Les troupes de montagne sont une subdivision de l'Armée de terre française constitué par l'ensemble des unités spécialisées dans le combat en montagne et par grand froid. Les soldats de montagne sont issus de l'arme de l'infanterie, mais aussi de l'arme blindée cavalerie, du génie, de l'artillerie, des transmissions, du matériel, du train et du service de santé des armées (SSA) pour les centres médicaux stationnés dans les Alpes. Quelle que soit leur arme, et à l'exception des sapeurs-légionnaires du étranger de génie qui ont conservé le béret vert., les soldats de montagne sont reconnaissables à leur large béret alpin d'origine béarnaise, bleu nuit, surnommé la « tarte » qu'ils portent depuis leur naissance à la fin du . L'insigne diffère selon l'arme d'appartenance.
Créées en 1888 pour défendre la frontière des Alpes face à la menace italienne et ses Alpini., les troupes de montagnes ont connu de nombreuses réorganisations et compté de nombreuses unités différentes dans leur histoire. Les dernières unités existantes sont aujourd'hui principalement regroupées au sein de la d'infanterie de montagne.. Le (COMMF), le du train (COMLOG) et les centres alpins du SSA sont des unités du montagne-grand froid.
Les troupes de montagne possèdent leur propre musée. à Grenoble ainsi que leur mémorial au mont Jalla.. Depuis 1932, l'École militaire de haute montagne de Chamonix forme les cadres des troupes de montagne.
Historique des troupes de montagne vignette|Le député Ernest Cézanne, président du CAF
Les origines Le , un rapport alarmant du général Henri Berge, chef du service de l'artillerie, au ministère de la Guerre fait état du retard pris par la France sur le royaume d'Italie dans l'organisation de la défense de la frontière des Alpes. En effet, en 1872, la République italienne a créé le corps des Alpini.
Dès 1873, l’Embrunais Ernest Cézanne, député des Hautes-Alpes et cofondateur du Club alpin français (CAF) s'en était déjà inquiété. La même année, il dépose une proposition de loi pour obtenir le détachement de troupes d'élite sur les Alpes pour faire face à ces « agiles tirailleurs piémontais » [les Alpini]. Il préconise par la suite une inscription alpine s'inspirant de l'inscription maritime qui permettrait de laisser « le montagnard sur son roc come le marin sur la mer ». Contraintes budgétaires, conservatismes et priorité donnée à la défense de la frontière Est vont enterrer ce projet pendant près de 15 ans.
En 1879, le lieutenant-colonel Charles Zédé commandant la place de Briançon, persuade le général Bourbaki, gouverneur militaire de Lyon, de faire séjourner le de chasseurs à pied (BCP), unité très aguerrie de retour d'Algérie et 3 bataillons issus des , et ainsi que deux batteries d'artillerie dans les hautes vallées du Briançonnais.
Le commandant Paul Arvers qui commande le est un montagnard confirmé, membre du CAF de Lyon, va toujours rester en pointe de cette expérimentation. Avec ses chasseurs, il va parcourir les Alpes du nord au sud, franchir de nombreuses passages et cols etc. En 1885, le est admis comme membre d'honneur du CAF.
Face à la menace italienne grandissante, la loi du , dont Paul Arvers est à l'origine, officialise l'existence des troupes de montagneLes troupes alpines ou troupes de montagne : de la naissance à la grande guerre, sur museemilitairelyon.com... Cette loi donne une existence légale à ce qui devient l'« armée des Alpes »Revue Forces armées françaises, 1975, p. 9., formée des troupes des (Lyon) et corps d'armée (Marseille). Plusieurs unités sont spécialisées dans le combat en montagne pour défendre la frontière : douze bataillons de chasseurs à pied (les , , , , , , , , , , et ) deviennent bataillons alpins de chasseurs à pied (BACP). puis, en 1916, « bataillons de chasseurs alpins » (BCA) ; trois régiments d'infanterie comprenant chacun quatre bataillons (les , et d'infanterie) ; le 4e régiment du génie ainsi que les , , du génie ; les et d'artillerie. Il faut distinguer les chasseurs alpins organisés en bataillons (BCA), parfois regroupés en demi-brigades, et l'infanterie alpine, organisée en régiments (RIA). Les deux types d'unités se retrouvant au sein des mêmes divisions alpines.
