Henri Farge est un artiste peintre et graveur (aquafortiste, aquatintiste et sur bois) français né à Paris le . Il vécut à Paris, successivement rue des Vignes, rue de Lille, avenue de Versailles, enfin rue des Plantes. Il est mort à Créteil le Acte de naissance à Paris , n° 14, vue 3/32, avec mentions marginales de trois mariages à Paris en 1910, 1924 et 1949, et du décès à Créteil en 1970..

Biographie Henri Auguste Élysée Farge est le fils de l'architecte Laurent Farge dont le nom reste associé à la construction d'immeubles parisiens (le , rue Dufrenoy en 1890, les , rue Desbordes-Valmore en 1895) et de l'hôtel de ville de Trouville-sur-Mer en 1911. Baptisé en l'église Saint-Augustin, Henri est successivement élève du Lycée Carnot de Paris et du Lycée Michelet de Vanves.

Le jeune mathématicien Quoique remarqué au Lycée Michelet par son professeur de dessin qui le fait travailler à part, c'est sa réputation d'élève brillant en tout, de qui l'emporte dans l'immédiat sur sa vocation artistique: cinq fois envoyé au Concours général (mathématiques, chimie, géométrie, histoire, géographie), il passe ses baccalauréats avec mention et est admis en 1902 à l'École polytechniqueJ. R., Henri Farge - La peinture, la politique, le monde et la mode, in Catalogue de la vente de l'atelier Henri Farge, Claude Robert, Paris, 18 juin 1984..

Promis à une carrière de , Henri Farge quitte pourtant le giron familial pour s'installer en toute indépendance dans un modeste atelier du boulevard Raspail. Il poursuit ses études à la Sorbonne, est un élève apprécié des mathématiciens Henri Poincaré et Émile Picard, se faisant assistant en mathématiques au Lycée Michelet afin de pourvoir aux nécessités alimentaires. Affecté au Génie, il effectue son service militaire à Versailles où il est chargé de conférences sur l'eau lourde auprès des jeunes officiers, bénéficiant d'une bienveillante libération anticipée pour finaliser ses études en Sorbonne et se trouver en 1906 muni de trois licences.

Entrée dans le monde littéraire et artistique Henri Farge rejoint alors le cercle des jeudis littéraires qu'anime au Bar de la Paix (à proximité de l'Opéra Garnier et du Café de la Paix) Paul-Jean Toulet, y retrouvant entre autres Edmond Jaloux, Eugène Marsan, Jacques Boulenger, François Fosca, Jean Giraudoux, et surtout celui qui restera son ami, Jean-Louis Vaudoyer. Dans ce contexte, Henri Farge écrit, lui aussi: on cite un livret publié en 1912 et aujourd'hui introuvable, Enquête sur la jeunesse, la peinture - Les artistes, dont il est l'auteur. Marié à Madeleine, d'origine genevoise - remarquera Rainer Maria Rilke qui la croisera à Venise - ils partent ensemble en 1912 en Italie où le couple se lie d'amitié avec Henri de RégnierPatrick Besnier, Henri de Reigner, de Mallarmé à l'Art Déco, Fayard, 2015.Adéline Leguy, Henri de Régnier et Venise, thèse de doctorat de l'université du Maine, juin 2002 et où notre jeune artiste étudie les tout en préparant son exposition de chez Eugène Druet, précisément sur le thème de Venise et de l'Italie. De son côté, plus tard, en 1927, Henri de Régnier dédiera ses Contes vénitiens à Madeleine FargeHenri de Régnier, Contes vénitiens collection électronique de la Médiathèque André-Malraux de Lisieux.

Guerre 1914-1918, La Roumanie douloureuse La Première Guerre mondiale envoie le lieutenant d'artillerie Henri Farge dans les Carpathes: avec la mission Berthelot, il débarque à Arkhangelsk pour rejoindre, en traversant la Russie du nord au sud, l'armée roumaine au combat contre les Allemands. De cet épisode difficile, il fait mémoire au travers d'une suite d'estampes et de lavis intitulés La Roumanie douloureuse, souvenirs. L'ambassadeur de France en Roumanie, le Comte de Saint-Aulaire, initiateur par son accord avec Ferdinand Ier (roi de Roumanie) de la mission Berthelot, se souviendra dans ses mémoires de Henri Farge qu'un temps après la guerre il garde auprès de lui à la Légation de IașiComte de Saint-Aulaire, Confessions d'un vieux diplomate, Flammarion, 1953..

