L’Imprimerie nationale. est une institution de l'État en France chargée de la confection des documents officiels. Hérité d'une imprimerie créée en avec un privilège royal, son statut a évolué au gré des changements politiques et technologiques pour devenir, en , une société anonyme à capitaux d'État. Connue sous la marque IN Groupe afin ., elle est une entreprise de premier plan dans le domaine de la fabrication de documents sécurisés, tels que cartes d'identité et passeports, mais aussi un fournisseur d'applications d'identification d'utilité publique.
Historique vignette|redresse=1.3|L'ancien site parisien de l'Imprimerie nationale (rue de la Convention, dans le ), occupé aujourd'hui par le Ministère des affaires étrangères.
L'État et son imprimerie En , accorde un privilège à un imprimeur qui devient « Imprimeur du Roi pour le grec ». En , l'Imprimeur du Roi pour le grec devient « Imprimeur du Roi pour le grec, le latin et l'hébreu ».
En , sous le règne de , le cardinal de Richelieu transforme l'institution en Manufacture royale de l'imprimerie, puis Imprimerie royale, et l'installe au Louvre. Huit directeurs se succèdent à sa tête : Sébastien Cramoisy (-) ; Sébastien Mâbre-Cramoisy, son petit-fils, (-) et sa veuve conserve le titre jusqu’en ; Jean Anisson (-) ; Claude Rigaud, son beau-frère (-) ; Louis-Laurent Anisson, son neveu (-) ; Jacques-Louis-Laurent Anisson dit « Duperon », son frère (-) ; Louis-Laurent Anisson dit « l’aîné », son fils (-) ; Étienne-Alexandre-Jacques Anisson-Dupéron, son fils (-) ; Jean-Joseph Marcel (1809-1814) ; Alexandre-Jacques-Laurent Anisson-Dupéron (1814-1823) ; Louis-Gabriel Michaud (1824-1832). L'atelier est ensuite dirigé par Antoine-Isaac Silvestre de Sacy entre 1832 et 1838, puis par Eugène Burnouf jusqu’en 1852« Imprimerie nationale. France (1640-1993) », sur France Archives..
Le nom change ensuite au gré des régimes politiques en vigueur : Imprimerie de la République, Imprimerie impériale, puis à nouveau Imprimerie royale, et enfin depuis Imprimerie nationale.
En , l'entreprise change de statut et devient une société anonyme. avec l'État pour unique actionnaire par l'intermédiaire de l'Agence des participations de l'État (l’APE). vignette|redresse=1.3|Le site de l’Imprimerie nationale à Ivry-sur-Seine.
En , l'entreprise acquiert les sociétés Saqqarah International, Mizeret, ISTRA-IN, et IDC. La marque « groupe Imprimerie nationale » est lancée. Auparavant protégé par un monopole d'État, le groupe se soumet à la loi du marché.
De nouveaux procédés font leur apparition : production de cartes en plastique en 1997, une presse “dix groupes”, la « dix couleurs », sur le site de Paris en , une rotative KBA, A4 en quadrichromie sur le site de Bondoufle en .
En , l'ancienne filiale IDC, spécialisée dans l'impression numérique, devient INumeric. En , la filiale Mizeret devient .
Le tournant numérique
L'activité traditionnelle de l'impression est dominante jusque dans les années 2000. La fabrication du Bottin dure jusqu'en 2002. puis cesse. En 2009, l'IN imprime encore 64 millions de déclarations d'impôt, mais n'en imprime plus que 7 millions en 2019. Elle conserve l'impression de différents documents administratifs (Cerfa) et des cartes d'identité en papier. L'impression traditionnelle ne pèse que 5 % des revenus totaux du groupe.
À partir des années 2010, l'Imprimerie nationale se transforme pour être un des leaders mondiaux de la cryptographie et de la sécurité numérique et électronique.. Pour l'État français ainsi que 130 pays dans le monde, elle fabrique aujourd'hui des passeports, des cartes nationales d'identité, des permis de conduire, des cartes de séjour, ainsi que des vignettes Crit'Air et différentes cartes professionnelles. Elle imprime également des « fonds » sécurisés en papier ou en polycarbonate, en passant par le façonnage et jusqu'à la personnalisation des documents. En 2020 et 2021, l'IN est partenaire de l'action publique en fournissant le lecteur des données présentes dans l'application TousAntiCovid.
