Le viaduc de la Crueize est un viaduc ferroviaire de la ligne de Béziers à Neussargues, situé sur le territoire de la commune de Saint-Léger-de-Peyre, dans le département de la Lozère, en France. Il est surnommé « viaduc de l'Enfer » du nom de la vallée qu'il traverse.

Construit par les services de l'État, dirigés par Léon Boyer, il est mis en service en 1887 par la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne ( du Midi), concessionnaire de la ligne et du viaduc. Il ne doit pas être confondu avec le pont autoroutier de la Crueize..

Situation ferroviaire Construit à d'altitude, le viaduc de la Crueize est situé au de la ligne de Béziers à Neussargues, entre les gares de Marvejols et de Saint-Sauveur-de-Peyre (cette dernière étant fermée). Il est encadré par les tunnels de Lestoura, au , et du Born au ..

Histoire La section de Marvejols à Neussargues sur laquelle est situé le viaduc de la Crueize représente un cas d'école pour le choix du tracé dans un environnement difficile, du fait de vallées encaissées avec des parois abruptes. Les premières études, réalisées par les ingénieurs de l'administration de l'État, concluent à un tracé classique par les vallées et ce projet est validé peu de temps avant l'arrivée du jeune ingénieur Léon Boyer nommé responsable de cette section.

vignette|gauche|upright|Léon Boyer, concepteur du viaduc. Celui-ci reprend les études en proposant un tracé sur le haut du plateau, qui offre l'avantage d'éviter la réalisation d'une multitude d'ouvrages secondaires et de se limiter à quelques ouvrages importants voire exceptionnels. La différence de coût est notable, puisque l'évaluation initiale était de alors qu'elle est abaissée à dans le projet de Léon Boyer. Le projet révisé permet également d'avoir une ligne au profil plus facile (moins de pente), la voie restant sur un plateau relativement plat..

Léon Boyer entreprend donc l'étude de la ligne et la conception de ses nombreux ouvrages d'art. Les plus remarquables sont le viaduc de Garabit et celui de la Crueize, mais également ceux de Chanteperdrix, Sénouard et Piou.. Sur le chantier de la Crueize, il va diriger les travaux avec le soutien de son ingénieur en chef Charles Bauby..

En , une annonce du ministère des Travaux publics dans le Journal officiel de la République française prévoit l'adjudication de travaux à exécuter sur le chemin de fer de Marvejols à Neussargues. Il s'agit du de la construction, compris entre les sur une longueur de , dont le principal ouvrage est le « viaduc de Crueize » d'une longueur de et une hauteur de . La dépense prévue pour cet ensemble, hors coût des imprévus, est estimée à ..

Après l'adjudication, le chantier du viaduc est ouvert au début de l'année 1880.. Durant l'année 1882, le chantier avance rapidement.. En , les ouvrages d'art sont terminés et la compagnie débute la pose de la voie de la section..

Le viaduc est mis en service le par la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne, lorsqu'elle ouvre à l'exploitation la section de Marvejols à Saint-Chély..

Caractéristiques Description générale Le viaduc est établi dans la vallée de la Crueize, en un lieu abrupt et sauvage, nommé « gorge de l'Enfer. ». Il présente une teinte légèrement rosée, avec des piles aux formes élancées, qui se découpent sur le fond sombre d'une forêt de pins..

Établi pour deux voies ferrées, il est composé de six arches de d'ouverture et a une longueur totale de pour une hauteur maximale, prise au niveau des rails et au point le plus bas de la vallée, de . Sa largeur entre les parapets est en général de , mais elle atteint au droit des contreforts des piles. L'ouvrage est rectiligne, et présente une rampe de par mètre, en descente vers Marvejols.

Techniques de construction vignette|upright|Gravure publiée en 1891 dans Le Génie civil. .

. Néanmoins, . Du fait de la distance, un observateur ne voit au premier abord qu'une courbe régulière.

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vignette|upright|Le viaduc en 1883.

Matériaux employés Seul le couronnement est en pierre de taille. . La maçonnerie de blocage est formée de moellons de gneiss, les moellons de parement sont en grès et la pierre de taille du couronnement est en granit.

La chaux utilisée vient des usines du Teil et de Cruas. Le sable a diverses origines : .

Cintres . Pour chaque cintre, il fallait de bois et de fer (boulons et armatures diverses).

Lors du démontage des cintres, le tassement des voûtes a été mesuré à .

Coûts La dépense totale pour la construction du viaduc est de , répartie à raison de pour les piles et culées, de pour les plinthes et parapets, de pour les fondations et de pour les cintres.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie , ; .

Voir aussi

Articles connexes Ligne de Béziers à Neussargues Schéma de la ligne de Béziers à Neussargues Liste de ponts de la Lozère Léon Boyer Saint-Léger-de-Peyre La Crueize Liste de ponts de France

Liens externes

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