L’église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Labbeville, dans le Val-d'Oise (France). Elle se compose d'une nef recouverte d'une remarquable charpente lambrissée du ; d'un bas-côté nord muni d'une fausse voûte en berceau ; et de cinq travées orientales voûtées d'ogives, réparties sur deux vaisseaux. L'église est attestée pour la première fois en 1066. Le plan de la nef primitivement dépourvue de bas-côtés pourrait remonter à cette époque. Sinon, l'église actuelle est surtout le résultat de plusieurs campagnes de construction rapprochés à la fin de la période romane et au début de la période gothique, autour du milieu du . Dans un premier temps, la nef est munie de bas-côtés, et le transept est rebâti. Seul le bas-côté nord subsiste depuis l'incendie de 1821, et le croisillon nord a été remanié quelques décennies après sa construction lors de l'adjonction de la chapelle de la Vierge à l'est. La croisée du transept a perdu son caractère roman ou gothique primitif lors du remaniement des supports de la voûte après la guerre de Cent Ans. Mieux conservée est la dernière travée du chœur, qui fut ajoutée à la même époque que la chapelle de la Vierge, comme le montrent ses chapiteaux romans, et la corniche et les contreforts du chevet, également romans. Au , le chevet est pourvu d'une vaste fenêtre au réseau rayonnant, et la façade occidentale reçoit une grande rosace et un nouveau portail. Celui-ci est mutilé par une restauration néo-classique, et abrité sous un porche de 1811. Le clocher latéral date seulement de 1862, et remplace le clocher roman bâti au-dessus du croisillon sud, détruits par l'incendie de 1821. Des constructions annexes cachent les élévations latérales du chœur, et pour cette raison et les divers remaniements effectués au fil des siècles, le caractère roman de l'édifice n'est plus guère visible à l'extérieur de l'édifice. L'église Saint-Martin a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du ., et bénéficié de travaux de restauration au cours des années 1980. Elle fait aujourd'hui partie de la paroisse de Nesles-la-Vallée, et n'accueille des messes dominicales qu'à titre occasionnel.

Localisation

L'église Saint-Martin est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Labbeville, au milieu du village, sur la Grande-Rue (RD 64), à droite de la mairie. C'est la façade occidentale qui est tournée vers la rue. Elle est précédée d'un petit parvis, et une courte allée de tilleuls relie le porche au trottoir. Le terrain au sud du parvis et de la nef correspond à l'ancien cimetière. On y trouve le monument aux morts de la commune. Le clocher et l'élévation méridionale du chœur sont enclavées dans une cour privée. Le chevet, l'élévation septentrionale du chœur, la chapelle latérale nord (chapelle de la Vierge) et le croisillon nord sont bien visibles depuis le cours du Puits, qui est une voie publique. Le mur gouttereau du bas-côté nord est en revanche enclavée dans la cour de la mairie.

Historique thumb|upright|left|Nef, croisée du transept et clocher, vue depuis le sud.

L'église est dédiée à saint Martin de Tours. Elle est attestée dès 1066.. La fondation de la paroisse ne remonterait toutefois qu'à 1164 selon l'abbé Vital Jean Gautier. Sous l'Ancien Régime, elle relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé du Bec-Hellouin.. Aucun document ne renseigne sur la construction de l'église et sur les agrandissements qu'elle connaît pendant le premier siècle de son existence. Les différentes campagnes de construction peuvent être identifiées grâce à l'analyse archéologique, mais une grande partie de la sculpture a été dissimulées sous une couche de plâtre lors de restaurations anciennes, et seule une restauration complète accompagnée de sondages archéologiques sont susceptibles d'apporter des certitudes.

L'église actuelle est issue de plusieurs campagnes de construction très rapprochées. Elle remonte en grande partie à la période de transition entre l'architecture romane et gothique, autour du milieu du . Au début, elle possède une nef unique (sans bas-côtés), comme le montre l'important désaxement de l'arc triomphal vers le sud, qui n'est pas compatible avec un plan basilical. Cette nef pourrait conserver le plan et quelques éléments en élévation de la nef primitive qui existe en 1066. Par l'ouverture de grandes arcades dans les murs gouttereaux, elle est munie de bas-côtés, encore à la période romane, sans doute au cours des années 1120 / 1130 comme le donne à penser le profil déjà évolué des tailloirs moulurés... À l'est, il devait y avoir dès cette époque un transept, dont la croisée du transept tient en même temps lieu de première travée du chœur, et une seconde travée du chœur. Des colonnettes chapiteaux romans subsistent à l'ouest de l'arcade en plein cintre au nord de la croisée du transept., et dans l'angle nord-est du croisillon nord.. Cette dernière colonnette à chapiteau supporte l'une des ogives de la voûte, ce qui permet de conclure que le croisillon fut voûté d'ogives dès l'origine, et ne devrait pas être antérieur au second quart du . La similitude entre cette voûte et celle de la chapelle de la Vierge, ajoutée après coup dans l'angle avec le chœur, donne à penser que cette chapelle ne soit pas beaucoup jeune. Il est également possible que la voûte du croisillon ait été rebâtie au moment de la construction de la chapelle, car les frises de feuillages en guise de chapiteaux dans les angles sud-est. et sud-ouest. du croisillon sont postérieures au chapiteau, et devraient être issues d'un remaniement après le milieu du ). Enfin, des chapiteaux romans dégagés vers la fin des années 1970 au sud du dernier arc-doubleau intermédiaire du chœur., incitent à la conclusion que l'ajout de la troisième travée du chœur ne devrait pas être postérieur au troisième quart du . La fenêtre à remplage du chevet ne date toutefois que du . Après la guerre de Cent Ans, les colonnettes romanes de la croisée du transept sont supprimées, les angles des piliers retaillés, et munis de bases flamboyantes.. La clé de voûte est remplacée.. Au cours du , le tailloir à l'ouest de l'arcade reliant le chœur à la chapelle de la Vierge est décoré d'un bas-relief représentant un calice et une hostie..