En 2014, l'Imprimerie nationale achète SPS (), petite entreprise provençale et l'un des leaders mondiaux de fabrication de composants électroniques de sécurité (les fameuses puces). En 2017, l'IN achète les services Identité et Biométrie du groupe Thalès.
En 2019, l'application e-CPS est disponible pour smartphone. La version 2.3.22 ayant recu le Certification ANSSI « sécurité de premier niveau » pour 3 ans le par le cabinet d'audit Oppida, filiale du groupe Apave.
En 2019, l'IN acquiert Surys, une entreprise spécialisée dans la sécurité des paiements bancaires et fiduciaires.
En 2020, elle acquiert l'entreprise suédoise Nexus Group, leader européen de l'identification des personnes et des objets.
L'Imprimerie nationale se tient rapidement à la pointe de l'innovation : en 1995, elle presse ses premiers cédéroms ; en 2000, elle se lance dans la fabrication de cartes à puce ; en 2002, elle devient l'opérateur de confiance chargé de la gestion des cartes du chronotachygraphe ; en 2006, elle fabrique des passeports électroniques et en 2008 des passeports biométriques ; en 2009 , elle crée le certificat d'immatriculation de véhicules SIV ; en 2011, elle est responsable des titres de séjour européen ; en 2012, elle produit les permis de conduire européen à puce ; en 2017, elle produit les cartes d'identification professionnelle BTP ; en 2021, elle fabrique les cartes nationales d'identité électronique.
En 2021, délaissant les supports physiques, elle développe l'application TousantiCovid Verif (TAC Verif).
En 2024, Idemia Smart Identity, entreprise détenue par le fonds Advent, spécialisée dans les paiements sécurisés et les technologies biométriques rejoint le groupe.
alt=Entrée de l'IN à Flers-en-Escrébieux|vignette|Site de l’Imprimerie nationale à Flers-en-Escrebieux
Gouvernance De 2009 à 2024, l'Imprimerie nationale est présidée par Didier Trutt.., diplômé de l'École nationale d'ingénieurs de Saint-Etienne et ancien de chez Thomson. En 2024, il laisse la place de directrice générale à Agnès Diallo qui travaillait dans la maison depuis 2019, après avoir collaboré trois ans le groupe Atos et avoir été associée du cabinet de conseil McKinsey pendant 10 ans.
En 2020, l'entreprise comprend . (contre en et 500 en après le recentrement sur la sécurité). Elle réalise un chiffre d'affaires de 427,4 millions d'euros (presque triplé depuis ). Soixante pour cent des résultats du groupe viennent désormais de l'étranger.
L'IN est certifiée ISO 9001, 14001, 27001, 37001 et 45001, et souscrit aux obligations écologiques des labels FSC, PEFC, Imprim’vert..
La politique sociale Fin 2005, les employés de l'Imprimerie nationale et quelques élus (maires, députés, conseillers généraux) bloquent le président-directeur général de l'entreprise dans la mairie de Flers-en-Escrebieux, dans le Nord. En effet, les employés viennent d'apprendre que les nouveaux passeports électroniques vont être fabriqués par la société Oberthur à la suite d’un appel d'offres en règle passé par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, et le PDG de l'Imprimerie, Loïc de la Cochetière. Après un recours devant le Conseil d'État, le monopole de l'Imprimerie nationale est conforté dans le prolongement de la loi du qui dispose que l’Imprimerie « est seule autorisée à réaliser les documents déclarés secrets où l’exécution doit s’accompagner de mesures particulières de sécurité, et notamment les titres d’identité, passeports et visas. » Cette loi de 1993 avait été signée par Nicolas Sarkozy lui-mêmeL'affaire de la fabrication des passeports électroniques est analysée dans l'émission Arrêt sur images, diffusée sur , le ... En , l'Imprimerie nationale récupère le marché des passeports biométriques lié aux nouvelles lois des États-Unis, mais des retards de fabrication causent aux voyagistes des pertes importantes..
