L'histoire des marchés à terme et bourses de commerce est le reflet du rôle croissant des matières premières dans les échanges au cours des siècles.

Le La Bourse d'Anvers L'une des premières bourses du monde a été fondée à Anvers, en Belgique, en 1460. La construction du bâtiment est effectuée en 1531 et la publication pour la première fois d'une cote, c'est-à-dire d'une liste imprimée des cours traités lors d'une séance de négociation pour les différentes marchandise, se produit en 1592. La Bourse de Lyon en 1540 La place de Lyon devient en 1540 la première des bourses de commerce françaises. Toulouse remonte à 1549 et Rouen à 1566. Soutenue par « les marchands italiens » comme Laurent Capponi, venu de Florence, Lyon centralise les nouveaux échanges sur les effets de commerce et l'escompte, qui font le succès d'Anvers à la même époque. Spécialiste du commerce de gros, grande organisatrice de foires depuis 1463, Lyon est « censée donner la loi à toutes les autres places d'Europe . Vers 1550, c'est une grande ville de soyeux et la capitale de l’imprimerie européenne, avec près de dans la rue Mercière et ses voisines, même si nombre de marchands français s'établiront ensuite à Anvers, nouvelle rivale

En 1565, le Royal Exchange de Londres Le Royal Exchange fut la première bourse de commerce de la Cité de Londres, fondée en 1565 par Thomas Gresham. Le bâtiment a été fourni par la Corporation de la Cité de Londres et la Worshipful Company of Mercers (« Compagnie pieuse des marchands de tissus »). Gresham a choisi la forme trapézoïdale pour le lieu, influencé par celle de la bourse à Anvers qu'il avait visitée. Le bâtiment utilise le Marbre de Rance, un village belge. C'est l'un des édifices célèbres conçus par Henri de Paschen, un architecte d'Anvers, qui a fourni les plans avant de bâtir trois ans plus tard, en 1568 l'hôtel des villes anséatiques à Anvers, appelée aussi "Maison des Oosterling" et destinée aux marchands étrangers.

Richard Gresham fut le premier à avoir l'idée de construire une bourse à Londres, sans toutefois pouvoir la réaliser. L'idée fut reprise en 1565 par son fils Thomas Gresham. En 1570, la reine Élisabeth inaugura le bâtiment de style renaissance à Cornhill dans la City.

Les Halles au drap à Paris en Belgique

La Halle aux draps était établie à Paris depuis le entre la rue de la Poterie et la rue de la Petite-Friperie. Les documents datant des années 1552-1563, tirée du Minutier central, confirment que le roi fait lotir et vendre à des particuliers des terrains « le long d'une ruelle derrière le lieu ou a esté autrefois la Halle aux draps ».

Les grandes villes marchandes d'Occident bâtissent chacune à leur tour des halles spécialisées dans le commerce des draps: Halle aux Draps et Toiles de Paris. Halles aux draps d'Ypres Halle aux draps de Tournai Halles aux draps de Louvain halle aux draps de Liège

La Halle aux draps de Paris sera plus tard reconstruite, sous le nom de Halle aux draps et toiles par Molinos et Legrand, en 1786. Un autre bâtiment était consacrée aux toiles puis les deux fusionnent. La halle aux draps et toiles bénéficiait au d'un "Inspecteur des Manufactures de Lainerie" établi à la Halle aux Draps de Paris. Ce sera la plus importante des sept halles couvertes de Paris en 1789.

Le Au début du , la Bourse d'Amsterdam L'un des premiers marchés à terme est rapporté par l'encyclopédie de Denis Diderot et Jean le Rond D'Alembert sur la bourse de commerce d'Amsterdam. Celle-ci propose trois types de transactions, sur trois marché différents : marché au comptant, marché à terme (les négociants échangent des marchandises qu'ils ne détiennent pas encore) et marché d'options (l'acquisition d'un droit, sans obligation, d'acheter des marchandises à terme, moyennant le paiement d'une prime). En 1651 : la Bourse de commerce de Lille Afin d'offrir aux marchands un monument majestueux comparable à celui d'Anvers, en 1651, sur la suggestion des Corporations, la Ville de Lille obtient de Philippe IV d'Espagne l'autorisation de construire sur le domaine public - Archives départementales du Nord, cote 15 J 102, reliée par une cour centrale close, où ont lieu les échanges.