Peintre et graveur Revenant à Paris, notre artiste s'installe rue des Vignes. Sa peinture et ses monotypes, exposés en à la Galerie Devambez, s'orientent déjà vers ce qui demeurera l'un de ses thèmes récurrents: les Quais de la Seine, les perspectives qu'ils offrent sur les ponts de Paris, leur animation restituée par les mouvements de foules, leurs bouquinistes ou leurs personnages pittoresques saisis sur le vif (La folle du Pont des Arts). À partir de 1923, Henri Farge fait partie du cercle d'artistes (avec Pierre Brissaud, Edgar Chahine, Jean Droit, Tsugouharu Foujita et Alméry Lobel-Riche) qui travaillent étroitement avec Édouard Chimot, nouveau directeur artistique des Éditions d'art Devambez, à l'enrichissement par la gravure d'ouvrages littéraires. Après un voyage aux États-Unis en 1924 - il y rencontre Bernard Boutet de Monvel dont il restera l'ami - il part pour Constantinople afin de documenter son illustration par l'eau-forte, en 1926 chez Devambez, de L'homme qui assassina, roman de Claude Farrère. Il illustre ensuite un autre livre situé de même à Constantinople, Aziyadé de Pierre LotiTraces écrites, Le peintre Henri Farge se remémore son voyage à Istanbul, lettre manuscrite, 17 mai 1960.

Henri Farge qui demeurent un . Il est de fait à Paris acteur la vie mondaine: .

On dit que c'est la montée de l'École de Paris, en laquelle il ne se reconnaît pas, qui le fait se retirer dans la solitude de son atelier où, malgré les visites d'un fidèle ami et admirateur, Jean Carzou, il tombe dans l'oubli jusqu'à la dispersion de son atelier à l'Hôtel Drouot en , treize ans après son décès. Cependant, .

Œuvre Lavis La Roumanie douloureuse - souvenirs, vingt-cinq planches.

Dessins Paul-Jean Toulet sur son lit de mort, , dessin , reproduit en fac-similé dans le livre de Henri Martineau La vie de Paul-Jean Toulet, co-édition Le Divan Paris - Clouzot Niort, 1921Médiathèque intercommunale Pau-Pyrénées, Pau, Paul-Jean Toulet sur son lit de mort, dessin de Henri Farge.

Peintures Portraits : Jos HesselPapillon Gallery, Jos Hessel, le tableau, Édith Piaf. Vues de Paris: le Pont du Carrousel, Le Pont des Arts, Les bouquinistes sur les quais, scènes de music-hall, scènes des salons de peinture. Souvenirs de voyages: vues de Venise (Canaux, Basilique Saint-Marc, Caffè Florian), Istanbul (le Bosphore, la Corne d'Or, Le cimetière turc, La mosquée), New-York, l'Année sainte à Rome (1950). Vues de Deauville (1925).

Ouvrages bibliophiliques Paul Verlaine, Les Amies - six sonnets consacrés aux amours saphiques, sept planches hors-texte dessinées par Henri Farge et gravées par Léon Marotte, numérotés sur papier Japon, numérotés sur papier vélin d'Arches, Éditions A. Messein, 1921. Eugène Marsan, Les cannes de M. Paul Bourget et le bon choix de Philinte, petit manuel de l'homme élégant suivi de portraits en référence, dessins de Henri Farge gravés par Georges Aubert, Éditions Le Divan, Paris, 1923La mesure de l'excellence, A propos du livre d'Eugène Marsan et des dessins de Henri Farge sur le haut-de-forme. Johan Ludvig Runeberg (préface du Baron Ernest Seillière), Nadeschda - Scènes de la vie russe, cinq eaux-fortes et neuf bois gravés de Henri Farge, Éditions G. Servant, 1924. Voltaire, Contes en vers et premiers contes en vers , eaux-fortes à l'aquatinte de Henri Farge, , Éditions L. Delteil, Paris, 1925. Claude Farrère, L'homme qui assassina, quinze eaux-fortes dont sept hors-texte en couleurs par Henri Farge, Éditions d'art Devambez, Paris, 1926. Pierre Loti, Aziyadé, vingt-deux aquarelles, dont un frontispice et cinq culs-de-lampe de Henri Farge reproduites aux pochoirs par Saudé, 225 exemplaires numérotés, Éditions André Plicque, 1928.