Le , une grève visant l'amélioration de l'accompagnement social des futurs licenciés éclate et l'usine de Choisy-le-Roi est occupée par les salariés. La grève dure jusqu'au , soit cinq semaines. Au terme de ce conflit, le plan social 2005 initialement dénoncé est reconduit à l'exception de la durée des congés de reclassement qui sont limités à soixante mois. En contrepartie, les primes de départ volontaire sont revues à la hausse. Début , la division « Feuilles » et le bâtiment de Choisy-le-Roi sont cédés au groupe La Galiote-Prenant. Seulement environ quinze salariés sont repris dans la nouvelle entreprise dont l'appellation reste inchangée (IN-Choisy).
Dates marquantes de 1538 à nos jours
1538 : accorde un privilège à un imprimeur qui devint « Imprimeur du Roi pour le grec ». 1540 : l'Imprimeur du Roi pour le grec devient « Imprimeur du Roi pour le grec, le latin et l'hébreu ». 1640 : , à l'instigation de Richelieu, transforme cette imprimerie en Manufacture royale de l'imprimerie qui devient ensuite l'« Imprimerie royale ». Elle s'installe alors au Louvre. 1670 : Colbert lance l'impression des estampes du Cabinet du roi. 1729 et 1742 : Impression des deux volumes du Recueil Crozat. 1749 : les premiers volumes de l’Histoire naturelle de Buffon sortent des presses. 1790 : l’« Imprimerie royale » (du Louvre) devint l’« Imprimerie du Louvre ». 1792 : l’Imprimerie nationale exécutive quitte le Louvre, lieu qu'elle occupait depuis 1640. 1795 : l'hôtel de Penthièvre abrite les deux imprimeries officielles sous le nom d’« Imprimerie de la République ». vignette|redresse=1.3|Cour d'entrée de l’Imprimerie impériale alors installée à l'hôtel de Rohan (1867). vignette|redresse=1.3|Bâtiment de l'Imprimerie nationale en cours de construction rue de la Convention (1905). 1809 : l'Imprimerie impériale s'installe à l'hôtel de Rohan. Y sont imprimés les vingt-trois premiers volumes de la Description de l’Égypte. 1813 : publication du décret en vue de la formation de compositeurs orientalistes. 1814 : l'Imprimerie impériale redevient l’Imprimerie royale. 1848 : l’Imprimerie royale redevient l’Imprimerie nationale. 1852 : l’Imprimerie nationale redevient l’Imprimerie impériale. 1870 : l'Imprimerie impériale redevient l'Imprimerie nationale, nom qu'elle conserve depuis. 1871 : durant la Commune de Paris, l'Imprimerie nationale est présidée par Édouard Moreau de Beauvière et dirigée par l'ouvrier typographe communard Louis-Guillaume Debock, qui la gère scrupuleusement. Il sauve de l'incendie volontaire et de l'anéantissement les Archives nationales voisines. 1900 : sous l'impulsion d'Ambroise Vollard, le premier livre de peintre est réalisé à l'Imprimerie nationale. Les presses livrent également un Paul Verlaine illustré par Pierre Bonnard. 1903 : la première pierre de la nouvelle usine dans la plaine de Javel (au 27, rue de la Convention) est scellée. 1910 : l'Imprimerie nationale est placée sous la tutelle du ministère des Finances. 1921 : l'Imprimerie nationale investit la rue de la Convention. 1961 : publication du décret du sur l'organisation de l'Imprimerie nationale. 1974 : l'Imprimerie nationale ouvre son site de Douai sur la commune de Flers-en-Escrebieux. 1992 : inauguration de l'usine de Bondoufle par le ministre délégué au Budget
Identité visuelle (logotype) L'identité visuelle de l'Imprimerie nationale utilise la salamandre, propre au règne de .
Patrimoine
Bâtis À partir de 1640, l'Imprimerie royale occupe des bâtiments au Louvre, et ne les quitte qu'en 1792. En 1795, elle est logée dans l'hôtel de Penthièvre, puis en 1809 à l'hôtel de Rohan rue Vieille-du-TempleGustave Pessard : Nouveau dictionnaire historique de Paris. En 1904, une nouvelle imprimerie est construite rue de la Convention. En 1974, elle ouvre un site près de Douai sur la commune de Flers-en-Escrebieux. En 1992, une usine à Bondoufle est construite.