Charles Fox Parham, né le à Muscatine, Iowa, États-Unis, mort le à Baxter Springs, était un prédicateur et un évangéliste. Il est à l’origine de l’association de la glossolalie avec le baptême du Saint-Esprit et ainsi du développement du pentecôtisme.

Biographie Charles Parham, un des cinq fils de William et Ann Parham, est né à Muscatine, États-Unis le . Sa famille a déménagé à Cheney, une petite ville du Kansas, par chariot couvert, en 1883. William Parham détenait des terrains et un élevage de bovins, puis a finalement acheté une entreprise dans la ville. La mère de Charles est morte en 1885. L'année suivante, son père a épousé Harriet Miller. Harriet était une fervente chrétienne, et les Parham ont souvent ouvert leur maison pour des activités religieuses Edith L. Blumhofer, "Restoring the Faith: The Assemblies of God, Pentecostalism, and American Culture", University of Illinois Press, USA, 1993. Charles a épousé Sarah Thistlewaite, la fille d'un quaker. Leurs fiançailles ont eu lieu en été 1896 James R. Jr. Goff, Fields White Unto Harvest: Charles F. Parham and the Missionary Origins of Pentecostalism, University of Arkansas Press, USA, 1988 et ils se sont mariés le Sarah Parham, "The Life of Charles F. Parham", Apostolic Faith Bible College, USA, 1930, révisé en 2000.

Ministère

Début Parham a commencé à parler dans l’église dès l'âge de 15 ans. En 1890, il est inscrit au Southwestern College de Winfield (Kansas), une école méthodiste. Il a étudié jusqu'en 1893, date où il arrive à la conclusion que prolonger ses études serait un frein à son ministère. Bien qu’il n'ait pas été ordonné, il a ensuite travaillé dans l’Église épiscopale méthodiste en tant que pasteur remplaçantBlumhofer 1993, . Parham a quitté l'église méthodiste en 1895 parce qu'il était en désaccord avec sa hiérarchie. Il se plaignait que les prédicateurs méthodistes "ne prêchaient pas par inspiration directe". Rejetant les dénominations, il a créé son propre ministère d'évangélisation itinérant, qui prônait les idées du mouvement de sanctification et a été bien reçu par les gens du KansasBlumhofer 1993, .

Topeka, Kansas En survient la naissance de son fils Claude. Quelque temps après, Parham et son fils sont tombés malades en même temps. Attribuant leur rétablissement à une intervention divine, Parham a renoncé à toute aide médicale et s’est engagé à prêcher la guérison divine et à prier pour celaBlumhofer 1993, . En 1898, Parham a déplacé son quartier général à Topeka, où il exploitait une mission et un bureau. Dans cette ville, il a établi la "Bethel Healing Home" ("Maison de guérison Bethel") et publié le magazine Apostolic Faith (Foi Apostolique). Parham finançait ces activités par la foi, c'est-à-dire de manière bénévole, doublée de prière, afin que Dieu pourvoie directement aux besoins de son ministèreBlumhofer 1993, .

En 1900, Parham a décidé d'approfondir sa connaissance des enseignements de différents mouvements chrétiens ; il a donc pris un congé sabbatique et a rendu visite à diverses églisesSarah Parham, . Alors qu'il a vu et examiné d'autres enseignements et des missions différentes, la plupart de son temps a été consacré à Shiloh, l’œuvre de Frank Sandford dans le Maine, et a suivi une tournée de ce dernier en Ontario. On discerne une influence de Sandford dans les écrits ultérieurs de ParhamLarry Martin, "The Topeka Outpouring of 1901", Christian Life Books, USA, 2000.

A son retour de cette année sabbatique, Parham laissa ceux qui avaient pris la responsabilité de son œuvre poursuivre le développement de sa "maison de guérison". Il ouvrit un collège biblique, le Bethel Bible College, toujours à Topeka, en , calqué sur le modèle de la "Holy Ghost and Us Bible School" de Sandford. Parham a poursuivi sa politique de financement fondé sur la foi, ne faisant pas payer de frais de scolarité mais invitant tous les chrétiens qui étaient prêts à tout abandonner, à vendre ce qu'ils avaient et à entrer dans l'école pour l'étude et la prière. Environ (y compris les personnes à charge) ont répondu à son invitation . Le seul livre d’étude était la Bible et Parham considérait que le seul professeur était le Saint-Esprit, qui l’utilisait comme porte-voix Blumhofer 1993, .

Avant de commencer son école biblique, Parham avait entendu parler d'au moins une personne, dans la mission de Sandford qui parlait en langues et avait rapporté l'événement dans son journal. Parham en était venu à la conclusion qu'il y avait pas d'autre baptême du Saint-Esprit semblable reconnu à l'époque . À la fin de 1900, Parham avait conduit ses élèves de la Bethel Bible School à la compréhension qu’il devait y avoir une autre expérience avec Dieu, mais il n’avait pas spécifiquement parlé de la glossolalie. Selon le récit de Parham, c’est après la fin des cours en décembre qu’il a quitté ses élèves pendant quelques jours en leur demandant d'étudier la Bible pour déterminer quels éléments de preuve étaient présents lorsque l'Église primitive a reçu le Saint-Esprit. Les étudiants ont eu plusieurs jours de prière et de culte, et ont tenu une veillée de prière à l’école le . Le lendemain soir, le , ils ont également tenu une réunion, et c’est à ce moment qu’Agnes Ozman se sentit poussée à demander la prière pour recevoir la plénitude de l'Esprit Saint. Immédiatement après cela pour, elle a commencé à parler en ce qu'ils ont appelé "parler en langues", parlant en ce que l'on croyait être une langue connue.

