Joe Brainard, né le à Salem (Arkansas), et mort le à New York, est un artiste et écrivain américain du , associé à l'École de New York.
Biographie Né à Salem (Arkansas) le 11 mars 1942, Joe Brainard grandit à Tulsa, dans l'Oklahoma. Encore au lycée, il travaille comme illustrateur des publicités de presse d'un grand magasin. Il réalise aussi les couvertures et les illustrations de The White Dog Review, magazine littéraire fondé avec les futurs poètes Ron Padgett et . Tous trois se lient avec Ted Berrigan, étudiant dans le même lycée.
Après la fin de ses études secondaires, Joe Brainard passe quelques mois au Dayton Art Institute (Ohio), avant de rejoindre Ron Padgett à New York, et de rencontrer les figures principales de l'École de New York, cercle d'avant garde artistique regroupant entre autres les poètes Frank O'Hara et John Ashberry et les peintres Alex Katz et Jasper Johns.
En 1963, il commence une relation avec le poète, romancier et artiste de performance . Ils passent de nombreux étés dans la maison que possède ce dernier à Calais, dans le Vermont, où Joe Brainard dispose d'un atelier. C'est là qu'il réalise la majeure partie de ses découpages, natures mortes et paysages, citée par .
Sa première exposition se tient en 1965. En 1975, il expose, de manière à la de New York. C'est
Joe Brainard cesse toute création artistique dans les années précédant sa mort, sans doute par perfectionnisme, ses œuvres ne le satisfaisant plus, ou du moins ne les expose pas, ne se sentant pas à la hauteur d'artistes comme Willem de Kooning, cité par . Il meurt du SIDA le 25 mai 1994.
En 2021, le couturier Jonathan Anderson dit s'être inspiré de Joe Brainard pour la collection automne-hiver de la maison Loewe.
Œuvre
Œuvre graphique
L'une des premières œuvres abouties de Brainard est un détail d'une publicité pour 7-Up, qu'il réalise en 1962, avant même d'avoir découvert Andy Warhol ou de Roy Lichtenstein. Il délaisse les sujets relevant d'une approche Pop et s'oriente d'abord vers des assemblages comme Necklace, puis vers les collages et les dessins qui lui valent sa plus grande notoriété (contient des reproductions).
Ses œuvres ne cherchent ni à choquer ou transgresser, ni à susciter polémique ou réaction passionnée. Elles court-circuitent les tentatives habituelles d’appréhender l’œuvre d’art comme un objet de critique distant ; elles amènent plutôt, de manière désarmante, à ressentir quelque chose — de la pitié, voire de l’empathie, par exemple, face à une pensée peinte et à sa visibilité précaire et vulnérableJohn Ashbery, cité par . Cette absence de provocation dans son travail met à mal l'approche critique habituelle. Le critique écrit ainsi qu' Ses œuvres ne sont pas ambitieuses au sens habituel du mot. Elles ne sont pas monumentales par leur taille ou leur portée, elles ne proposent aucune réinterprétation audacieuse de la réalité. Elles recherchent plutôt des alternatives aux expressionnistes abstraits et évitent toute volonté de puissance esthétique.
Au début des années 1970, Joe Brainard s’approprie Nancy, personnage emblématique de bande dessinée. Dans une série intitulée If Nancy Was... (Si Nancy était...), il la met en scène dans de multiples situations sexuelles et sociales alternatives, dans le contexte du mouvement de libération gay. Le dépouillement visuel de chaque œuvre laisse place à diverses interprétations, invitant le spectateur à y projeter des significations, des récits et des désirs qui, bien qu'esquissés dans l'image, ne sont jamais définitivement figés par son contenu manifeste.
Écrits Les écrits de Joe Brainard sont multiples et dispersés sur des supports variés. L'anthologie en langue anglaise de ces textes, partiellement traduite en langue française, est .
De la même manière que pour ses œuvres picturales, ses écrits se soustraient systématiquement aux oppositions binaires conflictuelles qui ont marqué la réception de la poésie américaine d’après-guerre, refusant de choisir entre expression et formalisme, entre lyrisme et poétique du langage.
I remember
Le texte le plus connu de Joe Brainard est I remember, constitué de 1970 à 1975. En 1497 souvenirs, il crée L'ouvrage a été comparé par la critique à un assemblage, une mosaïque, une litanie, et par Paul Auster à un concerto pour plusieurs instruments. Bien que nombre des souvenirs individuels de Brainard puissent s’inscrire dans des schémas autobiographiques conventionnels — tels que le passage à l’âge adulte, l’acceptation progressive de son homosexualité, le départ de la province pour une métropole ou l’accession au statut d’artiste —, il veille à ne laisser aucun d’entre eux se cristalliser au point de réduire son expérience à une formule ou à un cliché.
I remember inspire la structure de l'ouvrage de Georges Perec, Je me souviens.
Publications Liste non exhaustive
Traduction française :
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Anthologies
Traduction française partielle :
Bibliographie
Ouvrages
Articles
Vidéo
Articles connexes École de New York Je me souviens, de Georges Perec
Liens externes
Notes et références
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