La rue des Cordiers est une ancienne rue du de Paris, quartier de la Sorbonne, disparue en 1892.

Situation Cette rue commençait rue Saint-Jacques et finissait à lancienne rue de Cluny (rue Victor-Cousin depuis 1864) et était située dans l'ancien arrondissement de ParisCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Sorbonne », îlots , cote F/31/93/50, îlot , cote F/31/93/55..

Les numéros de la rue étaient rouges. Le dernier numéro impair était le 23 et le dernier numéro pair était le 14.

Origine du nom Elle doit son nom, attesté depuis le , aux cordiers qui y travaillaient.

Historique

Cette rue existait et portait déjà ce nom au milieu du .

Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris (vers 1280-1300), de Guillot de Paris, sous la forme « rue à Cordiers ».

Elle est citée sous le nom de « rue des Cordiers » dans un manuscrit de 1636.

La rue est supprimée en 1892 pour faire place à l'extension de la Sorbonne.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Hôtel Saint-Quentin La dernière maison de la rue Cordier ( en 1855) était au un modeste hôtel garni exploité sous le nom « Hôtel Saint-Quentin »Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments , Bureau de la Revue municipale, Paris, 1855, , (voir en ligne.. Jean-Jacques Rousseau y logea en 1741, lors de son deuxième voyage à Paris, et à nouveau en 1745, après son retour de Venise, quand le départ de son ami Altuna le contraignit de quitter le logement qu'ils avaient partagé rue Saint-Honoré.

« J'arrivai à Paris dans l'automne de 1741, avec quinze louis d'argent comptant » écrira Rousseau sur son premier séjour, et relatera que « (...) sur une adresse que m'avoit donné M. Bordes, j'allais loger à l'hôtel Saint-Quentin, rue des Cordiers, proche la Sorbonne, vilaine rue, vilain hôtel, vilaine chambre, mais où cependant avoient logé des hommes de mérite, tels que GressetJean-Baptiste Gresset (1709-1777), poète et dramaturge français d'origine picarde avait occupé, vers 1736, un modeste réduit à l'Hôtel Saint-Quentin., Bordes, les abbés de Mably, de Condillac, et plusieurs autres dont malheureusement je n'y trouvai plus aucun (...) », ajoutant que grâce à la connaissance qu'il y fit avec un certain Bonnefond, il rencontra Daniël Roguin qui devint son ami et lui fera connaitre DiderotJean-Jacques Rousseau : Les Confessions, Livre VII (1741) In Œuvres complètes de Jean-Jaques Rousseau, tome 1, Alexandre Houssiaux, Paris, 1853, (voir en ligne).. Il quitta l'hôtel Saint-Quentin pour emménager dans le jeu de paume de la rue Verderet (), afin de se rapprocher de l'hôtel particulier des Dupin-Francueil, rue de la Plâtrière.

En 1745, Rousseau écrit à Roguin d'être décidé à « s'emprisonner » à l'Hôtel Saint-Quentin pour y finir « un ouvrage »Correspondance complète de Jean-Jacques Rousseau, établie et annotée par R.A. Leigh (Voltaire Foundation), La Pleiade, tome II, . et confiera ultérieurement dans Les Confessions « Je repris le travail de mon opéraIl s'agit de l'opéra Les Muses galantes., que j'avais interrompu pour aller à Venise, et, pour m'y livrer plus tranquillement, après le départ d'Altuna, je retournai loger à mon ancien hôtel Saint-Quentin, qui, dans un quartier solitaire et peu loin du Luxembourg, m'était plus commode pour travailler à mon aise, que la bruyante rue St.-HonoréJean-Jacques Rousseau : Les Confessions, op. cité, .. » C'est alors qu'il fit la connaissance de Thérèse Le Vasseur, lingère à l'hôtel Saint-Quentin, sa future maîtresse et épouse.

Références

Bibliographie Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.

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