Mouvement de la Foi Apostolique Les croyances controversées et l’attitude sévère de Parham ont rendu difficile le recueil des soutiens financiers nécessaires pour l’école; la presse locale a ridiculisé l'école de Parham, l’appelant la "Tour de Babel", et beaucoup de ses anciens élèves ont déclaré qu’il était dans l’erreur. En , le ministère de Parham à Topeka fut dissousEspinosa 2014, . C’est en 1903 que ses finances se sont améliorées quand il prêchait sur le pouvoir de guérison en Jésus-Christ à El Dorado Springs, Missouri, une station thermale populaire. Mary Arthur, épouse d'un éminent citoyen de Galena (Kansas), a affirmé qu'elle avait été guérie sous le ministère de Parham. Elle et son mari ont invité Parham à prêcher son message à Galena, ce qu'il a fait pendant l'hiver 1903-1904 dans un entrepôt pouvant accueillir des centaines de personnes. En janvier, le journal Herald de Joplin (Missouri) a indiqué que avaient été guéries et 800 avaient revendiqué une conversion. Dans les petites villes minières du sud-ouest du Missouri et du sud-est du Kansas, Parham a développé une solide base qui a formé l'épine dorsale de son mouvement Blumhofer 1993, .

En dehors des réunions de Galena, Parham a réuni un groupe de jeunes collègues qui voyageaient de ville en ville, en équipe de deux pour proclamer la "foi apostolique". Contrairement à d'autres prédicateurs avec un message orienté vers la sanctification, Parham a encouragé ses partisans à s’habiller élégamment afin de montrer l'attrait de la vie chrétienne. C’est en 1904 que le premier bâtiment de bois spécifiquement pour une assemblée pentecôtiste a été construit à Keelville, Comté de Cherokee (Kansas). D’autres assemblées semblables (Parham n’aimait pas la désignation du corps chrétien local comme "église") ont été lancées dans la zone de GalenaBlumhofer 1993, . Le mouvement se répandit bientôt à travers le Texas, le Kansas et l'Oklahoma.

Pendant l’année 1906, Parham a commencé à travailler sur un certain nombre de fronts. À Houston, son ministère a inclus la réalisation d'un collège biblique autour de 1906. Plusieurs Afro-Américains ont été fortement influencés par le ministère de Parham dans cette ville, y compris William J. SeymourBlumhofer 1993, . Ensemble Parham et Seymour ont prêché aux Afro-Américains de Houston, et Parham avait prévu d'envoyer Seymour prêcher aux communautés noires du TexasRandall Herbert Balmer, "Encyclopedia of Evangelicalism", Baylor University Press, USA, 2004, page 619. En septembre, il s’est aventuré également à Zion (Illinois), dans un le but de regagner les adeptes déçus de John Alexander Dowie (évangéliste écossais), bien qu'il ait quitté pour de bon après que la tour d'eau municipale s’est effondrée et a détruit sa tente de prédication. Un an plus tard, plusieurs centaines de fidèles le suivaient. Ces derniers ont été confiés à la supervision de John Graham Lake. En 1906, Charles Parham a envoyé, avec des fonds, une femme noire, Lucy Farrow, une cuisinière de son école de Houston, qui avait reçu le baptême de l'Esprit et sentait un appel pour Los Angeles, en Californie. Quelques mois plus tard, il a envoyé Seymour, avec des fonds de l'école, à rejoindre Lucy Farrow dans la mission de Los AngelesThe Winds of God, Ethel Goss, 1958 Word Aflame Press, pages 72-73Azusa Street and Beyond, L. Grant McClung Jr., 1986 Bridge Publishing Inc., page 5. Le travail de Seymour à Los Angeles sera par la suite développé dans le réveil d'Azusa Street, qui est considéré comme le berceau du mouvement pentecôtiste.. Seymour a demandé et reçu une licence en tant que ministre du Mouvement de la Foi Apostolique de Parham, et il a d'abord considéré son travail à Los Angeles, comme étant sous l'autorité de Parham. Puis en , Parham a critiqué le culte extatique à Azusa Street et la mixité raciale dans les réunions, qui défiait la ségrégation en cours AF (December 1906): I; AF, "The Same Old Way", 3; AF, Bible Pentecost", I. Parham croyait que les langues parlées devaient être une langue humaine reconnaissable (xénoglossie) et réservées aux seuls blancs américains, tandis que la théologie de Seymour optait pour une langue divine qui ne pouvait pas être comprise par des oreilles humaines (glossolalie). Parham dénonce ce point de vue et le qualifie de non biblique, provoquant une rupture avec Seymour.

Cet évènement et son soutien de personnes de l’anglo-israélisme ont souvent conduit à le considérer comme raciste. Il prêchait dans les églises noires et a invité Lucy Farrow, la femme noire qu'il avait envoyée à Los Angeles, à prêcher à Houston, durant un rassemblement du « Mouvement de la Foi Apostolique », duquel lui et W. Fay Carrothers étaient responsables, en , comme témoin oculaire, Howard A. Goss raconte dans le livre de sa femme, The Winds of GodThe Winds of God, Ethel Goss, 1958 Word Aflame Press, page 97-98 :

Dans le contexte du début du , les vues de Parham sur les relations ethniques reflètent celles de son temps, mais il était prêt à défier les mœurs sociales, même quand cela n’était pas une chose populaire à faireEddie L. Hyatt (Fall 2004), "Across the Lines: Charles Parham's Contribution to the Inter-Racial Character of Early Pentecostalism", Pneuma Review.

Déclin de l'influence