L’église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Ableiges, dans le Val-d'Oise, en France. Elle remplace probablement un premier édifice attesté en 1071. L'église actuelle se caractérise par un chœur-halle rectangulaire de six travées, réparties sur trois vaisseaux, et se terminant par un chevet plat. Cet ensemble paraît assez homogène à la première vue, mais l'on peut distinguer trois campagnes de construction distinctes en regardant de près la sculpture des chapiteaux, qui est d'un bon niveau, et les voûtes. Le vaisseau central avec le clocher encore d'allure romane et les arcs-doubleaux vers les croisillons constitue la partie la plus ancienne, et semble dater des années 1160 / 1170. À l'intérieur, l'architecture évoque la première période gothique. Le collatéral sud est un peu plus récent, et le collatéral nord remonte seulement aux années 1220, comme l'indiquent notamment une clé de voûte, l'arc formeret au nord de la chapelle de la Vierge, et certains chapiteaux. Il y a des indices qu'une nef au moins partiellement voûtée d'ogives et flanquée d'un bas-côté au nord a existé avant la construction de la nef actuelle, dont notamment des colonnettes sans fonction de part et d'autre de l'arc triomphal, dont les chapiteaux ont été en partie refaits, et une arcade à l'ouest du croisillon nord, qui a été refaite avant d'être bouchée. La nef actuelle et le porche datent probablement du , et sont dénués de caractère ; ils sont exclus du classement aux monuments historiques par arrêté du .. L'église Saint-Martin est à présent affiliée à la paroisse Avernes et Marines, et les messes dominicales y sont célébrées environ quatre fois par an, à 9 h 30.

Localisation thumb|left|Approche par le sud.

L'église Saint-Martin est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le parc naturel régional du Vexin français, dans la vallée de la Viosne, sur la commune d'Ableiges, peu avant la sortie sud du village par la RD 28 en direction du hameau de La Villeneuve-Saint-Martin, face à l'ancienne ferme seigneuriale, au sud du carrefour avec la rue de la Prairie. Le porche devant le portail occidental donne sur le carrefour. L'église est entourée d'un terrain partiellement boisé, qui correspond à l'ancien cimetière. L'on peut ainsi faire le tour de l'édifice. Cependant, le terrain est assez étroit du côté sud, et il n'est pas possible d'apercevoir l'élévation méridionale en son ensemble. Des propriétés privées se situent tout autour. Il est à signaler que le vocable de l'église Saint-Martin prête à la confusion avec l'église de La Villeneuve-Saint-Martin, qui, contrairement à ce que suggère le nom de ce hameau, est dédiée à Notre-Dame-de-l'Assomption.

Historique thumb|left|Chevet.

La paroisse aurait été érigée en 1071 selon l'abbé Vital Jean Gautier.. . Sous tout l'Ancien Régime, Ableiges relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français et de l'archidiocèse de Rouen. L'église est dédiée à saint Martin de Tours. — Le vaisseau central du chœur est la partie la plus ancienne de l'église. Sa première travée tient en même temps lieu de croisée du transept et base du clocher. En raison du caractère manifestement roman de la baie du premier étage visible à l'ouest, Bernard Duhamel pense que les quatre piles auraient été reprises en sous-œuvre au début du , et le chœur roman remanié et agrandi par l'adjonction de deux chapelles latérales. Or, l'intérieur ne montre aucune trace d'une telle reprise, ni la moindre maladresse lors du raccordement des piles du clocher avec n'importe quelle autre travée, et avant et surtout, l'intérieur du chœur et des collatéraux ne sont pas homogènes sur le plan de la sculpture des chapiteaux, du profil des tailloirs, et des caractéristiques des voûtes. La construction s'est donc faite par étapes, tout en observant un plan fixé dès le départ. L'architecture romane dans le Vexin et dans le Beauvaisis ayant trouvé sa principale expression dans les portails et clochers, c'est sur ces parties des églises qu'elle se maintient le plus longtemps, bien après le milieu du , alors que les caractéristiques gothiques font leur entrée à l'intérieur des églises dès le milieu du siècle, car le voûtement d'ogives connaît déjà une certaine diffusion dès les années 1120 / 1130, et toutes les bases pour l'éclosion du style gothique sont déjà jetées. On peut donc se tenir à la datation proposée par le dossier de protection, qui indique la seconde moitié du pour les parties les plus anciennes de l'église, et admettre qu'au cours des années 1160 / 1170, l'intérieur peut paraître gothique, alors que le clocher parait encore roman.. thumb|Clocher, , côté ouest. thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'ouest.

