L'église Saint-Lucien est une église catholique paroissiale située à Warluis, dans l'Oise, en France. Elle réunit une nef unique du , simple salle rectangulaire, à un élégant clocher roman du premier tiers du , situé au sud de la dernière travée de la nef, et un transept et une abside du début du . Ces parties orientales constituent un modeste ensemble d'un pur style gothique flamboyant, en décalage total avec l'architecture de la Renaissance tardive qui règne à la période de construction. En 1866, la nef fut prolongée d'une travée vers l'ouest, et l'édifice se développe ainsi tout en longueur. Il possède une série de vitraux intéressants du , et également une verrière du début du classée monument historique. L'église Saint-Lucien fut inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du ., et est aujourd'hui affiliée à la paroisse « Sainte-Madeleine-en-Beauvaisis » dans le pôle Frédéric Ozanam de Beauvais-Sud. Pour connaitre les jours et horaires de messe voir https://www.messes.info/.
Localisation
L'église Saint-Lucien se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur la commune de Warluis, au centre du bourg, rue de l'Église, dans l'angle avec la rue des Écoles. L'élévation méridionale est alignée sur la rue de l'Église, et le chevet donne sur la rue des Écoles. La façade occidentale est précédée d'un petit parvis, et un étroit passage permet de passer entre l'élévation septentrionale de l'église et l'exploitation agricole voisine. Bien exposé à la vue, l'édifice est donc dégagé de toutes constructions mitoyennes, et l'on peut en faire le tour. Jusqu'en 1868, le cimetière entoure l'église. Il est ensuite transféré à son emplacement actuel, sur un terrain mis à disposition gracieusement par Remi Monnier, conseiller municipal..
Histoire L'histoire de la paroisse thumb|Vue depuis le sud. thumb|Vue depuis le sud-est. thumb|Vue intérieure générale.
L'église est dédiée à saint Lucien, apôtre du Beauvaisis. La seigneurie et la justice appartiennent primitivement à l'évêque de Beauvais. En raison des réclamations continuelles des habitants qui se plaignent des vexations que leur font endurer les officiers de l'évêque, il donne, en 1030, la seigneurie et la justice à l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais. L'acte de donation cité par Pierre Louvet qualifie Warluis de vicariat, ce qui montre que la paroisse n'existe pas encore. En 1157, Henri de France, évêque de Beauvais, confirme la donation faite en 1030 et reconnaît à l'abbé de Saint-Lucien le droit de nommer à la cure. Entretemps, Warluis a donc été érigé en paroisse. Jusqu'en 1380, la charge du curé est assurée par l'un des religieux de l'abbaye. Les religieux bénédictins établissent une grande métairie à Warluis, qu'ils exploitent eux-mêmes, conformément aux préceptes de l'ordre. Près de la métairie, les religieux créent également une petite maladrerie, s'apparentant apparemment à un hôtel-Dieu, car des soins y sont prodigués gratuitement aux malades, aux voyageurs et aux pauvres mendiants. La métairie est considérée comme une dépendance de la maladrerie. Les deux établissements sont dirigés par un prieur au titre d'infirmier.
Vers 1615, sous l'impulsion de la baisse considérable des revenus de l'abbaye imputable au régime de la commende, les religieux quittent Warluis. En 1664, ils mettent les terres de Warluis en fermage. Le fermier est tenu de donner l'hospitalité aux mendiants et pauvres voyageurs dans l'ancien pavillon de la maladrerie. L'abbaye continue néanmoins de nommer l'un de ses procureurs ou régisseurs comme infirmier de Warluis jusqu'à la Révolution française, quand tous les biens de l'abbaye sont vendus aux enchères. Le comte d'Elbée indique l'évêque Druon (ou Drogon), qui n'est en réalité installé qu'en 1035. Jusqu'en 1030, l'évêque est Garin ou Guérin. La chaire épiscopale est vacante jusqu'en 1035. Il s'agit de savoir si le comte d'Elbée se trompe sur la date, ou si Druon officie déjà comme évêque intérimaire en 1030.. Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, la paroisse de Warluis relève du doyenné de Mouchy, de l'archidiaconé de l'Clermont et du diocèse de Beauvais.. Elle s'étend sur les hameaux de Merlemont, Bruneval, Parfondeval ou Saint-Arnoult, L'Épine et Eury.. La chapelle de Merlemont est desservie par un vicaire.. Aujourd'hui, l'église Saint-Lucien est affiliée à la paroisse « Sainte Madeleine en Beauvaisis » dans le pôle Frédéric Ozanam de Beauvais-Sud. Pour connaitre les jours et horaires de messe voir https://www.messes.info/.
