moins de trente-cinq clochers. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Notre-Dame à titre irrégulier, mais chaque samedi soir en juillet et août..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Irrégulièrement orientée vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique, et se compose d'une nef unique de quatre travées ; d'une croisée du transept servant de base au clocher ; d'une travée droite du chœur ; d'une abside à sept pans ; d'un croisillon nord muni d'une absidiole du côté est ; d'une grande chapelle de deux travées successives au sud de la croisée du transept et de la travée droite du chœur ; et d'une sacristie dans l'angle entre la chapelle et la nef. L'absidiole est voûtée en cul-de-four. Les deux travées du chœur et la chapelle conservent leurs voûtes d'ogives gothiques du . La voûte de la base du clocher est de la seconde moitié du . Les voûtes de la nef et du croisillon nord sont néo-gothiques. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef (au nord-ouest), par un portail latéral à l'ouest du croisillon nord, ou par la sacristie. Les quatre parties de l'église organisées autour de la croisée du transept sont munies de toitures dans leur axe, perpendiculairement à la base du clocher, avec des pignons au nord (nord-est), en façade, et au sud (sud-ouest).
Intérieur Nef thumb|upright|Vue vers l'est. thumb|upright|Chapiteau roman.