Commandants en chef de l'armée des Alpes (1889-1914) vignette|Le général Berge, premier commandant de l'armée des Alpes (1889-1893).
Le général Henri Berge, gouverneur militaire de Lyon, est le premier commandant en chef de l'armée des Alpes désigné. En poste de 1889 à 1893, il joue un rôle essentiel dans son organisation, Daniel David, « Géographie militaire et fortification : cinq siècles d’histoire en Maurienne », Revue historique des armées, numéro 243, 2006, pp. 89-107 .. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, lui succèdent à ce poste les généraux Théophile Ferron (1893-1894), Félix Coiffé (1894-1898), Charles Zédé (1898-1902), Léon Metzinger (1902-1905)Général Paul-Émile Bordeaux, À travers les Alpes militaires, quelques souvenirs, impr. de F. Eymond, Grenoble, 1928, 77 pages ., Joseph Gallieni (1906-)Joseph-Simon Gallieni, Galliéni au Tonkin (1892-1896), Berger-Levrault, 1948, p.5 . et finalement Albert d'Amade (avril-).
Une silhouette caractéristique Alors que les régiments d'infanterie alpine portent l'uniforme de l'infanterie (pantalon garance et vareuse noire), les bataillons de chasseurs alpins portent la tenue bleue des bataillons de chasseurs à pied dont ils continuent à faire partie. Seule la coiffure, le béret de laine bleu foncé, est commune aux deux types d'unités. La célèbre « tarte » (béret large) est ornée du cor de chasse argent pour les BCA, alors que celles des RIA se distingue par la grenade de l'infanterie.
Les Alpins innovent Les groupes alpins
Les guides de secteur
Les escouades franches
L'introduction du ski La doctrine d'emploi des RIA et des BCA est différente. Les RIA ont vocation à occuper des postes fixes, y compris en hiver alors que les BCA, plus mobiles, ont vocation à « nomadiser » au cours de la bonne saison pour améliorer leur connaissance du milieu et les itinéraires possibles d'une invasion italienne. Pour cela ils s'organisent en groupes alpins.
Dans les années 1890, l'infanterie alpine comprend : trois régiments de la brigade de Lyon : le (ou 15/7, responsable de la défense de l'Ubaye), le (ou 15/8, responsable de la défense de la Tarentaise et de la Maurienne), le (ou 15/9, responsable de la défense du Briançonnais) ; et le de Chambéry.
Première Guerre mondiale L'armée des Alpes, surnommée « armée de Lyon » puis renommée « inspection du Sud-Est » le , est composée d'une partie des unités mobilisées (principalement des BCA et RIA) dans les et (ceux de Lyon et de Marseille). Elle est commandée par le général Albert d'Amade (d'où le surnom de « groupe d'Amade »), avec comme chef d'état-major le général de Vassart ; l'état-major est mobilisé à Lyon le , les unités autour de Chambéry, Lyon, Avignon, Antibes et Gap. Elle est dissoute le Armées Françaises dans la Grande Guerre (AFGG), Ordre de bataille, Tome X, volume 1, service historique de l'armée, 1922-1939, . à la suite de la déclaration de neutralité de l'Italie et ses unités sont transférées vers le front du Nord-Est.
Les BCA combattent dès lors principalement au sein de trois divisions : les , et d'infanterie, surnommées , et les RIA au sein de la division d'infanterie.