L'histoire de l'église
La partie la plus ancienne de l'église est la nef, que l'on peut dater du grâce à ses deux fenêtres d'origine à simple ébrasement (sans évasement extérieur) et son portail roman bouché au sud. À l'instar de la , l'église est primitivement dépourvue de clocher. Celui-ci n'est ajouté qu'au premier quart du sur le modèle de Marissel, mais avec une baie unique par face. Dominique Vermand estime néanmoins qu'il s'agit d'une œuvre du même atelier. L'on ne sait rien sur le chœur roman. Il est remplacé, au début du , par un transept avec des croisillons peu profonds et une abside à cinq pans. Ces parties forment un ensemble cohérent de style gothique flamboyant, qui est pourtant passé de mode depuis le milieu du siècle précédent.. D'après le comte d'Elbée, la construction est précédée de longs débats sur le partage des frais entre les habitants et les gros décimateurs, en l'occurrence l'abbaye Saint-Lucien et les seigneurs des divers petits fiefs se trouvant sur le territoire de la paroisse. En principe, ils sont tenus d'assumer seuls les frais de construction du chœur et de pourvoir à son entretien. Sur le contrefort au sud de l'abside, se lit l'inscription suivante : . La clé de voûte de l'abside, sont gravés les mots : . L'on peut ainsi fixer la période de construction entre 1604 et 1607.
En 1776, la pyramide de charpente recouverte de bardeaux qui coiffe le clocher, est faite à neuf par Martin Dumont, charpentier à Abbecourt, pour la somme de trente-sept livres.. L'on ignore si elle remplace une pyramide de pierre. En 1828, l'église est équipée d'une sacristie. En 1866, le porche devenu vétuste est démoli, et la nef est prolongée vers l'ouest par une travée supplémentaire de style néo-roman. Les frais de construction sont pris en charge par le marquis Albéric de Gaudéchart.. La voûte du croisillon nord, dite chapelle de la Vierge, est bâtie en 1888, et celle du croisillon sud, dite chapelle Saint-Joseph, en 1891, grâce aux dons de fidèles anonymes. Dominique Vermand attire l'attention sur les intéressants culs-de-lampe sculptés de ces chapelles, mais ce renseignement fourni par le comte d'Elbée donne à penser qu'il s'agisse en réalité de créations néo-gothiques, imitant parfaitement le style flamboyant. Lors d'une restauration, la plupart des chapiteaux des baies du clocher sont resculptés. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Elle possède par ailleurs plus d'une centaine de reliques provenant de l'abbaye de Saint-Paul-lès-Beauvais. En 1791, avant son départ pour émigration, la dernière abbesse confie le manuscrit contenant l'histoire de l'abbaye et les reliques du monastère à Lescuyer de Mival, la future madame de Vaudancourt. Elles restent dans sa famille, et sont offertes à la paroisse le par son arrière-petit fils, le comte d'Elbée. Les pièces les plus précieuses sont une épine de la Sainte Couronne ; un morceau du voile de la Vierge Marie ; une insigne relique de saint Lucien, dont une parcelle a été donnée à la cathédrale de Beauvais en 1901 ; et des reliques de saint Remi, de saint Louis, de saint Vincent de Paul, de saint Jean-François Régis, etc. Une partie de ces reliques a été authentifiée par François-Jean-Hyacinthe Feutrier, en 1827, et l'autre partie par Marie-Jean-Célestin Douais, le ..