Pour situer dans l'ordre les différentes étapes de la construction, il est utile de regarder les rapports du vaisseau central avec les travées adjacentes. Dans le vaisseau central, les colonnettes à chapiteaux sans emploi côté nef ; les quatre arcs-doubleaux autour de la base du clocher ; et les deux voûtes avec leurs supports sont homogènes. Ces parties peuvent être considérées comme le résultat de la première campagne de construction. Au début, la deuxième travée n'avait donc pas de chapelles latérales. Mais puisque les doubleaux latéraux ont été construits en même temps que le vaisseau central, l'on pourrait penser que les deux croisillons du transept appartiennent, eux aussi, à la première campagne. Il n'en est rien, car par leurs tailloirs d'un profil différent et implantés légèrement plus bas, la sculpture de leurs chapiteaux et le profil des ogives, le croisillon nord et la chapelle latérale nord s'affirment comme homogènes, et étant issus de la même campagne de construction. La clé de voûte du croisillon est garnie d'une rosace de feuillages suggérant un mouvement de rotation (« clé tournante ») comme dans le bas-côté sud de Trumilly ; le croisillon sud de Montgeroult ; la chapelle de la Vierge de Condécourt, les chapelles nord de Brenouille et Glaignes ; les chœurs de Borest, Courcelles-sur-Viosne et Sarcelles ; etc. Selon Maryse Bideault et Claudine Lautier, ce caractéristique n'apparaît guère avant les années 1220 ; .. Dans le croisillon et la chapelle latérale sud, la plupart des chapiteaux ont été mutilés ou refaits sans style : il ne reste plus qu'un seul chapiteau indemne dans chacune des deux travées. Par le profil de leurs tailloirs, ils se rattachent au vaisseau central, tandis que la sculpture des chapiteaux se caractérise par des crochets gothiques déjà bien affirmés, et renvoie à la fin du ou au début du . Les ogives de la chapelle latérale sud accusent le même profil que dans le vaisseau central, tandis que celles de la première travée affichent le profil rencontré dans les deux travées du nord. Les deux profils sont répandus pendant toute la première période gothique.

En résumé, l'on peut considérer que la construction des parties orientales de l'église Saint-Martin se fait en trois campagnes : dans un premier temps, le vaisseau central, sans exécuter les doubleaux vers les chapelles latérales de la deuxième travée ; dans un deuxième temps, le croisillon et la chapelle latérale sud ; et dans un troisième temps, le croisillon et la chapelle latérale nord. L'étage de beffroi du clocher est refait à la période flamboyante, entre 1480 et 1540 environ. Il y a en outre des remaniements postérieurs portant sur les fenêtres, les supports et les clés de voûte, qui seront évoqués dans le contexte de la description de l'édifice. Des doutes pèsent sur l'existence ancienne d'une nef voûtée d'ogives et de bas-côtés. Les deux faisceaux de respectivement trois et deux colonnettes sans emploi à la fin de la nef ne prouvent en rien que la nef était jadis voûtée. Mais sans ce voûtement, l'on conçoit difficilement pourquoi l'on se serait donné la peine de refaire les chapiteaux du faisceau de droite, à l'instar du croisillon sud. D'autre part, l'arcade bouchée qui devait faire communiquer le croisillon nord avec le bas-côté a apparemment été refaite avec un tracé moins aigu, avant d'être murée. Ce remaniement n'aurait aucun sens sans l'existence d'un bas-côté. La nef et le porche que l'on trouve actuellement sont dénués de caractère, et ne devraient pas être antérieurs au . Ils sont exclus du classement aux monuments historiques par arrêté du . — Après le rattachement au nouveau diocèse de Versailles créé sous la Révolution française pour regrouper les paroisses du département de Seine-et-Oise, Ableiges change une seconde fois de diocèse en 1966, quand la refonte des départements d'Île-de-France motive l'érection du diocèse de Pontoise, qui correspond au territoire du nouveau département du Val-d'Oise. Le village est à présent affilié à la paroisse Avernes et Marines, qui est très étendue, et réunit pas moins de trente-cinq clochers. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Martin environ quatre fois par an, le samedi soir ou le dimanche à 9 h 30..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée un peu irrégulièrement vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan symétrique assez simple. Elle se compose d'un porche ; d'une nef simplement plafonnée sans subdivision en travées ; d'un chœur de deux travées au chevet plat, dont la première travée constitue la croisée du transept et sert de base au clocher ; de deux croisillons ; et de deux chapelles latérales du chœur, dont les chevets plats sont alignés sur une même ligne avec le chevet du vaisseau central. La sacristie occupe l'angle entre la nef et le croisillon nord. Des passages berrichons voûtés en berceau relient directement la nef aux croisillons. Une tourelle d'escalier carré, à pan coupé, flanque l'angle nord-est de la chapelle latérale nord. Les six travées orientales sont voûtées d'ogives. La hauteur des collatéraux dépasse à peine la hauteur du vaisseau central, et l'on obtient ainsi un chœur-halle rectangulaire, comme à Boran-sur-Oise, Bruyères-sur-Oise, Chérence, Nogent-sur-Oise, Plailly, Villers-Saint-Paul. Ce type de plan est rare dans le Vexin, où l'on peut encore citer les chœurs-halles carrés de Courcelles-sur-Viosne et Genainville. Le vaisseau central et les deux travées du nord sont recouverts ensemble par une toiture à deux rampants, avec un demi-pignon à l'ouest, et un large pignon à l'est. Le croisillon sud est muni d'un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice, avec pignon au sud. Le toit en bâtière de la chapelle du sud prend appui sur celui du croisillon, et se termine par un pignon à l'est, moitié moins large que l'autre. Le clocher est coiffé d'une pyramide en charpente recouverte d'ardoise.

Intérieur Chœur thumb|upright|Base du clocher, vue vers l'est. thumb|upright|Base du clocher, vue vers le nord.