Sous la Révolution française, Labbeville est intégrée dans le nouveau diocèse de Versailles qui regroupe la totalité des paroisses de Seine-et-Oise. En 1821, un incendie détruit le bas-côté sud, et le croisillon sud, qui sert en même temps de base au clocher, comme à Frouville et Nesles-la-Vallée. L'église n'est remise en état qu'en 1862. Bernard Duhamel affirme que le mur méridional de la nef est rebâti au nord de son emplacement primitif, ce qui expliquerait que l'arc triomphal soit autant désaxé vers la droite. L'auteur attire en même temps l'attention sur les arcades bouchées dans le mur méridional, et estime qu'elles témoigne du projet de reconstruire le bas-côté sud.. Étant donné la largeur anormale que la nef aurait eu avant l'incendie si son mur gouttereau sud avait réellement été déplacé vers le nord, il paraît plus vraisemblable qu'il s'agisse en réalité des grandes arcades d'origine, soit des homologues des grandes arcades du nord., et non d'une création des restaurateurs de 1862. En plus, la nef conserve sa charpente du , même si plusieurs engoulants ont été refaits après l'incendie.. — L'église Saint-Martin est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . — Dans le cadre de la refonte des départements d'Île-de-France et de la création du département du Val-d'Oise, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966. Après avoir exercé pendant trente-huit ans comme curé de Labbeville, l'abbé Marcel Corjon prend sa retraite pour des raisons de santé. Il s'était imposé à la population par son zèle et sa charité, et son départ est vivement regretté. Le dernier curé de Labbeville est l'abbé Pierre Gillet. Deux ans après sa nomination en 1967, l'évêque lui confie la paroisse plus importante de Marines, et Labbeville est affiliée au secteur paroissial ; p. 136. du Sausseron / paroisse de Nesles-la-Vallée. Il regroupe aujourd'hui un total de huit villages, les autres étant Arronville, Frouville, Hédouville, Menouville, Vallangoujard et Valmondois. L'église bénéficie de travaux de restauration au cours des années 1980. À cette occasion, le pignon de la façade est refait, et pourvu d'une nouvelle rosace de style gothique, imitant l'ancienne dont le remplage avait été écrasé par des déformations. Depuis 2013, les messes dominicales ne sont plus célébrées à Labbeville qu'occasionnellement.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée à peu près régulièrement, avec une légère déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan irrégulier, et se compose d'une nef de trois travées qui a perdu son bas-côté sud ; d'un transept qui a perdu son croisillon sud ; d'un chœur de deux travées à chevet plat ; de la chapelle de la Vierge dans l'angle entre chœur et croisillon nord ; et de la base du clocher, ne communiquant pas avec l'intérieur de l'église, au sud de la première travée du chœur. Le portail occidental est abrité sous un porche. La sacristie occupe l'angle entre la seconde travée du chœur et la chapelle de la Vierge, et l'ancienne remise de la pompe à incendie occupe l'angle entre le clocher et le chœur. La nef est recouverte d'une charpente apparente lambrissée. Le bas-côté nord est muni d'une fausse voûte en berceau plein cintre. Les cinq travées orientales sont voûtées d'ogives. Le portail occidental constitue l'unique accès à l'église. Le vaisseau central est muni d'une toiture à deux rampants, avec des pignons en façade et au chevet. Le croisillon nord et la chapelle de la Vierge possèdent une toiture commune à deux rampants perpendiculaire à l'axe de l'édifice, avec un large pignon au nord. Le bas-côté nord est doté d'un toit en appentis prenant appui contre le mur gouttereau nord de la nef, et la sacristie est elle aussi muni d'un toit en appentis, qui prend appui contre le mur oriental de la chapelle de la Vierge. La toiture de la remise de la pompe à incendie est intégrée dans celle du chœur.

Intérieur Nef et bas-côté thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Bas-côté, vue vers l'ouest. thumb|upright|Nef, vue dans la croisée du transept et le chœur. thumb|upright|Croisée du transept, vue vers l'est. thumb|upright|Transept, vue vers le sud.