L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église catholique paroissiale située à Ézanville, en France. Son chœur gothique flamboyant des années 1540, terminé dans le goût de la Renaissance, constitue sa seule partie remarquable. Il se compose de trois travées droites et d'une abside à cinq pans, et est généreusement éclairé. Malgré ses petites dimensions, une largeur de , une hauteur de , et une longueur de dans l'œuvre, son architecture est d'un grand raffinement. Elle se caractérise notamment par des piliers ondulés engagés dans les murs, portant des frises sculptées de motifs végétaux en guise de chapiteaux, et par des voûtes aux clés pendantes. Les deux dernières voûtes sont agrémentées de liernes et tiercerons. Dans l'abside, les nervures décrivent un dessin original évoquant les pétales d'une fleur. Au nord, le chœur était primitivement à deux niveaux d'élévation ; ce n'est plus le cas que dans la première travée. Le vaisseau est flanqué d'un clocher sans caractère du ; d'une sacristie issue de la transformation d'une chapelle latérale ; et d'une petite chapelle basse. La nef est moderne et a été inaugurée en 1967 seulement. L'ancienne nef avait été démolie en 1832, quand la commune ne pouvait faire face aux frais de restauration. Le chœur seul a été classé monument historique par arrêté du .. L'église Notre-Dame-de-l'Assomption fait aujourd'hui partie du groupement paroissial d'Écouen, Ezanville, Bouqueval, Le Plessis-Gassot. Des messes dominicales anticipées y sont célébrées chaque samedi à 18 h.
Localisation
L'église est située sur la commune d'Ézanville, à l'écart des commerces et principales voies de circulation, rue de l'Église. L'édifice est orienté irrégulièrement vers le sud-est du côté du chevet. En provenance de la Grande-Rue, à l'est, la rue de l'Église arrive près du chevet, puis dévie vers le nord, et flanque le versant nord du chœur, puis s'éloigne successivement de l'église en direction du nord. La façade, tournée vers le nord-ouest, est précédée d'un étroit parvis. Un petit parking s'insère entre la rue et la nef, et un autre petit parking se situe devant le chevet. Toute l'élévation méridionale (sud-ouest) de l'église est enclavée dans une résidence privée.
Historique thumb|upright|left|Abside, côté nord-est.
Sous l'Ancien Régime, Ézanville n'est qu'un quartier ou un hameau d'Écouen, et ne forme à aucun moment une paroisse à part. Sous l'épiscopat de Geoffroy de Boulogne, de 1061 à 1095, une dame alliée à la maison de Montmorency se fait religieuse à l'abbaye Notre-Dame de Saint-Paul-lès-Beauvais. Elle fait don à l'abbaye de sa terre d'Aisenville. Quelque temps après, la communauté lui ordonne de retourner vivre sur ses terres. C'est ce qu'elle fait, et elle vient assister tous les jours à la messe à l'église d'Écouen. Quand elle devient infirme avec l'âge, elle ne se sent plus la force d'effectuer le chemin et elle demande à l'évêque et à l'archidiacre Drogon la permission d'ériger un oratoire à Ézanville. Cette faveur lui est accordée, sous réserve de l'approbation du curé. Celui-ci donne son aval, mais interdit la célébration des mariages et relevés de couches dans la nouvelle chapelle, et oblige les habitants de se rendre à l'église paroissiale Saint-Acceul les principaux jours de fête et la fête patronale de Saint-Acceul.. Selon la charte par laquelle Thibaud, évêque de Paris, confirme toutes les possessions du prieuré Saint-Martin-des-Champs dans le diocèse, la chapelle appartient à ce prieuré, en raison de sa qualité de collateur de la cure. Celle-ci relève du doyenné de Montmorency, de l'archidiaconé de Paris et du diocèse de Paris. La sainte patronne de la chapelle est la Vierge Marie ; les textes anciens ne font pas mention du vocable particulier de l'Assomption. Au , Ézanville n'est plus considérée comme simple chapelle, mais comme succursale. Le chœur conserve toutefois le caractère d'une chapelle particulière et est réservé à un chapelain, qui y dit les messes de fondation. La nef accueille les célébrations paroissiales, qui sont dirigées par un vicaire nommé par le curé. Il est habilité à administrer les sacrements (baptême, eucharistie, confession, extrême-onction uniquement).. thumb|Chapiteau provenant de la nef.
La partie la plus ancienne de l'église actuelle semble être le clocher, qui est implanté obliquement par rapport à l'axe de l'édifice. Ce clocher est sans style réel, mais Mathieu Lours croit pouvoir situer sa construction au . Le chœur, commencé dans le style gothique flamboyant, comme le montrent les piliers ondulés engagés dans les murs et les chapiteaux, mais muni de clés de voûte Renaissance, peut être daté assez facilement des années 1540, qui sont la décennie quand l'architecture Renaissance commence à s'imposer en pays de France. La chapelle au nord du chœur a été refaite au ; elle sert aujourd'hui de sacristie. La vieille nef n'existe plus. En 1832, l'église se trouve en mauvais état, et la commune n'ayant pas les moyens de payer sa restauration, elle abandonne la nef à un entrepreneur en bâtiment, qui s'engage à restaurer le chœur avec, comme seule rémunération, les recettes de la vente des matériaux récupérés lors de la démolition de la nef. Selon l'abbé Lebeuf, le portail et quelques piliers au nord étaient du ou , mais l'arc triomphal partiellement conservé indique aussi une reconstruction à la Renaissance, pendant la seconde moitié du . L'ancienne nef avait l'allure d'une simple église villageoise et était dépourvue de bas-côté, mais était néanmoins voûtée d'ogives. Un cimetière est aménagé à son emplacement, puis l'on y construit une annexe du château..
