Chakib Akrouh, né le à Berchem-Sainte-Agathe (Belgique) et mort le à Saint-Denis (France)Relevé des fichiers de l'Insee, est un terroriste djihadiste belgo-marocain.
Parti en Syrie en 2013, il participe à la guerre civile syrienne au sein du groupe djihadiste État islamique. Il revient clandestinement en Europe pour participer aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, l'attaque terroriste la plus meurtrière perpétrée en France sous la .
Il fait partie de l'équipe de trois terroristes auteurs du mitraillage de plusieurs terrasses causant la mort de . Parvenant à prendre la fuite après les attentats, il est finalement tué lors de l'opération policière du 18 novembre 2015 à Saint-Denis, lorsqu'il fait exploser sa ceinture d'explosifs, provoquant sa mort et celle de son complice, Abdelhamid Abaaoud.
Biographie
Radicalisation et départ pour la Syrie Chakib Akrouh nait le à Berchem-Sainte-Agathe, une commune de Bruxelles-Capitale, en Belgique, dans une famille belgo-marocaine. Sa dernière adresse connue, rue Evariste Pierron, à Molenbeek-Saint-Jean, est située à deux rue de celle des frères Salah et Brahim Abdeslam. Mohamed Abrini, Abdelhamid Abaaoud, autres terroristes impliqués dans les attentats du ainsi que Ayoub El Khazzani, qui a perpétré l'attentat du train Thalys de 2015, ont aussi habité à proximité immédiate de cette adresse.
Chakib Akrouh prend le un vol aller-simple pour Istanbul depuis la Belgique et sa présence est attestée sur le territoire syrien quelques jours plus tard. En , des photos le montrant, fusil d'assaut en main apparaissent. Il rejoint à son arrivée la Katibat al-Mouhajirine, puis quitte ce groupe pour rejoindre Daech. Un mandat d'arrêt est délivré contre lui le . Il est condamné par contumace à 5 ans de prison le à Bruxelles dans une affaire de recrutements pour la Syrie.
Participation aux attentats du 13 novembre 2015 Il fait partie du groupe de trois terroristes, avec Brahim Abdeslam, qui déclenche sa ceinture explosive après les attaques, et Abdelhamid Abaaoud, qui a mitraillé des terrasses dans les 10 et . Se déplaçant à bord d'une Seat León immatriculée en Belgique, ils ouvrent le feu à trois reprises sur des personnes attablées à des terrasses de bars et de restaurants. La voiture ayant transporté le commando est retrouvée le , garée en face du de la rue Édouard-Vaillant, à Montreuil. À l'intérieur, les enquêteurs retrouvent les trois Zastava M70 utilisées lors des attaques. Sur l'une d'elles sont présentes des traces d'ADN d'Abaaoud..
Deux cent cinquante mètres plus loin, les caméras de surveillance de la station de métro Croix de Chavaux enregistrent son passage à . Il est accompagné de Abdelhamid Abaaoud.. Leur trace est une nouvelle fois enregistrée à la station Nation à . À , environ vingt minutes après le début de l'assaut mené par la BRI, leur téléphone est détecté à proximité du Bataclan, rue Saint-Ambroise.. Ils se sont sans doute retrouvés parmi la foule de badauds observant l'intervention policière.. Les deux hommes rejoignent ensuite Aubervilliers en transport en commun. Leur téléphone y est détecté à . Grâce à ce portable, ils restent en contact régulier avec une ligne localisée en Belgique.
Traque et mort
vignette|L'immeuble rue du Corbillon à Saint-Denis où il trouve la mort. Après les attentats, Chakib Akrouh et Abdelhamid Abaaoud se terrent sur un talus végétalisé situé en contrebas de l'A86 dans une zone d'entrepôts à Aubervilliers, rue Marcel-Carné, dans le département de la Seine-Saint-Denis.. Les enquêteurs sont mis sur la piste de cette planque par un renseignement parvenu le en fin d'après-midi, faisant état de la présence d'individus en lien avec les attentats dans une zone industrielle. Les enquêteurs de terrain en sont informés le mardi 17 et, pour avoir la preuve par l'image, installent une caméra en début d'après-midi en direction du talus et guettent les allées et venues.
