Carles Puigdemont i Casamajó (Prononciation en catalan retranscrite selon la norme API. ), né le à Amer, est un journaliste et homme politique espagnol, comptant parmi les dirigeants du mouvement indépendantiste catalan, membre d'Ensemble pour la Catalogne (Junts) et ancien président de la généralité de Catalogne.

Après une carrière de journaliste et un parcours militant au sein de la Jeunesse nationaliste de Catalogne (JNC) puis de la Convergence démocratique de Catalogne (CDC), il est élu en député au Parlement de Catalogne. En , il remporte la majorité relative au conseil municipal de Gérone, dont il devient maire. Il est confirmé à ce poste en .

En , il est élu président de la généralité de Catalogne par le Parlement après un accord in extremis entre la coalition indépendantiste Ensemble pour le oui (JxSí), dont fait partie la CDC, et la Candidature d'unité populaire (CUP). À ce poste, il organise le un référendum d'indépendance jugé illégal et déclaré interdit par la justice espagnole. Il est destitué trois semaines plus tard par le gouvernement espagnol sur le fondement de l'article 155 de la Constitution.

Il s'installe peu après en Belgique et fait l'objet de plusieurs mandats d'arrêt émis par la justice espagnole. Il se présente aux élections régionales de décembre 2017 mais ne peut retrouver la présidence de la Catalogne du fait de son absence du territoire national. Il est élu en député européen mais doit attendre pour pouvoir siéger à cause d'un imbroglio administratif. Peu après, il prend la présidence du parti Ensemble pour la Catalogne, qu'il contribue à fonder.

Retiré de la présidence de Junts en , il se présente de nouveau comme chef de file lors des élections régionales de 2024 mais se voit devancé par le Parti socialiste de Salvador Illa, qui accède à la présidence de la communauté autonome. Le jour du débat d'investiture, Carles Puigdemont fait une apparition à Barcelone mais parvient à s'enfuir et rallier la Belgique sans être interpellé. Il retrouve ensuite la présidence de Junts.

Jeunesse et vie de famille vignette|gauche|140px|alt=Carles Puigdemont et son frère, enfants, assis sur des marches.|Carles Puigdemont (droite) et son frère, enfants, assis sur des marches. Carles Puigdemont i Casamajó est né à Can Crous, maison située au de la rue Sant Miquel à Amer, dans la province de Gérone.. Fils de Xavier Puigdemont et de Núria Casamajó, il est le deuxième de huit enfants d'une famille de tradition pâtissière. Il est marié à la journaliste roumaine Marcela Topor, avec qui il a deux filles... Il annonce le la mort de sa mère à Gérone.

Victime d'un accident de la route en , il porte une frange sur le front afin de dissimuler ses cicatrices. Il partage ce point commun avec Mariano Rajoy, dont la barbe cache également les conséquences d'un accident de la circulation..

Débuts en politique et dans le journalisme En , il participe à la refondation de la Jeunesse nationaliste de CatalogneCarles Puigdemont, el alcalde que pidió expulsar a los invasores, El País, 09-01-2016., au sein de la Convergence démocratique de Catalogne.

Il entame des études de philologie catalane à l'université de Gérone mais les quitte pour se consacrer à l'activité journalistique., l'amenant à collaborer avec divers médias locaux. Il débute comme correspondant local de son village natal pour le journal Los Sitios et finit par devenir rédacteur en chef du journal El Punt, après y avoir débuté en comme simple correcteur.

Il quitte le journal en pour s'accorder une année sabbatique et voyager à travers l'Europe pour une série de reportages qui seront publiés dans la revue Presència. Il publie en un ouvrage intitulé « Cata… què? » (« Cata... quoi ? ») présentant le point de vue sur la Catalogne par la presse internationale, une thématique sur laquelle il continue à écrire dans cette même revue.