Ézanville est érigée en paroisse indépendante en 1912. Le chœur seul est classée monument historique par arrêté du . Afin de parer à sa capacité d'accueil trop faible, une tribune est installée dans la première travée.. Cependant, face à la progression démographique très importante que la commune connaît au , l'église s'avère bientôt insuffisante. En 1963, le diocèse de Versailles, qui regroupe l'ensemble des paroisses de Seine-et-Oise depuis la Révolution française, demande les plans d'une nouvelle nef à l'architecte en chef des monuments historiques, Sylvain Stym-Popper. Cette nef est édifiée entre 1964 et 1967, mais la première des cinq travées et le porche flanqué d'un baptistère ne sont jamais réalisés. Entretemps, en 1966, Ézanville change pour une seconde fois de diocèse lors de l'érection du diocèse de Pontoise, qui s'inscrit dans le cadre de la réorganisation territoriale en Île-de-France, et la création du département du Val-d'Oise. Lors d'une restauration, la deuxième et la troisième grandes arcades du chœur, jusque-là fermées par des clôtures en bois, sont murées afin de consolider les voûtes. La chapelle du au nord de l'abside est ramenée à la moitié de sa hauteur initiale, tout en conservant sa clé de voûte Renaissance. Cette opération permet de dégager la fenêtre septentrionale de l'abside, ainsi que son riche décor sculpté à l'extérieur. Depuis l'automne 2013, des étais encombrent les deux dernières travées ., les plus intéressantes en raison de leurs voûtes à liernes et tiercerons et des fragments de vitraux des années 1550 / 1560 regroupés dans les trois verrières du chevet, désormais cachés. Aujourd'hui, l'église Notre-Dame est affiliée au groupement paroissial d'Écouen, Ezanville, Bouqueval, Le Plessis-Gassot. Des messes dominicales anticipées y sont célébrées chaque samedi à 18 h. La maison paroissiale se situe 7, rue de l'Église, à Ézanville.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée irrégulièrement vers le sud-est du côté du chevet, l'église Notre-Dame-de-l'Assomption se compose d'un vestibule, qui abrite également les fonts baptismaux ; d'une large nef de quatre travées, dont la charpente apparente repose sur cinq ogives en béton armé ; d'un chœur composé de trois travées droites et d'une abside à cinq pans ; d'un clocher au nord de la première travée du chœur ; d'une sacristie, issue de la transformation de la chapelle du , au nord des deux travées suivantes du chœur ; et d'une petite chapelle basse au nord de l'abside. Le chœur mesure de largeur et de profondeur dans l'œuvre, donc pour chacune des trois travées droites et pour l'abside. La base du clocher est un carré de de côté. La petite chapelle mesure de largeur et de profondeur. Le chœur, la sacristie et la petite chapelle sont voûtés d'ogives. La base du clocher est voûtée d'arêtes. Dans la troisième travée du chœur, il s'agit d'une voûte à liernes et tiercerons conventionnelle. Dans l'abside, deux liernes légèrement courbées qui se croisent s'insèrent dans les intervalles entre les ogives. La petite chapelle au nord de l'abside possède deux voûtes successives dans le sens nord-sud. L'on entre habituellement par le portail occidental. Il y a également un portail latéral au nord de la dernière travée de la nef. La petite porte au sud de la première travée du chœur est bouchée. La description de l'intérieur et de l'extérieur de l'église omettra la nef de 1964.
Intérieur thumb|upright|Chœur, vue depuis la nef. thumb|upright|Vue vers le nord-est. thumb|upright|Chœur, , élévation nord. thumb|upright|Vue vers l'ouest.
Mathieu Lours souligne l'architecture très raffiné du chœur, malgré ses petites dimensions. Il s'inscrit pleinement dans la tradition gothique, et seules certaines finitions reflètent le style de la Renaissance, comme dans l'église du Mesnil-Amelot, les bas-côtés sud de Louvres et Villiers-le-Bel, le chœur de Presles, etc. La hauteur, pour moitié supérieure à la largeur, assure un certain élancement, qui est toute relative, comme souvent à la période flamboyante : en effet, la hauteur des piliers ne dépasse pas la largeur du vaisseau, soit six mètres. Les nombreuses fenêtres procurent un éclairage suffisant. Comme à Écouen, il n'y a qu'un unique niveau d'élévation au sud et dans l'abside, tandis que les trois premières travées présentent, initialement, un étage de grandes arcades et un étage de murs aveugles. Maintenant, ce n'est plus le cas que dans la première travée. Les grandes arcades n'ont jamais été réalisées comme prévu : au début du chœur, l'on voit toujours l'amorce d'une arcade moulurée en tiers-point, qui devait accuser un tracé aigu. Le sommet de ces arcades aurait coïncidé avec le niveau des chapiteaux des voûtes. En définitif, les piédroits des arcades n'ont que trois mètres de hauteur, soit la moitié des piliers, et elles ne sont pas moulurées. Il y avait seulement des impostes moulurés, qui retombaient, aux deux angles, sur un petit cul-de-lampe. Ces arcades rudimentaires étaient aussi épaisses, qu'elles donnaient l'impression d'avoir été percées dans un mur préexistant, ou bien de remonter à un édifice de la première période gothique.