À , ils aperçoivent une jeune femme, qui se révélera être Hasna Aït Boulahcen, s'approcher des fourrés, un portable à l'oreille. Une minute plus tard un homme, que les enquêteurs identifieront ultérieurement comme Chakib Akrouh apparaît puis, à , les policiers reconnaissent Abdelhamid Abaaoud émergeant des bosquets. La planque est décrite comme un « igloo végétal » invisible de l'extérieur. Les données du téléphone et des reliefs de nourriture permettent d'établir qu'ils s'y sont cachés quelques heures après les attentats et y sont restés quatre jours et trois nuits. L'équipe chargée de la filature décide de ne pas intervenir directement car Abaaoud porte un gilet fermé, ce qui laisse craindre qu'il soit équipé d'une ceinture explosive.
Le trio monte dans un taxi, qui est suivi par la police et dépose Abaaoud et ses complices chez Jawad Bendaoud rue du Corbillon à Saint-Denis. Des caméras de vidéo surveillance montrent à Abdelhamid Abaaoud franchissant l'entrée de l'immeuble qui constituera sa dernière planque. Ils sont tués au cours de l'opération policière du 18 novembre 2015 menée dans la nuit par le RAID et la BRI..
L'assaut des forces de l'ordre a été particulièrement violent. Le procureur de la République de Paris, François Molins, chargé de l’enquête, déclare lors d'une conférence de presse le que les policiers ont essuyé des , le RAID faisant et tirant . Cependant, il apparaîtra plus tard que les terroristes n'avaient comme seul arme de tir qu'un Browning GP sans chargeur., les tirs reçus par les policiers venant selon toute vraisemblance de leurs collègues.. Selon le rapport d'autopsie, la mort d'Abaaoud est due aux suites de l'explosion de Chakib Akrouh qui s'est fait sauter à l'aide d'une ceinture d'explosifs, provoquant ..
D’après le procureur François Molins, Akrouh et Abaaoud avaient projeté ..
Le corps d'Akrouh n'est pas identifié immédiatement, ce n'est que le que le parquet de Paris annonce avoir déterminé son identité suite à une comparaison avec l'ADN de sa mère.
Le , l'État islamique consacre l'avant-dernière page de son magazine de propagande anglophone, Dabiq, aux auteurs des attentats du . Chakib Akrouh y est présenté comme .
Le , l'État islamique publie une vidéo de et , intitulée , dans laquelle sept des neuf auteurs des attentats du s'apprêtent chacun à exécuter un prisonnier, présenté simplement comme un « murtadd » (apostat). Les Francophones, dont Akrouh, les tuent par décapitation, les deux Irakiens du Stade de France d'une balle dans la tête. Toutes les exécutions ne sont pas montrées à l'écran, mais celle réalisée par Akrouh l'est. Dans la vidéo, c'est cette fois Bilal Hadfi qui est présenté comme , tandis qu'Akrouh est surnommé .
Le , Chakib Akrouh est inhumé au cimetière multiconfessionnel d'Evere, où reposent également les dépouilles de Bilal Hadfi, Brahim Abdeslam et Ibrahim El Bakraoui.
Notes et références
Catégorie:Naissance à Berchem-Sainte-Agathe Catégorie:Naissance à Bruxelles au XXe siècle Catégorie:Naissance en août 1990 Catégorie:Membre de l'État islamique Catégorie:Coresponsable des attentats du 13 novembre 2015 Catégorie:Meurtre-suicide en France Catégorie:Terrorisme en Belgique Catégorie:Décès à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Catégorie:Décès en novembre 2015 Catégorie:Décès à 25 ans Catégorie:Personnalité inhumée à Bruxelles