La ville de Lille vend ainsi à 24 commerçants les parcelles de terrain sises sur la place du marché: la Vieille Bourse remplace désormais la fontaine au Change aujourd'hui disparue. La ville prend à sa charge la construction des galeries, du pavement de la cour intérieure et des 4 entrées, les marchands de leurs 24 maisons. La décoration est florale ou évoque les âges de la vie, ce n'est qu'au que sont introduites les statues des rois ou empereurs "La « Bourse » de Lille", par Louis Quarré-Reybourbon Paris, Éditions Plon, 1892. . Au début du , la Bourse au riz japonaise La bourse du riz de Dōjima, située à Osaka, est le centre du système japonais des courtiers en riz, qui se développe dans le privé à l'époque d'Edo. Considérée comme précurseur du système bancaire moderne, la bourse est créée en 1697, au terme d'une période au cours de laquelle les courtiers de riz et changeurs rassemblent leurs magasins et entrepôts dans la zone. L'année 1710 marque le début de ce développement, qui apporte également avec lui l'émergence de la notion de contrat à terme. La bourse du riz de Dōjima est parrainée et organisée par le shogunat en 1773, le shogunat crééant également son propre entrepôt de riz à ce moment. Elle est réorganisée en 1868, et entièrement dissoute en 1939, lors de son absorption par l'« agence gouvernementale du riz ».

Le En 1767, la Halle aux blés de Paris, qui s'agrandit ensuite avec les fruits, fleurs et légumes

En France, le roi fit construire de 1763 à 1767 une « Halle aux blés », qui est devenue la Bourse de commerce de Paris. La décision est prise à la fin de la guerre de sept ans contre l'Angleterre, qui a perturbé le commerce maritime. Ensuite hébergée dans les locaux du Palais Brongniart, tout comme le tribunal de commerce, lors de son ouverture dans les années 1820, la Bourse de commerce de Paris retrouve ensuite ses propres locaux en 1885, proches de la rue du Louvre, dans le bâtiment de la Halle aux blés de 1767.

Le Les années 1840: l'élévateur à grains de Joseph Dart Les bourses de commerce se dotent souvent de "halles aux grains" où le stockage est provisoire, pour éviter la moisissure, et souvent compliqué à partage. À partir des années 1840, la technologie permet un partage du stock et un contrôle plus strict de la qualité. En 1842 à Buffalo, le négociant Joseph Dart et l'ingénieur écossais Robert Dunbar (1812-1890) inventent et construisent le premier « élévateur à grain » permettant un stockage rapide du grain en hauteur grâce à une machine à vapeur organisant le montage du grain par des godets. La cargaison d'un schooner de l'époque, soit de blé, peut être stockée entièrement, largement, ce qui assure aux vendeurs comme aux acheteurs que la quantité que chacun d'eux souhaite voir stockée le sera séparément.

Dans l'année 1843, 70 navires l'utilisent. En 1847, des silos identiques sont installés à Brooklyn et Toledo puis en 1848 à Chicago, en 1851 à Oswedo, Fort Wayne et Detroit, et Milwaukee en 1853. Il faudra cependant attendre encore vingt ans pour le voir à la Nouvelle-Orléans.

En 1845, Joseph Dart se joint aux marchands de la ville pour fonder le "Buffalo Board of Trade" (BBOT), dans le sillage de ce qui s'est fait à New York(1768), Baltimore(1821), Philadelphie(1833), La Nouvelle-Orléans(1834), Boston(1836) et Cincinnati(1839). Dès l'année suivante, Buffalo voit transiter 4 millions de boisseaux de blé, contre une moyenne de un a deux millions les huit années précédentes .