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée à peu près régulièrement, avec une légère déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme simple, sans bas-côtés. Sa nef unique se compose d'une travée néo-roman recouverte d'une fausse voûte en berceau ; de la nef romane du recouverte d'un plafond plat ; et d'une courte travée voûtée en berceau au nord du clocher. Les parties orientales se composent d'un transept, dont le croisillon sud est très peu profond, et d'une abside à cinq pas. Elles sont voûtées d'ogives. Dans son ensemble, le vaisseau central mesure de longueur dans l'œuvre. La largeur est de dans la nef et entre les murs droits de l'abside. La base du clocher communique avec la nef par une porte dissimulée, intégrée dans les boiseries. La sacristie occupe l'angle entre la nef et le croisillon nord. Le portail occidental constitue l'unique accès à l'église. Un portail roman bouché existe au sud de la nef. La travée néo-romane de la nef, la vieille nef et la croisée du transept avec l'abside sont munies de toitures à deux rampants, séparés par des pignons intermédiaires. Les croisillons possèdent des toits à deux rampants perpendiculaires à l'axe de l'édifice, avec des pignons au nord et au sud. La toiture de la nef est recouverte de tuiles plates ; les parties orientales, d'ardoise ; et la flèche du clocher, de bardeaux.
Intérieur Nef thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'ouest. thumb|Nef, vue vers l'est dans le transept et l'abside. thumb|Abside, vue vers le nord.
La nef se présente comme une simple salle rectangulaire. Sur toute la longueur de l'allée centrale, le sol est pavé de carreaux de ciment à décor incrusté, qui devraient dater du prolongement de la nef en 1866. Les parties basses des murs sont revêtus de boiseries sous la forme de simples panneaux de fenestrages. Au-delà, les murs sont enduits et blanchis. À l'intersection entre la travée néo-romane et la partie ancienne, deux pilastres servent de support au pignon intermédiaire. Leurs angles sont adoucis par des tores, et leurs tailloirs sont moulurés d'une plate-bande, d'une baguette, d'un cavet et d'un filet. Ces détails suggèrent l'architecture gothique, mais il n'y a pas de chapiteaux. Les fenêtres sont en plein cintre, et s'ouvrent au-dessus d'un long glacis. Elles datent de deux époques différentes, ce qui explique leur répartition irrégulière, et leurs dimensions variées. Les fenêtres les plus petites, une au nord et une au sud, sont situées en haut des murs, et datent du . Selon Dominique Vermand, elles étaient initialement au nombre de trois de chaque côté. Primitivement, leurs ébrasements devaient être peints de motifs ornementaux. Les murs se terminent par une corniche moderne. La fausse voûte en berceau de la première travée contraste avec le plafond plat de la partie ancienne de la nef, qui facilite certainement le chauffage, mais coupe le sommet de la voûte de la travée au sud du clocher, et enlève à l'espace intérieur son caractère authentiquement roman. Initialement, la nef devait posséder une charpente apparente. À l'est, elle se rétrécit à droite du fait de la présencedu clocher. Une niche à statue est ménagée dans son mur près de l'angle nord-ouest ; une autre lui fait face au nord, au-dessus de la porte de la sacristie. La voûte en berceau de la travée au nord du clocher commence sans aucun arc-doubleau apparent. Étant donné que la voûte adopte le même tracé que les deux doubleaux transversaux de la croisée du transept, l'on peut supposer qu'elle date de la campagne de construction des parties orientales, entre 1604 et 1607. Néanmoins, dans l'église de Cramoisy, dont le clocher occupe un emplacement analogue, la travée au nord du clocher est également voûtée en berceau.
Transept et abside