est une revue culturelle hebdomadaire espagnole fondée à Madrid le par José Ortega y Gasset, qui le dirige la première année. Il s'agit du premier projet journalistique du philosophe. Sous-titré « » (« hebdomadaire de la vie nationale »), c'est la publication ayant eu la plus grande répercussion lors de l'« âge d'agent » des intellectuels espagnols dans laquelle ont conflué les courants réformistes libéro-démocratiques ainsi que ceux, anti-oligarchiques, radicaux et antimonarchistes, du socialisme. S'y donnent ainsi rendez-vous aussi bien les plus hauts représentants de la génération de 98 et de celle de 14, que d'autres qui intégreront par la suite celle de 27.
Ortega y Gasset l'abandonne en mauvaise situation financière après la première année. Luis Araquistáin reprend la revue en , lui donne une nouvelle impulsion journalistique en faisant de la revue l'un des principaux organes de propagande alliée du pays lors de la Première Guerre mondiale. Manuel Azaña la dirige enfin de 1923 à fin , date à laquelle cesse sa diffusion.
Histoire
Le poète athénéiste Luis García Bilbao finance la constitution d'un nouveau périodique autour de la (« Ligue d'éducation politique »).. Un esprit néo-régénérationniste naît autour de ce concept, avec la participation de plusieurs auteurs appartenant aux générations de 98, de 14 et d'autres qui appartiendront à celle de 27.
Le , le premier numéro sort, tiré à exemplaires, ce qui constitue un chiffre important pour l'époque..
Dans la toute première page, Ortega écrit :
En 1923, Ortega y Gasset lance Revista de Occidente, qui est toujours publiée..
Édition et ligne éditoriale vignette|Première page du par : Les âmes allemandes, suivant les conseils de Hindenburg, se retranchent face aux proclamations ennemies. Avec un format ressemblant plus à un journal qu'à une revue, est éditée sur un total de d'entre 12 et , avec une première page qui adopte rapidement une grande illustration colorée et d'autres à l'intérieur, dont les auteurs sont , ou Carlos Arniches, notamment, laissant aussi de la place à des photographies d'actualité.
Les articles de fond occupent la plus grande partie : ils peuvent être de caractère politique, philosophique, littéraire, artistique, social. Il y a aussi un certain nombre d'annonces publicitaires, même si la vie économique de la revue a été relativement précaire.
est considéré comme le journal politique le plus important de l'âge d'argent, étant devenu l'organe journalistique doctrinal du néo-régénérationnisme, du groupe réformiste intégré par les libéraux, démocrates, socialistes et agnostiques qui critiquent durement l'institutionnalisme paralysant de la Restauration, et le porte-parole de tout le mécontentement social : du républicanisme socialisant, du catalanisme de gauche ou encore du mouvement ouvrier.
José Ortega y Gasset dirige la revue du premier numéro, le , mais abandonne rapidement la direction en à la suite de sa rupture avec les réformistes de Melquíades Álvarez, en mauvaise situation financière. Luis Araquistáin reprend la revue en et lui donne une nouvelle impulsion journalistique tout en la met au service de son bailleur de fonds, l’ambassade britannique., en choisissant de faire la promotion de la propagande des alliés lors de la Première Guerre mondiale. L'hebdomadaire devient l'un des médias pro-alliés les plus importants du pays.
En 1923, Manuel Azaña devient le dernier directeur, ne résistant pas aux obstacles imposés par la Dictature de Primo de Rivera, voyant ainsi le dernier numéro publié le .
Son édition facsimilée a été publiée en 1982, avec un prologue de Salvador de Madariaga, une étude préliminaire de Manuel Tuñón de Lara et Enrique Montero, ainsi que des indices chronologiques et onomastiques.
Collaborateurs
Parmi ses premiers rédacteurs se trouvent Ortega y Gasset lui-même ainsi que Pío Baroja (avec la section « »), Ramón Pérez de Ayala (« » et « »), Eugenio d'Ors (« »), Juan Guixé (« »), , chargé de la section littéraire, ainsi que Luis de Zuloaga, Gregorio Martínez Sierra ou encore Ramiro de Maeztu.
D'autres auteurs rédigent régulièrement des textes, tels que Manuel Bartolomé Cossío, Manuel Azaña, Luis Bello, Jacinto Benavente, Miguel de Unamuno, Ramón María del Valle-Inclán, et, depuis la province, Pere Coromines et Manuel Raventós (Barcelone), Fernando de los Ríos (Grenade), Juan Díez del Corral (Cordoue), et Santiago Casares Quiroga (Galice) et Antonio Machado (Jaén).
À noter enfin les interventions ponctuelles de Juan Ramón Jiménez, Gabriel Miró, Rafael Marquina, , Gerardo Diego et Azorín, notamment.
La première version de la célèbre pièce de théâtre Lumières de bohème de Ramón María del Valle-Inclán est publiée en intégralité et pour la première fois dans les numéros d' du au .
Notes et références
Notes
Références
Annexes Bibliographie .
Articles connexes Génération de 98 Génération de 14 Génération de 27
Liens externes
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