Revues illustrés Différents auteurs dont Émile Herriot et Tristan Klingsor, Le recueil pour Ariane ou le pavillon dans un parc, , printemps 1913, gravures de Jean de Bosschère, André Dunoyer de Segonzac, Henri Farge, Marie Laurencin, Roger de La Fresnaye, dont numérotés sur verger de Hollande Van Gelder, impression sur les presses de l'Édition Romane, 40, rue des Mathurins, ParisRevues littéraires, Le recueil pour Ariane ou le pavillon dans un parc, dix numéros quadrimestriels parus entre l'automne 1911 et l'hiver 1914. Collaboration à Monsieur - Revue des élégances, à partir de la création de la revue en 1920. Robert de Beauplan, Tourisme et automobile, compositions de Henri Farge, Revue L'Illustration, Revue L'Illustration, Histoire de l'Illustration - l'automobile Voir année 1934..

Expositions Expositions personnelles Galerie Druet, , . Galerie Goupil, Paris, . Galerie Devambez, Paris, , « Les expositions - Galerie Devambez : Henri Farge, dessins, aquarelles, eaux-fortes », L'Art et les Artistes, tome VIII, 1923-1924, .. La peinture, la politique, le monde et la mode, 1926-1933 - Monotypes, pastels et estampes de Henri Farge, Galerie Durand-Ruel, . Monotypes by Henri Farge, Durand-Ruel Galleries, New-York, 1933, 1944. Galerie Piermever, Paris, , . Galerie 34 Matignon, Paris, . Claude Robert, commissaire-priseur, vente de l'atelier Henri Farge, Hôtel Drouot, Paris, La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°23, 8 juin 1984, page 30..

Expositions collectives Salon de la Société nationale des beaux-arts, Paris, non daté. Salon de l'Araignée, Paris, Les Introuvables (janvier 2008), Le Salon de l'Araignée dans le Journal littéraire du 2 mai 1924. Salon des Tuileries, Paris, 1927 François Fosca, « Le Salon des Tuileries », L'Amour de l'art, supplément au n°5, mai 1927.. The fifteenth international water color Exhibition - Water colors, pastels, drawings and monotypes (Hermine David, Jean Dufy, Henri Farge, Jean Lurçat, Aristide Maillol, Jules Pascin, Georges Rouault, André Dunoyer de Segonzac, Paul Signac, Henri Vergé-Sarrat, Maurice de Vlaminck), Art Institute of Chicago, mars-Art Institute of Chicago, The fifteenth international water color exhibition, catalogue, 1936. Foreign water colours (Vilmos Aba-Novák, Léon Bakst, Muirhead Bone, Anto Carte, Hermine David, Jean Dufy, Raoul Dufy, Willy Eisenschitz, Henri Farge), , Fair Park, Dallas, juin-The Portal of Texas History, Texas Centennial Exhibition - Foreign water colors, catalogue, 1936. Salon des artistes français, dont 1966.

Réception critique - Jean-Louis VaudoyerJean-Louis Vaudoyer, Exposition Henri Farge, Éditions Galerie Eugène Druet, 1912. - R.W. de CazenaveR.W. de Cazenave, in L'illustration artistique - Petite encyclopédie des arts, vers 1963, repris in Catalogue de vente de l'atelier Henri Farge, 1984. - Claude RobertClaude Robert, Henri Farge, peintre aux multiples facettes, in Catalogue de la vente de l'atelier Henri Farge, Hôtel Drouot, 18 juin 1984.

Prix et distinctions Médaille d'argent, Salon des artistes français, 1966Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 5, page 302..

Collections publiques France Musée Lambinet, Versailles, Autoportrait, peinture. Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, Divergences, estampe. Fonds national d'art contemporain, Puteaux, dont dépôts: Ministère de l'éducation nationale, Paris, Danseuse, dessin. Palais de justice de Vannes, Les quais au Pont Neuf, peinture. Médiathèque intercommunale Pau-Pyrénées, Pau, Paul-Jean Toulet sur son lit de mort, dessin. Canada Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. États-Unis Davis Gallery, Houghton House, , Geneva (New York), La folle de l'armistice, 1918-1919, gravureHobart and William Smith Colleges, Davis Gallery, Henri Farge dans les collections, donation Edward T. Pollack, Portland (Maine). Clark Art Institute, Williamstown (Massachusetts), Illustration pour un conte de Voltaire, gravure à l'aquatinte, 1925Clark Art Institute, Williamstown, Henri Farge dans les collections du musée.