Entre-deux-guerres
Seconde Guerre mondiale Les unités des troupes de montagne qui ont participé au second conflit mondial ont été les suivantes : le corps expéditionnaire français en Scandinavie ; au cours de la bataille des Alpes en , l'armée des Alpes repousse l'offensive italienne. En 1940, au début de la Seconde Guerre mondiale, la France compte au moins huit divisions d'infanterie (DI) type montagne. Chacune comprend en général deux régiments d'infanterie (RI ou RIA), une demi-brigade de chasseurs alpins à trois bataillons (DBCA), deux régiments d'artillerie (régiment d'artillerie de montagne (RAM), régiment d'artillerie lourde divisionnaire (RALD), régiment d'artillerie coloniale (RAC), régiment d'artillerie divisionnaire (RAD)...) et un groupe de reconnaissance de division d'infanterie (GRDI) ; vignette|upright=.3|Insigne de la alpine. la du général Doyen (, ) : le , le , le , la (, et ), le , le ; vignette|upright=.3|Insigne de la alpine. la du général Lestien (réserve du Grand Quartier général) : le , le , le , la La quitte la DIA en . (, et ), la (, et ), le , le ; la du général Gérodias (réserve du Grand Quartier général) : le , le , le , la (, et ), le , le ; la du général Duron (, ) : le , le , le , la (, et ), le , le ; la du général Ihler (, ) : le , le , le , le , le , le ; vignette|upright=.6|Insigne de la alpine. la du général de Saint-Vincent (, armée des Alpes) : le , le , la (, et ), la (, et ), le , le ; la du général de Saint-Julien (, armée des Alpes) : le , le , la (, et ), la , (, et ), le , le ; vignette|upright=.6|Insigne de la alpine. la du général Boucher (, armée des Alpes) : le , le , le , le , le , le .
Après 1945
Les unités alpines actuelles
Brigade d'infanterie de montagne de Grenoble
Régiments (RCh, RAM et RMAT) d'artillerie de montagne (Varces, périphérie de Grenoble). de chasseurs (Gap). du matériel (Lyon et Varces), subordonné à la brigade de maintenance, régiment de soutien des formations militaires de la région Rhône-Alpes et notamment de la . du régiment médical (RMED) de la Valbonne. du Train ( RT) d'Auxonne.
Bataillons de chasseurs alpins (BCA) de chasseurs alpins (Varces, périphérie de Grenoble) de chasseurs alpins (Barby, périphérie de Chambéry) de chasseurs alpins (Annecy) de chasseurs alpins (Barcelonnette) Dissous, devenu le Centre d'instruction et d'entraînement au combat en montagne et a pris le numéro de de chasseurs alpins. Aujourd'hui on parle du CIECM . (CIECM dissous en 2009) groupement d'instruction de montagne (Gap).
Traditions Signe distinctif : la tarte Saint patron et fête des troupes de montagne : saint Bernard et en conséquence à la
Brevets militaires de compétence en montagne Les brevets « montagne » sanctionnent la réussite d'une formation en été et en hiver. ; ils comprennent : le brevet d'alpiniste et de skieur militaire (BASM) qui permet au soldat de montagne d'être autonome au sein d'un détachement été comme hiver. Il se compose du : brevet de skieur militaire (BSM), formation d'une durée de , brevet d'alpiniste militaire (BAM), formation d'une durée de ; le brevet de chef d'équipe haute montagne (BCEHM) ouvert après un an de détention du BASM, il permet au chef d'équipe de conduire une cordée en montagne sous les ordres d'un chef de détachement. Il se compose des brevets de : chef d'équipe haute montagne été (CEHM été), formation d'une durée de , chef d'équipe haute montagne hiver (CEHM hiver), formation d'une durée de ; le brevet de qualification des troupes de montagne (BQTM) uniquement pour les cadres, ce brevet sanctionne une formation poussée de chef de cordée dispensée à l'École militaire de haute montagne (EMHM). Ce brevet permet à ses titulaires de s'entrainer au sein d’une équipe qualifiée en l'absence de chef de détachement, on distingue : la « qualification été », stage d'une durée de , la « qualification hiver », stage d'une durée de ; les brevets de chef de détachement haute montagne (BCDHM, pour les sous-officiers), ou de chef d'unité de haute montagne (BCUHM, pour les officiers), ces brevets correspondent à la même formation. Ils permettent à leurs titulaires de conduire des détachements de leur niveau (un groupe pour un sergent, une compagnie pour un capitaine) de façon totalement autonome ; ils nécessitent : un stage estival de 6 semaines à l'EMHM, un stage hivernal de 6 semaines à l'EMHM ; le brevet « moniteur guide militaire » (MGM) pour les experts « montagne » de la brigade ; il nécessite : un stage estival de 3 semaines à l'EMHM,