Convaincu de l'intérêt de l'internet, il lance durant les années 1990 divers projets de communication par ce moyen pour la députation de la province de Gérone et d'autres institutions ou collectivités locales. Il finit par proposer à la généralité de Catalogne de créer une véritable agence d'information catalane et devient donc, de à , le premier directeur de l’Agència Catalana de Notícies (ACN, Agence catalane d'information) . Il devient également directeur de la revue anglophone Catalonia Today., qui contribuera a sa notoriété.

Il publie également plusieurs essais sur la communication et les nouvelles technologies tout en continuant à collaborer à divers médias..

Il fonde en , avec le journaliste Saül Gordillo, l'entreprise Doble Utopia, qui à travers sa filiale Poliblocs, fait la promotion de la première édition de la catalosphère (la blogosphère catalane)..

Il est membre du Collège des journalistes de Catalogne.

Ascension politique Militant dans le mouvement pour l'Appel à la solidarité pour la défense de la langue, la culture et la nation catalanes, il adhère également à la Jeunesse nationaliste de Catalogne, l'organisation des jeunes du parti Convergence démocratique de Catalogne (CDC) qu'il va contribuer à implanter dans les comarques gironines avec Pere Casals, également futur député du Parlement de Catalogne.

Adhérent de CDC par la suite, il est directeur de la Maison de la Culture de Gérone entre à , alors que la mairie est tenu par les socialistes. Il est élu député pour la première fois au Parlement de Catalogne en , sur la liste de la coalition Convergence et Union (CiU), à laquelle appartient CDC.

Maire de Gérone thumb|Carles Puigdemont accueille le conseiller à la Culture de la Généralité Ferran Mascarell à la nouvelle bibliothèque publique de Gérone.

Il est investi le candidat à la mairie de Gérone de manière inattendue, après que l'avocat Carles Mascort a renoncé pour avoir reçu des menaces de mort. Alors qu'à cette époque, il ne fait plus partie de la CDC, il affirme que .. Lors du scrutin en , il réalise un score de 22,9 % et municipaux sur 25. Il siège alors dans l'opposition à Anna Pagans, maire sans étiquette soutenue par les socialistes.

Réélu député en , il est confirmé comme tête de liste municipale de son parti en . Le , Carles Puigdemont est investi maire de Gérone avec les seules dix voix de CiU, chaque groupe politique ayant voté pour sa tête de liste.. À , il met fin à de pouvoir du Parti des socialistes de Catalogne (PSC). Il est une nouvelle fois réélu parlementaire de Catalogne en .

Considéré comme indépendantiste depuis la fin des années 1970, il est attaqué par l'avocat de l'État en 2012 pour avoir utilisé de l'argent public pour affréter des trains spéciaux de la Renfe dans le cadre de la manifestation « Catalunya, nou estat d'Europa ». En , il fait l'objet d'une enquête de l'Audience nationale pour le soutien de la mairie de Gérone à la résolution du Parlement de Catalogne sur le lancement du processus d'indépendance.. La même année, la Candidature d'unité populaire (CUP), qui critique spécialement le modèle touristique de la ville, conteste l'embauche de personnes de confiance par la municipalité de Gérone.

Il est reconduit dans ses responsabilités municipales après les élections de , ne bénéficiant encore une fois que de l'appui des dix élus de CiU, les autres groupes ayant encore une fois voté chacun pour leur tête de liste.. Au mois de , il succède à Josep Maria Vila d'Abadal i Serra comme président de l'Association de communes pour l'indépendance (AMI). Le de la même année, il est réélu député au Parlement, cette fois-ci comme candidat de la coalition indépendantiste Ensemble pour le oui.

Président de la généralité de Catalogne thumb|Carles Puigdemont et Artur Mas lors de la passation de pouvoirs. Défenseur de l'indépendance successeur d'Artur Mas thumb|Le gouvernement catalan lors de sa première réunion le .