La halle au grains de Budapest En Hongrie, la "Pest Lloyd Society" est fondée par le marchand Jacob Kern en 1853, sur le modèle du "Lloyds Autrichien", basé à Trieste et fondé en 1833. L'adhésion se fait sans distinction religieuse et l'effectif est rapidement de 620 membres. La "Pest Lloyd Society" créé une halle aux grains et récupère l'activité de la précédente, centrée sur les céréales et la minoterie. En 1846, s'était créée une association de marchands de gros de 36 membres. En raison de sa croissance rapide, en quelques décennies, la communauté d'affaires a accueilli de nouveaux arrivants venus des confins de l'Empire des Habsbourg, porteurs d'une vision du progrès politique et économique. La "Pester Lloyd Society" a rapidement commencé à organiser des concerts hebdomadaires, événements sociaux, et des conférences sur les sciences naturelles, la chimie, la géologie, organisées dans le casino de la ville. Elle a fondé un journal quotidien en allemand, qui inclut les cours agricoles, le Pester Lloyd. L’industrie minotière, qui domine la structure industrielle de la capitale hongroise réceptionne à Pest, par le Danube puis par la voie ferrée, les céréales des grandes plaines hongroises, renforçant la centralisation du réseau ferroviaire radial, construit au début des années 1860 et 1870 à partir vers l’Autriche (Vienne, Graz et Trieste), la Transylvanie, la Haute Hongrie et la Subcarpartie.

Pour acheter les productions céréalières plus lointaines, ils obtiennent des tarifs ferroviaires préférentiels, sur le mode de ce qui fait aux États-Unis, grâce leur looby, une des plus puissants d’Europe derrière celui de Rotterdam. C'est aussi à des prix extrêmement bas que les produits céréaliers hongrois sont exportés par Fiume (Rijeka) , concurrençant les productions d'Europe occidentale.

La Bourse hongroise est née le à Pest, sur les rives du Danube, au siège du Lloyds Autrichien sous la présidence de Frigyes Koch et quatre plus tard elle acquiert la « Halle aux grains » (, centre du marché des céréales, et prend le nom de Bourse de commerce et des valeurs de Budapest (), nom qu'elle gardera pendant 80 ans en tant que l'une des principales bourses d'Europe.

Les « palais du commerce » français La loi du 28 ventôse an IX () fixe un cadre général et impose une recréation officielle des Bourses, qui concerne dès juin Montpellier, Paris, Lille, Toulouse, Douai, Valenciennes et Bordeaux"Histoire de la Chambre de commerce", par Paul Butel, cité dans « Les Bourses en France au , symboles d’un pouvoir commerçant ? » par Claire Lemercier, chargée de recherche au CNRS, à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine, sur Cairn. Info, en 2006 . La Chambre de commerce de Paris, créée en 1803, est officiellement, une instance consultative de l’administration et non pas un groupement spontané de négociants. Les Chambres n’acquièrent une personnalité morale qu’en 1851. À Toulouse, les locaux de la Bourse sont la propriété de l’État, à l’exception de la partie où siège le Tribunal de commerce, rattachée au département à partir de 1811, au grand dam des négociants ayant financé un cinquième, aux côtés de la ville et du département, à leur reconstruction« Les Bourses en France au , symboles d’un pouvoir commerçant ? » par Claire Lemercier, chargée de recherche au CNRS, à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine, sur Cairn. Info, en 2006 .

La construction et la reconstruction des Bourses de commerce parisienne et provinciales permettra de distinguer, dans la seconde moitié du , un moment où ces édifices incarnent un pouvoir économique d’un type nouveau. Les réceptions organisées par les Chambres de commerce ont été assez rares pendant la première moitié du siècle ; émergeant sous le Second Empire, elles deviennent fréquentes au début de la Troisième République, mobilisant régulièrement les ministres et donnant lieu à l’édition de brochures illustrées: le « discret pouvoir » du commerce veut dorénavant se montrer et utilise souvent pour cela les grandes salles des Bourses.

Le Second Empire, à Lyon et à Marseille, érige de véritables « Palais du commerce ».