Artur Mas, président sortant de Catalogne, sera mis en cause en 2017 dans plusieurs affaires judiciaires, dont des détournements de fonds... Le , dans le cadre d'un accord avec la CUP, Carles Puigdemont est désigné par CDC candidat à la présidence de la généralité de Catalogne après le retrait d'Artur Mas.. Profondément indépendantiste., il assume pleinement la feuille de route indépendantiste précédemment exposée par Mas, à savoir proclamer l'indépendance dans en suivant les termes de la déclaration parlementaire. Affirmant , il se présente comme ..

Il est investi lors de la session parlementaire du avec en sa faveur, 63 contre et deux abstentions..

Officiellement nommé par décret royal le ., il prête aussitôt serment en présence du ministre de l'Intérieur Jorge Fernández Díaz et de la maire de Barcelone Ada Colau, mais jure fidélité , omettant sciemment de faire référence au monarque et à la Constitution dans le texte qu'il déclame, en contradiction avec la formule officiellement imposée par un décret de ..

Il nomme son gouvernement plus tard.. Le nouvel exécutif compte dont et , tous répartis en trois grands domaines d'action supervisés par le vice-président Oriol Junqueras, la conseillère à la Présidence Neus Munté, et le conseiller aux Affaires extérieures Raül Romeva..

Convocation du référendum d'indépendance

Le , son gouvernement, conjointement avec les députés indépendantistes, annonce la date et la question du référendum d’indépendance dans une allocution solennelle faite à la cour des Orangers du palais de la généralité de Catalogne. La question est : « Voulez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous forme de république ? ». Cette question sera posée dans les trois langues officielles de la Catalogne, à savoir le catalan, l'espagnol et l'occitan. La date fixée est le ..

Son gouvernement connaît une crise en suivant, lorsque plusieurs conseillers issus du PDeCAT (successeur de la CDC) émettent des doutes sur l'organisation unilatérale du scrutin, affichant leurs craintes concernant les suites judiciaires et financières possibles, ce qui conduit Junqueras à réclamer un remaniement et que chaque membre de l'exécutif assume politiquement et juridiquement la tenue du référendum.. Il annonce donc le qu'il relève Neus Munté, la conseillère à l'Enseignement Meritxell Ruiz, le conseiller à l'Intérieur Jordi Jané et le secrétaire du gouvernement Joan Vidal de leurs fonctions, tandis qu'Oriol Junqueras fait savoir que la vice-présidence assume désormais la compétence en matière de processus électoraux au détriment du département de la Gouvernance. Entrent au gouvernement de poids : le président du groupe parlementaire Ensemble pour le oui Jordi Turull, qui succède à Munté, et l'ancien premier adjoint de la mairie de Barcelone Joaquim Forn, qui succède à Jané..

Après une session parlementaire houleuse, la majorité adopte le la loi sur la tenue du référendum d’indépendance. Le , elle est suspendue par le Tribunal constitutionnel espagnolIndépendance de la Catalogne : Madrid hausse le ton, Le Monde, 8 septembre 2017. qui met également en garde les maires des 968 communes de Catalogne pour les dissuader d'organiser le scrutin.. Le Parlement adopte le même jour et avec la même majorité ( sur 135) la loi de transition (Ley de transitoriedad jurídica y fundacional de la República) qui prévoit l'organisation institutionnelle de la Catalogne si le l'emporte..

Le , le ministère public supérieur en Catalogne porte plainte contre les membres du gouvernement et les membres du bureau du Parlement présidé par Carme Forcadell devant le tribunal supérieur de justice de Catalogne (TSJC)El TSJ de Cataluña registra dos querellas de la Fiscalía contra Govern y Mesa Parlament, page du Conseil général du pouvoir judiciaire. pour motifs de prévarication et de désobéissance ainsi que de détournement de capitaux publics.. Le procureur général de l'État annonce envisager son incarcération..

Proclamation puis suspension de l'indépendance